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Aigle en vol

Été 2004 : Rocheuses, Yukon et Alaska

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard


14.  De HAINES à WHITEHORSE

Samedi 21 août 2004 : de DEZADEASH LAKE à HAINES (242 km)

Bivouac au dessus du lac DEZADEASH
On entend si peu le passage des véhicules sur la highway, et ils sont si rares, que nous dormons comme des loirs jusque passé 8:00, au milieu de notre champ de fleurs sauvages…  Bivouac au milieu des fleurs

Le Lac Dezadeash
Au matin, le ciel clair et partiellement dégagé illumine le panorama sur le lac à gauche et sur les montagnes enneigées du parc de l’autre côté. La route de HAINES JUNCTION à HAINES

Lac d'altitude
Nous nous mettons bientôt en marche pour parcourir l’une des plus belles routes de notre voyage : des montagnes tachetées de glaciers, des steppes couvertes de lichens, un col superbement sauvage (le Chilkat Pass à 1 065 m), des lacs aux vastes dimensions s’étendant dans de larges vallées boisées…

Courbe d'une rivière
La route continue...

Nous progressons lentement car je veux prendre le temps de tout admirer à mon aise et de capter les plus belles images de ces paysages magnifiques. Les ralentissements prolongés et les arrêts sont donc fréquents, tandis que Monique, plus indifférentes à ces images qu’elle trouve répétitives, se plonge dans un roman fleuve historique prêté par Annie…

Panorama sauvage

Sur le plateau avant le col Avec le Guépard

Plateau
Pics

Après ce long passage en plateau, extrêmement sauvage, nous abordons la vive et longue descente du Chilkat Pass dont les pentes accusée offrent quelques autres vues saisissantes sur les montagnes environnantes et leurs glaciers...

Descente du Chilkat Pass
Descente

Depuis le belvédère
Cimes enneigées et glaciers

Glaciers Autre glacier

En bas du Chilkat Pass, nous quittons le Yukon pour une dernière incursion en Alaska. La vallée de la Chilkat River s’étend largement sur fond de montagnes et de glaciers... Le lit caillouteux de la Chilkat River
Chilkat River


Aigle perchés sur un arbre
Rassemblement d'aigles chauves en saison
C'est la site du National Bald Eagle Preserve, mais les aigles établis le long de ses rives pour pêcher le saumon sont encore rares en cette saison. Je réussis quand même avec mes jumelles à en apercevoir un perché dans un arbre sur une île au milieu des eaux grises. Tête d'aigle à tête blanche
Aigle chauve (Bald Eagle)


Ïle dans la Chilkat River

Moulin à pêcher le saumon
Moulin à pêcher le saumon

En revanche nous avons la chance d'approcher à deux reprises des moulins à pêcher le saumon, appareils fort ingénieux amarrés près de la rive et dont le mécanisme, entraînés par le fil du courant, permet aux indigènes de se ravitailler en saumon sans trop dépenser de peine... Nous en avions vu une maquette dans le Musée d'Anchorage.
La route atteint enfin Haines au fond de son fjord. Le soleil est au rendez-vous, avivant les couleurs. Pause devant le quai du fast ferry pour Juneau, la capitale de l'Alaska... Arrivée à Haines

Vuye sur Haine depuis la route vers Battery Point Trail Head
...puis poursuite sur le chemin menant au Battery Point Trailhead sans y découvrir d’espace pour y bivouaquer. Depuis Battery Point Trailhead

Demi-tour donc, nous dépassons le village et nous rendons jusqu’au bout de la route du côté du Chilkat State Park (dont nous abandonnons vite la piste défoncée) pour découvrir une élégante maison moderne superbement située devant un bras de mer désert (avec piste d’hélicoptère privée, s’il vous plaît : pauvres gens !).

Fond du fjord vers Skagway
Le fjord vers la pleine mer


Panorama sur la baie

Monique et Christel
Je fais quelques pas sur la plage de galet, puis nous revenons vers le petit port lorsque je reconnais en le croisant le fourgon Mercedes vert des deux sympathiques Allemands rencontrés à Calgary. Demi-tour, nous nous arrêtons au bord du chemin, Christel et Peter font la connaissance de Monique. Nous échangeons longuement sur nos découvertes alaskienne et yukonaises, prenons un verre de vin, puis deux, et finissons par décider d’aller manger ensemble dans un restaurant sur le port.

Après quelques courses au IGA local (beaucoup moins cher que l’épicerie de Haines Jonction hier), soirée animée devant le bassin des small boats qui nous mène passé 11:30. Nous nous quittons enfin en nous promettant de nous revoir en Palatinat où ils demeurent (Saarebruck).

Sur la terrasse du restaurant
Bassin des small boats au crépuscule

Ils prennent le chemin du camping dont ils apprécient les douches chaudes et inépuisables, tandis que nous avançons un peu sur la petite route côtière menant au quai du ferry de Skagway. Avisant un  vaste espace dégagé près de l’eau, nous nous y installons pour la nuit sous un ciel merveilleusement étoilé.


Dimanche 22 août 2004 : de HAINES à DYEA (50 km)
Le site de Haine depuis la montagne
Avant de m’endormir passé minuit, j’ai pu admirer le ballet furtif d’une aurore boréale balayant le ciel plein d’étoiles de grands voiles blanchâtres. Au matin, une lumière pure illumine le ciel bleu sans nuage. Il s’accorde avec le bleu-vert de la mer et les pentes plus sombres des montagnes couronnées de neige et de glaciers pour composer un tableau magnifique.

Bivouac sur la route du ferry
Bivouac devant la baie de Haines, au bord de la petite route menant au ferry


Nous traînons un peu avant de nous lever et de gagner un peu plus loin le terminal du ferry pour prendre nos billets à destination de Skagway. Le prochain - et le seul - bateau part ce  soir à 18 :15 ! Le vieux Fort Seward en bordure de Haines
Monique lit au soleil
Nous n’avons pas d’autre choix que de profiter de cette journée pour téléphoner à notre fille et ensuite en France, puis de nous reposer devant le superbe panorama de la baie en avant du village. Nous revenons un peu en arrière et nous installons sur le gazon, entre la petite route guère fréquentée et la plage de galets, avec pour décor le panorama décrit plus haut. Après déjeuner, Monique sort une chaise au soleil et poursuit la lecture de son roman (une quadrilogie de Juliette Benzoni) pendant que je me remets à l’ordi pour classer et retravailler les dernières photos.
Vers 15:30 nous levons le camp pour prendre un peu d’exercice : traversant Haines et poussant jusqu’au petit stationnement au bout de Beach Road, nous enfonçons sous les grands pins Sitka pour faire la balade vers la Battery Point signalée dans le Guide Vert. Peu de dénivellation mais beaucoup de déambulations sur le sentier sinueux qui serpente entre les racines des grands arbres rectilignes. Sentier vers Battery Point

Sur la plage de Battery Point

Après 3/4 d’heure de marche, nous finissons par quitter le couvert boisé un peu mystérieux et atteignons enfin la plage et la vue sur la baie. Mais il est déjà temps de faire demi-tour pour nous présenter à temps à l’embarquement...
Monique devant Battery Point

Retour un peu précipité puis chemin en sens inverse en laissant en passant un petit mot d’adieux sur le pare-brise du Sprinter Mercedes de Christel et Peter stationné tous rideaux fermés devant le quai du fast ferry.

Le ferry à quai
Les voitures et autres véhicules récréatifs attendent déjà nombreux en ligne sur l’aire d’embarquement. Nous avons à peine le temps de nous faire un sandwich que déjà les voitures commencent à avancer.

Départ du ferry vers Skagway En route !

La traversée est courte (1 heure environ). Peu spectaculaire, elle offre cependant les beaux paysages de fjord bordé de forêts et de quelques cascades que nous connaissons bien maintenant. La progression nous semble lente vers le fond du fjord voisin où est nichée la petite ville de Skagway. Pentes au bord du fjord

La lumière descend vite et les rues sont plongées dans l’ombre lorsque nous abordons, car les hautes pentes abruptes cachent le soleil bien avant son coucher. Nous faisons quand même un tour des deux principales rues qui présentent toute une panoplie de façades de style frontier, i.e. en planches peintes de couleurs vives et contrastées, frontons et balustrades.  Le coup d’œil au premier abord attire l’œil et surprend agréablement, mais après un deuxième tour pour filmer et regarder plus en détail, c’est l’impression de décor de théâtre qui s’installe : tout cela est trop neuf, trop de nouveaux bâtiments se mêlent aux anciens sans que les authentiques ressortent vraiment du lot. Impression fort différente de celle ressentie à Dawson City...

Nous arrêtons là la visite, d’autant plus que la nuit descend et qu’il faut trouver un bivouac. Comme je veux voir au moins le départ de la fameuse piste Chilkooot, nous quittons la petite ville après un plein d’essence et nous engageons sur la petite route de Dyea. Ses premiers miles goudronnés jusqu’au belvédère donnant sur Skagway sont faciles, mais ensuite elle devient beaucoup plus étroite en serpentant le long de la rivière. Trouvant un espace favorable peu avant le hameau de Dyea, nous arrêtons au bord de l’eau, y soupons légèrement et nous couchons assez tôt dans la solitude et le grand silence seulement troublé par les légers tourbillons de la rivière à nos pieds.


Lundi 23 août 2004 : de DYEA à WHITEHORSE (206 km)

Au nbord de la rivière Taiya
Il est 9:30 lorsque nous nous réveillons au bord de la rivière sous un ciel tout bleu. Trois minibus et deux jeunes filles forment juste à côté de nous le comité d’accueil pour des rafters qui descendent la rivière Taiya.
Nous nous douchons rapidement et allons prendre notre déjeuner un peu plus loin, dans le petit parc historique incluant le site de l’ancienne Dyea construite au départ de la Chilkoot Trail au moment de la Ruée vers l’Or (1897-98). Elle a été abandonnée 2 ans plus tard dès que Skagway, porte d’entrée du White Pass et terminus du White Pass & Yukon Railway, l’eut supplantée comme port d’arrivée vers les gisements d’or du Klondike. Site de l'ancienne Dyea
Site du port de Dyea
Je vais faire un tour sur le banc de sable et de gravier à l’embouchure de la rivière où se trouvait la ville mais il est maintenant complètement envahi par la végétation. Il ne reste absolument rien des bâtiments de planches et encore moins des tentes hâtivement montées que l’on voit sur les photos des panneaux explicatifs. Partout de vigoureux résineux ont surgi, denses et opaques, cachant parfois quelques planches pourrissantes enfouies dans la mousse… Ma promenade archéologique se mue en jogging matinal, ma foi assez vivifiant sous le chaud soleil et dans l’air pur qui embaume le sapin.
Tout proche et longeant le cours de la Taiya, j’aperçois le départ de la célèbre Chilkoot Trail sur laquelle peinèrent tant de prospecteurs en 1898-99. La rivière au départ de la Piste Chilkoot

Le Guépard au départ de la Chilkoot Trail
Chilkoot Trail

Je me sens malheureusement bien incapable d’entreprendre cette rude randonnée de trois jours reconnue assez exigeante et donc réservée à des marcheurs mieux entraînés que moi…

Maison de prospecteur
Une ancienne cabane de prospecteur ?...

Lynn Canal
Les eaux calmes du Lynn Canal

Nous prenons donc bientôt le chemin du retour, lentement car la route de terre est étroite et vire sans cesse, mais elle offre plusieurs vues superbes sur le Lynn Canal et sur les montagnes portant neige et glaciers...
...puis sur la ville de Skagway vue d’en haut depuis le petit belvédère découvert hier soir dans l'obscurité. Port de Skagway
Skagway et ses navires de croisière

Route du White Pass
Route de la White Pass, à gaudhe la route, à droite le chemin de fer

De retour à Skagway, Monique parle un moment avec Juliette en France.  Nous repartons alors sur la South Klondike Hwy en direction de l’Alaska Hwy et de Whitehorse. La route excellente accuse rapidement une forte pente en escaladant le White Pass dans un grandiose paysage de rochers à pic sur fond de cimes enneigées.
Sur l’autre versant de la vallée, la voie ferrée du White Pass & Yukon Route s’accroche à la pente, telle un ruban noir inséré dans le tissu sombre et dense de sapins. Arrêtés sur une plate-forme d’observation au bord de la route, nous avons la chance d’apercevoir le fameux petit train grimper lentement la voie étroite tracée à coup de dynamite en 1899, au plus fort de la Ruée vers l’Or. Les deux locomotives diesel jaune et vert peinent sur la forte pente régulière et continue qui épouse les courbes de la montagne, suivies de leur dizaine de petits wagons d’époque en bois joliment restaurés. La vieille loco à vapeur, plus typique encore, ne reprend du service qu'une fois par semaine. Le petit train à flanc de montagne
Train
de la WPYR sur la voie de chemin de fer de la White Pass

Le train
le railway à flanc de montagne

Déneigeuse
Chasseneige à vapeur poussé par les locos diesel
Le train dans la neige
Les deux locos et le chasse-neige à vapeur de la WPYR

Monique aux fourneaux...
Déjeuner au grand soleil et devant le magnifique paysage un peu au-dessous du col, à près de 1 000 mètres d’altitude. Le Guépard dans le Col
Halte pour déjeuner en montant la White Pass


Sur le plateau
Le paysage ensuite sur le plateau est fort différent, extrêmement désertique et chaotique, mêlant rochers nus, étangs d’un bleu intense et sapins isolés encadrés par de hautes montagnes aux teintes gris rosé.
Étang
Rocaille naturelle

Nous franchissons la frontière Alaska/Colombie-Britannique, passons la petite gare de Fraser où nous retrouvons un autre train de la W.P. & Y. R. en partance pour Skagway, arrivons au site de Log Cabin où aboutissait le Chilkoot Trail. J’y rencontre un petit groupe de marcheurs Allemands qui semblent plutôt harassés… Train de la WP & YR
Windy Arm
Puis apparaissent des lacs plus grands, magnifiques par leur étendue et par leur vive couleur bleue royal : Tutshi Lake, puis Windy Arm dont nous suivons longuement les rives.
Jolie vue du rocher boisé de Bove Island au bout de Windy Arm entouré de montagnes, avant d’aborder enfin le Nares Lake. Bove Island

Le site de Carcross
Le cadre continue d’être très sauvage, sans aucune habitation ni routes adjacentes jusqu’à Carcross où nous arrêtons quelques minutes. Chapelle St-Andrew (Benette Lake)

Loco à vapeur et General Store
Tour de la place centrale avec ses petits monuments à la gloire du chemin de fer de 1899 (puisque c’est ici que fut posé le dernier crampon de traverse), sa vieille locomotive à vapeur, les restes du Tutschi, un superbe bateau à vapeur comme ceux déjà visité mais qui malheureusement brûla entièrement peu après que l’on eut entrepris sa restauration en 1990. Monique déniche quelques jolies cartes postales dans l’antique Matthew Watson General Store (c’est le plus ancien du Yukon encore en fonction et sa façade en planche date de 1898).
En sortant du village quasi lacustre tant les eaux bleues des vastes bras semblent se croiser en son centre, je vais faire quelques pas sur les dunes du Carcross Desert, mini-paysage insolite résultant de l’action du vent sur la cuvette sableuse d’un lac asséché. Carcross Desert
Carcross Desert


Guépard dans Carcross Desert

Emerald Lake le matin
Quelques kilomètres plus loin, ce sont les eaux bleu émeraude du petit Emerald Lake qui attirent notre regard, tant ses couleurs vibrent sous le soleil du soir.  Emerald lake

Emerald Lake le soir
Emerald Lake en soirée

Tout au long, notre route suit la trace parallèle des rails du W.P.& Y.R. dont la voie abandonnée pourrit lentement à travers la forêt. Halte pour jeter un œil à la Robinson Station dont les murs de rondins s’écroulent lentement. En suivant sur quelques mètres les traverses à moitié pourries qui soutiennaient les rails (ceux-ci ont disparu), je ramasse un crampon de fer. Authentique souvenir historique de la Ruée vers l’Or !

Nous rattrapons enfin l’Alaska Hwy que nous suivons vers l’ouest pour, une vingtaine de kilomètres plus loin, entrer dans Whitehorse au crépuscule. Tous les magasins sont fermés et la ville semble déjà en voie d’achever sa saison touristique. Nous gagnons directement le stationnement du Wal-Mart utilisé lors de notre passage il y a 20 jours, lors des deux nuits passées en ville. Quelques courses, souper, un peu de lecture et nous nous couchons tôt.


15. De  WHITEHORSE à MONTRÉAL

Accueil de 2004 - Rocheuses, Yukon et Alaska

Accueil du Guépard

Accueil de l'Aigle