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Mont Edith Cavell
Edith-Cavell Lake & Mountain

Été 2004 : Rocheuses, Yukon et Alaska

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard

4. De WILCOX CREEK à JASPER

Vendredi 23 juillet 2004 : de WILCOX CREEK à Mt EDITH CAVELL (119 km)

Nuit fort paisible puisque nous sommes bien au dessus de la route sur laquelle de toute façon la circulation est réduite durant la nuit. Au matin, vue superbe sur le glacier Dome à distance. Au moment de faire le plein d’eau avant de quitter le camping, déconvenue lorsqu’un employé de Parc Canada nous apprend que la qualité de l’eau n’étant pas garantie, il est déconseillé de remplir les citernes des RV au robinet de la station. Qui plus est, il s’en va en emportant de petits échantillons de l’eau en question… Il n’en suffit pas plus pour nous faire hésiter et repartir le réservoir vide !

Nous prenons alors la route pour rejoindre le Centre du Champ de Glace, devant les trois glaciers Dome, Arthabasca et Kitchener. Saisissant panorama même si déjà connu lors de notre précédent voyage.
Kitchener Glacier

Athabasca Glacier
Dome Glacier

Avant de poursuivre notre route, nous allons quand même contempler de plus près le glacier Athabasca, sans toutefois emprunter le sentier menant jusqu’au champ de glace : l’expérience faite en 2001 s’était avérée peu impressionnante pour des Québécois qui passent 4 mois par an les pieds dans la neige et la glace…

Icefield Parkway
La route amorce alors une longue et vive descente de plus de 2 000 m, d'abord en surplombant le canyon de la Sunwapta naissante...

Le Guépard sur le Promenade des Glaciers
Elle est bordée à gauche (ouest) par une suite de pics et de sommets dont les creux abritent des glaciers, puis elle rejoint la large vallée de la tumultueuse Sunwapta. Vallée de la Snwapta

Sunwapta Falls
Une trentaine de km plus loin, celle-ci plonge brusquement d’une falaise dans un profond canyon en de magnifiques tourbillons d’eau blanche. Ces Sunwapta Falls sont l’un des derniers sursauts de la rivière avant qu’elle se jette un peu plus loin dans l’Athabasca.
Tourbillons de Suwapta falls


Canyon de la Sunwapta

Sunwapta Falls
Canyon en sortant de la chute

Nous arrêtons ensuite dans quelques petits campings le long de la route pour tenter de faire le plein d’eau. Aucun ne dispose d’eau courante, mais plutôt d’une pompe à main sur un puit ou, au mieux, d’une citerne d’eau potable juste bonne à remplir nos bouteilles… C’est ainsi que nous découvrons le charmant site du petit Lac Honeymoon propice à la baignade familiale…

Vallée de l'Athabasca
Un belvédère au dessus de la large rivière Athabasca offre une vue superbe sur sa vallée et sur la chaîne des Monts Christie, Brussels et Fryatt.
J’y découvre aussi une famille de chèvres de montagne blanches et poilues qui rumine en prenant un peu la fraîche sous un bouquet de sapin. Il fait en effet beaucoup plus chaud et nous souffrons un peu de cette plongée dans un air qui nous semble plus épais et plus lourd. Chèvres de montagne
Chèvres de montagne à la sieste...
Athabasca Falls
Un peu plus loin, au pied des 2 955 m du Mont Kerkeslin, c’est au tour de l’Athabasca de faire le saut dans un cadre assez semblable à celui de la Sunwapta, mais ici l’eau est beaucoup plus abondante, le canyon très étroit est sculpté de marmites géantes, et au-dessus des chutes, un nuage d’embruns offre un rafraîchissement apprécié.

Chutes de l'Athabasca Depuis les belvédères fort bien aménagés, je filme et photographie à loisir les jeux fantastiques de l’eau, les formes sculptées dans la pierre et la végétation tenace qui s’accroche un peu partout en profitant de la forte humidité ambiante. L'eau s'engouffre...

Chute Épilobe au-dessus de l'eau Vers la sortie du canyon

Athabaska à la sortie des chutes
L'Athabaska au débouché du canyon suivant les chutes
Le canyon

Athabasca Falls

Ours noir au bord de la route
Nous quittons alors l’excellente Route 93 pour une section beaucoup plus malaisée de la 93A, L’asphalte est défoncé et les nids-de-poule ne manquent pas, qu’il faut tenter d’éviter en zigzagant sur la chaussée heureusement très peu fréquentée. Impression de grande sauvagerie, on s'attend à voir un animal, ours ou wapiti déboucher à chaque instant du sous-bois tout proche. Ce qui se produit d'ailleurs, à notre grand plaisir !

S’agit-t-il des prémisses des routes de l’Alaska ? Monique n’a pas l’air d’apprécier beaucoup…
L’état de la chaussée empire encore bien davantage lorsque nous bifurquons sur la petite route grimpant au pied du Mont Edith Cavell dont nous apercevons de temps à autre à travers les sapins la masse imposante tacheté de neige et de glace au dessus de nous.  Les 12 kilomètres de cette route étroite, défoncée et sinueuse nous paraissent bien longs mais quel spectacle en arrivant au pied de la petite vallée glaciaire ! Le Mont Edith-Cavell loin au-dessus
La petite route défoncée...
Nous chaussons aussitôt nos bottes de marche et en route pour la balade qui nous mène en haut de la moraine récente qui commence déjà à montrer la reprise de possession de la roche nue par les fleurs et les arbres encore bien chétifs. Monique chausse ses bottes de marche
En route pour la balade !


Le Mt Cavell au-dessus de nous
Au bout de ce kilomètre de montée constante mais régulière, nous sommes au bord du petit lac glaciaire sur lequel flottent de petits icebergs aux formes tourmentées issus du bas de la langue glaciaire juste devant nous. Sentier vers le lac

Glaçons sur le lac Monique contemple les glaçons

Monique au pied du glacier Angel
Au-dessus de nous, la forme élégante du Glacier Angel  qui suspend ses ailes étendues et menaçante (source d’avalanches fréquentes très dangereuses, prévient un panneau). Il fait très froid à cet endroit d’une beauté surprenante. Angel Glacier
Angel Glacier

Courte descente à travers la moraine fleurie comme une rocaille, et nous retrouvons notre Guépard. Descente à travers la moraine
Soleil couchant sur le Mt Cavell
Il est passé 20:00 et nous n’avons pas le goût d'emprunter dans l'obscurité la mauvaise petite route qui redescend jusqu’à Jasper. Je dégotte tout près une aire de pique-nique près du torrent qui me semble tout à fait favorable à un bivouac discret. Monique prépare rapidement deux bols de moules au vin blanc qui feront office de souper pendant que j’emplis partiellement la citerne d’eau froide en puisant directement l’eau glacée du torrent avec une bassine. Nous mangeons, puis nous couchons tôt, en observant la montagne virer au rouge puis progressivement s’éteindre avec le coucher du soleil.


Samedi 24 juillet 2004 : du Mt EDITH CAVELL à JASPER (48 km)

Encore une autre nuit passée en solitaires dans un cadre magnifique qui nous comble : à plus de 2000 m, pas un bruit hormis celui de l’eau qui roule sur les galets du torrent, et seules deux autres petits fourgons se sont hasardés sur notre terre-plein sans se décider à y demeurer à nos côtés. Bivouac au pied du Mt Cavell
Bivouac au pied du Mont Edith-Cavell

Le ruisseau près du bivouac Le grand soleil dans le ciel bleu nous attend au réveil, et surtout une vue magnifique sur le flanc de la montagne zébrée de neige et toute illuminée par la chaude lumière du matin.  Nous sommes levés à 7:15 et sur la route à 8:00, un record depuis notre départ ! La montagne en quittant

Mt Cavell

Angel Glacier
Angel Glacier

Mt Cavell et Angel Glacier depuis les Prairies
Paysage en descendant vers Jasper
Descente tranquille vers Jasper en admirant à nouveau le panorama depuis plusieurs virages de la petite route défoncée.

 À Jasper, plein d’eau au grand camping Wabasso où nous faisons également renouveler notre permis de séjour dans la parc. Comme nos droits cumulés dépassent ceux d’une carte d’accès annuelle de Parcs Canada, celle-ci nous est remise gracieusement par l’hôtesse qui nous informe que, durant les 365 prochains jours, nous pourrons ainsi circuler librement dans l’ensemble des parcs nationaux du pays. Plein d’essence ensuite, avant de passer au IGA du coin (la seule épicerie de Jasper !) remplir également le frigo.

À Jasper en cette fin de matinée, il fait très chaud (nous ne sommes qu’à 900 m d’altitude). La balade en canoë sur le Lac Maligne serait bienvenue mais il me semble déjà bien tard pour se mettre en route. Nous optons plutôt pour le téléphérique qui grimpe à plus de 2 000 m sur le Mont Whistlers.

La petite route d’accès n’est pas bien longue, au contraire de la file de touriste qui attendent comme nous d’emprunter la petite cabine. Finalement il est 3:00 lorsque nous embarquons pour le « Fly 41 » (vol 41). Dès les premiers mètres de l’ascension, la température baisse et il ne fait plus que 19°C sur la plateforme supérieure. Nous traînons un moment autour de la station en admirant le panorama très étendu sur le vaste site de Jasper, la vallée de l’Athabasca au Sud et vers l’Ouest sur les chaînes de montagnes parmi lesquelles se devine au loin la cime blanche du Mont Robson, le plus haut sommet des Rocheuses canadiennes. Vers l'Ouest : Yelowhead Hwy et Mt Robson
Dans le téléphérique du Mont Whistlers


Mais je voudrais aussi admirer au Sud–Ouest le vaste massif d’où émerge le Mont Edith Cavell que nous avons approché hier. Pour cela il faut gagner à pied le sommet de la montagne, mais Monique, rebutée par cette autre grimpée en plein soleil, préfère demeurer se reposer aux abords de la station.

Gare du téphérique et Jasper Je pars donc seul, caméra en bandoulière, lunettes de soleil et Tilley bien enfoncé sur la tête, en tâchant de trouver un sentier mieux tracé et moins essoufflant que celui emprunté par la masse des touristes trop pressés qui attaquent de front la pente au plus court.  Jasper au dessous du téléphérique

Je finis par le dégotter pas mal plus au sud, il est quasi désert et offre de superbes vues sur la vallée de l’Athabasca et les cimes qui l'encadrent.

Vallée de l'Athabasca

Blaireau devant sa tanière
De plus, en gagnant les hauteurs ce sentier me fait découvrir un énorme blaireau qui paresse au soleil, campé sur un amas de blocs de rochers dont il a fait sa tanière. En approchant patiemment, j’arrive à en prendre quelques vues presque en gros plan. Blaireau

En revanche, rendu au sommet, impossible de trouver aucun lagopède (ptamirgan) installé à l’abri des rochers dispersés sur le mont presque chauve, comme j’en avais découvert un peu par hasard en 2001. Mais quel panorama tout autour de moi ! Il ne me reste plus qu’à redescendre en tâchant d’éviter encore la pente trop raide où le pied glisse et se tord. Un peu fatigué mais me sentant nettement plus en condition qu’il y a une semaine, je raconte à Monique mes découvertes, bois un grand coup et nous redescendons par la première cabine disponible jusqu’au Guépard 1000 m plus bas. Vue du sommet

Il fait très chaud dans la cellule restée exposée au grand soleil tout l’après-midi mais quelques minutes d’aération à l’ombre (vive le ventilateur de toit Fantastic !) ramène la température à un niveau agréable. Pique-nique dévoré sans retard (le grand air d’altitude, ça creuse !) et nous allons nous installer sous les sapins du camping Whistlers où il faut subir une promiscuité qui nous dérange après ces dernières soirées solitaires. On est pourtant loin de l’entassement des campings européens… Petit lavage, écriture du journal et coucher tôt dans l’odeur des feux de camps fumant et brillant un peu partout autour de nous.  


Dimanche 25 juillet 2004 : de JASPER à SNARING RIVER Campground (130 km)

Plein d’eau et vidange des réservoirs d’eau grise et noire au camping Whistlers. J’oublie le raccord rapide sur le robinet… Nous gagnons ensuite le « centre ville » de Jasper pour faire le plein d’essence et de glace puis téléphoner en France. Nous décidons alors de continuer d’explorer les environs de Jasper durant une autre journée.

Balade jusqu’au canyon de la Maligne que nous décidons d’explorer à partir du bas. Nous gagnons donc le « 5ème pont », y laissons le Guépard et attaquons, au delà de la passerelle suspendue au dessus du torrent, le long sentier qui longe de près la rive droite de la Maligne.  Maligne Canyon près du 5ème pont

Cascade
Dans le Canyon de la Maligne, Horse Tail Falls
(Chute de la Queue de Cheval)

Le parcours commence à la sortie de la gorge mais les rives rocheuses ne tardent guère à s’éleveret le canyon de la rivière à se creuser. Le sentier continue de longer le gouffre au plus près, ménageant des vues spectaculaires sur le cours torrentueux de la Maligne et sur les ponts qui l’enjambent et nous font passer d’une de ses rives à l’autre. Nous remontons ainsi jusqu’au 1er pont pour un retour beaucoup plus aisé à notre point de départ.

La Maligne à la sortie du canyon

Campanules
Courbe de la Maligne


Goulet
Deuxième pont
Extrémité supérieure du canyon

Grande chute sous le 3ème pont

Monique sur le pont

Pique-nique, puis poursuite de l’excursion sur la route sauvage et montante du Lac Maligne. Au passage du beau Medicine Lake qui le précède de peu, des chèvres de montagne peu farouches s’approchent des voitures pour quêter un peu de nourriture; quelques touristes se laissent aller à ce geste inconséquent, malgré les règlements sévères du parc qui visent à maintenir au maximum le caractère sauvage de la faune…

Medicine Lake
Le débouché sur le Medicine Lake
Chèvres de montagne devant Medicine Lake

Chèvres
Chèvres de montagnes en bord de route

Enfin nous voici au bord du magnifique Maligne Lake. Il est malheureusement assez tard, le ciel s’est en partie couvert, atténuant la vivacité des couleurs, et nous n’aurons plus le temps de faire la balade en canoë que j’espérai depuis longtemps. Nous nous contentons de suivre le sentier qui longe la rive gauche du lac sur près d’un km jusqu’à une anse avant de revenir par l’intérieur de la forêt jusqu’au stationnement à l’orée du lac.  Une nuée de moustiques nous assaille dès que nous nous engageons dans le sous-bois qui de plus limite la visibilité. Nous revenons donc sur nos pas pour passer à nouveau près de l’embarcadère et retrouver notre Guépard.

Maligne Lake en soirée
Lac Maligne
Vue sur le lac

Une anse sur le Lac Maligne Lac et montagnes

Dans la lumière qui déjà descend, retour à Jasper pour aller dresser notre bivouac dans la vaste esplanade du camping supplémentaire de Snaring River, qui ne possède aucun équipement mais reste à coût modique (6 $ CAD la nuitée).

Bivouac à Snaring River
Bivouac près de Snaring River
Coucher de soleil à Snaring River
Bivouac près de Snaring River


Lundi 26 juillet 2004 : de SNARING RIVER Campground à JASPER (42 km)

Le Mt Edith Cavell depuis la Yellowhead Hwy
Vers Jasper sur la Yellowhaad Highway

Superbe temps ensoleillé au réveil, qui nous permet d'admirer à distance les pentes enneigées du Mont Edith Cavell en revenant à Jasper par la Yellowhead Highway. Nous commençons par passer au téléphone au centre de Jasper. Un peu fatigués par le rythme rapide suivi ces derniers jours, et indécis quant à la suite à donner à notre voyage, nous décidons de passer tranquillement cette journée au vert.
Aussi prenons-nous la petite route du Lac Pyramid (1200 m) que nous suivons jusqu’au bout, à quelques kilomètres du « centre ville » et nous installons sur le stationnement de départ des balades : silence, paix et superbe panorama sur le lac aux eaux bleu vert et sur les montagnes qui nous entourent. Un  beau soleil illumine la scène, mais un vent violent et frais souffle qui nous retient de nous précipiter sur les sentiers. Monique déclare alors qu’elle va faire un somme, je sors mon ordi et commence à mettre de l’ordre dans les photos… et il est presque 17:00 lorsque nous émergeons de nos occupations respectives !

Au bord de Pyramid Lake et au pied du mont homonyme
Mont Pyramid et son lac
Balade du soir devant le Lac Pyramid

Nous enfilons alors nos vestes de polar, rinçons dans le lac quelques vêtements lavés en urgence et partons sur la route de terre qui longe la rive sur presque un kilomètre jusqu’au fond du lac. La pente est presque nulle, le sol égal, bref une vraie balade de retraités… Au moment  de prendre le sentier qui coupe à travers la forêt pour nous ramener à notre stationnement, Monique remarque une pancarte accrochée sur un arbre nous avisant d’éviter ce sentier fréquenté par la faune locale (avec une belle photo de deux gros ours bruns se suivant à la queue leu leu… Il n’en faut pas plus pour nous dissuader de nous engager sous les arbres qui, du reste, pullulent de moustiques, et prendre la direction du retour par le même chemin.

Dans le soleil couchant, nous revenons au centre du village où nous décidons de chercher un bivouac sans courir jusqu’au camping du Snaring Creek, à plus de 25 km. Nous tournons un peu dans les rues tranquilles et jetons notre dévolu sur une rue à sens unique qui entoure un parc : pas de circulation ni de maisons en vis-à-vis que nous risquerions d’importuner. Vite on ferme les rideaux et on installe la literie. Il est maintenant passé 21:30, Monique se couche tandis que je m’installe devant mon écran à essayer de comprendre comment fonctionne IPhoto.

Je perds une autre fois encore mon système de classement (!) mais finis par mettre un terme aux dédoublements de répertoires et autres confusions informatiques pour enfin éteindre mon PowerBook à 1:30, tous problèmes réglés.


Medicine Lake
Alentours de Jasper : Medecine Lake


5. De JASPER  à WATSON LAKE (Colombie-Britannique)

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