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Été 2004 : Rocheuses, Yukon et Alaska

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard

10. De VALDEZ à SEWARD


Mardi 10 août 2004 : de VALDEZ à KING RIVER (Route 1) (402 km)

Richardson Pass
Notre point de chute était bien choisi puisque nous dormons effectivement d’un trait jusque passé 9:00, et c’est la chaleur du soleil tapant sur la carrosserie qui nous éveille. Décollant vers 10:00, nous passons à la poste expédier le CD de photos à Maman, puis allons remplir notre frigo de glace et de produits frais avant de reprendre la Richardson Hwy (Route 4) vers le nord. Nous repassons le superbe Keystone Canyon avec ses deux chutes et sa route en corniche, cette fois-ci dans le grand soleil. Le moteur du Guépard me semble un peu poussif lorsqu’il faut affronter la longue montée des 900 m du Richardson Pass, mais quelle vue sur les Chugach Mountains !

L'ancienne route depuis Richardson Pass
Tsaina River


Les glaciers depuis le pont sur la Tsaina River Tsaina River


Cygnes dans un étang



Copper River
Vallée de la Copper River

Puis ce sont à nouveau les glaciers, la route de vallée dont les montagnes s’éloignent progressivement pour longer le bassin de la Coppper River. Les pentes et les cimes enneigées des Wrangell Mountains sont un peu plus visibles qu’avant-hier mais pas assez à mon goût, il flotte toujours un fort voile atmosphérique qui dissout les lointains dans une brume bleutée. De plus il règne sur la route une chaleur lourde qui nous fait rouler toutes fenêtres fermées en branchant l’air climatisé.


Copper River
Copper River Valley
Coppper River
Copper River Valley

Pique-nique sur l’aire d’observation de la station de pompage nº14 du Aleskyan Pipe-line : beaucoup d’explications techniques intéressantes sur les panneaux explicatifs, mais rien de visuellement spectaculaire. Lors du plein d’essence à Glennallen, je constate avec soulagement que la consommation d‘eau du moteur reste raisonnable; reste le bruit inquiétant à chaque montée en régime…

VersTanhita Pass

Nous bifurquons alors sur la Glenn Hwy (Route nº1) en direction d’Anchorage. D’abord un peu ennuyeuse car plate et bordée d’interminables boisés d’épinettes rachitiques, cette route devient plus mouvementée après une centaine de kilomètres, en passant l’Eureka Summit (1 100 m) puis le Tahnita Pass (1 000m). Mais là encore la brume noie une bonne partie du paysage et la chaleur nous fatigue beaucoup. Je tente quand même quelques photos qui risquent d’être décevantes.
Massif du Wrangell-St-Elias

Puis nous apercevons le Matanusca Glacier qui semble étaler sur des kilomètres une langue de glace presque horizontale. Matanuska Glacier

Guepard sur la route du Matanuska Glacier
Nous tentons d’en approcher par une petite route de terre, mais celle-ci ne dépasse guère le pont enjambant la rivière du même nom qui ne tarde pas à s’étaler dans une large vallée très pittoresque. Vallée du Matanuska Glacier

Le pnt vers le glacier

Matanuska Glacier

Puis la route qui suit le cours du torrent devient tortueuse et étroite, offrant des points de vue superbe sur la rivière et sur les hautes montagnes acérées alentour. Vallée mnontagneuse

Matanuska River
Vallée de la rivière Matanuska

La route en corniche au dessus de Matanuska river

Au bord de la King River
Il est passé 19:00, nous commençons à chercher un bivouac sauvage près des rives de la rivière, faute de village accueillant. Nous finissons par le trouver un peu plus tard près du pont franchissant la King River, un autre large torrent charriant à vive allure des eaux grisâtres chargées de « farine de roche ».

Large terrasse de gravier et de galets bien aplanie, bosquets de saules nous cachant de la route, on ne peut mieux trouver que cet endroit superbe pour passer une autre nuit paisible dans la nature grandiose de ce pays immense et désert.

Bivouac au bord de la King River


Mercredi 11 août 2004 : de KING RIVER à ANCHORAGE (117 km)

Les derniers miles parcourus hier ont été fatigants et nous sont « rentrés dans le corps » car nous nous réveillons tard et avons bien du mal à démarrer ce matin. Le temps d’ailleurs se met lui aussi de la partie puisque le soleil est absent lorsque nous tirons les rideaux, si bien que nous quittons notre tranquille plage de gravier au bord de la rivière vers midi.

Bivouac au matin

Vallée en allant vers Anchorage

Il continue de faire assez chaud, ce qui contribue aussi à notre fatigue, et la route nous paraît longue jusqu’à la ville d’Anchorage. Encore offre-t-elle quelques vues étonnantes sur la vallée de la Matanuska : large lit de gravier blanchâtre parcouru par les multiples bras de la rivière qui coule rapide mais peu profonde, pentes accusées des hautes montagnes qui l’encadrent, coulées éclatantes de glaciers nichés dans les hauteurs…


Les 40 derniers kilomètres sont quand même vite parcourus puisque sur une autoroute assez fréquentée. Vers 13:30 nous nous retrouvons au centre d’une ville très moderne et vivante, dont l’agitation après tous ces espaces quasi inhabités nous désoriente un peu. Nous nous dirigeons directement au Visitor Center, histoire de trouver l’adresse du Costco où je veux acheter à bon prix des pneus Michelin. On me fournit l’adresse recherchée, un plan de la ville ainsi que plusieurs autres informations utiles à la poursuite de notre itinéraire vers la péninsule de Kenai, au sud, et le Parc National Denali, au nord. Rendus au centre d’achat, les démarches seront plus longues que prévues car le chef d’atelier dit ne pouvoir installer à l’arrière les pneus que je désire (des 6 plis destinés aux light trucks) avec les vieux pneus avant qui eux n’ont que 4 plis car destinés aux voitures de tourisme: ainsi en ont décidé les services techniques de Michelin, pour des raisons de sécurité… Seule solution : changer les 4 pneus pour des 6 plis, ce à quoi je ne peux me décider puisque 2 pneus flambant neuf (et 6 plis…) attendent dans le garage notre retour à Outremont. Je tergiverse, fais avec Monique un tour du magasin-entrepôt pour compléter nos provisions. Prix plus qu’intéressants mais, comme souvent chez Costco, les quantités sont excessives pour deux, a fortiori pour des voyageurs… Finalement je trouve la solution en retournant discuter avec un des mécaniciens de l’atelier : je démonterai sur le stationnement les roues usées, les lui porterai dans l’atelier sans qu’il touche au véhicule, il fera la nouvelle monte avec les pneus achetés dans le magasin et tout sera fait dans les règles et à ma convenance, sans qu’on puisse rien lui reprocher… Nous procédons ainsi, ce qui entraîne pour moi une bonne suée, mais une heure et demie plus tard, notre Guépard est rechaussé - à moitié…- à neuf !

Après un autre plein d’essence à un prix jamais vu jusqu’à présent (1,90 $ le US galon, soit 2,53 $CAN les 3,78 l, soit 67 cents le litre !), la fatigue nous fait hésiter à reprendre la route. Nous repérons sur la carte le Jardin botanique de l’Alaska, en bordure Est de la ville. C’est dans ses allées modestes mais fleuries et dans ses sous-bois que nous achevons notre après-midi au calme, loin de l’animation des rues. Coucher tôt avant 22:00 sur une rue résidentielle à proximité. Jardin botanique d'Anchorage

Fleurs du jardin
Fleurs blanche en grappe

Monique dans le Jardin



Jeudi 12 août 2004 : D’ANCHORAGE à SEWARD (240 km)

Peu de trafic durant la nuit, et les départ du matin se sont faits discrets, si bien que nous avons assez bien récupéré les fatigues de la journée d’hier et d’aujourd’hui.

Nous décidons de consacrer la matinée à la visite de ce qui nous semble l’une des attractions majeures de la ville, le Alaska Native Heritage Center. Un grand terrain boisé abrite le bâtiment muséal, tandis que des répliques des différents logements des 5 principaux groupes culturels indigènes de l’Alaska (identifiés chacun par une icône colorée) sont disposées autour d’un étang dans un parc en arrière. Symbole de Première Nation
Costume Inuit Dans les vitrines sont présentés de superbes objets usuels ou artistiques, accompagnés de grandes photos murales incrustées de citations d’anciens ou de jeunes amérindiens de chacun des groupes. Ils illustrent admirablement l’ingéniosité orientée vers la survie, mais aussi le sens de l’harmonie avec la nature, ainsi que le besoin de maintenir et de transmettre le patrimoine et la sagesse élaborés au cours des siècles.
Patrimoine que l’intrusion brutale de l’homme blanc et de sa culture occidentale - surtout depuis la fin du XIXème - ont gravement mis en péril mais qui a récemment été remis à l’honneur. 
Moulin à pêche de la côte de l'Alaska
Maquette de piège à saumon
Chaussures en cuir et perles de verre Broche à cheveux
Broderie en poils de caribou teintés, épingle en ivoire

Ours blanc en ivoire
Morse

Récipient en vertèbre de baleine
Boite en vertèbre de baleine, poignée en ivoire
Bottes sames
Mocassins lapons (amenés en Alaska
pour faire l'élevage de rennes domestiques)



Panier en écorce de bouleau
Kayak et son armature


Masque tlingit
Masque de chasse


Masques haida
Panier et récipient


Bouteille à décor noué en herbe
Poupées iningshut


Couverture de cérémonie
Couverture de danse cérémonielle tlingit

Monique, qui a plus de difficulté à déchiffrer les notices et les inscriptions, s’impatiente de me voir tout explorer et tenter de tout comprendre.

Elle passe un moment dans la « salle de rencontre » où un groupe de jeunes amérindiens chantent et présentent des danses traditionnelles. Spectacle amérindien

Nous nous retrouvons à l’extérieur pour faire le tour des cinq types d’habitations typiques de chacun des « groupes ».

L'étang et les maisons amérindiennes
Maison des athabascans
Maison en rondins des Athabascans

Intérieur de kayak
Armature de kajak

Maison des hommes
Maison des Hommes : le Quasgiq du peuple Yup'ik/Cup'ik,
à la fois lieu d'enseignement de la tradition masculine et centre communautaire

Très rustiques pour la plupart, elles sont souvent semi-enterrées pour affronter le froid et le vent de la taïga ou de la toundra..,

Grande maison Haida
Longue maison des Haidas
... à l’exception des maisons en rondins des Athabascans et surtout des « longues maisons » des Haïdas de la Côte du Nord-Ouest, déjà découverts à Vancouver et à Victoria en Colombie-Britannique. Dans la maison haida
Dans la longue maison des Haïdas, le foyer central

Au total, plus de trois heures de visite passionnante qui complètent notre découverte de l’environnement naturel de l’Alaska par une meilleure compréhension de la façon dont l’homme s’y est adapté au fil de la centaine de siècles écoulée depuis le franchissement du détroit de Bering.

Turnagain Arm
La route en corniche le long du Turnagain Arm

Assez de musée pour aujourd’hui, nous décidons de quitter la ville et son agitation pour les vastes espaces beaucoup plus sauvages de la péninsule de Kenai. Plein d’eau dans une station-service en quittant la ville, puis longue route d’abord le long du Turnagain Arm qui offre le paysage habituel de fjord, i.e. de hautes montagnes parfois couronnées de neige ou de glace tombant dans la mer, puis ensuite de profondes vallées boisées elles aussi entourées de glaciers qui s’écoulent en rivières grises et torrentueuses.

La route excellente s’insinue en larges courbes dans ces panoramas grandioses, malheureusement la lumière grise, sous un ciel de plus en plus chargé, ne les met guère en valeur. Je réserve les films et photos pour le retour demain, en espérant une journée bien ensoleillée… La grandeur de ces paysages continue de m’émerveiller, tandis  que Monique se montre plus lasse de leur répétition.

Plage de Seward
Bivouac près de la plage de Resurection Bay
Baie de Seward
Soir sur Resurection Bay

Nous arrivons enfin au port de Seward. Faute de trouver un bivouac sauvage au bout de la route le long du fjord (Resurection Bay), nous nous installons au bord de la rue, tout près du Alaska Sealife Center, à deux pas de la borne indiquant le départ de l’Iditarod Trail, la fameuse course de traîneaux à chien qui, sur 1 688 km, relie Seward à Nome, sur la côte est de l'Alaska.  Superbe vue sur les montagnes incrustées de glaciers qui entourent complètement la baie, sur lesquelles le soleil couchant enfin réapparu projette des lueurs rougeoyantes. Point de départ de l'Iditarod
Départ de l'Iditarod Trail


11. De SEWARD  à  KENAI PENINSULA

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