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Lac Moraine et Seven Peaks Valley

Été 2004 : Rocheuses, Yukon et Alaska

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard


2. De CALGARY au LAKE LOUISE



Vendredi 16 juillet 2004 : de CALGARY à CANMORE (146 km)

Nuit des plus paisibles mais réveil assez tôt à l’arrivée des entrepreneurs sur le chantier. Ma grasse matinée sera courte… Je vais m’installer un peu plus loin au bord d’une petite route et à l’ombre bienvenue d’un arbre pour jouir un peu du délai puis me remets à mon journal. À 11:30, retour à l’aéroport où je finis par retrouver ma chère co-pilote qui semble avoir beaucoup apprécié sa relative solitude pour mettre de l’ordre dans ses affaires - retraite oblige ! - et avancer plusieurs dossiers.

Monique devant les gratte-ciel de Clagary
Nous rentrons en ville pour aller admirer le panorama sur les gratte-ciel du Calgary Downtown depuis Crescent Road et y déjeunons à l’ombre (il fait décidément très chaud aujourd’hui).


Calgary Skyline

La température nous pousse à ne pas nous attarder en ville mais plutôt à nous diriger au plus vite vers les montagnes. Nous passons donc au Safeway remplir la cambuse, puis dans un Rona pour quérir les pièces et outils nécessaires à la réparation du chauffe-eau (envahi par une rouille provenant semble-t-il du bouchon soi-disant galvanisé…) et du contact du ventilateur de la toilette (les vibrations semblent avoir dévissé l’écrou fixant l’aimant…).

Nous rattrapons ensuite, avec pas mal de difficulté, la route 1A  parallèle à l’autoroute qui sera, je l’espère, un peu moins chargée. Nous voilà en route vers les Rocheuses dont les cimes découpées ne tardent pas à monter à l’horizon. Bref arrêt vers Stoney pour respirer le bon air - maintenant un peu plus frais - en faisant un petit tour près d’une ancienne mission presbytérienne au-dessus de le Rivière Bow, puis prendre quelques vues de la rivière. Bow River près de Stoney
Paysage en entrant dans les montagnes
Peu après, la route s’engage dans de grands virages entre les pentes qui encadrent la rivière dans un tableau aux couleurs intenses (eau bleu-vert, rochers brun-rouge, sapins vert sapin (!)…). Quelques cimenteries et autres carrières de gravier enlèvent malheureusement un peu de son caractère sauvage au paysage grandiose.
Bien qu’il soit déjà passé 18:45, nous décidons de pousser un peu plus loin pour tâcher de découvrir avant d’entrer dans le parc un endroit favorable au bivouac. Nous le trouvons dans un hameau un peu passé Canmore, au bout d’une impasse grimpant sous des pins, au-dessus d’un superbe panorama sur la vallée.
Bivouac près de Canmore
Monique soupe... d'une salade !
Quelques photos dans le soir qui descend, souper puis coucher précoce pour Monique qui tombe de sommeil après sa trop courte nuit. De mon côté, je me bats un moment avec les moustiques qui surgissent avec le crépuscule, puis rentre dans le Guépard pour achever la mise à jour du journal. Coucher enfin à 23:30.


Samedi 17 juillet 2004 : de CANMORE à BANFF (45 km)

Malgré le bruit de circulation de la grande route passant au-dessous de nous, notre sommeil n’est guère troublé et nous nous levons assez tard, comme pour récupérer après cette dizaine de jour de route rapide. Je tente d’entraîner Monique sur une petite balade près de notre campement, mais le sentier monte continuellement et en plein soleil… Nous renonçons donc à poursuivre. Dommage, le panorama autour de nous ne manquait pourtant pas d’ampleur… Depuis notre bivouac près de Canmore

Entrée du Parc National de Banff
Nous sommes à deux pas de l’entrée du Parc national de Banff où nous pénétrons bientôt en faisant la queue et en payant les droits exigés : 14 $ par famille de 2 et plus, donc pour les 3 premiers jours prévus 42 $. Nous renouvellerons par la suite au besoin. Premier mile dans le Parc

Consultant le Guide Vert puis la brochure très complète remise au Bureau d’accueil, nous décidons d’explorer tout d’abord le secteur du Lac Minewanka. Une première balade autour des Étangs Cascade pour se mettre en appétit : il fait très beau et même chaud, de nombreux habitants de Calgary sont venus prendre l’air frais et pique-niquer sur les pelouses de ce beau parc presque urbain, n’était-ce le magnifique environnement de hautes montagnes. Étangs Cascade
JP sur le sentier autour du Lac Johnston
Un peu plus loin nous atteignons le Lac Johnston. Ici la nature est plus sauvage, la forêt cerne les eaux bleues dans lesquelles toute une jeunesse active patauge, plonge et nage en criant son plaisir. Nous entreprenons de faire le tour de ce petit lac qui offre de superbes vues sur la montagne sans pour autant exiger de montées trop exigeantes. 
Le sentier suit fidèlement la rive tantôt dénudée en un talus fleuri, tantôt boisée et ombragée. Nous ne sommes donc pas trop affectés par la chaleur (jusqu’à 32°C selon le thermomètre extérieur du Guépard) mais la faim commence à se faire sentir lorsque vers 15:30 nous retrouvons notre cabane à roulette. Monique fait la pause devant le Lac Johnston
En arrivant sur le Lac Minewanka
Pas question de pique-niquer en plein soleil, nous partons donc en direction du Lac Minewanka, superbe et vaste étendue d’eau sertie dans un cadre de montagnes plutôt arides.

Un petit port abrite plusieurs bateaux d’excursion et une rampe de mise à l’eau très fréquentée en ce beau samedi ensoleillé et chaud, mais le grand stationnement en pente ne nous offre ni l’espace horizontal ni l’ombre désirés.  Base nautique du Lac Minewanka
Mouflon
Nous revenons sur nos pas en découvrant  un superbe mouflon folâtrant sur la route et finissons par aller nous poser à Bankhead, site d’une ancienne mine de charbon où la nature a repris ses droits après une courte occupation hunaine. Déjeuner léger autour du barbecue sur lequel je fais griller deux beaux steaks (Alberta oblige !) puis Monique décide de me couper les cheveux qui me tiennent un peu trop chaud sous mon Tilley tout neuf…

Mouflon du Lac Minewanka

J’attaque ensuite l’examen du problème de la rouille dans le chauffe-eau, Il est bien vite résolu : c’est l’une des tiges de la jauge, pourtant en inox, qui est mangée par l’oxydation au point d’en être presque complètement désagrégée. Je démonte ce qu’il en reste, déconnecte les autres tiges de la jauge et referme le réservoir. Au moins ce problème est-il temporairement résolu, même si le mystère de cette oxydation majeure reste irrésolu (pb. d’anode/cathode ?).

Fatigués par cette chaude journée, nos promenades de la matinée et des sinus douloureux (pour moi du moins), nous décidons d’arrêter là nos pérégrinations pour aujourd’hui. Nous nous mettons en quête d’un camping; celui du Lac Two Jack, suffisamment éloigné de la route et de la ligne de chemin de fer, fera l’affaire. Nous nous installons dans la pinède, je mets de l’ordre dans les photos prises depuis le début du voyage, les grave sur un CD que nous enverrons à Daniel en guise de souvenir, souper avant de mettre à jour mon journal (en finissant par me réfugier à l’intérieur du Guépard tant les maringouins sont agressifs…) et nous nous couchons tôt à 23:15. Bivouac dans le camping du Lac Two-Jack


Dimanche 18 juillet 2004 : de BANFF à PROTECTION MOUNTAIN (88 km)

Les Hoodos et la vallée de la Bow
En quittant le sous-bois dans lequel est aménagé le camping, nous gagnons la petite ville touristique de Banff où nous choisissons de retourner visiter les Hoodos (Cheminées de Fées) qui offrent des vues splendides sur le cours de la Bow sinuant dans une mer de conifères, le tout limité par un magnifique cadre de hautes montagnes. Vallée de la Bow et Banff Spring Hotel

La Bow derrière les Cheminées de fée

La vive lumière donne du relief à tous les éléments du paysage, dont le fameux Banff Spring Hotel. Mais la balade s’allonge un peu sous le soleil qui plombe, il est bientôt midi; pour une première sortie de citadins beaucoup trop sédentaires dans la nature, nous avons visé un peu trop haut et souffrons beaucoup de la chaleur. Monique, très affectée, semble même avoir fait un début d’insolation, tandis que Jean-Paul, mieux protégé par son Tilley, semble moins affecté ! JP sur le belvédère donnant sur le Banff Spring Hotel
Banff depuis le belvédère du Mt Norquay
Après quelques courses à Banff (épicerie fraîche et glace au Safeway), nous prenons le chemin du Mont Norquay et nous arrêtons sur un départ de balade où nous trouvons enfin un peu d’ombre. Pique-nique préparé par le cordon-bleu du bord : saucisse italienne et pâte fraîches au pesto : nous nous régalons, mais ensuite nous écrasons pour un bon bout de sieste. Je sors mon PowerBook pour corriger le journal pendant que Monique fait un somme. En milieu d’après-midi, nous poursuivons l’escalade du Mont Norquay mais en haut de la route en lacets, le téléphérique escompté ne fonctionne que l’hiver. Nous redescendons tranquillement en admirant les larges vues sur la vallée et le site de Banff depuis les belvédères aménagés.

Comme il fait encore très chaud et même un peu lourd, nous prenons alors la Promenade de la Vallée de la Bow, l’ancienne route Banff-Jasper devenue 1A où la circulation est limitée à 60 km/h, en partie pour protéger la vie sauvage très abondante aux abords de cette route maintenant surtout touristique. Balade tranquille dans un environnement naturel exceptionnel dominé par de hautes crêtes rocheuses à notre droite et des aperçus fréquents sur la rivière aux eaux bleu-vert à notre gauche. Promenade de la Vallée de la Bow

Chevreuil au bord de la route

Monique au départ de la balade du Canyon Johnston
Une vingtaine de km plus loin, arrêt pour une balade à pied plus raisonnable que ce matin, celle du Johnston Canyon où nous trouvons enfin un peu de fraîcheur. Le sentier suit le torrent en grimpant rapidement au flanc du canyon qu’il a creusé très profondément dans la roche tendre.
Souvent le cours de la rivière est tellement encaissé qu’il a fallu poser le passage sur des passerelles d’acier accrochées au rocher. Passerelle accrochée

Les points de vue sur l’eau verte coulant furieusement, se brisant sur les rochers, dévalant en cascades, brisée par des cascades spectaculaires se renouvellent sans cesse. Sujet intarissable de photos et de vidéo dans une lumière qui s’atténue progressivement. Et puis une fraîcheur apportée par l’eau vaporisée qui nous semble bien agréable après les chaleurs endurées aujourd’hui. Nous parcourons deux kilomètres de ce chemin accidenté avant de revenir sur nos pas pour nous préoccuper de trouver un bivouac dans un camping, parc national oblige.

Torrent
Cours du torrent
Première chute

Gorge
Chute

Chutes Chute supérieure

La suite de la route vers le nord-est nous fait passer au pied du magnifique Mont Castle dont la chaîne de dents rocheuses flamboie d’une lueur rouge dans les derniers feux du crépuscule. Quelques photos encore avant de s’installer dans l’une des boucles désertes du camping de Mont-Protection. Mont Castle

Un appel à Juliette à 21:15 nous rassure sur l’état des choses – et des personnes… - à Montréal. Souper rapide de quelques légumes frais et coucher en laissant à demain la mise en ordre du journal.

Mont Castle au crépuscule


Lundi 19 juillet 2004 : de PROTECTION MOUNTAIN à LAKE LOUISE (67 km)

Vallée de la Bow
Il pleut durant la nuit et il fait nettement plus frais aujourd’hui. Après la lever du camp sous les arbres, nous revenons un peu en arrière sur la Promenade de la Vallée de la Bow jusqu’au départ de la balade vers le Belvédère du Mont Castle que j’ai repérée hier soir dans la pénombre.
Une excursion de seulement 3,7 km mais avec un dénivelé de 570 m qui nous met vite à l’épreuve. Le chemin d’abord assez large (il menait autrefois à une tour d’observation des incendies) s’avère le plus souvent très raide et Monique déclare bientôt forfait. Je décide de poursuivre en emportant un des walkies-talkies avec lequel je donne régulièrement des nouvelles de mon ascension à ma co-pilote de retour au camp de base dans le Guépard.  Le sentier sous les arbres
Le sentier en avant et le Mt Castle
Long cheminement dans le sous-bois jusqu’à la limite de pousse des arbres, puis ensuite sentier plus raide encore grimpant en travers d’une « montagne à vaches » remplie de fleurs d’où la vue s’étend de plus en plus largement sur la vaste vallée et les montagnes alentour.
Le chemin montant en plein soleil
Panorama en arrière

Le soleil le plus souvent tape entre les arbres rabougris et les buissons, la pente s’accuse sur les dernières centaines de mètres du parcours, et je dois faire plusieurs arrêts pour reprendre souffle et me désaltérer.

Enfin j’arrive sur la plate-forme où il ne reste que le soubassement en béton de la tour. Enfin la plate-forme !

Là, vue spectaculaire à 180° sur les méandres de la Bow à travers l’épaisse forêt de sapins, et tout autour le cercle des montagnes aux cimes enneigées d’où dévalent glaciers et cascades. Grandiose !

Le panorama

Le Mont Castle au dessus de moi
Eisonhower Peak (2 751 m)
Eisonhower Peak (2 751 m)
La vallée

Descente
Il ne reste plus qu’à redescendre en photographiant et filmant les aperçus sur le paysage qui s’ennuage progressivement et plusieurs spécimens de l’abondante flore montagnarde garnissant les pentes. 

Fleur alpine
Chardon en fleur
Épilobe Fleur jaune
Fleur
Rose sauvage

Les premières gouttes de l’orage m’atteignent sur le stationnement où Monique, qui m’a contacté par radio, a préparé un lunch santé bienvenu.

Une quinzaine de kilomètres sous la pluie et nous sommes dans le village de Lake Louise pour remonter la cave du Guépard bien entamée depuis le départ de Montréal, quérir cartes postales et timbres puis passer à la poste expédier à Daniel le CD contenant les photos du trajet parcouru en sa compagnie. Entre temps le soleil est revenu, nous décidant à aller admirer le fameux Lac Louise aux eaux bleu émeraude sous son cirque de glaciers. Beaucoup de touristes mais un site qui reste exceptionnel. Lake Louise

Vallée des Sept Pics
Faute de temps pour une excursion en canot sur le lac, nous décidons de pousser jusqu’au Lac Moraine qui lui aussi nous avait laissé un souvenir inoubliable. Glacier

Land-Rover En arrivant, rencontre d’une famille de jeunes Français partis – pour la deuxième fois – faire le tour du monde en famille avec leur deux bambins dont le dernier commence à peine à marcher, le tout dans une Land-Rover où sont entassés leurs effets… Nous admirons le projet, mais nous sentirions bien incapables d’en faire autant !
Autour de nous, sur les pentes et les talus, des milliers de fleurs sauvages profiitent du court été pour croître et se répandre en un étonnant tapis multicolore.
Talus fleuri
Monique admire le Lac Moraine
Après quelques minutes d’échanges avec les sympathiques globe-trotters, nous grimpons sur l’énorme entassement de rochers retenant les eaux du lac pour en admirer une autre fois le cadre fantastique, les Seven Peaks acérés dominant les eaux bleues d’une incroyable intensité. Panorama extraordinaire de grandeur mais aussi de paix et d’harmonie, qui prête à une longue admiration…

JP devant le Lac Moraine

Il est trop tard pour la promenade à pied le long de la rive qui mène à la cascade alimentant le lac, comme pour la balade en canot, peut-être remise à demain si le temps le permet, à moins que nous nous rendions au Lac O’Hara, autre site exceptionnel. Décidément ce coin regorge d’attractions toutes plus séduisantes les unes que les autres, discutons-nous sur le stationnement en soupant avant de repartir.

Le soir tombe, nous retournons au village de Lake Louise pour trouver une place sur le terrain de camping supplémentaire en compagnie d’une cinquantaine d’autres véhicules récréatifs refoulés du camping principal complet.


3. De LAKE LOUISE à WILCOX CREEK

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