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Le Canada, d'un océan à l'autre
Juillet-Août 2001

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard

8.  VANCOUVER ISLAND (BRITISH COLUMBIA)


Jeudi 2 août 2001 : de TSAWWASSEN à SAANISH (52 km) 

Le ferry vers l'Ile de Vancouver
Le ferry vers l'Ile de Vancouver
Une pluie serrée tambourine sur le toit durant la nuit rendue également bruyante par le trafic sur la grande route voisine, et le ciel est encore très gris au matin. Nous sommes sur la plate-forme d'embarquement du ferry à 9:10, juste pour voir s'éloigner le navire précédent vers l'île de Vancouver. Nous prendrons donc le suivant à 10:00, ce qui nous donnera le temps de déjeuner en attendant en ligne. Embarquement sans problème. 
À bord du ferry
À bord du ferry
Îlots depuis le ferry
Îlots depuis le ferry

Malgré le temps assez frais je passe l'heure et demie de traversée sur le pont supérieur à contempler et filmer le paysage particulièrement spectaculaire, surtout durant la dernière partie du trajet, lorsque le bateau louvoie entre les îlots de l'archipel avant d'arriver à Swartz Bay.
 
Butchart Gardens prospectus
Butchart Gardens : prospectus
Le temps maussade se poursuit durant les quelques kilomètres de route rurale menant aux fameux Butchart Gardens. Visite longue et coûteuse à laquelle nous consacrons l'après-midi après déjeuner dans le Guépard, sur le stationnement impeccable. L’organisation est parfaitement rodée, la foule docile au rendez-vous, pas une fleur ne manque dans les innombrables parterres aménagés au début du siècle dans cette ancienne carrière. Mais comme nous sommes loin de la poésie des subtils et raffinés jardins britanniques que nous chérissons tant !
Les jardins dans la carrière (Sunken Gardens)
Les jardins dans la carrière (Sunken Gardens)
Autre vue du Sunken Garden
Autre vue du Sunken Garden

La Cascade de l'Orgue
La Cascade de l'Orgue

Bordures
Bordures aux...
Lupins bleus
...Lupins bleus
Pour moi, l'art du jardinier consiste à recréer un paradis idéal mieux que nature en l'imitant et en la pastichant pour en reproduire les effets les plus beaux et les plus touchants, sans la violenter cependant.
La combe
La combe

Jardin italienJardin italien
 Ici au contraire tout l'effort semble viser à faire parader avec le maximum d'impact visuel les couleurs les plus vives, à créer des effets de masse en regroupant des dizains d'exemplaires d'une même plante de couleur identique de façon à remplir tout l'espace, comme dans une peinture à numéro. 
Jardin au bassin
Jardin au bassin

Monique derrière le bassin
Monique derrière le bassin

Pas une herbe étrangère - qui ne saurait qu'être mauvaise - pas une pousse de travers, tout est placé au cordeau, les pelouses parfaitement tondues et roulées, les arbres et haies méticuleusement taillés, les fleurs fanées coupées et remplacées. L'assemblage criard des couleurs finit par écœurer, comme le mariage contre nature de certaines espèces (corbeilles de pétunias accrochées aux portiques de la roseraie par exemple).

Restent de nombreux spécimens remarquables par ailleurs, comme les dahlias présentés en collection.
Pivoine
Pivoine


Pont japonais
Pont japonais
Fontaine du jardin japonais
Fontaine du jardin japonais

Le jardin japonais quant à lui manque totalement de spiritualité et donne l'impression d'un ramassis désordonné de plantes exotiques - impeccables elles aussi - rassemblées sans inspiration ni génie dans un vallon.

Et pourtant il y a foule, et l'on ne voit que laudes dans les guides touristiques, livres d'or ou autres documents en circulation… Bref on retrouve ici l'approche américaine du jardinage (cf. les Bush Gardens de Floride), aux antipodes des traditions européennes et orientales. Assez déçus, nous quittons les abords du parc vers 17:30 après quatre autres heures de marche, autrement moins enthousiasmantes cependant que celles consacrées hier au VanDusen Botanical Garden.

Nous rattrapons la côte à Cordova Bay, sous un ciel qui s'assombrit et se résout en pluie fine. Arrêt tôt (18:15) dans un lotissement d'énormes maisons toutes neuves mais plus ou moins habitées, au bout de Ash Road à Saanish. Monique lit tandis que j'écosse les gousses de lupin ramassées près de l'UBC Museum et que cliquette la pluie sur le toit… Dans le grand silence nous soupons, puis Monique achève son 3ème volume des aventures d'Harry Potter tandis que j'écris ces dernières lignes. Coucher tôt à 22:15.
 

Vendredi 3 août 2001 : de SAANISH à MILL BAY (76 km)

Nuit tranquille au milieu des grandes maisons inhabitées dont l'opulence fait penser aux manoirs cossus de Westmount. Ils appartiennent à des étrangers (hindous, japonais, chinois ou américains), nous dira une voisine promenant son chien qui nous aborde en français et qui suspecte ces investissements conséquents être le fruit de blanchiment d'argent plus ou moins bien gagné… Peu nous importe puisque ces hôtes involontaires, qui brillent par leur absence, ne nous auront vraiment pas dérangés ! Départ vers 10:00 sous un ciel gris où parfois surgit quelque éclaircie.

La scenic drive continue de longer l'océan, bordée de superbes et souvent prétentieuses propriétés : vastes jardins fleuris, trop souvent à la Butchart, i.e. avec des couleurs clinquantes et criardes sans grand souci de dessin ni d'assemblage, gazon vert fluo regorgeant de nitrate, grosses bicoques tarabiscotées, bien plus dessinées pour impressionner le passant que pour s'intégrer à l'environnement. Les paysages marins nous font beaucoup penser à la côte sud de la Bretagne - rocheuse et basse - tout comme le climat très doux et la végétation parfois presque méditerranéenne (palmiers…). De belvédères en view point, nous arrivons au centre ville de Victoria, sans être aucunement impressionnés par les constructions - banales - qui bordent le front de mer. Décidément l'architecture domestique n'est vraiment pas une spécialité où s'illustrent les Canadiens, ici encore moins qu'ailleurs…

Bref tour du centre "historique" devant le Parlement très pièce montée fin XIXème (romano - byzantino - gothico - hispano…) : bassin rempli de yachts, énorme Empress Hotel du plus pur style Canadien Pacific, bâtisse verre et béton 1960 du BC Royal Museum, le tout assaisonné d'une débauche de touristes sous parapluies, en majorité asiatiques… Pas de quoi se pâmer !
Port de Plaisance de Victoria en soirée
Port de Plaisance de Victoria en soirée


Port de plaisance et Palais législatif de Victoria
Port de plaisance et Palais législatif de Victoria
Port de Victoria
Port de Victoria

Comme le Guide Vert ne signale pas grand chose d'original, et que le Visitor Guide est plus un ramassis de publicités qu'une réelle introduction aux particularités de la cité, je convainc Monique de visiter la galerie renommée du BC Museum consacrée aux peuples autochtones. Effectivement ses trois salles contiennent de superbes artefacts (outils, tissages, paniers tressés, toute une série de masques et de grands totems et, pour une fois, l'intérieur d'une authentique "grande maison"). De nombreuses notices, claires et synthétiques, les replacent dans leurs contextes historique et sociologique (avant ou après l'arrivée des Européens).
UBC Museum Totem Gallery
UBC Museum Totem Gallery
Emily Carr
Emily Carr
Comblé par l'aubaine, je prends le temps de tout regarder et de tout lire, malgré l'impatience de Monique qui répugne à traduire… En sortant de la galerie, nous tombons sur une exposition temporaire présentant les talents multiples, l'originalité et la force de caractère d'Emily Carr peintre, potier, écrivaine, ethnographe, etc.
Emily CARR
Emily Carr
Emily CARR
Emily Carr
 
Emily CARR
Emily Carr
Emmily CARR
Emily Carr

Emily CARR
Emily Carr

Nous écourtons ensuite la visite du centre ville après un coup d'œil aux deux maisons anciennes (Helmcken House et une vieille école) qui ne nous montrent rien de nouveau, pour regagner notre Guépard garé à deux pas. La sortie de ville est longue par la route 1 embouteillée car le vendredi soir signifie départ en week-end, même à Victoria pourtant si paisible ! Après une séance de magasinage dans un grand centre d'achat où nous remplissons la glacière de denrées fraîches, nous empruntons sous la pluie la Mahalat Drive vers le nord qui offre quelques très belles vues panoramiques sur le Saanish Inlet. Nous quittons son tracé rapide pour descendre sur la rive du détroit et trouver un bivouac super tranquille auprès de quelques maisons à Mill Bay.
 

Samedi 4 août 2001 : de MILL BAY à TOFINO (325 km)

Après une nuit parfaitement silencieuse, nous nous levons à 8:45 pour décoller à 9:30. Jolies vues sur le Saanish Inlet et sur sa péninsule, mais seulement par moment car le plus souvent les arbres cachent le paysage. Pour éviter la grande route très chargée, nous bifurquons sur la rurale Koksilah Road qui passe au milieu des près entourant de grosses fermes laitières avec les montagnes en arrière plan. Retour sur la 1 à Duncan, une petite agglomération nord-américaine sans caractère, avec sa pléthore de grands panneaux publicitaires multicolores, accrocheurs et vulgaires. Passent ainsi Chemainus, Ladysinth et enfin Nanaimo où nous arrêtons quelques minutes devant le port de plaisance, histoire de nous dégourdir les jambes. Jolie vue sur Newcastle Island convertie en parc provincial vers lequel affluent les touristes du week-end. La route très achalandée se poursuit jusqu'à Parksville où nous bifurquons en direction du Pacific Rim, sur la côte sud-ouest de l'île.

Forêt de Douglas Fir
Forêt de Douglas Fir

Paysage plus sauvage et nettement moins pollué par la pub… Un premier détour nous entraîne vers Englishman River Falls pour admirer les deux chutes, supérieure et inférieure, de la rivière et surtout profiter du très beau sous-bois de rain forest (forêt humide).
De superbes fougères s'épanouissent au pied d'immenses Douglas Firs (plus d'un mètre de diamètre, 40 à 60 mètres de hauteur…) tout au long du sentier longeant la vallée et la gorge entre les deux chutes. 
Englishman River Falls
Englishman River Falls

Englishman River Falls gros plan
Englishman River Falls : gros plan
Tronc d'arbre
Tronc de pin Douglas
Un peu plus loin, autre extraordinaire balade dans un boisé de pins Douglas géants. C'est le fameux McMillan Park, appelé aussi Cathedral Grove, un espace épargné par les forestiers, où les plus gros arbres ont 800 ans et atteignent 76 mètres de haut et 3 mètres de diamètre… 
Monique au pied d'un BC Fir
Monique au pied d'un BC Fir
Troncs géants dans McMillan Park
Troncs géants dans McMillan Park

Au pied d'un arbre géant
Tour du Lac Cameron sous un ciel malheureusement trop gris puis bonne route facile entre les montagnes jusqu'à Port Alberni. La chaussée se dégrade ensuite un peu et les virages se font nettement plus serrés pour grimper et longer le Lac Sproat, très sauvage, avant d'escalader un col assez raide et de redescendre la vallée de la rivière Kennedy. Superbe torrent entrecoupé de rapides et de cascades, elle coule tumultueusement entre des pentes élevées et raides couvertes de hauts et denses résineux; il pleuvote, des pans de nuages flottent et s'effilochent à mi-pente pour créer un paysage idéalement romantique. Vive descente ensuite jusqu'au grand Lac Kennedy et enfin entrée dans le fameux Pacific Rim Natural Park. Il est 18:15, le Centre d'accueil est fermé et le seul camping du parc est complet.

Troncs flottés sur Long Beach
Troncs flottés sur Long Beach

Nous allons quand même flâner sur l'immense plage de Long Beach où la forêt s'arrête sur un entassement de grands troncs flottés blancs, en avant de la vaste étendue de sable pâle battue par un Océan pas Pacifique du tout ! Une bande de surfeurs opiniâtres affronte les énormes rouleaux qui déferlent, quelques touristes emmitouflés se baladent dans le vent frisquet et saturé d'humidité qui souffle de la mer, les extrémités de la plage disparaissent dans un brouillard d'embruns…


CE À QUOI AURAIT PU RESSEMBLER LE PACIFIC RIM SOUS LE SOLEIL...  

Long Beach

Long Beach

Long Beach
Long Beach

Pacific Rim

Pacific Rim
Pacific Rim Pacific Rim : Wicaninish Beach

Pacific Rim en soirée Wicaninish Beach
Pacific Rim : en soirée sur Wicaninish Beach


Pacific Rim
Pacific Rim

Transis, nous nous réfugions dans la chaleur du Guépard et poussons jusqu'au village de pêcheurs de Tofino, à l'extérieur des limites nord du parc. Beaucoup de touristes, des auberges et quatre campings tous pleins, et partout interdiction très explicite de stationner pour dormir dans le village. Découragés, nous tournons un moment à la recherche d'un bivouac et allons finalement nous arrêter discrètement sur un lotissement écarté en plein bois, viabilisé mais non encore bâti. Souper puis coucher dans le plus grand silence.

Soir sur le Pacific Rim
Coucher de soleil sur le Pacific Rim

Pacific Rim
Crépuscule sur le Pacific Rim
Crépuscule sur le Pacific Rim


Dimanche 5 août 2001 : de TOFINO à QUALICUM BEACH (227 km)

Aube sur le Pacific Rim
Aube sur le Pacific Rim

Plage à marée basse

Nous ne sommes guère dérangés durant la nuit sinon par une autre camionnette qui va s'installer une centaine de mètres derrière nous à 23:00 pour repartir dès 5:30. Bien reposés au lever à 8:30, nous constatons avec consternation que le ciel s'est encore davantage assombri et que la bruine dense et persistante semble bien s'être installée pour la journée.

Phare de Portofino
Phare de Portofino

Vague sur le Pacific Rim

Pacific Rim
Pacific Rim
Vagues déferlantes du Pacific Rim
Vagues déferlantes du Pacific Rim

Une première balade en haut de Radar Hill (une ancienne station du réseau de détection nord-américain des années 50, maintenant démantelé) donne un avant-goût de la journée. Nous serions immédiatement trempés si nous ne nous abritions sous notre grand parapluie de golfe rouge et blanc, et n'avions chaussé nos bottes de caoutchouc. Mais la pluie et la brume ambiante limitent la visibilité à quelques centaines de mètres. Pas d'éclaircie à attendre, les feuilles vert intense des végétaux touffus qui nous entourent luisent dans ce bain d'humidité et nos vêtements finissent par s’imbiber d’eau en nous laissant transis. Seul un ciré - qui ne fait pas encore partie de l'équipement du Guépard - pourrait nous garder minimalement au sec. Nous visitons ainsi Green Point, Wickaninish Beach et enfin Florencia Bay.

Rivage du Pacific Rim et corneilles
Rivage du Pacific Rim et corneilles

Arbres géants

On devine des paysages magnifiques mais le mauvais temps leur enlève tout agrément. Nous revenons à chaque fois un peu plus dégoulinants et gelés dans notre camion bientôt rempli de vapeur, particulièrement après ma sortie sur le Shorepine Bog Trail (le Marais des pins tordus), une boucle de 800 m sur un trottoir de bois posé sur un marais. De retour dans le Guépard, je dois remettre en fonction le puissant chauffage arrière pour assainir l'atmosphère et sécher nos chandails, blousons et souliers ou bottes.
 
Étoiles de mer
Nous finissons par abandonner toute velléité d'exploration du Pacific Rim Park, surtout après qu'une ranger du Centre d'accueil m'ait communiqué le bulletin de météo de demain où l'on ne prévoit qu'une "légère amélioration"… Nous reprenons donc la route sous la pluie battante jusqu'à Ucluelet où nous déjeunons au bord de la route, après avoir cherché sans succès un coin calme devant la mer. 

Une fois le plein d'eau (!) complété, nous attaquons le retour à travers les montagnes, le long des torrents grossis et des lacs embrumés longés hier. Visibilité très réduite derrière les essuie-glaces battant à grande vitesse, entre les cascades dégringolant les pentes boisées autour de nous, les sommets perdus dans la brume et les torrents impromptus dévalant jusque sur la route, au flanc des rochers dans laquelle elle a été taillée. La pluie diminue lorsque nous redescendons vers Port Alberni où je fais le plein d'essence. Elle a cessé tout à fait lorsque nous visitons en soirée les belles Little Qualicum Falls, une cascade spectaculaire en trois étages, aux eaux claires et abondantes, logée dans une vallée profonde dont les pentes sont couvertes d'énormes pins Douglas et autres arbres vénérables. Nous atteignons enfin le Détroit de Georgie (Georgia Strait) à Qualicum Beach, faisons quelques kilomètres vers le nord jusqu'à bivouaquer au bord d'une route transversale dans le village côtier de Horne Lake, un peu avant Bowser.
 

Lundi 6 août 2001 : de HORNE LAKE à BUTTLE LAKE Campground (206 km)

Rivage à Bowser
Rivage à Bowser
Si la nuit est assez silencieuse, la circulation - épisodique cependant - reprend dès 6:30, nous laissant sommeiller jusqu'à 8:00… Pas une goutte d'eau cette nuit, et des grands trous de ciel bleu au travers des nuages laissent présager une journée plus agréable, bien qu'il fasse encore très gris lorsque nous déjeunons au bord de la plage devant le détroit.
 La route 19a suit la côte pendant un bon moment, malheureusement encombrée de panneaux publicitaires agressants et de toutes sortes "d'équipements touristiques" désordonnés et plus ou moins soignés (restaurants, RV parks, souvenirs autochtones ou autres…), ce qui dénature un paysage autrement agréable. 
Totems à Alert Bay
Totems à Alert Bay

Étoiles de mer
Étoiles de mer
Plage du Détroit de Georgie
Plage du Détroit de Georgie

Côte boisée, longues plages de galets, et large vue sur le Détroit de Georgie et sur les montagnes dominant le continent en face. Peu après Courtenay, nous nous égarons un peu sur la toute nouvelle highway autoroutière qui semble achevée mais s'interrompt brusquement sur un mur de béton sans aucun signal avertisseur !

Demi-tour pour reprendre l'ancienne route sur laquelle un discret panneau de bon goût nous invite tout à coup à visiter les Kitty Coleman Woodland Gardens. Aucune mention dans nos guides mais un jardin, ça peut valoir le coup. Accueil simple, discret et aimable du propriétaire en salopette délavée et souliers boueux qui bricole le toit de la petite grange d'accueil. Une fois nos 5 $ de droit d'entrée glissés dans le couvercle fendu d'un gros pot en verre, il nous remet la photocopie du plan des lieux avec un grand sourire, et nous voilà partis à la découverte de son royaume.  

Kitty Coleman Garden jet d'eau
Kitty Coleman Garden : jet d'eau
Kitty Coleman Garden JP sur le pont
Kitty Coleman Garden :  JP sur le pont
Toute une trouvaille, ce grand jardin de 12 hectares dont les 2/3 ont été récemment développés, donc bien dessinés mais dont les fleurs plus ou moins sauvages n'ont pas encore pris toute leur ampleur, laissant de vastes espaces herbus ou découverts entre les nombreux plans d'eau et les sentiers délimités par des rangées de petites pierres. 
JP sur le banc de bois du Kitty Coleman Woodland Garden
JP sur le banc de bois du Kitty Coleman Woodland Garden

Combe de Kitty Coleman Garden
Combe de Kitty Coleman Garden

En revanche le dernier tiers est un bois beaucoup plus ancien, envahi par de grandes fougères qui prolifèrent sous les hauts arbres habituels à la région : pins Sitka, Douglas firs, etc. Une combe en fait le tour où coule un paisible ruisseau qui murmure sur les galets ronds. Atmosphère feutrée et moussue, lumière tamisée, ambiance magique de forêt enchantée archétypique. Un sentier recouvert d'écorce de cèdre s'ingénie à nous faire découvrir tous les points de vue et particularités du boisé, un bel échantillon de rainy forest, tout en offrant un tapis souple et sec au pied qui s'y enfonce moelleusement et sans bruit. 

Cette fort belle promenade s'achève deux heures plus tard par un brin de causette - difficile vu notre maîtrise aléatoire de l'anglais - avec le vaillant et créatif jardinier qui nous confie avoir entrepris son œuvre il y a 16 ans maintenant et ambitionne planter à terme 10 000 rhododendrons dans son domaine (il y en a déjà 3 000 disséminés un peu partout et 2 000 autres iront dans une dernière partie en construction)…

Nous reprenons la route et pique-niquons sur une aire de repos au bord de la plage à Saratoga Beach. Arrivant peu après à Campbell River, nous nous enfonçons à l'intérieur des terres et je vais admirer les Elk Falls dans le beau parc naturel (arbres et fougères) qui protège leur environnement (rochers, chutes, canyon…). Nous poursuivons la route de plus en plus sauvage qui longe le Upper Campbell Lake en direction du Strathcona Park.

Buttle Lake près de Strathcona Park Lodge
Buttle Lake près de Strathcona Park Lodge
Buttle Lake près de Strathcona Park Lodge
Buttle Lake près de Strathcona Park Lodge
Jolies vues sur le Buttle Lake, les montagnes boisées et les pics enneigés au loin à partir de Strathcona Park Lodge. Puis nous gagnons le camping du parc où, après une petite balade sur la plage, nous expédions souper et vaisselle pour nous coucher tôt dans un calme absolu sous la pinède, en pleine nature.
Plage de Strathcona Park Lodge
Plage de Strathcona Park Lodge

Mardi 7 août 2001 : de STRATHCONA PARK à PORT HARDY (402 km)

Le terrain est superbe, les grands espaces aménagés nous isolent si bien de nos voisins et le silence est si complet que nous nous réveillons seulement passé 9:00 ! Un carré de ciel bleu s'encadre dans le panneau de toit au-delà du faîte des arbres. C'est le début d'une très belle journée qui nous permet de découvrir, au moins partiellement, le plus grand parc de la Colombie Britannique.

Buttle Lake
Buttle Lake
Buttle Lake près du camping
Buttle Lake près du camping

Le bateau qui nous attend demain matin à Port Hardy ne nous laisse pas le temps d'y faire de longues promenades comme celle de Della Falls (24 km) mais au moins allons nous admirer la cascade de Shefferd Creek, flâner sur plusieurs plages offrant des vues superbes et enfin achever le tour du lac par l'excursion aux Myra Falls.

Myra Falls
Myra Falls

Buttle Lake depuis Myra Falls
Buttle Lake depuis Myra Falls


Strathcona Park
Strathcona Park


Le cadre des pentes abruptes couvertes de sapins et de pins élancés, la couronne de montagnes tachetées de neiges, les eaux bleues du lac qui s'étirent comme dans un fjord de Norvège, tout est là pour offrir un spectacle magnifique auquel il faut pourtant mettre un terme vers 14:00. Nous revenons alors sur nos pas en contemplant à nouveau toutes les occasions de haltes découvertes à l'aller, puis parcourons à rebours la longue route sinueuse et montueuse à travers bois jusqu'à Campbell River.

Plein d'essence, d'eau et de saumon fumé pour les deux pique-niques de demain sur le bateau, puis route non-stop jusqu'à Port Hardy où nous pensons camper sur le stationnement du traversier.
Peu après Campbell River
Peu après Campbell River

Cape Scott
Cape Scott

La route côtière devient plus étroite mais son tracé demeure excellent. Ses grandes courbes s'insinuent dans des vallées profondes aux pentes très boisées où se repèrent fréquemment les larges coupes à blanc des forestiers. Au moins ont-elles été en général assez rapidement reboisées, si l’on se fie aux pancartes que les compagnies ont systématiquement disposé le long de la route pour soigner leur image mise à mal par les écolos. Quelques hameaux misérables - amérindiens semble-t-il - et aucune autre agglomération à part Woss, atteint après 126 km de nature sauvage.

Le soir tombe lorsque nous rattrapons la côte à Port McNeil et faisons un petit détour de 15 kilomètres pour aller souper devant un somptueux coucher de soleil à Telegraph Cove, un charmant petit port de pêche pas encore trop défiguré par le développement touristique. 
Bivouac à Telegraphe Cove
Bivouac à Telegraphe Cove

C'est dans la nuit que nous atteignons Port Hardy où nous gagnons directement le grand stationnement des BC Ferries à Bear Cove. Couchés dès 23:00 après avoir fait confirmer notre billet, nous sommes chassés du grand terrain asphalté près du quai à 1:00 par des employés trop zélés… Nous allons finir notre trop courte nuit sur le bord d'une rue dans un lotissement en construction, à quelques centaines de mètres du port.

 

9. British Columbia : du Passage Intérieur au Mont-Robson

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