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Le Canada, d'un océan à l'autre

Juillet-Août 2001

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard

6. BRITISH COLUMBIA : des TAKAKAW FALLS au FRASER CANYON et VANCOUVER

Drapeau de la Colombie-Britannique

Mardi 24 juillet 2001 : de GOAT RIVER à FIELD (fin d'après-midi)

Peu avant Lake Louise, nous bifurquons vers la 1 ouest et amorçons la descente du Kicking Horse Pass en admirant au passage l'exploit des deux tunnels en spirale percés pour diminuer la pente du railway.

Le Transcanadian Railway descend le Kicking Horse Pass
Spiral Tunnel en hiver
Puis une jolie excursion sur la petite route de montagne de la Yoho Valley nous mène aux Takakkaw Falls où l'eau tombe en une vertigineuse cascade depuis 254 mètres. Photographies et film difficiles, en attendant les rares rayons de soleil illuminant le long jet vertical et bouillonnant.
Approche des Takakaws Falls
Jean-Paul devant un rare rayon de soleil sur Takakaw Falls
Fin de soirée sur la vallée de la Yoho en aval
Le glacier Daly et son émissaire Takakkaw Falls
Takakkaw Falls et le torrent au crépuscule
L'excursion vers le magnifique lac O'Hara nous tente mais il faudrait y consacrer une autre journée en empruntant la navette seule autorisée à circuler sur les 24 km de route de terre…
Le site magnifique du Lac O'Hara
En soirée, bivouac sur une rue à la sortie du village de Field, un peu au-dessus de la vallée.
 

Mercredi 25 juillet 2001 : de FIELD à REVELSTOKE (247 km)

Nuit paisible sur notre route gravelée à la sortie du village, à l'orée de la campagne, suffisamment loin de la ligne de chemin de fer pour ne pas être importunés par son trafic important. Comme nous avons lu tard hier soir, bien au-delà de minuit, nous faisons un peu la grasse matinée pour ne démarrer que vers 10:30. En descendant la vaste vallée de la Yoho nous sommes bientôt à l'embranchement menant au Lac Emerald. La petite route étroite nous amène d'abord au Pont Naturel creusé dans le rocher par la puissante rivière Kicking Horse qui précipite en écumant et en tourbillonnant son large cours dans une faille d'à peine quelques mètres.

Natural Bridge percé par le Kicking Horse
Natural Bridge au crépuscule

Après quelques minutes de contemplation nous allons nous arrêter au bout de la route sinuant dans une vallée étroite juste devant le Lac Emerald.

Canoe sur le Lac Emerald
Invitation à la balade sur le Lac Emerald

Le Mont Stephen au dessus du Lac Emerald
Emerald Lake Lodge dominée par le Mont Burgess

Malgré le ciel gris, ses eaux sont d'un beau vert clair où se mirent le glacier et les montagnes environnantes. C'est l'occasion d'une bonne marche de près de 6 kilomètres pour en parcourir les rives en observant le panorama fort beau ainsi que les arbres variés, et en apprenant des panneaux d'interprétation disposés le long du sentier une foule d'informations sur les différents biotopes (secs, humides, forêt, toundra établie sur la moraine, etc.). Une balade facile car le chemin est bien empierré et ne présente guère de pente…

Le bout du Lac Emerald au pied du glacier
Torrent à sec au bout du lac Emerald

Jean-Paul devant les fleurs du Emerald Lake Lodge

Lunch léger au retour dans notre Guépard avant de poursuivre notre descente de la large vallée de la Kicking Horse jusqu'à sortir du Parc de Banff. Golden s'annonce alors avec sa série de panneaux publicitaires… Plein d'essence, d'eau et de fruits avant de commencer à longer le cours puissant de la Columbia.

La chaîne des Columbia depuis l'entrée du Glacier National Park
Coucher de soleil sur les Selkirks

Puis nous abordons les Columbia Mountains, plus anciennes que les Rocheuses mais tout aussi belles et comptant plus de 400 glaciers protégés dans le Parc National des Glaciers. À nouveau, superbes paysages de haute montagne préservés des "aménagements" de la civilisation et donc encore presque vierges. Le ciel enfin se dégage complètement et la chaude lumière du soleil du soir éclaire les sommets des pentes à pic, très boisées car ici il pleut beaucoup.

Dans le Yoho National Park
Yoho National Park

Montée du Col Rogers dont la découverte en 1885 permit d'achever le tracé du chemin de fer d'un océan à l'autre en 1889, puis qui vit l'achèvement des 7 360 kilomètres de la Route transcanadienne entre St John's (Terre Neuve) et Vancouver en 1962 (monument de rigueur !). Longue et vive descente ensuite à travers le parc où nous repérons plusieurs balades intéressantes. Mais il est tard et grand temps de trouver un point de chute. Délaissant les Canyon Hot Springs très commerciales et surpeuplées, nous dégotons une route rurale qui s'embranche sur la 1 en bordure du Mt Revelstoke National Park et descend le long de la rivière. Un petit espace herbu dans une touffe de sorbier juste après un pont rustique, à mi-distance entre la grande route et la voie ferrée, nous offre l'asile champêtre et relativement silencieux que nous recherchions. Souper, lecture et écriture avec pour fond sonore le bruissement des eaux vives à deux pas…
 

Jeudi 26 juillet 2001 : de REVELSTOKE à SUMMERLAND (288 km)

C'est une autre nuit silencieuse et réparatrice jusqu'à notre réveil vers 8:00, sous un grand ciel bleu. Renonçant à revenir en arrière dans le Parc des Glaciers, nous décidons de consacrer la matinée à une grande balade dans le Mount Revelstoke National Park.

Les bermes fleuries de Mt Revelstoke Summit Parkway
Castilèges rouges, valérianes blanches, arnicas jaunes et lupins bleus

La jolie parkway de 24 km monte rapidement par une vingtaine de lacets qui dégagent progressivement une vue splendide sur la petite ville de Revelstoke et sur la vallée de l'Illecillewaet encombrée de bancs de sable, puis sur les cimes des Columbia Mountains qui l'entourent (Selkirk et Monashe).

Superbe tapis fleuri du Revelstoke...
Monique dans le Prairies du Ciel du Revelstoke

Les arbres deviennent moins serrés mais les sous-bois, les prairies et les bas-côtés de la petite route sont bientôt envahis par un extraordinaire et dense tapis de fleurs sauvages aux couleurs vives : castilèges (rouge), lupins (bleu), arnicas (jaune) et valérianes (blanche).

Souvenir des pentes fleuries du Mt Revelstoke
Lac anonyme et florissant de haute montagne

Rendus au sommet culminant à 1 943 m, la promenade des "Prairies du ciel" nous déçoit un peu car, si les vues sur les montagnes et les glaciers des Selkirks et des Mts Columbia sont superbes, les prairies sont beaucoup moins fleuries que ce qu'annonçait la documentation du parc, et que ce qu'offraient les bermes de la route ! L'autre balade jusqu'à la Tour de Garde Feu montre un panorama plus grandiose sur les montagnes et les glaciers mais une petite pluie impromptue abrège notre visite.

Depuis la promenade des Praiires du Ciel, les Selkirks Mountains
Depuis la Tour de Feu, vallée de la Columbia et Revelstoke Dam
Quittant Revelstoke vite traversé en bas de la parkway, nous grimpons l'Eagle Pass qui fait franchir les Monts Monashe et redescend la belle vallée de l'Eagle jusqu'à Sicamous où s'amorce le sillon de l'Okanagan vers le sud. Le paysage riant de large vallée très touristique près du lac Mara devient plus agricole ensuite jusqu'à Vernon. Il fait très beau et chaud, aussi les villes très animées et bruyantes nous fatiguent après les étendues sauvages qui sont notre apanage depuis quelques jours. 
Vignoble dans la vallée de l'Okanagan

Les pentes encadrant le vaste et très long Lac Okanagan deviennent de plus en plus sèches et désertiques, tandis que ses rives irriguées sont couvertes d'arbres fruitiers et de cultures maraîchères, voire de vignobles… Traversée de la très grosse ville de Kelowna, (industries, commerces, hôtels…) bâtie sur un isthme au centre du lac tout en longueur. Il fait toujours très chaud, nous nous écartons de la grande route à quatre voies rapide et assommante pour souper au bord du lac dans la petite ville résidentielle de Peachland, avant d'aller dormir un peu plus loin sur une petite route menant à quelques maisons les pieds dans l’eau peu avant Summerland.
 

Vendredi 27 juillet 2001 : de SUMMERLAND à STEMMWINDER (Prov. Park) (198 km)

La chaleur et le grand soleil nous éveillent dès 7:30 mais nous nous sentons encore fatigués par notre descente de la montagne qui nous fait passer de la fraîcheur sèche des hautes vallées entre 1000 et 1500 m à la chaleur accablante de ce pays semi-désertique.
Paysages désertiques des hautes terres de l'Okanagan

Longeant la rive du lac, nous évitons le centre de Sumerland puis celui de Penticton au bout du lac, préférant gagner la plage au bout de laquelle est ancré le SS Sicamous, un ancien bateau à aubes du Canadian Pacific. Deux heures de repos durant lesquelles Monique prend le soleil tandis que je lis à l'ombre en tâchant de me débarrasser d'une migraine tenace. Nous reprenons la route vers 12:30.

Vue sur Osoyoos depuis le Mont Anarchist
La canicule se poursuit, dans un paysage identique de fond de vallée irriguée bordée de collines rocheuses désertiques. Tout le long de la route des fruit stands proposent les productions locales, abondantes mais assez peu variées : impossible d'y trouver une salade… De plus en plus fatigué (chaleur, céphalée…), je finis par chercher désespérément un petit coin ombragé pour arrêter et me reposer. Nous le trouvons 30 km après Keremeos, dans un petit parc en bord de route où je m'endors durant 2 heures tandis que Monique lave un peu de linge. Nous y passerons la nuit.


Samedi 28 juillet 2001 : de STEMMWINDER Provincial Park à SAVONA (418 km)

Nuit paisible dont les 12 heures me permettent de récupérer mes malaises d'hier. En pleine forme au démarrage à 10:00, nous poursuivons sous un ciel gris et bas la belle route longeant la vallée de la Similkameen River, dépassons Princeton sans nous arrêter puis entrons dans le Manning Provincial Park. Ses vallées profondes s’enfoncent entre de hautes falaises boisées dont les cimes se perdent dans les nuages bas. Des bancs de brume effilochée estompent les couloirs d'avalanche vert tendre ou les plaques de rochers roux qui nous dominent. Nous gravissons l'Allison Pass sous la pluie. Le crachin se poursuit tandis que je vais visiter le Centre d'accueil qui présente encore une fois flore et faune de la région. Bref arrêt ensuite au Beaver Pond (Étang aux Castors) dont le joli cadre aquatique a malheureusement été délaissé par ses habitants depuis une vingtaine d'années, après qu'ils aient rongé - et ruiné - tous les arbres de l’étang. Je prends le parapluie pour faire le tour de Rhododendron Flat, site le plus septentrional où pousse cet arbuste en Amérique. Sous les grands arbres, dans une clairière baignée d'une douce lumière vert tendre, les fleurs ont maintenant disparu des branches qui ne portent plus que quelques poignées de grosses graines. J'en ramasse quelques-unes unes pour une future plantation, qui sait… Pour le déjeuner nous nous engageons dans le chemin menant à la réserve Cascade, nous arrêtant à la première clairière rencontrée où attendent des chevaux de monte destinés à des excursionnistes bien peu nombreux sous la pluie persistante. Visibilité nulle au belvédère donnant sur le Mont Outram (2 438 m).

Pare-avalanche en montant Coquilhala Pass
Quelques kilomètres avant Hope, nous bifurquons sur la Coquihalla Highway (route 5), une superbe autoroute (à péage !) de haute montagne où les vues sont malheureusement limitées par le mauvais temps. Elle nous fait grimper lentement les 1 244 mètres du Coquihalla Pass, dans un paysage inhabité mais assez vert.

 Ses 110 km nous transportent de la forêt humide du sud à la steppe semi-désertique du nord, avec ses rares grands arbres (des cèdres ?) dispersés sur des pentes couvertes d’herbe jaune brûlée par le soleil et de touffes de sauge grise et odorante. Vaste panorama en descendant sur Merritt où nous faisons le plein d'essence et l'emplette d'une salade qui se révélera insipide et immangeable…

Nous délaissons alors la suite de l'autoroute pour la 5 A, l'ancienne route un peu plus lente et plus longue, mais qui longe le beau Nicola Lake au milieu de magnifiques collines sauvages et dénudées. Quelques rares ranchs, des élevages de chevaux et de bovins rassemblés en quelques vastes troupeaux, de riches pâturages verdoyants irrigués en fond de vallée, bref le far-west des cow-boys dont l'imagerie nous a été inculquée par les westerns de notre enfance…
Cow-boys et vastes étendues des Kamloops
Maison ancienne du Nicola Ranch
Troupeau de chevaux dans Nicola Valley

Au détour du lac Stump j'observe un troupeau d'oies sauvages, puis un daim traverse sans se presser la route devant nous… Dans la chaude lumière du soir nous soupons près d'un autre très beau lac où des aigles tournent longuement au-dessus de l'eau avant de plonger et de reprendre péniblement de l'altitude, un gros poisson gigotant entre leurs serres. Le soir tombe sur ces magnifiques paysages pleins d'exotisme et de beauté pure dont nous n'avons jamais vu l'équivalent ailleurs.

Soir au bord du lac Stump
Daim traversant la route devant le Lac Stump

Soir d'orage près du Lac Stump (Kamloops)
Route du soir à travers les Kamloops

Le Guépard à l'heure du souper dans les Kamloops
Coucher de soleil dans les Kamloops
Nous arrivons en soirée à Kamloops, une grosse ville dont les abords brillent des lumières accrocheuses des centres d'achat. Passant outre, nous infléchissons alors vers l'ouest sur la route 1, le long du Lac Kamloops qui disparaît dans les ténèbres sous la pluie. Entrevoyant à peine le superbe panorama depuis le belvédère de Savona, nous nous y installons rapidement à 22:00 pour y passer la nuit, en espérant un dégagement demain matin.
 

Dimanche 29 juillet 2001 : de SAVONA à VANCOUVER (406 km)

Temps superbe et assez chaud au réveil qui met en valeur la vue sur le Lac Kamloops devant lequel nous déjeunons - malgré le vacarme momentané du diesel d'un énorme camion venu se garer juste à côté de nous. Puis nous commençons à descendre le cours de la Thompson; sa large vallée à fond plat est irriguée et donc verdoyante, tandis que ses flancs de grands éboulis très inclinés voire de rochers à pic sont desséchés et parsemés de touffes de sauge et de résineux clairsemés.
Le lac Kamloops depuis l;e belvédère de Savona
Reserrement de la Thompson après Wahlachin
Nous saluons au passage le site du Ranch Walhachin (Jardin du paradis), une immense propriété défrichée en 1907 par des émigrants anglais qui la quittèrent en 1914 pour aller mourir sur un champ de bataille d'Europe, laissant la terre retourner à son état désertique antérieur.
Puis la vallée se resserre et le cours de la rivière s'accélère, offrant de très beaux paysages sauvages où l'eau claire et bouillonnante, coupée de nombreux rapides écumants, contraste vivement avec la terre qui semble si peu vivante. La route monte et descend en suivant chaque courbe de la rivière, le plus souvent en corniche, parallèlement aux lignes de chemin de fer des deux compagnies rivales (Canadien Pacifique et Canadien National), une sur chaque rive. Nombreux arrêts pour photographier et filmer les magnifiques paysages où parfois les radeaux de rafters emportés sur les vagues ajoutent couleur et piquant anecdotique. À Lytton, village amérindien peu reluisant, la Thompson aux eaux claires se jette dans le grand Fraser pour être bientôt absorbée par ses flots jaunâtres beaucoup plus limoneux.
Rafters dans le canyon de la Thompson

Rafters sur le Thomson

Le téléphérique au dessus de Hell's Gate (Fraser Canyon)
Nous en descendons alors sur une centaine de kilomètres le cours moins torrentueux mais tout aussi rapide et beaucoup plus puissant, profondément encaissé dans une gorge rocheuse jusqu'à Hope. Vues plus rares sur le grand fleuve tumultueux dont le courant se montre particulièrement violent à hauteur de Hell's Gate (largeur 36 m, courant : 8 m/s). Nous renonçons à la descente au ras de l'eau 330 m plus bas en téléphérique (attraction coûteuse, très commerciale et site beaucoup trop "aménagé" à mon goût).
En revanche le point de vue un peu plus loin depuis une courbe de la route en corniche me semble plus inspirant : falaises verticales, vallée étroite où les sapins s'accrochent au roc souvent mis à nu qui s'effrite en énormes éboulis… le canyon est spectaculaire.
Le site de Hell's Gate depuis la route
Le Fraser depuis Alexandra Bridge
Nous le contemplons encore dans toute sa beauté sauvage depuis le tablier abandonné de l'Alexandra Bridge, l'un des seuls ponts qui franchissaient le fleuve entre 1865 et 1926, à l'époque de la construction de la route des Cariboos, suite à la ruée vers l'or. Les eaux finissent par s'assagir en arrivant à Hope et la vallée s'élargit de plus en plus.
La centaine de kilomètres ensuite jusqu'à l'agglomération de Vancouver passe par une large vallée cultivée où se succèdent les fermes prospères (culture et élevage) et les villages ruraux. En arrivant en ville, nous grimpons sur la colline boisée de Burnaby couronnée par le nouvelle Simon Fraser University. Très belle architecture moderne mais impossible de visiter l'intérieur (on est dimanche et il est passé 18:00…) tandis que les quelques belvédères intéressants donnant sur la ville et sur la baie sont envahis par des arbres touffus. Nous cherchons un bivouac à ses pieds dans Burnaby, un quartier résidentiel où des petits bungalows modestes alternent avec des grandes maisons cossues d'inspiration asiatique ou chinoise. 
Westminster dans la Fraser Valley peu avant Vancouver

Pour finir nous allons faire quelques courses d'épicerie dans un Safeway. Trouvant son parking paysager accueillant et tranquille, nous nous y installons dans un coin pour la nuit, à l'abri des arbres. Souper, planification de la visite de la ville, écriture du journal et coucher à minuit.

7. British Columbia : Vancouver

Accueil du Guépard

Accueil de l'Aigle

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