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Été 2004 : Rocheuses, Yukon et Alaska

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord du Guépard

5. De JASPER à WATSON LAKE


Mardi 27 juillet 2004 : de JASPER à  PRINCE GEORGE (416 km)

Nuit super tranquille qui couronne bien cette journée de repos. Au lever nous allons faire le plein d’eau et d’essence, et renouvelons notre provision de glace. Nous voilà donc enfin prêt au départ.

En quittant le Parc des Rocheuses, Yellowhead Hwy
Direction plein ouest donc, en empruntant la route 16, la Yellowhead Highway, qui nous fait quitter le Parc de Jasper dans son environnement de hautes montagnes.
Nous entrons bientôt en Colombie-Britannique, dans le Parc Provincial du Mont Robson. Il se passe un bon moment avant que son énorme masse pyramidale mal équarrie apparaissent brusquement au bout d’un long virage. Son tiers supérieur reste emmailloté de nuages, si bien qu’on mesure mal la hauteur de ce sommet le plus élevé des Rocheuses canadiennes, à 3 954 m. Le Mt-Robson dans les nuages
Yellowhead Hwy au pied du Mt Robson
Arrêt pique-nique sur une petite route menant à un lac semble-t-il très fréquenté en arrière du Centre d’interprétation où je vais chercher un peu de documentation pendant que Monique appelle Geneviève pour lui expliquer les événements qui risquent d’entraîner l’annulation de son voyage automnal au Québec. Il fait assez chaud pour que l’ombre soit bienvenue.
Chutes
Nous mangeons assez rapidement et reprenons rapidement la route. Elle continue à longer la haute vallée du Fraser qui ira se jeter dans le Pacifique à Vancouver, 1 300 km plus loin. Petite marche d’une demi-heure sous les arbres pour descendre admirer les Chutes Overlander où le fleuve encore jeune révèle déjà sa puissance dans un saut peu élevé mais assez large. Eaux verte pâle et blanches sur lesquelles les rafters en canot pneumatiques s’en donne à cœur joie. Au retour vers le stationnement, un bel ours noir apparaît quelques instant, traversant placidement le sentier à une dizaine de mètres de nous... sans laisser le temps de le photographier ! La gorge étroite où s'engage le Fraser
La vallée s'élargit Puis la vallée commence à s’élargir en arrivant à MacBride, un village dynamique créé autour de sa charmante petite gare du Canadien Pacifique maintenant transformée en Centre d’art et d’artisanat.

Arrivée à McBride
Gare de McBride

Nous y flânons un peu en examinant quelques produits locaux comme du bois tourné et poli en plats et autres objets usuels, des courtepointes assez bien venues et de gros tricots en laine écrue, style écossais ou irlandais qui retiennent Monique un moment. Les peintures (dont celles de plusieurs locomotives du CP devant le Mont Robson…) assez criardes, me semblent nettement moins intéressantes. Quai de la petite gare

Monique dans la boutique de lainages
Une belle courtepointe canadienne !
Une superbe courtepointe au dessin original...

La route ensuite nous paraît assez longue. Elle traverse d’immenses étendues boisées, assez vallonnées même si toujours dans une large vallée limitée au nord et au sud par des chaînes de montagne de moins en moins élevées. Parfois des champs et des pâturages entourent une petite ferme dont on devine les bâtiments près de la ligne de chemin de fer, parallèle. Nous parcourons ainsi les 211 km séparant MacBride de Prince George où nous soupons en arrivant d’une salade composée et d’un yogourt (poursuite du régime minceur !).

Le petit tour au centre ville à la recherche des « petits cafés de l’ancien temps » nous laisse assez déçus puisque les quelques vestiges des premiers temps de cette ville du Far West n’ont pas été mis en valeur et sont noyés au milieu de bâtiments modernes des plus quelconques.  Après un autre plein d’essence nous reprenons la direction de l’ouest mais découvrons à la sortie de la ville un ensemble de centre d’achats dignes de ceux de Montréal : Canadian Tire, Future Shop, Home Depot, Wal-Mart et même Costco.  Voilà l’occasion de faire les quelques emplettes que je craignais bien de devoir remettre aux calendes grecques !  CD vierges (pour envoyer photos et journal de bord à la famille et aux amis), jauge pour mesurer la pression des pneus, recharges de propane, boulons en inox, et même vin italien  - très cher - dans un liquor store… Nous voilà bien vite retournés dans notre monde familier d’abondance et de consommation !

En sortant fort tard – il est maintenant presque 21:00 - Monique lie conversation avec une jeune femme ravie de pratiquer un peu son français et qui nous suggère le stationnement du Wal-Mart un peu plus loin. Effectivement nous y retrouvons une vingtaine de camping-cars et de fifth wheels dispersés sur la grande esplanade et qui s’apprêtent à y passer la nuit. Nous nous glissons entre deux longues roulottes, discutons un moment avec le chauffeur de l’une d’entre elles, un Québécois revenant d'Alaska qui a plein de conseils à nous donner, et enfin, dans le soir maintenant frais, nous retirons dans notre petit cabanon à roulette pour nous coucher presque aussitôt. Certes nous sommes assurés d’être ici en sécurité mais l’environnement ne me paraît vraiment pas particulièrement silencieux !


Mercredi 28 juillet 2004 : de PRINCE GEORGE au Cranberry Creek (Cassiar-Stewart Hwy) (572 km)

Bivouac sur le stationnement du Wal-Mart
En fait la circulation sur la route voisine finit par se calmer et ne nous dérangera pas durant cette autre nuit dormie à poings fermés. Lorsque nous émergeons de notre Guépard pour aller essayer le breakfast MacDonald dans le Wal-Mart voisin, presque tous les autres RV ont déjà levé le camp. Monique est évidemment très déçue de la « gastronomie américaine » et jure qu’on ne l’y reprendra plus ! Nous traînons un peu dans les allées du vaste magasin à rayons – où je dégote pour 6,99 $ une réédition DVD du Kid, de Charlie Chaplin. Nous nous mettons enfin en chemin vers l’ouest.
La route passe par des alternances de forêts touffues, de clairières et de pâturages entourant des fermes assez modestes. Le relief est plus accusé qu’hier, la vallée est assez large pour que parfois on ne devine même plus les montagnes qui pourtant continuent d’encadrer la route à distance. Partout l’exploitation forestière se traduit par la coupe à blanc de vastes sections de la forêt (mais elle est tellement immense…), des embranchements de routes forestières, des scieries… Ces étendues sauvages servent de refuge à quantité d'animaux; nous avons la chance d'observer durant un bon moment un jeune ours noir occupé à fourrager en bord de route avant de la traverser  juste devant nous. Ours sur la berme

Ours noir Ours traverse la route


Une petite famille d'ours bruns traversant paisiblement la route...


Nous atteignons ainsi Vanderhoof.
Une autre section identique de forêt suit durant une centaine de kilomètres puis le paysage s'adoucit un peu en laissant plus de place à l’élevage de chevaux et de bovins. Le paysage devient aussi plus vallonné et de nombreux lacs font leur apparition : Fraser Lake (à droite) puis enfin Burns Lake. Près de Fraser Lake

Paysage près de Burns Lake
Paysage près de Burns Lake

Vue depuis l'aire de pique-nique Pique-nique sur une aire ad hoc peu après Topley. Il fait assez chaud même si le ciel est souvent couvert.
À Telkwa nous  arrêtons un moment pour observer de belles chutes sur la rivière à saumon et surtout deux pêcheurs amérindiens qui, maniant avec adresse et force de grosses et très longues épuisette, « cueillent » la récolte annuelle de saumon au pied de la chute. Pêcheur autochtone
Une prise... trop petite !
Les prises sont relativement fréquentes (1 aux 5 minutes) mais un très gros poisson de près d’un mètre s’échappe en se débattant et en brisant le filet, tandis que deux autres spécimens d’une cinquantaine de cm, probablement jugés trop petits, sont rejetés à l’eau… Dans les remous suivant les chutes, les poissons sautent en sortant parfois complètement de l’eau verte.

Le défilé
Le défilé après la chute

Paysage à Smithers
Nous retrouvons progressivement la haute montagne très proche de la route, contrastant avec des ranchs aux près très verts à leur pied. Ranch au pied des montagnes

Les glaciers ne sont pas rares et de longues cascades en descendent abruptement comme près de Smithers (Twin Falls). Twin falls à Smithers
Le Skeena
C’est la région des Monts Hazeltons et du grand fleuve Skeena dont le large cours roule des eaux torrentueuses blanchies par la « farine de roches » (poudre minérale blanchâtre résultant de l'action abrasive des glaciers). Nous entrons aussi au pays des indiens tlingit, grands maîtres dans l’art de sculpter des totems. Comme nous avions déjà exploré plusieurs de leurs villages, il y a 3 ans, nous renonçons au détour vers Ksan et, au pied des murailles abruptes des Seven Sisters (2 786 m), franchissons le Skeena à Kitwanga sur un long pont.
C’est le début de la Cassiar-Stewart Highway, qui file plein nord à travers les étendues sauvages sur près de 750 km, sans ville ni village, jusqu’à la frontière du Yukon. Plein d’essence, bien sûr car, sur cette route, les stations sont plutôt rares, et aussi consultation de la grande carte affichée à l’entrée du pont. Deux passages non asphaltés (15 % de la route, donc à peu près une centaine de kilomètres en tout) inquiètent un peu Monique, mais dès que nous nous engageons sur la chaussée, celle-ci apparaît excellente et bien tracée. Départ de la Cassiar-Stewart Highway

Village amérindien de Kitwanga
Village amérindien de Kitwanga
Bivouac auprès de la Cranberry River
Sur les bords de la Cranberry River

Bivouac à Cranberry River Beaux paysages sauvages, boisés et vallonnés au pied de montagnes qui disparaissent peu à peu dans la pénombre. Nous arrrêtons vers 21:00 juste avant un pont sur la Cranberry River où quelques pêcheurs en camper et camping-car se sont installés et font des prises miraculeuses (surtout du saumon). Monique se couche presque aussitôt tandis que je continue de préparer pour la gravure les presque 550 photos prises depuis notre départ.   


Jeudi 29 juillet 2004 : du CRANBERRY CREEK (Cassiar-Stewart Hwy) à STEWART (211 km)

Nuit plutôt paisible, seul le passage rapide de quelques énormes camions a troublé le grand silence des espaces presque infinis… Ceci ne nous empêche pas de nous lever fort tard (il est presque 10:00…) car le temps n’est guère incitant (très nuageux et même un peu gris). En revanche l’arrivée d’une équipe de terrassiers et de leur machinerie lourde venus compléter les talus de la route neuve aux abords du pont nous enlève toute velléité de paresser davantage. Nous poursuivons la même belle route sauvage et verdoyante en direction de Meziadin Junction.

Monique profite du téléphone public accroché au restaurant-poste d’essence-RV Park etc.. pour appeler la famille. Je profite du délai pour colmater une fuite de l’entrée du réservoir d’eau froide qui suintait à chaque virage prononcé.
Rvière près de Meziadin Jct

Sur la route de Stewart
Puis nous bifurquons sur la petite route menant à Stewart au fond de son fjord et à son voisin alaskien Hyder, un village fantôme fondé au début du siècle par des mineurs. La route est excellente et surtout magnifique, avec gorges profondes, rivière tumultueuse, pentes à pic garnies de glaciers.
Montagne semée de glaciers...
Glacier

Guépard sur la route
Bear Glacier

Nombreux arrêts photos bien sûr, y compris au pied du spectaculaire Bear Glacier dont les névés striés de bleu descendent jusqu’au niveau de la route, de l’autre côté d’un petit lac aux vertes eaux laiteuses. Bear Glacier gros plan
La route dans le canyon avant Stewart La route continue à descendre le long de la rivière de plus en plus large jusqu’à l'entrée du village de Stewart dont les maisons modestes sont dispersées, assez espacées, au bord des rues en damier.  La rivière

Le centre de Stewart Peu d'attraits locaux, hormis une Main Street dont les boutiques aux façades de planches peintes de couleurs vives ont gardé un petit air de Far-West.

Blois flotté dans le fjord de Stewart

L’intérêt est ailleurs, de l’autre côté de la frontière américaine qui donne accès sans cérémonie aux restes des quais délabrés du village de Hyder. L’activité minière n’existe quasiment plus, la population est minime, les quelques cabanes en bois encore debout sont transformées en magasins de souvenirs peu attirants…   Frontière de l'Alaska
De l'autre côté de la rivière
Avant d'aller plus loin le long de la mauvaise piste qui traverse le village puis longe la rivière coulant de Salmon Glacier, nous stationnons juste au dessus du courant pour un pique-nique consistant, devant un vaste panorama de montagnes et d'eau.
Pique-nique au bord de la rivière

Fishing Creek
L’attraction se trouve le long de la route de terre défoncée qui traverse d’abord le village puis mène aux rives du Fishing Creek, un ruisseau aux eaux claires et peu profondes où viennent frayer les saumons.
Ils sont des milliers à finir ici le voyage au lieu qui les a vus naître il y a 3 à 5 années et croître dans les graviers de la rivière, avant de passer à l’âge adulte dans les eaux du Pacifique et de remonter enfin à grand peine les eaux du torrent pour y frayer et mourir. Saumon frayant dans le ruisseau
Photographes à l'affût
Un long trottoir de bois suspendu au bord du cours d’eau, sur lequel les photographes amateurs se tiennent à l'affut, permet de les observer nager et sauter péniblement dans les quelques centimètres d’eau transparente, entre plusieurs cadavres de spécimens pour lesquels, leur destin achevé, il ne reste qu’à engraisser les lieux (nombreuses et claires explications du cycle écologique sur les panneaux disposés le long de la passerelle par l’Office US des Forêts). Le trottoir suspendui de Fishing Creek
Ours pêcheur de saumon Cette abondance de nourriture constitue une aubaine pour les ours noirs et les grizzlis de la région qui, pataugeant dans l’eau glacée, font leur choix et attrapent à pleines pattes de quoi passer le prochain hiver. Bien que le milieu de la journée ne soit pas le meilleur temps pour ce genre d’activité, nous avons la chance d’en observer un pendant un bon moment errant à travers le ruisseau, au grand émoi des poissons qui sautent en tous sens à son approche, avant de le voir disparaître dans les fourrés un peu plus loin. Grizzli pêchant un saumon

Ourse et ourson

Autre attraction au bout d’une trentaine de kilomètres de cette très mauvaise piste : le Salmon Glacier dont on peut observer de dessus et d’assez près la belle coulée de glace qui serpente à bonne hauteur. Salmon Glacier
La piste caillouteuse de Salmon Glacier
Malheureusement, les roches coupantes et mal concassées du chemin auront eu raison d’un pneu du Guépard qui, rendu en haut de cette piste parcourue pourtant à 30 km/h, se met à fuir et à s’affaisser. Pas d’autre choix que de le remplacer par la roue de secours, au milieu des moustiques voraces attirés par la bonne suée causée par l’exercice… Nous redescendons ensuite à toute petite vitesse, en choisissant en autant que possible l’espace où placer les roues…  

Salmon Glacier depuis le haut

De retour au Canada et à Stewart, il faut chercher aussitôt un réparateur malgré l’heure avancée (18:30) Heureusement le tenancier de la station-service possède aussi un atelier un peu à l’écart et accepte de procéder à la remise en état du pneu. Une heure plus tard, nous allons quitter le village pour retourner vers la Cassiar Highway lorsque nous nous avisons que la nuit tombe et que nous ne saurons pas plus où nous poser dans l’obscurité. Nous tombons alors sur l’école primaire de Stewart dont le vaste stationnement vide nous semble tout indiqué. Souper puis écriture du journal dans un silence presque absolu avant de me coucher à 0:15.


Vendredi 30 juillet 2004 : de STEWART à DEASE LAKE (379 km)

Nuit vraiment super peinard devant la petite école primaire de Stewart, installée sur une rue paisible un peu à l’écart de la grande route (où de toute façon il ne passe pas grand monde la nuit, le village étant un bout du monde au fond de son fjord…). C’est le ronronnement de la tondeuse du District scolaire qui nous tire du lit vers 9:45… Monique se lève en hâte et nous fait déménager au centre du village pour aller appeler en France. Pendant ce temps, je range la literie puis prends ma douche. Bivouac devant l'école de Stewart

En sortant du Guépard pour rejoindre Monique qui se fait attendre, un homme affable m’aborde en français et engage la conversation sur notre provenance, nos voyages, nos impressions sur le pays, les raisons de notre présence au Canada, etc. Les échanges avec Philippe sont plaisants et durent depuis un moment lorsque arrivent Chantal son épouse puis Monique. Tous deux Français, ils vivent en Allemagne, elle enseignant à des enfants handicapés et lui prof de philo à la retraite. Nous partageons la passion des voyages puisque nous apprendrons bientôt qu’ils ont bourlingué à travers le monde entier. Beaucoup de relativité et de finesse dans leurs propos, et un recul par rapport à la mentalité française que nous partageons et apprécions… Nous finissons par nous séparer en échangeant nos adresses puisqu’ils songent à faire un long séjour au Québec dans quelque temps et seraient intéressés à un échange de logement…

Sur la route de Meziadin Juction
Vers 11:30 nous voilà sur la 37a en route vers Meziadin Junction où nous rattraperons la Highway vers Watson Lake. Mais nous n’avons pas déjeuné et nous arrêtons sur le terre-plein devant le Bear Glacier… où nous retrouvons nos Français eux aussi en contemplation devant le superbe panorama. Nouvelle discussion sur toutes sortes de sujets d’intérêt commun, en laissant la casserole de lait bouillir et déborder  sur le réchaud… Bear Glacier

Nuances de vert

Ils  reprennent leur route et nous finissons par avaler notre bol de café au lait et nos tartines. Parcours renouvelé des gorges puis de la jolie route de vallée sous un ciel variable et par une température plutôt fraîche. Les sujets photographiques ne manquent pas : paysages aux lignes accusées, couleurs nuancées de la végétation variée (arbres présentant toutes les teintes de verts et fleurs multicolores), montagnes abruptes aux roches allant du rouge au bleu, torrents au cours blanchâtre et tumultueux....

La route après Meziadin est tout aussi superbe, S’y ajoutent le recul et l’espace puisque la vallée dans laquelle elle est tracée est beaucoup plus vaste, tandis que les montagnes plus lointaines se regroupent en chaînes tachetées du blanc de neiges éternelles ou de glaciers. La chaussée est bonne, avec quelques passages de gravier bien compacté et très régulier qui ne nous dérangent pas, même si l’usure importante des pneus arrière – que j’hésitais à changer avant le départ, hélas ! – me laisse avec l’appréhension d’une autre crevaison… Bord de route fleuri
Lac et montagne enneigée Rivière
Sur les presque 400 km parcourus aujourd’hui, pas plus d’une cinquantaine sur la chaussée non asphaltée, et partout la voie a été redressée et élargie, si bien que le parcours dans ce qui semble un immense parc naturel sauvage et non modifié par la présence ou l’aménagement humain est une extraordinaire promenade.  Guépard sur la route

Forêt

Panorama epuis notre pique-nique
Les paysages magnifiques se succèdent, qui me font pousser un oh d’admiration au détour d'un virage ou en haut d’une côte. Les pauses photos sont assez nombreuses et permettent de se dérouiller un peu les jambes puisqu’en l’absence d’aménagements, les balades à pied sont inexistantes. Nous arrêtons passé 17:30 sur une crête pour pique-niquer devant un de ces grandioses panoramas et y sommes rejoints par nos nouveaux amis français qui suivent le même itinéraire.
Un peu plus loin, autre arrêt pour observer et photographier un jeune ours noir qui broute au bord de la route…
Ours noir au bord de la route

En arrivant sur la Sitkine River
Plein d’essence à Iskut (le carburant ici nous semble cher : 99,2 ¢ le litre !) mais nous n’y faisons pas étape faute d’y trouver la moindre rue autour du poste d’essence isolé en pleine nature, tandis que nos amis réussissent à y trouver une place dans un petit motel ! Nous continuons encore une vingtaine de km, passons la profonde dépression de la large Sitkine River... De l'autre côté de la Sitkine

Reflets du soir
En arrivant à l'étape

...et allons enfin installer notre bivouac un peu à l’écart de la route, au bord d’un charmant petit lac dont l’accès a été bien aménagé. Bivouac au bord du lac

Soupe poule au pot bienvenue dans la fraîcheur du soir (15°C à 20:30), mais un peu inattendue dans ce désert puis coucher pour Monique pendant que je grave les CD de photos destinés à Maman et à Geneviève que nous leur expédierons demain. Autour de moi la nuit est profonde, le silence est complet, le sommeil ne devrait pas être difficile à venir…


Samedi 31 juillet 2004 : de DEASE LAKE à SWAN LAKE (km 10 de l’Alaska Hwy) (476 km)

Au dessus de Dease Lake
Nuit effectivement des plus calmes dont nous sortons reposés vers 8:45. Temps clair mais soleil légèrement voilé, avec de temps à autres, sous un ciel brusquement très gris, une petite averse. Nous partons encore une fois sans déjeuner pour attraper au plus tôt un téléphone.  Pendant ce temps je fais le plein d’eau sur le robinet de la station-service isolée au milieu de nowhere. Nous prenons enfin le vrai départ… pour aller nous arrêter quelques km plus loin et prendre notre café au lait sur un splendide belvédère donnant sur le Lac Dease, un long fjord que l’on domine sans pouvoir en deviner les extrémités.
Nos amis français nous rejoignent au moment où nous commençons à tremper nos tartines de pita… Brefs et agréables échanges sur nos gîtes nocturnes réciproques, et Monique réussit à intéresser Chantal à l’alternative « camping-car » en lui faisant quelques démonstrations des possibilités du Guépard ! Ils reprennent la route et nous les rejoindrons plus loin après avoir fini de nous restaurer. Monique devant Dease Lake
Un lac au passage...
Si la chaussée continue d’être excellente malgré un autre passage d’une vingtaine de km sur le gravier, les paysages présentent cependant moins d’ampleur, et la dernière centaine de kilomètres nous semble davantage enfermée dans la forêt (un peu comme dans le Bouclier canadien du nord de l’Ontario). Quelques dégagements auparavant sur des vallées immenses où foisonnent les sapins tandis que des montagnes dentelées limitent l’horizon, continuent cependant de susciter notre admiration.
Arrêt quelques minutes pour examiner les blocs polis et les quelques sculpture dans la pierre verte à Jade City, en fait 2 magasins de bord de route autour d'une pompe à essence… Voilà une étape dont nous aurions pu nous passer, compte tenu de la piètre qualité plastique des pièces proposées. Jade City

Enfin le Yukon ! Nous finissons par atteindre vers 17:00 la frontière de la Colombie-Britannique avec le Yukon. Chantal accepte gentiment de nous photographier devant la pancarte polychrome, puis nous nous séparons puisque nous voulons retourner vers l’est d’une vingtaine de kilomètre jusqu’à Watson Lake, tandis que Philippe et Chantal qui y sont déjà passés gagneront directement Whitehorse. Peut-être nous y retrouverons demain soir... Le Guépard entre au Yukon

Fin de la Cassiar Stewart Highway
Nous arrivons donc au bout des 723 kilomètres de la Cassiar-Stewart Hwy, en fin de compte très faciles et en excellent état, mais qui plus important nous auront offert tout un lot de paysages extraordinaires et de sauvages beautés.

6. De WATSON LAKE à la frontière de l'ALASKA

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