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Sabbatique 1988-89

Juliette, Mathieu, Monique et Jean-Paul MOUREZ
à bord de leur Pilote 470

2. Premiers préparatifs, de LYON à ANNECY


Dimanche 3 juillet 1988 : de MONTRÉAL à PARIS

Nous passons la matinée chez nos amis Louis et Catherine Dumèze qui nous accueillent depuis deux jours dans leur maison de Sainte-Dorothée. Nous avons en effet dû libérer progressivement toutes les pièces encore occupées dans le sous-sol à l'arrivée de nos locataires le 1er juillet. Notre garage, conservé à titre d'entrepôt, est maintenant entièrement rempli par la literie, la voiture et tout ce qui restait d'incasable, tandis que celui de nos locataires, également récupéré, isolé et barricadé, nous sert de garde-meuble. Une fois la grande porte cadenassée, on a juste assez d'espace pour se faufiler et barrer la porte intérieure, mettant ainsi le point final à trois semaines de déménagement et de rangement aux allures de casse-tête chinois : comment entasser le contenu de 10 pièces confortables dans deux salles aux dimensions nécessairement réduites et basses de plafond ?
 
Derniers préparatifs à Outremont : le garage garde-meubles
L'entrée du garage converti en entrepôt...

Monique a pris les mesures de tous les meubles afin de planifier leur placement optimal dans le local, je les ai démontés, descendus et remontés avec l'aide de Dominique Barbe, de passage à Montréal et venu prêter main-forte, puis elle les a remplis à nouveau. Tous nos biens sont maintenant empilés et protégés d'une éventuelle inondation par de grandes bâches de polythène (le garage se trouve sous la salle de bain du premier étage...).

Nous sommes dorénavant sans domicile fixe pour les 365 prochains jours, situation qui susciterait un brin d'anxiété (au cas où notre voyage tournerait court...), si la fatigue des derniers jours et l'excitation du départ ne la faisaient un peu oublier.

Après un barbecue dans le jardin de nos amis, nous devons retourner dans l'après-midi à Outremont pour démonter le plafond suspendu du garage qui menace de s'écrouler sur l'auto : les luminaires ont probablement surchauffé leurs fixations qui ont fini par lâcher aujourd'hui, évidemment ! Il est enfin temps de faire nos adieux - cette fois définitifs, nous l'espérons - à la maison où tout semble en ordre, et au jardin en pleine floraison. Petit pincement de coeur...

<>Puis nous recommençons la cérémonie maintenant familière de l'emballage et du pesage des valises (78 kg!), avant que les Dumèze nous mènent à Mirabel où nous expérimentons à nos dépens les subtilités inflexibles des douanes canadiennes : il nous sera en effet impossible de nous faire rembourser, comme nous l'espérions, la taxe sur nos achats de dernière minute. Enfin, vers 19:00, embarquement et à 20:00, décollage à l'heure prévue, ce qui se révèle une agréable surprise sur Nationair...

Le voyage se déroule sans histoire, dans un vieux DC 8 où l'on est tassé comme des sardines ("sans l'huile", dixit mon voisin vénérable pêcheur gaspésien !). Notre aventure européenne vient tout juste de commencer...
 

Lundi 4 juillet 1988  : de PARIS à SAINTE-FOY-LES-LYON

  Arrivée à Orly vers 9:00. Maman et Henri Bonneau sont fidèles au rendez-vous, Henri serviable et un peu perdu, Maman chaleureuse et dispersée. Accueil charmant à Soisy, dîner copieux et délicieux, puis dare-dare, après un tri rapide de nos abondants bagages, en route pour le métro Pleyel où Henri nous dépose, sac au dos. Nous gagnons la gare de Lyon en laissant au passage Maman qui reprend le train à la gare Saint-Lazare. Quelle panique! La fatigue commence à se faire sentir... Comme le T.G.V. de 16:00 est bondé, nous réservons pour 20:00 et avons alors le temps d'aller faire une petite visite à Philippe Jacquier et Marion, adorables, avec lesquels nous pique-niquons.

 Puis ce sont deux heures de T.G.V. (fantastique impression de vitesse... réelle: 235 km/heure !), et Jean Boissier nous attend à Perrache. Il nous embarque jusqu'à Sainte-Foy où nous nous écrasons - enfin ! - dans un bon lit.
 

Mardi 5 juillet 1988 : SAINTE-FOY-LES-LYON

  Nous sommes pleins d'énergie au réveil : c'est aujourd'hui notre première visite au concessionnaire Pilote auprès duquel Monique a placé notre commande en février. Nous voyons enfin l'engin tant attendu qui sera notre home pour les 12 prochains mois... L'espace est mesuré, le décor passablement banal, mais l'ameublement paraît confortable. Il semble n'y avoir que très peu de place à récupérer et d'aménagements à agencer (tablettes, placards, vide-poches...).

 En quittant M. Matasse, Monique lui précise nos commandes spéciales (auvent, rideau de séparation à l'arrière, tablettes supplémentaires, coffre de toit, lanterneau de capucine, siège du passager pivotant, système d'alarme...). Bien que très occupé (dit-il !), il promet de nous livrer notre camping-car en ordre pour jeudi prochain. Puis nous allons voir le douanier, M.Poli, pour nous faire confirmer la possibilité d'achat en suspension de taxe. Ouf, 6 000 $ d'économies ! Monique apprécie très peu les circonlocutions et emberlificotages du "zélé" fonctionnaire, mais je joue le jeu, il en vaut la chandelle... Nos affaires sont en bonne voie.

 Visite ensuite chez l'oncle Robert où Jean joue les réparateurs d'urgence, puis détour impromptu chez Anne et Christian dans le vieux Saint-Georges; leur maison nichée dans la verdure à flanc de colline est pleine de charme, mais si petite ! Anne porte bien sa grossesse, Christian semble enchanté de sa paternité en puissance, mais tous deux voudraient bientôt voir terminé leur chantier qui n'en finit pas. De retour à Sainte-Foy, soirée tranquille à mettre de l'ordre dans notre documentation.
 

Mercredi 6 juillet 1988 : SAINTE-FOY-LES-LYON

    Visite au transitaire avec notre vendeur, M. Matasse, pour remplir les formulaires d'"exportation" de notre véhicule, puis retour au Bureau des Douanes où M. Poli nous félicite pour notre "parcours sans faute"; quelle mentalité, et quelle conception de son rôle ! La journée est malheureusement trop avancée pour aller enregistrer notre véhicule à la Préfecture, aussi Jean, qui nous a très gentiment servi de taxi dans toutes nos démarches, nous emmène à nouveau chez son frère où il va terminer sa réparation.

Dans le vieux Lyon, Monique devant le bouchon Le Garet
Lyon : rue du Garet, Monique consulte la carte...

Puis il décide de nous faire visiter le Vieux Lyon. Il découvre alors que sa fille a fréquenté, à son insu et il y a quelques années, les mêmes "bouchons" que lui... Magnanime, il nous invite alors à un souper bien arrosé au "Garet", cadre tout à fait typique du vieux bistrot lyonnais, où la nourriture est simple, mais abondante et d'excellente qualité. 
La soirée s'achève plaisamment par un tour de la presqu'île, de l'Opéra à Aînay, où Jean nous montre tous les hauts-lieux hantés par sa famille. Bref, une soirée agréable, dense et soulignée d'un brin de nostalgie. Ruelle du Vieux Lyon
Une rue du Vieux Lyon

Jeudi 7 juillet 1988  :  SAINTE-FOY-LES-LYON

    Jean nous conduit tôt à la Préfecture où, malgré les ordinateurs en panne, nous arrivons à obtenir nos numéros d'immatriculation et notre "carte grise" TT en une heure ! C'est, parait-il, un exploit... A peine sorti des griffes de l'administration, nous trouvons un artisan disposant de plaques rouges TT qui nous en estampe deux au prix fort. Enfin, à 14:00, nous sortons du bureau de l'assureur : tout est en ordre, il ne reste plus que la préparation du camion, évidemment pas tout-à-fait achevée...
 

Jean étrenne sa caméra
Jean filme nos préparatifs avec son nouveau camescope
depuis le balcon du chalet

Comme nous disposons d'encore un peu de temps dans l'après-midi, nous gagnons la F.N.A.C. où Jean va magasiner les camescopes. Il finit par opter pour le format vidéo 8 et fait l'acquisition d'une caméra Bauer, jumelle de mon Olympus, mais qu'il paie 2 fois 1/2 plus cher... L'électronique demeure décidément très dispendieuse en France, nous achèterons donc nos accessoires à l'étranger.

Dans la soirée nous sommes invités à un souper plutôt arrosé, mais aussi très sympathique chez Françoise Cambin. Nous y retrouvons avec plaisir Michèle et Henri Jacquier. Encore un journée dont nous sortons quelque peu harassés, mais contents !
 

Vendredi 8 juillet 1988 :  de LYON à SAINT-JORIOZ

Le départ tarde à survenir, pourtant comme j'ai hâte de mettre la clef dans le contact ! Après un petit bout de film sur le jardin et la maison, nous finissons par quitter Sainte-Foy vers 10:00 en direction du chalet de Saint-Jorioz, au bord du lac d'Annecy. Jean nous laisse en passant à Saint- Priest prendre enfin livraison de notre camping-car, mais à 11:15 chez Loisirs 2 000, M. Matasse est absent, et nous devons attendre son retour jusqu'à 13:30... Nous montons enfin à bord.
C'est pour constater que les aménagements attendus ont été plus ou moins bien réalisés, qu'une jauge du panneau de contrôle est défectueuse, que le témoins 12 volts du frigo ne fonctionne pas, et encore aurons-nous attendu 2 longues heures pour recevoir une démonstration incomplète des différents appareils avant de recouvrer un reliquat de crédit qui nous est dû ! Bref, nous quittons notre concessionnaire assez déçus de son organisation et de son service pour le moins approximatifs...

 

M'enfin, le camping-car roule, bruyamment mais rondement, et nous mettons bravement trois heures trente pour faire les 173 kilomètres qui nous séparent de Saint-Jorioz où nous arrivons à 19:00. Accueil triomphal des enfants qui nous ont précédés en France d'une vingtaine de jours et qui, eux aussi, voient notre rêve se réaliser. Encore une journée où le repos nous semble bien mérité !
Le quartier des Tuileries à St-Jorioz
Le quartier des Tuileries à St-Jorioz

Samedi 9 juillet 1988 :  SAINT-JORIOZ

Premier éveil au bord du lac d'Annecy : le paysage du lac environné de montagnes est splendide mais comme estompé par la brume, et la chaleur humide nous oppresse un peu.

 

Vu de Talloires, le rocher de Duingt s'avance dans le lac d'Annecy
Vu de Talloires, le rocher de Duingt s'avance dans le lac d'Annecy
Duingt au milieu du lac
Duingt au milieu du lac

La matinée s'achève lorsque Jean m'embarque avec Mathieu pour Genève où il veut compléter son matériel vidéo : seules les cassettes sont à un prix intéressant. Il me laisse conduire sa Citroën BX au retour : sa douceur de roulement et sa tenue de route m'impressionnent beaucoup.

Jean est impatient de rentrer, Anne étant en train d'accoucher d'un beau garçon, Clément. Joie et excitation au chalet... Dans l'après-midi, arrivent René-Pierre, Jocelyne et leurs deux filles : Marion, adorable poupée Corolle, et Perrine qui marche depuis deux semaines et tente de baragouiner. J'installe le ponton avec René-Pierre et la soirée se termine tranquillement dans cet environnement magnifique.
 

Dimanche 10 juillet 1988 :  SAINT-JORIOZ

Près du chalet au bord du lac notre Pilote attend le départ
Près du chalet au bord du lac notre Pilote attend le départ
Devant le Tournette, St-Jorioz village au bord du lac d'Annecy
Devant le Tournette, St-Jorioz village au bord du lac d'Annecy

Première nuit "expérimentale" dans le camping-car avec Mathieu. J'y trouve un excellent repos mais suis réveillé en pleine nuit par le tangage lorsque le fiston se retourne : j'ai oublié de mettre les stabilisateurs !

Visite de notre cabane à roulette
Visite de notre cabane à roulette
L'aire arrière et la dînette où Juliette et Mathieu déballent leurs bagages
L'aire arrière et la dînette où Juliette et Mathieu déballent leurs bagages

Belle journée où je replace le robinet de la cuisine en arrière de l'évier et répare diverses babioles, puis je commence la consolidation de la salle de bain. Je suis exaspéré par la mauvaise qualité de la finition et j'ai hâte que l'on puisse s'accoter quelque part sans briser quelque chose.
 

La cuisinette et la table arrière, coin dévolu à Mathieu
La cuisinette et la table arrière, coin dévolu à Mathieu
Vers l'avant, le lit haut en capucine et la dînette
Vers l'avant, le lit haut en capucine et la dînette à gauche

Dans l'après-midi, visite de Gaby, Toutou et Françoise qui séjournent à Couty et qui tous admirent notre nouvelle acquisition. René-Pierre prend le volant pour faire un circuit-test sur la petite route du col de Léchaux. Selon lui, la mécanique est efficace mais les sièges ont un baquet insuffisant et l'insonorisation est à parfaire; on verra demain chez Bernard Jacquier, concessionnaire Peugeot à Annecy, les améliorations possibles.

 

Lundi 11 juillet 1988 : SAINT-JORIOZ

La journée se passe à faire des courses à Annecy avant de prendre rendez-vous au garage pour une isolation phonique du moteur.
Le vieil Annecy  le long du Fier
Le vieil Annecy  et le château ducal le long du Fier
Les Vieilles Prisons d'Annecy au milieu du Fier
Les Vieilles Prisons d'Annecy au milieu du Fier

Mardi 12 juillet 1988 : SAINT-JORIOZ

Nous rentrons le camping-car au garage pour faire projeter du "rubson" sous le capot et dans les ailes, dans l'espoir de le rendre un peu plus silencieux. En fin de matinée, Jean nous emmène chez Curioz, le vendeur Pilote du coin, pour changer le pied de la table de la dînette déjà brisé. Enfin un concessionnaire qui accepte de donner un minimum de service ! Durant l'après-midi, nous complétons notre équipement (enrouleur à rallonge électrique et câble de branchement sur le secteur, entre autres), mais cherchons vainement un boyau d'arrosage pliable. Le soir, nous récupérons bien tard, à la limite de la fermeture, notre véhicule "amélioré".
 

Mercredi 13 juillet 1988  :  de SAINT-JORIOZ à TOURNUS

Après des remerciements mérités et des adieux émus aux Boissier qui nous ont tant aidés à mettre ce voyage sur pied, ou plutôt "sur roues", nous quittons Annecy vers midi pour nous rendre tranquillement chez Jean-Louis et Odile à Tournus.

La photo d'adieux à la maisonnée du chalet
La photo d'adieux à la maisonnée du chalet
Monique au volant prend le départ, filmée par Jean-Paul
Monique au volant prend le départ, filmée par Jean-Paul

Juliette surveille la manoeuvre !
Juliette surveille la manoeuvre !
Adieu St-Jorioz !
Adieu St-Jorioz !

Mais nous faisons d'abord une étape à Lyon-Vénissieux, dans la clinique où Anne vient d'accoucher d'un neveu tout neuf : Clément. Elle nous présente son nouveau-né, si petit, mais déjà si vivant. Il passe de bras en bras; Juliette semble toute embarrassée de cette poupée tellement fragile, tandis que Marion, arrivée avec ses parents, devient soudain très timide... Nous retrouvons là aussi Françoise Cambin, et finalement Christian qui semble tout-à-fait à l'aise dans son nouveau rôle paternel.

Monique et Clement
Monique et Clément
Juliette et Clément
Juliette et Clément

Vers 18:00, nous quittons la maternité; René-Pierre nous guide jusqu'à la sortie de Lyon, nous faisant éviter les embouteillages courants à cette heure. Abandonnant l'autoroute au début du péage, nous rallions la N 7 et arrivons très tard - et à court de carburant - chez les Bertucat. La famille au grand complet nous accueille à bras ouverts. Après un très agréable repas autour de la grande table bourguignonne, les enfants vont dormir avec leurs cousins et cousine, tandis que Monique et moi-même allons coucher sous notre toit à roulettes dans la cour.


3. Deuxième étape en Normandie

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