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Été 2004 : Rocheuses, Yukon et Alaska

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard


15.  De WHITEHORSE à MONTRÉAL


Mardi 24 août 2004 : de WITEHORSE à LIARD HOT SPRING (669 km)

Nuit fort paisible, à l’écart du trafic. Le ciel est couvert au matin, et un amas de nuages gris laisse présager de la pluie. Vers 10:00 nous commençons par passer au Canadian Tire pour faire procéder au changement d’huile mais il n’y aura pas de place avant 14:00; le gérant me suggère un « Lube rapide » dont il vérifie la file d’attente d’un coup d’œil par la fenêtre… Effectivement le Guépard est immédiatement installé au-dessus de la fosse et l’opération menée rondement. Constatant plusieurs fuites d’huile importantes sur le moteur, le mécano de service me déconseille de continuer à utiliser de l’huile synthétique, trop fluide et trop « fine », et me recommande au contraire une huile plus visqueuse et moins chère. Quant aux freins, pas de service ici, il faudra voir plus tard…

Whitehorse maison démonstration des pompiers En quittant la ville, une drôle de maison montée sur roues en bordure de ville attire notre attention : nouveau style de campin-car ou... maison démonstration des pompiers pour un habitat plus sécuritaire !
Panneau explicatif...

Nous passons ensuite à la poste, complétons nos provisions, faisons le plein d’essence et d’eau et, vers 12:30, nous mettons en route pour amorcer notre retour à Montréal (à près de 6 000 km…). Les 420 premiers kilomètres jusqu’à Watson Lake nous sont connus. J’arrête seulement à quelque distance en amont de Whitehorse pour photographier le Yukon roulant ses flots bleu-vert déjà puissants au pied de falaises de limon blanchâtre qu’il a largement entamé. Le Yukon en amont de Whitehorse
Lac
Le long du Marsh Lake

Puis nous filons sans interruption à vitesse de croisière (100-110 km/h). Le moteur semble tourner à peu près rond, sans faiblesses ni à-coups comme il y a quelque temps, nous rentrerons peut-être à la maison sans ennuis ! Sous nos yeux se déroulent les panoramas de grands espaces quasi déserts déjà vus à l’aller, dont la faible circulation sur l’Alaska Hwy semble encore accuser l’immensité et la sauvagerie. On a l’impression de parcourir presque seuls ces centaines de kilomètres mais dans un confort et avec une aisance désarçonnante quand on pense à la durée, aux intempéries, aux difficultés multiples et aux souffrances auxquelles furent confrontés les voyageurs d’il y a un peu plus d’un demi-siècle… La route longe longuement le beau Marsh Lake puis, après un passage plus montagneux, franchit la Teslin River à Johnson Crossing.

Nous déjeunons en attendant que le pont, sur lequel une équipe d’ouvrier change des poutrelles d’acier, se libère, puis ce sont les 70 km du Teslin Lake dont nous longeons la rive Nord jusqu’à Teslin. Nous passons devant le George Johnson Museum visté à l’aller, franchissons à nouveau le plus long pont de l’Alaska Hwy et retrouvons ensuite la section qui fait un crochet en Colombie-Britannique. La chaussée est excellente, le cruise control limite ma tâche à inscrire le mieux possible le Guépard dans les grandes courbes parfaitement redressées, Monique poursuit la lecture de son roman-fleuve… Le ciel pendant un long moment paraît embrumé par de la fumée, ce que confirme l’odeur légère de feu de bois, et nous traversons de vastes zones incendiées récemment, y compris autour du camp d’équitation au bord du Swan Lake où nous avions passé la nuit du 31 juillet. Plein d’essence sous la pluie à Watson Lake dont la « forêt » de panneaux indicateur me semble encore une fois étrange et incongrue. Le calcul de la consommation (moins de 17 litres/100 km) me rassure sur l’état du moteur… Comme il fait encore très clair et qu’il est seulement 19:00, nous décidons de poursuivre plus avant notre descente vers le sud-est.

 Méandre sur la Liard River Nous soupons sur un belvédère au-dessus d’un méandre de la Liard River. Liard River

Crépuscule sur Liard River
Liard River au crépuscule


Dans un paysage encore plus sauvage et de plus en plus vallonné, nous rencontrons plusieurs animaux le long de la route: une femelle orignal et son petit puis, entre Coal River et Liard River, deux petites hardes de bisons que nous tâchons de photographier et de filmer malgré la disparition progressive de la lumière. Bisons sur la route
Bisons sur la route

Bisons gauche
Bison droit

Bison solo

Harde en bord de route Harde 2

La fatigue qui commence à se faire sentir, et le danger de rencontrer dans l’obscurité d’autres animaux sur la route, nous amènent à faire étape devant le petit parc de Liard River Hot Springs. Plus de place au camping, nous nous installons sur un vaste espace sableux dégagé à côté d’une cabane abandonnée.

 

Mercredi 25 août 2004 : de LIARD HOT SPRING à FORT ST-JOHN (703 km)

Liard Hot Spring
Il fait très gris et froid (6ºC) lorsque nous nous levons vers 10:00, au point que Monique préfère se passer de la douche, le chauffage de l’arrière du Guépard étant resté débranché pour l'été… Nous allons quand même faire un tour au bout du long trottoir de bois traversant la forêt jusqu’aux sources thermales, accompagnant toute une ribambelle de familles, serviette de bain sous le bras, qui s’en va passer un moment dans l’eau très chaude exhalant une légère odeur soufrée.

 Baigneurs Nous avons malheureusement oublié nos maillots de bain à Montréal et devrons nous contenter de constater la chaleur de l’eau du bout de l’orteil. Jeune baigneur

Le cadre rustique est fort joli, d’autant plus que la température nettement plus élevée alentour a créé une espèce de micro-climat surprenant à cette altitude et sous cette latitude, favorisant la croissance de fougères, de petites orchidées et de quelques autres plantes inattendues, quasi tropicales. Les sources chaudes
Muncho Lake Park
Il est presque midi lorsqu’enfin nous prenons la route qui continue à grimper en offrant des paysages de plus en plus montagneux. 
L’Alaska Hwy devient alors plus étroite, ses virages, ses montées et descentes s’accusent, aussi notre vitesse ralentit dès que nous entrons dans le Muncho Lake Park. Route et lac

Muncho Lake depuis le belvédère
En longeant Muncho Lake
Au bord du Muncho Lake


La route montante

La route montant au col
Nous nous trouvons à traverser la partie la plus septentrionale des Rocheuses, ce qui nous fait gravir le Muncho Pass à 1 100 mètres, au pied des cimes enneigées du Mont Roosevelt (2 972 m) puis du Mont Stone (2 819 m).

Vallée au-dessus de Muncho Lake

Torrent La neige apparaît...

Neige sur la montagne
La température chute à 3ºC, la pluie fine qui a commencé à tomber se mue en neige qui saupoudre autour de nous arbres et rochers. C’est à la fois inattendu et féerique, occasion de nombreuses photos et plans vidéo. Lit de torrent saupoudré


Mont Stone
Les pentes du Mont Stone enneigé à 2 819 m

Nous apercevons même plusieurs jeunes caribous en train de brouter l’herbe à moitié cachée sous la neige au bord de la route. Caribous au bord de la route

 Caribou dans la neige Caribou (gros plan)

Caribou

L’enneigement précoce atteint son maximum en franchissant le Summit Lake Pass à 1 292 m, avant de diminuer puis disparaître en redescendant vers Steamboat puis Fort Nelson. La température demeure cependant  très froide et la visibilité très diminuée par les nuages bas qui se résolvent presque continuellement en crachin, en brume voire en brouillard. Comme en plus la route dans ces hautes régions n’a pas été redressée comme dans les régions plus basses qui précédent ou suivent, notre train en est très affecté et ce n’est que passé Fort Nelson, où nous faisons le plein d’essence 140 km plus loin, que nous pouvons reprendre notre vitesse de croisière.

Il fait cependant encore très frais (6 à 8ºC) dans ces contrées très sauvages, assez vallonnées et très boisées sans présenter pour autant de paysages spectaculaires. Comme il continue de faire très gris, nous poursuivons notre descente vers le sud-est sans aucun arrêt, en espérant rallier Dawson Creek avant que la nuit soit tout à fait tombée. Malheureusement la pluie redouble d’intensité et la conduite sur la chaussée mouillée, avec la présence toujours possible d’animaux sauvages qui la traversent inopinément - orignaux en particulier - me fait abandonner la partie en arrivant vers 21:00 à Fort St-John. Nous quittons alors la grande route pour trouver une rue résidentielle tranquille au bord de laquelle nous allons stationner, fermons les rideaux et soupons rapidement d’un potage poireaux-pomme-de-terre Maggi avant de nous endormir vers 22:30, après cette longue journée de route.


Jeudi 26 août 2004 : de FORT ST-JOHN à BLACKFOOT (LLOYDMINSTER) (921 km)

Monique appelle sa mère
Lever de bon matin (7:05) car réveillés depuis 6:00 par le passage des pick-up aux pots d’échappement défoncés (négligence ou volonté délibérée de se signaler à l’attention de ses semblables ?)… Nous décollons rapidement et déjeunons un peu plus loin en arrivant à Dawson Creek, dont la plus grande gloire est d’être le point de départ (Mile 0) de l’Alaska Hwy. 
Guépard devant borne de départ de l'Alaska Hwy
Le Guépard devant le km 0 de l'Alaska Highway

Borne de départ de l'Alaska Hihgway

Photo du Guépard devant la borne décorée de drapeaux un peu ternes sous le ciel gris. Il a fait très frais cette nuit (3 ou 4ºC)  et la température tarde à remonter. Plein d’eau et d’essence avant de repartir en direction d’Edmonton, 600 km plus loin. La grande consommation d’eau et d’huile du moteur continue de m’inquiéter, aussi je profite du passage devant un Costco à Grande Prairie pour me réapprovisionner de 12 litres d’huile Castrol ordinaire puis devant un Canadian Tire dans une autre petite agglomération pour acheter deux Stop  Leak, l’un pour le circuit de refroidissement et l’autre pour le circuit d’huile.

Nous passons près d’une heure à Grande Prairie, le temps pour Monique d’appeler de nouveau la France. Lorsque nous repartons vers midi, c’est pour ne plus nous arrêter de la journée, sinon pour un rapide déjeuner au bord de la route vers 15:00 et pour reprendre de l’essence en soirée en quittant Edmonton. Consommation record pour le moteur 5 l. du Ford : 15,8 l d’essence aux 100 km, tous pleins faits et le cruise control bloqué  autour de 105 km/h ! Serait-ce la vapeur… ou le vent arrière ?

Le paysage évolue lentement, passant de la fin des vallonnements à Dawson Creek jusqu’à la plaine infinie des Prairies ensuite. La route ne présente donc pratiquement pas de relief, sinon de temps à autre une grande descente suivie d’une brusque remontée lorsqu’on passe une rivière. Les forêts ont bientôt complètement disparu, pour être remplacées par d’immenses champs de céréales maintenant récoltés ou de non moins vastes pacages occupés par quelques bovins dispersés.

Nous continuons de rouler dans l’obscurité après la traversée d’Edmonton atteint vers 19:30 pour nous arrêter enfin deux heures plus tard juste avant la petite ville de Lloydminster, près d’une vingtaine de maisons disposées en damier dans le hameau de Blackfoot, un peu à l’écart de l’autoroute. Espérons que les trains se feront rares cette nuit sur la voie ferrée transcontinentale qui longe la Yellowhead Hwy ! Souper puis coucher immédiat après cette longue journée de roulage.


Vendredi 27 août 2004 : de BLACKFOOT à ESTEVAN (800 km)

Bivouac à Blackfoot
Départ vers 10:30 après une nuit fort calme. Au matin la pluie a cessé. La journée entière se passe à rouler sous le magnifique ciel des Prairies généralement ensoleillé avec quelques nuages blancs dispersés.
Nous nous arrêtons seulement deux fois pour manger et reprendre de l’essence. Je dois remettre un peu d’huile dans le moteur, mais la consommation reste raisonnable malgré les fuites qui maculent l’arrière du camion de petites taches grasses inscrites dans la poussière, et l’eau reste à peu près stable dans le vase d’expansion. L’oeil attentif aux deux cadrans sur le tableau de bord, je garde le cap au sud-est et parcours ainsi 800 km, nous rapprochant sensiblement de la rue Hartland à Montréal. Paysage très monotone de plaine où les vastes champs de céréales alternent avec des pâturages apparemment plus ou moins en friches. De temps à autre, on traverse un petit village de quelques maisons alignées au pied du grand silo à grain « cathédrale des Prairies » comme on l’a déjà écrit, au bord de la ligne de chemin de fer sur laquelle une vingtaine de wagons à grains attendent le chargement. Ciel des Prairies à Chamberlain

Les kilomètres défilent sur la route généralement toute droite, le plus souvent à deux chaussées séparées. Rien de tel pour prendre conscience que nous habitons - et parcourons - le pays le plus étendu de la planète après la Russie. Nous contournons Regina en fin de journée et continuons plein sud.

Une demi-heure après le coucher du soleil, nous roulons encore pour arrêter enfin juste avant la frontière américaine, dans un champ signalé « Point of interest », devant des excavations supposées être des installations minières non spécifiées.


Samedi 28 août 2004 : de ESTEVAN à FLOODWOOD (50 km avant DULUTH) (875 km)

Bivouac dans la Prairie
Bivouac à Estevan près d'un Point of interest introuvable...
Autre longue journée de « roulage » sans visite ni arrêt, sinon pour faire le plein d’essence. Il faut dire que les curiosités dans le Dakota du Nord sont plutôt rares, les quelques « Points of interest » jalonnant notre route se résumant à une petite plaque de bronze scellée sur un cairn au bord de la chaussée…

Heureusement il fait beau, et la Highway 2, en général à deux chaussées séparées en assez bon état, est assez peu fréquentée.  Nous descendons d’abord pendant plus de 2 heures en direction sud-est en empruntant le fond d’une large vallée (probablement un fleuve glaciaire maintenant réduit à une mince rivière serpentant dans le fond, à bonne distance des deux anciennes rives profondément ravinées). 

Puis, à partir de la ville de Minot, la route prend la direction plein est, et c’est à nouveau la prairie monotone avec ses immenses terrains clôturès, cultivés soit pour les céréales soit pour le foin, laissés en jachère ou en pâturage pour quelques bovins. Parfois une petite maison de planches abandonnée rappelle le temps, pas encore si lointain, de la colonisation du North Dakota. Dans chaque petite agglomération, un vaste terrain rempli d’énormes machines agricoles à vendre… Et, flottant au-dessus de tout cela, un immense ciel bleu où flottent quelques petits nuages blancs aux franges rosées. Paysage de Prairie

Le tableau change un peu au Minnesota avec l’apparition des arbres, de plus en plus nombreux en progressant vers l’est. En fin d’après-midi, nous traversons une région de lacs environnés de forêts un peu plus vallonnée où l’on a créé de nombreux parcs d’état et sites récréatifs. C’est plus riant mais du coup beaucoup plus fréquenté, donc la vitesse est réduite de 70 à 55 miles/h, ce qui n’avance pas nos affaires… Le moteur a cessé de me causer des soucis, le niveau d’huile se maintenant lors de mes contrôles attentifs. Quant à l’eau, il suffit d’en remettre lorsque le vase d’expansion est vide…

<>Nous roulons ainsi jusqu’à 21:30, donc dans la nuit noire, le changement de fuseau horaire nous ayant encore une fois fait perdre une heure. Arrêt pour la nuit dans le village de Flootwood, pour éviter de se perdre et de subir le bruit d’une ville importante comme Duluth. Stationnement, souper et coucher sur le terrain du Senior Center (bingo, etc.).
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Dimanche 29 août 2004 : de FLOODWOOD à SAULT-STE-MARIE (796 km)

Le choix de notre bivouac était bon, puisque effectivement la nuit s’écoule sans aucun bruit sinon le vacarme de deux trains sifflant à chaque passage à niveau, fléau auquel on ne peut échapper dans la Prairie nord-américaine. Quant à la journée, rien de bien différent d’hier, sinon que l’absence d’autoroute sur la majeure partie de notre trajet ralentit nettement notre moyenne. De plus, en ce beau dimanche, la circulation est dense dans cette région boisée qui abrite nombre de lacs, de parcs, de chalets et de campings. Les kilomètres se déroulent trop lentement à notre goût. Les curiosités étant inexistantes et le paysage des plus plats, rien ne motive un quelconque arrêt, hormis les pleins d’essence et les repas. Enfin, les freins avant, rendus à leur extrême degré d’usure, grince à chaque sollicitation et demanderont à être remplacés dès demain, lorsque les ateliers de mécanique auto seront ouverts.

Nous finissons par atteindre la frontière canadienne à Sault-Ste-Marie vers 19:30. Après un dernier plein d’essence à bon compte, je remarque que l’un des bruits bizarres du  moteur s’est beaucoup accentué. Mais comme il répond normalement à l’accélérateur et que tous les voyants sont corrects, je ne m’inquiète pas outre mesure  et nous engage sur le grand pont international qui nous ramène au Canada, avec l’intention d’aller passer la nuit devant l'atelier mécanique du Canadian Tire le plus proche. À peine la rampe de sortie du pont descendue, le vacarme s’accentue et quelques mètres plus loin, en prenant le chemin de l’atelier dans le nord de la ville, la courroie du ventilateur se décroche, tous les voyants d’alerte s’allument, tant celui de l’alternateur que celui des freins, et l’assistance de la direction disparaît. Le navire est devenu ingouvernable… Et comme je sais que la pompe à eau vient aussi de cesser de fonctionner, il ne reste plus qu’à se garer au plus vite sur le premier espace venu et à lancer un SOS en contactant le service routier d’urgence du C.A.A.

Après plus d’une demi-heure d’attente - nous sommes dimanche soir - je finis par obtenir au bout du fil un aimable conseiller anglophone qui décode mon charabia, note ma position et me promet  une remorqueuse d’ici 30 minutes. Par chance nous tombons sur un chauffeur francophone - du nord de l’Ontario - qui pose un diagnostic provisoire : ce serait le roulement de la poulie du ventilateur qui aurait lâché. Rien d’autre à faire que démonter et remplacer - en atelier bien sûr.... C’est donc sur le plateau de son camion que notre Guépard, bien mal en point, vient atterrir devant les portes de l’atelier du Canadian Tire de Sault-Ste-Marie dont nous solliciterons les services dès 8:00 demain matin. En attendant, souper puis coucher dans un environnement malheureusement assez bruyant…


Lundi 30 août 2004 : de SAULT-STE-MARIE à MONTRÉAL (994 km)

Notre « terrain de camping » s’avère si bruyant que, pour une rare fois depuis bien longtemps, je dois utiliser mes bouchons auriculaires pour trouver le sommeil. Debout à 6:45, je suis au comptoir de l’atelier dès 7:30 pour faire prendre en charge notre épave échouée sur le grand stationnement encore vide. Après quelques discussions avec le mécano qui me suggère d’abord des travaux complets mais coûteux (plus de 600 $), le devis devient plus raisonnable (250 $). Deux heures plus tard, les pièces, en rupture de stock chez Canadian Tire et non disponibles chez Ford (!), ont été obtenues de la casse et d’autres garages des environs. La poulie déchiquetée qui ne tenait plus que par 2 boulons sur les 4 prévus et avait fini par lâcher, ainsi que les plaquettes de freins complètement usées ont été remplacées, et les disques ont été rectifiés (et non remplacé comme initialement proposé). Vers 11:30 nous quittons la salle d’attente où nous avons profité du délai pour faire notre courrier sur le portable, et sommes prêts à repartir.

Guépard devant Lac Nipissing
La traversée du nord de l’Ontario ne pose guère de problème vu le bon état des routes et la circulation relativement faible. De plus, les agglomérations étant assez dispersées, point n’est besoin de ralentir trop souvent pour les traverser. Nous longeons ainsi durant près de 200 km le Lac Huron sans trop l’apercevoir, puis une section à chaussée séparée nous fait traverser rapidement Sudbury.
Paysage de forêts entrecoupées de cultures ou de pacages, assez monotone finalement et sans relief. De Sudbury à Northbay, 137 km de la route habituelle du Bouclier Canadien qui file sans problème dans des paysages identiques avec quelques belles échappées sur le Lac Nipissing sous un beau soleil d’après-midi. Panorama sur Lac Nipissing

Un rapide calcul nous révèle que Montréal est à portée à condition de rouler de nuit, ce que l’autoroute d’Ottawa à Montréal permettra de faire sans risques. Nous commençons donc à longer le cours de la Mattawa puis de l’Ottawa River. La nuit descend progressivement et le temps se gâte sur la longue (287 km) route d’abord assez sauvage puis de plus en plus habitée en descendant vers la capitale. La circulation se densifie également, si bien qu’il fait nuit noire lorsque nous rattrapons l’autoroute 416 à une quinzaine de kilomètres de la grande ville. Ses abords très peuplés, ses grands immeubles et ses vastes zones d’activité lui donne des allures de métropole, au point que je me demande un moment si nous ne sommes pas égarés du côté de Toronto… Les indications des grandes rues et avenues sur les panneaux marquant les sorties nous confirment que nous ne sommes bien en banlieue d’Ottawa et qu’à 180 km vers l’ouest, notre maison confortable - et notre lit… - nous attendent. Monique achève à voix haute la lecture de son roman auquel elle a réussi à m’intéresser (l’intrigue déborde de rebondissements dignes des meilleurs feuilletons…), je fais un dernier plein d’essence en Ontario et enfin, à 23:45, notre Guépard un peu essoufflé par sa longue course des derniers jours s’arrête dans la cour. Souper, douche et coucher sans tarder, le déballage sera pour demain.



Mardi 31 août 2004 : MONTRÉAL (18 234 km parcourus en 55 jours)

Fin du voyage. On vide, on lave, on répare… jusqu’à la prochaine fois !

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