Page optimisée pour un écran de 1024 x 768 pixels

Le Canada, d'un océan à l'autre

Juillet-Août 2001

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard

2. MANITOBA - SASKATCHEWAN

Drapeau du Manitoba


Mercredi 11 juillet 2001 : de NESTOR FALLS à WINNIPEG (361 km)

Nuit très tranquille et réveil à 8:30 pour nous rendre compte que nous avons dormi sur le stationnement de la marina d'un motel. Nous partons sitôt levés pour une demi-heure de route de forêt et de lacs jusqu'à Sioux Narrows où nous prenons douche et petit déjeuner. Il fait très beau, la température est agréable (23°C). La route longe le Lac des Bois dont les anses et les îlots couverts de pins offre des vues sans cesses renouvelées et charmantes. À Kenora, plein d'essence et courses dans un Zellers. Nous déjeunons un peu plus loin sur le stationnement du centre d'information touristique de l'Ontario, avant de prendre carte et documentation au bureau de Tourisme Manitoba. Je file sur la route maintenant toute droite et rapide jusqu'à Winnipeg tandis que Monique fait la sieste : finie la forêt qui devient de plus en plus clairsemée pour laisser presque totalement place aux cultures, un paysage qui donne un avant-goût des Pairies.

Cathédrale de St-Boniface Nous entrons à Winnipeg du côté du quartier francophone de St-Boniface. L'église du Précieux sang, dont la forme inhabituelle rappelle celle d'un wigwam tout couvert de bardeaux de cèdre, nous surprend d'abord, au détour d'une de ses rues tranquilles ombragées de grands arbres. Puis c'est la cathédrale en ruines dont il ne reste que la façade après l'incendie de 1968. La nouvelle église construite dans la nef par le grand architecte manitobain Gadoury est intéressante, sans plus. Dans le vieux cimetière ombragé voisin, les noms sur les stèles sont français et entourent le monument de Louis Riel, un Métis père fondateur de la province.
Winipeg : La Fourche
Foule à La Fourche (Winipeg)

Nous traversons ensuite la Rivière Rouge coulant au centre de la ville pour découvrir La Fourche (The Forks), le confluent des rivières Assiniboine et Rouge qui fut depuis des millénaires un lieu d'échange et de rencontre, et donc à l'origine de la fondation de la ville. Il a été aménagé récemment en parc pour offrir toutes sortes d'activités commerciales, récréatives et culturelles. Dans ses boutiques à souvenirs je cherche vainement des autocollants aux couleurs du Manitoba, depuis l’ex-marché jusqu'à l'ancienne gare tous deux reconvertis en souks à touristes. Puis nous traversons la ville moderne pour gagner les jardins du Palais législatif et faire quelques photos des beaux parterres fleuris autour de la statue héroïque de Louis Riel. Nous parcourons ensuite en camion Main Street et Portage, bien peu intéressants, puis le centre ville jusqu'aux Musée de l'Homme et de la Nature, passons devant l'Art Galery et enfin traversons vite l'Exchange District qui aurait "conservé de remarquables exemples de l'architecture du siècle " (Michelin) mais qui se révèle un quartier plus ou moins désaffecté, affreux et sans aucun intérêt.

Voyant le soir descendre et songeant à trouver un quartier tranquille pour notre bivouac de cette nuit, nous décidons de gagner Assiniboine Park le long de la rivière homonyme, et d'y visiter le Leo Mol Sculpture Garden. Longue route dans le beau quartier de Tuxedo aux riches maisons et jardins soignés, et enfin visite*** du ravissant jardin de sculptures à la brunante. 
Leo Mol Sculpure Garden
Jardin Leo Mol Sculpture
Sculpture de Leo Mol

Notre brève recherche d'un bivouac nous amène dans des rues effectivement très tranquilles mais le stationnement nocturne y est expressément interdit. Nous finissons par aller nous installer sur le stationnement du centre communautaire, devant les vastes pelouses des aires de sport et à l'ombre de la garderie.

Jeudi 12 juillet 2001 : de WINNIPEG à FLEMING (363 km)
Grand calme dans notre parc jusqu'à ce que le soleil nous réveille à 7:30. Le gardien qui vient ouvrir les installations nous accueille gentiment et nous donne accès à une vanne d'eau propre, histoire de refaire le plein. Bref arrêt ensuite dans un centre d'achat de Tuxedo pour compléter un petit marché et passer à la banque, avant de regagner le centre ville et le Musée de l'Homme et de la Nature où nous entrons à 10:20. Musée de l'Homme et de la nature à Winipeg
Diorama du Musée de l'Homme et de la Nature Nous y trouvons une très belle illustration de l'histoire du Manitoba (géologie et évolution de la faune, particulièrement des fameux dinosaures). De nombreux dioramas présentent également les grandes régions (toundra du nord, forêt boréale et enfin prairie au sud), avec leurs animaux, leurs plantes parfois étranges mais aussi les hommes et leurs moyens de survie traditionnels ainsi que leur devenir au cours de l'histoire. 
 Une place d'honneur est accordée à la Compagnie de la Baie d'Hudson avec le ketch Nonsuch entièrement reconstruit pour commémorer le premier voyage d’exploration au XVIIème siècle, et la collection d'artefacts rassemblés par les hommes de La Baie et superbement exposés. Le ketch Nonesuch grandeur nature dans le Musée

Sac amérindien
Sculpture inuit

Coiffe amérindienne
Tenue amérindienne

Législature du Manitoba
Rivière Rouge en soirée

Nous reprenons la route à 15:30, les yeux remplis d'images colorées et fortes du pays. On en cherche vainement la trace dans la plaine cultivée, morne et plate que nous traversons interminablement : disparus les hordes de bisons innombrables, uniformisée la végétation si diversifiée. D’immenses champs de céréales encore vertes ont remplacé les herbes et fleurs variées. Plus de tipis mais de ci de là quelques vastes fermes surmontées de leur inévitable silo à dôme rouge et blanc. Parfois, au bord de la route, la même statue moulée (en fibre de verre) d'un gros bœuf de l'Ouest fameux pour sa viande… Le tout sous un immense ciel bleu qui plombe, sans aucun arbre ou relief pour donner un pouce d'ombre. La grosse chaleur - supportable car sèche - tombe avec l'averse.

Drapeau de la Saskatchewan
Saskatchewan

Les kilomètres défilent et nous finissons par atteindre la frontière de la Saskatchewan à la nuit tombante. Souper puis bivouac sur le stationnement de l'Office du tourisme de la Saskatchewan, au milieu des champs.


Vendredi 13 juillet 2001 : de FLEMING à MOOSE JAW (444 km)

Nuit relativement calme malgré le passage de trains tout proches et celui de gros camions sur la route, assez rares cependant entre 22:00 et 6:00. Temps couvert à l'ouverture des rideaux, avec pluie passagère durant la journée. Je tente quelques photos du bel élévateur à grain de Fleming, un autre village typique des Prairies ravagé par l'exode rural.

Élévateur de Fleming
Fleming élévateur à grain
Puis nous poursuivons notre longue route dans la plaine envahie par les immenses champs de céréales ou de colza. De temps en temps, on aperçoit des petits marigots où barbotent quelques canards ou poules d'eau.  Le Guépard devant l'élévateur de Neudorf
Élévateur
L'Or des Prairies

Nous abandonnons bientôt ce paysage monotone pour gagner la vallée de la rivière Qu'Appelle et son chapelet de lacs au creux de collines sculptées par l'érosion, inattendus dans ces terres plates et sèches.

Vallée de la Qu'Appelle
Colza dans la vallée de la Qu'Appelle

Dans la vallée de la Qu'Appelle
Rivière Qu'Appelle

Route peinard, peu spectaculaire mais plus agréable et variée que la monotonie de la plaine retrouvée deux heures plus tard pour gagner la capitale Regina.
 
Grange et blé
Élévateur et barrière

C'est une ville d'importance moyenne, avec de grands centres d'achats en périphérie où nous faisons quelques emplettes avant de gagner le vaste parc de Wascana autour de sa pièce d'eau. Nous admirons l'architecture moderne de la maison du parc, puis celle beaucoup plus classique du Palais législatif entouré de superbes plates-bandes fleuries. La dernière visite guidée de 18:30 nous est proposée par un garde aimable - et bilingue ! Sautant sur l'occasion, nous admirons ainsi la grandiose rotonde décorée de marbres verts, la Chambre des députés provinciaux au décor 1910 assez simple dans sa solennité, puis la bibliothèque et enfin la galerie de peintures : portraits officiels des présidents d'assemblée et des premiers ministres, et surtout une superbe série de pastels de personnalités et de chefs amérindiens exécutés au début du siècle. 

Oies
Législature de la Saskatchewan

Législature au bord du lac
Salle des débats de la législature

Rotonde de la législature de Regina
Salle des pas perdus sous la rotonde

Chef amérindien
Shaman
Monique dans le jardin devant la législature
Jean-Paul devant l;a législature de Regina

Il est 19:00, nous quittons la ville par la grande route 1, la Transcanadienne. Le soleil descend sur l'horizon immense où dépasse seulement la silhouette d'une ferme isolée ou celle d'un élévateur à grain.

Silo à grain
Silo et paille

Une heure de route nous mène jusqu'à Moose Jaw où nous cherchons un moment une boutique de vins, avant de nous installer sur le parking désert du Western Development Museum. Un couple de Suisses qui achèvent leur tour du monde viennent arrêter leur van à côté de nous, une belle occasion de rencontre et d’échange qui nous entraîne jusqu’à minuit.

Samedi 14 juillet 2001 : de MOOSE JAW aux CYPRESS HILLS (454 km)
Longue nuit tranquille puis lever au grand soleil : le ciel bleu profond est ponctué de quelques nuages blancs floconneux qui nous suivront toute la journée. Visite du musée, trop peu didactique quant à l'histoire du développement de l'Ouest et à ses aléas mais qui présente une superbe collection de vieilles voitures parfaitement restaurées, quelques avions historiques et même une énorme locomotive Pacific 231. Bref de quoi passer trois heures à admirer, s'étonner, lire et traduire quelques notices un peu plus étoffées…

Nous reprenons la route vers 14:00 après avoir renouvelé notre provision de pain montréalais maintenant épuisée avec des petits pains ronds au blé entier mais où sucre et gras ajoutés dénaturent le goût et la consistance de cet aliment de base pour nous… Comme il est loin notre Fromentier (notre boulanger de Montréal) !

Prospectus du Musée du transport
La Transcanadienne vers l'Ouest
Puis continue la longue traversée de la Prairie, une interminable suite de petites montées et descentes de la route toute droite qui file à travers de douces ondulations couvertes d'herbe jaunie par le soleil et de rares champs de céréales. De loin en loin, un corral où l'on rassemble le bétail épars dont on voit les petits troupeaux de bêtes brunes ou noires dispersés sur les pentes. Parfois une mare à demi desséchée. Et par-dessus tout cela, un ciel bleu intense où brille et rayonne un soleil ardent.
Rien d'autre à faire que de s'installer pour rouler régulièrement en réglant le régulateur de vitesse sur 100 km/h, toutes fenêtres fermées et la climatisation au maximum, comme au Texas. Quelques grosses fermes monopolisent autour de leurs bâtiments regroupés le peu d'arbres aperçus. Pique-nique en plein soleil sur une aire de repos nichée dans un rare vallon, puis suite de cette route interminable. 
ferme d'élevage
Troupeau dans la Prairie
Route vers les Cypress Hills

En fin d'après-midi, nous entreprenons un long détour vers les Cypress Hills, une étonnante chaîne de hautes collines couvertes de pins où il fait nettement plus frais et qui présentent un aspect quasi vosgien. Au bord de la jolie route en gravier serpentant dans les collines près de petits lacs, nous finissons par dresser notre bivouac dans un petit camping sommairement aménagé à quelques minutes de Fort Walsh.

Paysage des Cypress Hills
Monique sur la colline devant la plaine


Dimanche 15 juillet 2001 : des CYPRESS HILLS à PATRICIA

Il règne un silence absolu dans notre camp rustique où nous nous éveillons passé 9:00. Douche, déjeuner puis constat de la panne maintenant complète du frigo dont l'élément Pelletier a semble-t-il rendu l'âme...

Quelques kilomètres de piste poussiéreuse par monts et par vaux dans une jolie vallée sauvage finissent par nous mener au Centre d'interprétation du Fort Walsh, le premier quartier général de la célèbre Police Montée du Nord-Ouest fondée en 1875. On nous y propose les services d'une navette pour parcourir le site et une visite accompagnée par un guide francophone. Pas question de refuser l'aubaine ! Le Guépard dans l'herbe fleurie de la Prairie

Il faut une dizaine de minutes au petit autobus scolaire, qui a trouvé là un emploi d'été, pour escalader lentement la forte côte et nous mener aux deux postes de traite et à la clairière où eut lieu en 1873 le massacre d'une quarantaine, peut-être quatre vingt Indiens Assiniboines par un groupe de trafiquants américains venus échanger ici peaux contre armes et whisky frelaté. Au-delà de l'événement historique dramatique, le paysage est charmant : rivière sinueuse, bosquets, prairie fleurie et verdoyante, et notre jeune guide francescois (francophone du Saskatchewan) se montre disert et très bien documenté.

Le site de Fort Walsh Un autre court trajet en autobus nous ramène au-dessus du site - belle vue - avant de redescendre vers le Fort Walsh lui-même qui a été en grande partie reconstruit presque à l'identique dans les années 1940.
Nouvelle prise en charge individuelle par un autre guide, franco-manitobain celui-là, qui nous narre lui aussi par le menu l'histoire des bâtiments, le contexte socio-politique de la conquête de l'Ouest canadien (revendication et révolte des Métis, guerres indiennes américaines, création de la Police montée du Nord-Ouest, etc.) et enfin, après une dizaine d'année, l'abandon du fort rendu inopérant parce que trop loin du chemin de fer qui passe 40 km plus haut dans la plaine à Maple Creek (1895). Au total une longue et agréable balade joignant l'intérêt historique au cadre naturel enchanteur, dans l'air pur et le silence (puisque à 1300 m d'altitude). Police montée et Amérindien
Fort Walsh dans son vallon
Police montée devant Fort Walsh

Retour vers la Transcanadienne en traversant à nouveau tout le parc, sous une petite pluie qui contrôle un peu la poussière du chemin. Nous nous procurons des produits frais et improvisons une glacière dans notre frigo défectueux avec un vieux bidon à eau éventré et un sac de glace acheté en fin de soirée. Dans un glorieux coucher de soleil qui incendie la plaine et le ciel orageux, nous continuons de rouler et gagnons le village de Patricia où nous bivouaquons sous un arbre devant une maison, en route pour le Dinosaur Park.


3. L'Alberta : Bad Lands et Calgary

Accueil du Guépard

Accueil de l'Aigle

 © 2004