Page optimisée pour un écran de 1024 x 768 pixels

Le Canada, d'un océan à l'autre
Juillet-Août 2001

Monique et Jean-Paul MOUREz à bord du Guépard

3. ALBERTA (des BAD LANDS à CALGARY)

Drapeau de l'Alberta

Writing Stone Park


Lundi 16 juillet 2001: de PATRICIA à BLERIOT FERRY (230 km)

Nuit calme et silencieuse, loin des trains et des camions de la Transcanadienne. Nous nous réveillons donc un peu tard pour gagner, vers 10:30, le Parc provincial Dinosaur.

Monique à l'entrée du Parc National des Dinosaures En arrivant sur cette échancrure de la Prairie creusée par la Red Deer River dans les couches stratifiées du fond d'une rivière datant du crétacé (75 millions d'années) la vue est superbe. Elle fait penser au Grand Canyon, couleurs et dimensions en moins, mais relief encore plus tourmenté. Non seulement le paysage quasi lunaire est extraordinaire de sauvagerie et de beauté minérale mais il abrite l'une des plus grandes concentrations de fossiles de dinosaures au monde.

Nous commençons par une brève visite du Tyrell Field Centre (Centre d'étude sur le terrain) qui présente la géologie et la paléontologie du parc, avant de parcourir les trois plus belles balades proposées aux visiteurs à partir des stationnements disposés le long de la route qui ceinture la vallée.

Monique dans les bad lands
Vallée de la Red River

Vallon
Vallée de la Red Deer River

La première, parcourue avec Monique juste en arrière du Field Centre, nous fait découvrir les effets de l'érosion sur les collines d'argile, les stratifications du relief semi-désertique et quelques vues étonnantes sur la vallée verdoyante à nos pieds, le long du petit cours d'eau qui se jette dans la Red Deer River.
 
Grotte dans Dinosaur Park La deuxième balade, un peu plus longue, emprunte un sentier vagabondant à travers les collines arides, à la découverte des caractéristiques écologiques particulières de ces Bad Lands. La grosse chaleur du début d'après-midi effraie un peu ma copilote qui préfère me laisser aller seul sur le sentier. Il fait effectivement très chaud, mais avec chapeau et bouteille d'eau je supporte bien la chaleur sèche et utilise tour à tour jumelles, caméra vidéo et appareil photo pour découvrir et conserver le souvenir des superbes paysages ou curiosités naturelles observées. 

Le Guépard dans le désert
Sentier

JP pique-nique Après un pique-nique rapide dans l'isolement le plus complet, arrêt devant 2 petits hangars présentant in situ les squelettes de dinosaures tels que dégagés par les fouilles. Puis nous nous rapprochons du cours de la rivière où l'on nous propose une dernière balade près des cottonwoods (peupliers), dans un maquis où, seul encore, j'ai la chance d'apercevoir trois mule deers au pâturage que je m'empresse de filmer. Rassasié de balades, la peau rougie par l'exposition au grand soleil et les jambes lourdes de ces kilomètres de brousse, nous reprenons la route qui redevient plate et monotone dès que remontée dans la Prairie, en dehors de l'échancrure des Bad Lands.
Vallée de la Red Deer River
Fleurs et rochers érodés

Hoodos

Cheminées de fées

Tyrelle Museum prospectus Monique sommeille durant la traversée des 150 km de plaine jusqu'à Drumheller où nous faisons quelques courses, glace en particulier et produits frais à renouveler plus fréquemment depuis que notre frigo nous a lâchés. Nous retombons alors dans la vallée de la Red Deer River entourée d'autres Bad Lands. Prochain arrêt : l'extraordinaire Tyrrell Royal Museum, un *** du Guide Vert Michelin tout entier consacré à la paléontologie de la région. Maquettes, reconstitutions, dioramas et squelettes remontés de dinosaures complètent les balades de ce matin et font comprendre la vie intense qui régnait ici il y a 75 millions d'années, dans un environnement alors subtropical. Une heure et demie suffit à peine à faire la découverte de ce magnifique musée.

Le festin de l'Albertosaurus
Tête d'Albertosaurus

Edmontonia
Bébé dynosaure

Xyphactinus

Badlands vallée
Cheminées de fée au crépuscule

Coucher de soleil sur les Bad Lands

En sortant à la fermeture à 21:00, Monique prend des nouvelles Mathieu par téléphone puis nous remontons la rivière jusqu'à en franchir le cours par le bac de Blériot Ferry. Nous nous installons enfin dans un petit parc provincial juste au-dessus dans la nuit. Incidemment un grand panneau explique que le Blériot du lieu est André, le frère de Louis (le premier aviateur à survoler la Manche), qui émigra de France en Alberta au début du siècle pour s'établir dans cette vallée fertile et y construire un ranch d'élevage.

Mardi 17 juillet 2001 : de BLÉRIOT FERRY à CALGARY (205 km)

Monique prend le petit déjeuner

Il pleut toute la nuit sur notre petit terrain, ce qui a au moins comme avantage de rafraîchir l'atmosphère. Nous repartons assez tôt en allant admirer le paysage de bad lands (mauvaises terres) depuis le bac, puis à partir d'un belvédère aménagé au bord de la route nous ramenant à Drumheller, et enfin peu après à Horseshoe Canyon. Belvédère sur la Red Deer River

 Ensuite c'est la longue, plate mais facile route de plaine dans la Prairie remplie d'immenses champs de blés jusqu'à Calgary. Les hauts immeubles de la ville moderne se signalent de loin, sur fond de montagnes bleutées à l'horizon : enfin les Rocheuses !

Calgary : vue aérienne
Centre ville de Calgary
Nous nous dirigeons vers le centre ville et cherchons à stationner le plus près possible de la tour (141 m) qui nous donnera un bon aperçu de l'agglomération et de son environnement. Mais j'ai la mauvaise idée de m'engager dans un parking étagé… Lecture erronée des indications de hauteur libre et notre toit surélevé racle la poutre de béton dans un dramatique froissement de plastique brisé. C'est le lanterneau motorisé de l'arrière qui vient de s'écraser et de se disloquer. Instant de panique, colère contre les indications si peu claires, puis marche arrière jusqu'à une zone plus haute pour constater les dégâts. Heureusement le toit en fibre de verre ne montre qu'une légère éraflure mais le lanterneau est trop déchiqueté et déformé pour être réparé; la seule solution sera de le remplacer. Nous stationnons donc dans la rue un peu plus loin - en nous promettant de ne plus jamais chercher à stationner ailleurs ! Puis nous empruntons l'ascenseur menant en haut de la tour. Superbe et vaste panorama sur les hauts immeubles modernes très originaux aux alentours, sur l'agglomération très étendue et sur les montagnes à l'ouest dont on devine la ligne bleutée et échancrée, tandis que sur les trois autres côtés c'est l'immensité horizontale de la Prairie qui remplit l'espace. Tour du centre ville
Décor d'urbaniste sur Prince Island
Stade de Saddle Dome

Nous regagnons ensuite notre Guépard amoché pour décider de nous procurer au plus tôt un autre lanterneau, histoire d'assurer l'étanchéité de notre cabane à roulette. Petit tour à pied sur Stephen Street, une rue piétonne aux superbes façades du début du siècle impeccablement restaurées, pour trouver l'ancien magasin de chapeau et de bottes de cow-boys où l'on a logé l'Office du Tourisme. Là un jeune employé très western (grand chapeau, chemise à carreaux et bottes de cuir travaillées) se met à notre disposition pour dénicher la pièce en question. Quelques téléphones, de longues explications maladroites dans mon anglais approximatif, un croquis rapide sur un plan de la ville… Quelle aimable efficacité ! Nous voilà donc partis sur les grandes voies de dégagement vers la zone d'activité du nord-est. La circulation est facile, nous sommes rapidement dans le beau quartier neuf où les industries ressemblent davantage à des écoles ou à des bureaux qu'à des ateliers. Après quelques recherches, nous trouvons l'entreprise rejointe auparavant par téléphone, on nous y accueille aimablement et on nous livre la pièce recherchée avec diligence. Grimpé sur le toit et armé d'un couteau de cuisine, je consacre ensuite les 2 heures subséquentes au démontage de l'ancien lanterneau puis à l'installation du nouveau, un peu plus grand (bonjour l'ajustage en jouant du couteau de cuisine en guise de rabot, faute d'autres outils !). La soirée s'achève dans un grand Canadian Tire pour quérir colle, mastic et autres fournitures. Quittant la grande surface à sa fermeture à 21:00, nous nous installons pour la nuit sur le vaste parking vide d'une petite église du quartier Malborough.

 
Mercredi 18 juillet 2001 : de CALGARY à STONEY (88 km)
L'ancien Hôtel de ville de Calgary...
... et le nouveau Calgary Municipal Centre

Après une autre nuit tranquille bien qu'urbaine, nous redescendons dans le centre ville pour laisser notre Guépard dans un parc de stationnement gardé juste derrière le Performing Art Center. Puis nous nous lançons dans la balade à pied recommandée par l'Office du Tourisme logé dans le City Hall ultramoderne tout en verre et acier pour découvrir le cœur de la cité : jolie Olympic Place avec bassins, fontaines et constructions décoratives.

Olympic Park
Olympic Park

Statues de Femmes
Femmes

Rue St-Stephen
Centre Telus

Puis ce sont les originales façades du début XXème magnifiquement restaurées de la rue Stephen, l'ancienne rue principale où nous allons remercier l'agent du tourisme pour son aide précieuse hier soir. J'hésite un peu à m'équiper d'un impressionnant grand chapeau western, abordable mais trop encombrant. Vieux bâtiments de la rue St Stephen
Jean-Paul dans les Devonian Garden Par une suite de passerelles vitrées reliant les blocs d'immeubles à 13 mètres au-dessus des rues, nous gagnons les Devonian Gardens, des jardins suspendus et couverts qui tapissent en escalier la façade et le sommet d'un pâté de maisons. Dispersés autour d'une suite de fontaines et de bassins, des plates-bandes colorées - pas toujours du meilleur goût hélas ! - des arbustes, voire des arbres, des statues et tout un aménagement paysager du plus bel effet offrent un asile de calme et de verdure au cœur de la ville. 

Bassin extérieur des Devonian Garden Bassin intérieur

Lecteur dans Devonian Garden
Bâtiments du centre ville

Puis une suite de larges avenues très aérées et joliment aménagées, bordées de grands immeubles à bureaux très modernes (comme celui de la Bank of Montreal) nous mène au Marché Eau Claire transformé en bazar à souvenirs et autres bébelles, un souk à l'américaine. Nous y déjeunons d'une assiette de ragoût chinois, puis nous traversons le centre culturel chinois où l'on expose une série de reproductions de statues de guerriers en terre cuite découvertes dans la tombe du premier empereur.

Ronde devant le siège de la Commission scolaire Au bout du pittoresque quartier chinois, se dresse le grand immeuble au pur dessin géométrique du Gouvernement canadien Harry Hayse. À ses pieds, des statues en bronze représentant une ronde d'enfants et de leurs parents jouent sur une grande pelouse devant le siège du Calgary School Board.

Revenus à notre point de départ après cette longue balade, pause pour déguster café et petits gâteaux tiramitsu achetés dans une pâtisserie chinoise (!). Nous tâchons alors de quitter la ville mais des travaux de voirie bloquent une rue à l'heure de pointe et nous peinons à pas de tortue pour progresser vers l'ouest et emprunter Crescent Road d'où s'étend une vue magnifique sur le Downtown Calgary, ses immeubles et la boucle de la Bow River.

Calgary depuis Crescent

Nous partons pour de bon après le plein d'essence, de glace et une vidange d'huile express, en nous perdant un peu dans le quartier de l'université.

L'autoroute 1 file plein ouest vers les montagnes qui se rapprochent. Vers 19:00 nous bifurquons vers le village de Stoney, une réserve amérindienne où nous stationnons près du centre communautaire désert.  Campagne en allant vers les montagnes
JP achève de réparer le lanterneau À la lumière du soleil couchant, dans le vent frisquet qui descend des Rocheuses, je grimpe alors sur le toit pour achever la pose et le colmatage du nouveau lanterneau.



4. L'Alberta : les Rocheuses jusqu'au Lake Moraine

Accueil du Guépard

Accueil de l'Aigle

   © 2004