Balade en Mauricie (route 155)

Monique et Jean-Paul MOUREZ
 à bord du Guépard



Route 155 près de St-Roch-de-Mékinac
La route 155 longeant la Saint Maurice



Samedi 20 septembre 2003 : de MONTRÉAL à ST-LOUIS-DE-FRANCE  (170 Km)

Départ de Montréal vers 14:30, sous un beau soleil qui augure bien de cette fin de semaine de début d'automne...


Avant le départ le Guépard devant la maison de Juliette


La co-pilote est à son poste !


Nous empruntons un bout de l’autoroute 40 vers Trois-Rivières. La lumière est superbe, sous un ciel partiellement ennuagé avec de nombreuses percées d'un chaud soleil. Nous quittons l’autoroute pour rattraper la route 138 vers Maskinongé puis Louiseville. Au bout des rues animées, la haute façade de l’église St-Antoine-de-Padoue domine un petit parc.



Louiseville : église St Antoine de Padoue





Construite dans les premières années du XXème, elle comporte beaucoup d’éléments propres à l’Art Déco : panneaux de marbre beige, fresques, luminaires qui baignent dans la lumière jaune diffusée par les vitraux.




Devant la grande façade de pierre, de l'autre côté de la place fleurie, un antiquaire a remis en état une belle grande maison fin XIXème qui ne manque pas d'élégance.


Un bout de route tranquille sur l’ancien Chemin du Roy (qui reliait Québec à Montréal à la fin du XVIIIème) nous mène à Yamachiche et son alignement de petites maisons victoriennes bien préservées et classées.

Halte au bord du fleuve devant le moulin de Tonnancour (près de Pointe-du-Lac) pour un déjeuner tardif (il est 16:30 !). Beaucoup de vent qui gonfle les voiles des planches à voile et des parapentes sur eau (?).


Ciel du soir au dessus du Saint-Laurent

Sur la plage de Pointe du Lac

La petite route historique et surtout rurale se poursuit jusqu’à Trois-Rivières dont nous traversons le centre ville industriel bien peu intéressant jusqu’au Cap-de-la-Madeleine. Nous quittons alors la route 138 pour prendre la 157 vers le Nord. La nuit tombe. Arrête près du centre de loisirs des St-Louis-de-France, 20 Km avant Shawinigan, près de la piste de planche à roulette qui finit par de vider autour de 22:00.


Dimanche 21 septembre 2003 : de ST-LOUIS-DE-FRANCE à GRANDES-PILES (182 km)

Au réveil, le ciel partiellement nuageux se dégage progressivement. Nous décollons tard (vers 10 :30) après une nuit des plus tranquilles. Gagnant d’abord Shawinigan Sud nous allons admirer la courbe de la Saint-Maurice depuis le belvédère Lambert,


Monique admire Shawinigan depuis le belvédère Lambert

La courbe de la Saint-Maurice depuis le belvédère Lambert,
à Shawinigan Sud

...avant de gagner à deux pas  au pied de la côte l’église de la Présentation de Marie.


Tout son décor intérieur est dû à Osias Leduc qui y a peint une quinzaine de grandes toiles très influencées par le style Art Déco, marouflées sur ses murs et sa voûte. Les grandes compositions datent des années 1940 à 1950 et sont parmi les chefs d’œuvre du grand peintre religieux québécois. Plusieurs reprennent des thèmes de l'Ancien Testament tandis que les grands panneaux entre les fenêtres latérales sont consacrés au travail des gens du lieu qu'il glorifie.




Le grand retable au fond du choeur

L'Annonciation (haut gauche du choeur)

Le sacrifice d'Isaac (droite du choeur)


Le Défricheur

Le Défricheur

Le Semeur

Le Semeur


Chargement des Meules
Le Chargeur de meules
Les Fondeurs de métal
Les Fondeurs de métal


Détail des Fondeurs avec la signature d'Osias Leduc (1950-52)


Traversée ensuite de la rivière Saint-Maurice pour aller admirer le canyon et les chutes de Shawinigan, au bout d’un sentier mal indiqué en arrière de la Cité de l’Énergie. Il longe un vaste enclos boisé où paissent quelques chevreuils.




Site impressionnant avec tout son roc dénudé, ravagé par les eaux tumultueuses.  Mais pour l'instant tout est sec, il faudra revenir au printemps, lorsque la fonte des glaces et les crues alimenteront cascades et rapides.






Nous gagnons ensuite Grand-Mère. La petite ville présente peu d’intérêt et nous y cherchons un long moment le fameux rocher aux formes contournées qui a donné son nom à la ville. Nous le trouvons enfin tout au bout des deux avenues parallèles constituant le centre ville, juché sur un petit parc où on l’a replacé lors de la construction du barrage en 1910. Le rocher en forme de visage de vieille femme formait alors un îlot au dessus de la chute au milieu de la rivière; il a été entièrement découpé par la compagnie hydro-électrique puis entièrement reconstitué pour occuper son actuel emplacement. Intérêt surtout anecdotique !

Long détour ensuite vers le Parc National de la Mauricie. Arrêt au belvédère précédant St-Jean-des-Piles, en face de Grandes Piles, pour déjeuner devant le superbe panorama du village groupé autour de son église sur l'autre rive, quelques voiliers ou autres embarcations de plaisance croisant sur le vaste plan d’eau.

Grandes Piles





Nous entrons bientôt dans le parc bordé par la Saint-Maurice dans sa partie est.

Route pittoresque et sinueuse qui s’enfonce dans la nature sauvage, dans une forêt mixte (feuillus et résineux) qui commence à jaunir ou rougeoyer, toute parsemée de lacs innombrables. Si la chaussée est en bonne état et son parcours agréable, la densité de la végétation luxuriante limite grandement la vue qui finit par devenir monotone.

Seuls quelques belvédères bien situés méritent un arrêt : à noter particulièrement le Passage d’où se déploie une vue lointaine sur le Lac Wapizagonke dont nous longeons ensuite la rive ouest.




Vue depuis le belvédère de Vide-Bouteille



La sérénité et le silence du belvédère de l’Île-aux-Pins nous frappe particulièrement.


Extrémité sud du lac Wapizagonke

L'île-aux-Pins

Le soir descend lorsque nous passons l’autre barrière du parc vers St-Gérard-des-Laurentides. Nous hésitons à bivouaquer derrière l’église de Sainte-Flore, mais décidons plutôt d’aller le plus loin possible jusqu’à la nuit. Retour donc à Grand-Mère traversé dans l’obscurité pour enfin bivouaquer le long de la rivière sur le quai de la marina de Grandes-Piles. Souper puis coucher à 22:30 après écriture du journal.



Lundi 22 septembre 2003 : de GRANDES PILES à ST-DIDACE (319 km)


Nuit paisible au bord de l’eau, qui  se prolonge jusqu'au lever et au petit déjeuner tardifs...
Nous sommes sur la route vers 10:00 pour un superbe parcours sur la 155 qui longe la large rivière majestueuse au flot puissant mais apparemment tranquille.

L'amont de la Saint-Maurice en quittant Grandes Piles


Peu de circulation sur la chaussée large et égale, nous croisons seulement plusieurs énormes camions qui descendent les billes de bois récoltées dans la Haute Mauricie jusqu'aux grandes papeteries de Shawinigan et de Trois-Rivières.

Les larges courbes se succèdent, dans un magnifique environnement naturel de forêt mixte où les feuillus commencent à prendre leurs teintes automnales. La chaussée est excellente et c’est une vraie promenade, presque une croisière qui s’offre à nous durant plus de deux heures. Passent ainsi St-Roch-de-Mékinac, Matawin, Grande-Anse, Rivière-aux-Rats…


En début d’après-midi nous arrivons à La Tuque : la petite ville quelconque s'étend le long de la grande route. Après discussion avec l’hôtesse de l’Office du tourisme pour se faire décrire un itinéraire alternatif empruntant des routes secondaires entre Lac-à-Beauce et Hervey-Jonction - sans grand succès - nous allons faire le plein d’essence dans le centre d’achat puis revenons à l’entrée de la ville faire la jolie balade du Parc des Chutes de la petite rivière Bostonnais. Malgré le manque d’eau c’est l’occasion d’une agréable balade en sous-bois qui longe les cascades réparties en deux gigantesques marches d’escalier.


Le bassin tout en haut de la chute

La chute de la marche supérieure


Détail de la chute supérieure

Bassin en bas de la marche supérieure


La chute inférieure

Monique devant la chute inférieure


Le torrent dans la verdure

L'ancien gué au pied de la chute


Une cascadelle à mi-hauteur


La vue depuis le barrage en haut du site

Au fond à travers les arbres la Saint-Maurice

Craignant de manger beaucoup de poussière sur les routes forestières non asphaltées de l'intérieur du pays, voire de nous égarer, nous décidons alors de redescendre la vallée de la Saint-Maurice par la même grande route panoramique pour profiter à nouveau du magnifique paysage.

Un arrêt sur une terrasse au bord de l’eau pour le pique-nique (entre les km 18 et 19) nous donne le spectacle d’un petit hydravion amerrissant tout à coup devant nous pour embarquer 6 touristes français en quête d’aventure canadienne…

Nous rattrapons ainsi l’autoroute jusqu’à la sortie 217 en direction de St-Gérard-des-Laurentides. Route étroite, montueuse et extrêmement sinueuse ensuite dans un campagne boisée ponctuée de dizaines de lacs. Beaucoup de chalets plus ou moins élégants se cachent sous les arbres et dans les buissons, entre quelques villages ruraux comme St-Élie, St-Paulin, St-Alexis. Pour finir nous arrivons de nuit sous un ciel très chargé à Saint-Didace où nous allons dormir près du barrage au centre du village, faute d’avoir trouvé un espace plat à côté de l’église.


Mardi 23 septembre 2003 : de SAINT-DIDACE à MONTRÉAL
C’est une pluie abondante qui nous réveille. Plus question de poursuivre l’excursion par ce temps bougon. Ne resterait que la visite du Musée d’art de Joliette mais il est fermé le mardi…

Nous prenons donc la route directe vers Montréal qui longe entre autre le rivage continuellement habité du grand lac Maskinongé. Campagne très cultivée jusqu’à rattraper l’autoroute de Joliette puis la 40 qui nous ramène en ville en début d’après-midi.


Bivouac près du barrage de St-Didace



Accueil du Guépard

Accueil de l'Aigle

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