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Mt Assiniboine
Le Mont Assiniboine, en entrant dans les Rocheuses

Été 2004 : Rocheuses, Yukon et Alaska

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard

3. De LAKE LOUISE à WILCOX CREEK


Mardi 20 juillet 2004 : de LAKE LOUISE à FIELD (104 km)

Ciel encore couvert au réveil ce matin; Monique qui a mal dormi tâche de récupérer jusque vers 9:30; nos velléités de lever-tôt n’auront guère duré… Cela ne contrarie guère nos projets puisque le temps variable enlève son sens à l’excursion au téléphérique du Mont Whitehorn comme à la balade en canot. Nous retournons au village faire le plein d’eau mais la longue file de motorisés en attente à l’entrée du camping nous dissuade d’y procéder immédiatement.

Nous nous rendons plutôt au mall pour quelques bricoles; j’en profite pour vérifier au Centre d’information de Parc Canada la possibilité d’une excursion au Lac O’Hara. L’aimable hôtesse me confirme – en français s’il vous plaît ! – la nécessité de réserver au moins 2 jours à l’avance le trajet de 11 km à bord de l’autobus qui fait la navette entre le stationnement au bord de la grande route et le merveilleux site maintenant hautement protégé. Sinon on peut toujours s’y rendre à pied… mais nous n’avons vraiment pas encore la forme pour ce faire. Restent plusieurs autres belles balades dans le même coin qui présentent un dénivelé compatible avec notre condition physique : elle me propose Laughing Falls, au bout de la petite route menant aux Takakkaw Falls (3,9 km, dénivelé de 60 m), et Lac Sherbrooke (6,2 km A/R, dénivelé de 165 m), toutes deux dans le Parc Yoho. En attendant, nous commencerons par la balade au bout du Lac Moraine. J’en profite pour renouveler notre permis de séjour pour 3 autres jours qui ne suffiront probablement même pas à compléter notre exploration de la région…

Nous voilà donc repartis sur la petite route d’une quinzaine de kilomètres qui grimpe en dévoilant les grandioses paysages sur la vallée de la Bow puis sur les Pics Wenkchemna (Ten Peaks) déjà contemplés hier. De légères averses alternent avec des dégagements ponctuels. Nous suivons le sentier sous les arbres bordant la rive ouest du lac : au-delà des eaux d’un intense bleu émeraude plonge la rangée de pics bruns et tourmentés dont le pied s’appuie sur des cônes d’éboulis et de pierrailles. Lac Moraine sous la pluie
Lac et glacier
Le glacier

Autre glacier en cascade
Des lambeaux de glaciers s’accrochent dans les hauts, tandis que les sommets (entre 2 500 et 3 000 m) disparaissent plus ou moins dans les nuages bas. Panorama fantastique que nous côtoyons durant les 2 km de la promenade facile, qui me fait penser aux autres paysages merveilleux et démesurés imaginés par Tolkien dans son Seigneur des Anneaux

Au bout du lac Au bout du chemin et au fond du lac, ce n’est pas une cascade qui l’alimente mais un torrent glacé descendant furieusement du glacier supérieur qui se divise en plusieurs branches dévalant sur les rochers et entre les arbres. Cet espace sauvage abrite une grande variété de fleurs indigènes dont je tente de capter quelques images. Fleur dans les cascadelle

De retour au Guépard, pique-nique puis descente au village pour faire le plein d’eau et vider les eaux usées au camping maintenant plus tranquille. Nous décidons de tenter notre chance du côté des Takakkaw Falls. Franchissement du fameux Kicking Horse Pass avec coup d’œil aux Spiral Tunnels, un exploit technique étonnant des ingénieurs et constructeurs du Canadian Pacific. Ils réduisirent ainsi la pente considérable de la voie initiale de 4,5 % à 2,2 %, ce qui mit fin aux nombreux déraillements affectant cette section du trajet. On ne voit pas grand-chose en dehors des ouvertures superposéess de l’un des deux tunnels, mais les panneaux explicatifs et l’ampleur du paysage suffisent à impressionner.   Coup d'oeil vers les Spiral Tunnels
Site des Spiral Tunnels, au pied du Kicking Horse Pass


Cours du Yoho
Le cours animé de la Yoho


La petite route étroite, montueuse et coupée d’épingles à cheveux menant aux Takakkaw Falls commence juste au pied du col.
Vallée de la Yoho

Nous nous y engageons en admirant le superbe paysage de canyon et le flot tumultueux et laiteux de la Yoho, tout en observant l’amoncellement de nuages sombres qui envahit progressivement le ciel. Guépard sur la route
Les Takakaw Falls sous la pluie
Takakkaw Falls

Effectivement la pluie est bientôt sur nous, à travers laquelle nous apercevons le jet vertical de la plus haute cascade du Canada (254 m) qui, gonflée par les pluies importantes pour la saison, semble exploser en de multiples ramifications plongeant dans la vallée. Spectacle fascinant, mais qui met un terme à notre excursion pour aujourd’hui puisque la pluie fine et pénétrante nous empêche de quitter l’abri du Guépard. Peut-être demain ?

Faute de camping accessible aux véhicules près des chutes, nous revenons à la Transcanadienne pour, quelques kilomètres plus loin, installer notre bivouac au bord d’une petite route en haut du village de Field, à l'emplacement que nous avions déjà occupé il y a 3 ans. Nous y avions alors bien dormi malgré le trafic ferroviaire généré par l’ascension du col (ajout de locomotive aux longs trains du CP et du CN entre autres).

JP rédige son journal
....tandis que Monique lit


Mercredi 21 juillet 2004 : de FIELD à MOSQUITO CREEK (114 km)

La gare de Field au dessus de la vallée
Nuit passable, heureusement le passage des trains et les manoeuvres de l’aire de triage cessent entre minuit et 5:30… si bien  que nous jouissons d'une grande tranquillité sur la petite route rustique.
Bivouac à Field

Encore une fois nous paressons jusque vers 9:30 avant de sauter du lit pour expédier les routines et nous retrouver sur la route de la vallée de la Yoho. Le temps s’est nettement éclairci, même si de nombreux nuages continuent de voiler le soleil. Route de la Yoho
Les Takakaw Falls derrière nous
En laissant notre Guépard sur le stationnement devant les Takakkaw Falls, nous enfilons donc nos blousons coupe-vent sur nos polars et prenons le chemin des Laughing Falls. Il s’agit quasiment d’une petite route de gravier et, comme annoncé, la pente est pratiquement nulle, ce qui facilite grandement notre progression.

 Le chemin monte brusquement... Mais à mi-chemin, nous tombons sur un sentier beaucoup plus malaisé qui se met à grimper brusquement à travers un éboulis : les 60 m de dénivelé se trouvent concentrés sur moins de 500 m, ce qui nous rend la chose beaucoup plus ardue. Il nous faudra plusieurs haltes pour en venir à bout... Le haut cours de la YOHO
...et retrouver un chemin bien remblayé et quasiment plat qui nous mène juqu’à la chute, près du confluent de la Yoho aux eaux blanchies par la « farine de roche », avec celles  de la Petite Yoho dont les eaux claires et presque bleues bondissent sur les rochers au pied de la chute. Celle-ci, bien que beaucoup moins haute que les Takakkaw Falls, présente le même coup d'œil : un long trait vertical d’une eau blanche qui jaillit d’une fente de la falaise au-dessus de nous et tombe en cataracte pour se briser dans un grand nuage de vapeur sur les rochers. Laughin Falls
Lace Falls (Chute de la Dentelle)
Photos et vidéo bien sûr puis petit tour dans le charmant camping rustique aménagé dans la langue de terre entre les deux rivières. Quelle paix dans cet environnement sauvage où seul s'entend le bruit de l’eau (courant de la Yoho et chute des Laughing Falls). Nous prenons le chemin du retour en lançant de temps à autre quelques coups d’oeil à la rivière bouillonnante et blanche, allons voir le Lac Duchesnay à moitié vide puis les jolies chutes Lace Falls avant de voir réapparaître au bout du chemin la majestueuse Takakkaw Fall.

Pique-nique santé
Pique-nique de bon appétit après cette marche de plus de 8 km; bref détour jusqu’au pied de la grande chute dont les embruns volent largement sur le début de la superbe vallée enfin éclairée par le soleil. Takakaw Falls

Vallée de la Yoho en aval des chutes

Route du Lac Emerald
Nous quittons alors le Parc Yoho en allant revoir le Lac Emerald dont nous avions fait le tour à pied, il y a 3 ans. Bref arrêt pour admirer le Pont Naturel (Natural Bridge) et les tourbillons d’eau blanche qui s’engouffre dans l’étroite ouverture. Natural Bridge
Natural Bridge


L'auberge au bord du lac et la montagne
Autour du Lac Emerald, un superbe cadre de hautes montagnes se mire dans les eaux extraordinairement bleues… Emerald lake

Monique dans les fleurs
Monique filme et photographie les jardins et les chalets joliment aménagés autour de l’auberge qui sert aussi de centre de congrès.

Lac et montagne (Shistes de Burgess) sous le soleil

Effet de lumière sur la verdure Barques

En quittant le Lac Emerald

Retour ensuite à Lake Louise pour quelques courses d’épicerie - limitées car hors de prix – et nous reprenons la Route 93 vers le nord.

Montagne
Celle-ci offre d’autres paysages magnifiques de montagnes serties de forêt, chacune avec ses formes et ses couleurs particulières que la lumière du soir met en valeur. Mur des Lamentations

Bivouac dans le camping de Mosquito Creek
Nous arrivons enfin au camping de Mosquito Creek, une fois encore complet comme il y deux ans, où nous nous installons sur la grande esplanade le long du ruisseau.


Souper puis soirée tranquille en regardant les photos déjà accumulées depuis Calgary, contemplation du soleil couchant qui enflamme les cimes autour de nous et coucher tôt à 22:30, dans le bruissement du torrent tout proche.

Montagne enflammée par le couchant
Coucher de soleil sur le torrent


Jeudi 22 juillet 2004 : de MOSQUITO CREEK à RUISSEAU-WILCOX (108 km)

Nuit paisible malgré le bruit de l'eau de la rivière roulant sur les galets à deux pas de nos roues. À notre lever, le ciel est clair malgré quelques nuages.  Bivouac près du Mosquito Creek

Lac Bow, vers le Bow Glacier
Nous longeons bientôt la rive est du Lac Bow où j’attends longtemps le soleil pour prendre quelques photos donnant une idée de la splendeur des lieux. Lac Bow, vers le Nord

Lake Bow vu de la montagne
Le Lac Bow depuis la montagne

Glacier Crowfoot au dessus du Lac Bow
Crowfoot Glacier au-dessus du Lac Bow
Sur la rive du Lac Bow
Lac Bow vu depuis l'auberge
Panorama remarquable depuis l’auberge Num-Ti-Jah Lodge dont les bâtiments de bois rond sont entourés d'un marais s'avançant dans le lac. À l'extrémité du petit chemin faisant le tour de la presqu'île, au milieu des fleurs et des plantes aquatiques, s'offre une belle vue sur le glacier Bow de l'autre côté du lac aux eaux bleu-vert.  Lac Bow

Un peu plius loin on accède au belvédère du Lac Peyto après une courte marche à travers un jardin alpin naturel rempli de fleurs. Dans cet étroit espace, les Japonais débarquent par autobus entiers… et les moustiques sont voraces comme jamais!

Lac Peyto

Chemin du belvédère du Lac Peyto
La prairie alpestre fleurie du Lac Peyto
Fleurs mélangées
Indian Paint Brush
ANÉMONES
Indian Paintbrush rouges et anémones blanches

Glacier Peyto
JP & Monique devant le lac Peyto
Monique et J-P sur le belvédère du Lac Peyto


Détour vers le Upper Waterfowl Lake, dont les eaux calmes et désertes reflètent les montagnes couvertes de glaciers alentour.
Upper Waterfowl lake

Upper Waterfowl vers le sud
Glacier au dessus du Upperwaterfowl Lake

La Mistaya descendant des montagnes
Nous avons un  peu de difficulté à trouver le sentier dévalant jusqu'au Canyon de la Mistaya, mais au bout de quelques centaines de mètres de descente à travers bois, apparait le flot impétueux du torrent bouillonnant dans l les marmites de géants loin au-dessous de nous.

Chute de la Mistaya
Chute de la Mistaya
Courant sous la passerellel
Au fond des marmites creusées par le flot impétueux,
le courant sous les planches de la passerelle
L'eau rugissante

Marmites de géants
La rivière en amont de la chute

Au passage de Saskatchewan Crossing : très large vue sur la vallée de la rivière Saskatchewan qui s’étale au pied des pics.

Saskatchewan Crossing
Saskatchewan Crossing


La grimpée pédestre sur le Parker Ridge (Chaînon Parker) (2,4 km mais 250 m d’élévation) nous permet d’aller admirer le glacier Saskatchewan dans son cadre sauvage car sa vallée n'est desservie par aucune route.
Sentier du Parker Ridge
Alpage fleuri Le chemin monte assez raide mais sa pente est régulière. Il est bordé d’une infinité de fleurs alpines (au-dessus de la ligne de croissance des arbres, mais pas de celle des moustiques…). Nous commençons à être plus en forme… et ce joil parcours s’effectue sans trop d’essoufflement.

Sentier du Parker Ridge
Athabasca Glacier

Big Bend depuisle col Sunwapta

De nouveau à bord du Guepard, une seul grand virage « Big Bend » (dénivellation de 430 m) nous fait escalader les 2 035 m du col Sunwapta d’où la vue s’étend au loin sur la vallée de la Saskatchewan. Depuis le belvédère, on aperçoit la jolie mais petite chute du Voile de la Mariée (Bridal Veil Falls).

Relief plissé

En soirée, je consacre beaucoup d’efforts à la réparation du contact de la turbine du réservoir d’eaux noires. Faute d'étau pour la maintenir, je dois serrer d'une main et scier avec l'autre, une grosse rondelle d'acier qui a arraché l’aimant faisant contact...

Coucher tard (11:30) dans la sortie du camping de Wilcox Creek où il n'y a plus de site disponible sous les arbres. À l’issue de cette pénible réparation, je n'ai pas le courage de me mettre à la rédaction du journal. De son côté, Monique dort déjà depuis 9:30…


4. De WILCOX CREEK à JASPER

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