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Sabbatique 1988-89

Juliette, Mathieu, Monique et Jean-Paul MOUREZ
à bord de leur Pilote 470

8. Traversée vers la Suède et la Norvège; Oslo


Itinéraire en Scandinavie


Vendredi 19 août 1988  :  d'ALBORG à GOTEBORG (SUEDE)

 La pluie tambourinant sur le toit de la capucine nous réveille, annonçant un temps bouché pour la première fois depuis notre départ. La pièce commandée n'étant pas encore arrivée, je conduis Monique et les enfants au Vanland comme prévu. Puis, après m'être procuré au centre d'achat de quoi fabriquer nos fanions du Québec et du Canada, je retourne au garage. La réparation des courroie et poulie (une rondelle d'espacement aurait été placée du mauvais côté...) dure plus longtemps que prévu, et c'est vers 14:00 seulement que je récupère la famille dans sa piscine.

 Sous une pluie persistante, nous partons aussitôt vers la côte nord-est du Jutland. Nous faisons halte au passage dans le petit port de Seaby. L'ambiance est très spéciale sous le crachin. Le vent fait claquer les filins des petits yachts qui dansent dans le port tandis que la forte houle du Kattegat (le large canal reliant la Manche à la Baltique) déferle sur le brise-lame, nous arrosant de ses embruns.

 Arrivés à Frederikshavn, nous passons devant l'embarcadère des gros ferry pour la Norvège... et l'idée nous vient tout naturellement : pourquoi poursuivre cette route grise et triste jusqu'à Skaden, à la pointe nord du Jutland, par ce temps décourageant, alors que nous avons une chance de changer de climat en partant immédiatement pour la Suède et la Norvège ?

Un billet vite pris...
Un billet vite pris...
L'entassement des gros traversiers à Frederikshaven
L'entassement des gros traversiers à Frederikshaven

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous embarquons sans délai pour cinq heures de navigation aveugle dans la pluie et les embruns, sur cet énorme traversier tout blanc qui se joue des éléments. Pendant qu'étalant nos cartes sur une table de la salle à manger nous commençons à regarder l'itinéraire qui nous attend, Mathieu reste fasciné par les "bandits manchots" (machines à sous) qu'il découvre sur le troisième pont. Finalement, nous arrivons à Göteborg (Suède) vers minuit. Fatigués et indécis quant à la direction à prendre en quittant le ferry, nous nous arrêtons là et tentons de dormir sur le quai sitôt débarqués.
 

Samedi 20 août 1988  :  de GOTEBORG (Suède) à SON (NORVEGE)

 Quelle idée nous a pris de demeurer hier soir sur ce stationnement ! Cette halte nous aura appris qu'il n'est pire place pour dormir qu'un grand port, avec son trafic nocturne, ses débardeurs et sa ronde de camions... Nous sommes tôt levés après une nuit terriblement bruyante qui nous laisse une migraine carabinée, aussi quittons-nous Göteborg sans avoir le goût de visiter cette grande ville suédoise pourtant recommandée par les guides touristiques. Bourrés d'aspirine, nous continuons à monter vers la Norvège en suivant la mer. Nous traversons alors un curieux paysage d'énormes rochers rouges et arrondis dépassant une végétation très canadienne de résineux, de prairies et de minuscules champs de céréales.

 Stationnés au bord de la grève du minuscule port de pêche de Hamburgsund, nous dînons devant la petite baie limitée par des rochers épars où sont ancrées quelques barques. Une sieste de deux heures entre les maisons de planches rouges et bleues dispersées sur la grève nous fait récupérer un crâne un peu moins douloureux. Vagabondant dans une campagne vallonnée et verdoyante, notre trajet longe la côte à courte distance en montant vers le nord. Une grande arche de béton lancée au dessus d'un fjord magnifique (le Svinesund) nous fait passer peu après la frontière Suède-Norvège. Détours après détours, toujours sous la pluie, nous nous rapprochons d'Oslo. A Kälnes nous quittons la grande route pour découvrir nos premières gravures rupestres scandinaves. Les enfants sortent le balai pour dégager la grande dalle rocheuse : accentués par l'eau qu'ils y jettent apparaissent bientôt les contours très nets de bateaux, d'animaux et de soleils dessinés ici par les ancêtres des Viking grands conquérants des mers.

    Nous rattrapons ensuite la petite route côtière. Elle nous fait aboutir à Son, un autre port miniature et plage à la mode proche d'Oslo. Nous nous y arrêtons dans un grand stationnement au dessus des rochers, avec vue immense sur la baie, à travers pins et autres arbustes... le site rêvé, quoi ! Enfin une nuit au calme, pensons-nous.
 

Dimanche 21 août 1988  :  de SON à OSLO

 Et pourtant nous nous levons bien tard, tentant de récupérer la fatigue des dernières 24 heures à laquelle sont venus s'ajouter de nouveaux déboires nocturnes : un milieu de nuit plutôt agité au départ des derniers clients du dancing dont nous avons malencontreusement choisi le stationnement comme lieu de repos...

 Heureusement le ciel s'est bien dégagé et nous avons droit à une belle journée ensoleillée. Comme notre parking a retrouvé son calme et puisque la vue est toujours aussi agréable, nous demeurons là jusqu'en milieu d'après-midi. Nous profitons de ce loisir pour découper dans du plastique adhésif nos drapeaux du Québec et du Canada. Nous pourrons ainsi afficher dans ces pays amis une identité bien accueillie. Pendant que nous collons soigneusement nos couleurs à l'avant et à l'arrière du camping-car, Juliette chante avec quelques hésitations l'hymne national tandis que Mathieu enregistre la scène à la vidéo. Il ne manque plus qu'un nom original à notre véhicule pour compléter son baptême... Les enfants jouent un moment sur le terrain, je fais une partie de badminton avec Mathieu, puis nous partons pour Oslo.

 La ville nous paraît très grande, propre, aérée, largement étendue dans un vaste fjord : eau et montagne mêlées. Modernité, mais aussi bâtiments traditionnels... Comme nous sommes aujourd'hui dimanche et qu'il est assez tard pour les Norvégiens (à peu près 17:30), tout est fermé. Après un petit tour dans le quartier piétonnier derrière l'Hôtel de Ville, nous nous dirigeons vers le site olympique d'Holmenkollen au dessus de la ville. Nous avons l'intention d'y trouver un coin tranquille - enfin ! - pour dormir. Mais nous découvrons en cours de route le stationnement du Oslo Tennis Club qui nous semble tout-à-fait favorable. Aussi, sans chercher plus loin, nous nous glissons le plus dicrétement possible sur son terrain et nous y intallons pour la nuit. Après un couscous revigorant, nous grimpons dans la capucine pour nous endormir bien vite (sans oublier d'ajouter auparavant ces quelques notes à mon journal quotidien).
 

Lundi 22 août 1988  :  d'OSLO à HOLMENKOLLEN

 Notre tennis était aussi paisible que nous pouvions l'espérer, mais c'est la pluie cette fois qui nous a réveillés à l'aube en tambourinant sur le toit; impossible de nous rendormir... Nous prenons ainsi conscience d'un autre "défaut" de notre Pilote : la tôle de la capucine n'est ni doublée ni isolée sérieusement, elle n'a donc qu'une faible résistance mécanique et acoustique. Nous traînons un peu au lit, comme pour oublier la pluie qui nous accompagnera toute la journée.

2 billets adulte pour le Musée de Bygdoy, pour les enfants c'est gratuit en Norvège
2 billets adulte pour le Musée de Bygdoy.
Pour les enfants, c'est gratuit en Norvège !

Arrivée du Kon-Tiki aux Marquises
Arrivée du Kon-Tiki aux Marquises
Le Râ II sur la houle de l'Atlantique
Le Râ II sur la houle de l'Atlantique


Trajet des 3 espéditions de Thor Heyerdahl
Trajet des 3 espéditions de Thor Heyerdahl


Après être passés au Tourist Inform où l'on nous donne enfin un plan détaillé de la ville, fort étendue, nous décidons de faire notre profit du mauvais temps en allant traîner au Musée Maritime de Bygdoy. Là sont conservés le Kon-Tiki et le Râ de Thor Heyerdhal, radeau de balsa et barque de papyrus, témoins éloquents de deux grandes aventures marines et anthropologiques qui ont fasciné et fait rêver mon adolescence. Les deux "reliques", un peu poussiéreuses mais combien émouvantes, se trouvent au centre d'une remarquable présentation des expéditions qu'elles ont permis (ou dont elles furent le prétexte...).

Dans un bâtiment tout proche se trouve aussi abrité le Fram, navire d'exploration polaire avec lequel deux autres célèbres navigateurs norvégiens, Nansen et Amundsen, conquirent les pôles. Nous le parcourons en tous sens, étonnés de la solidité et de l'épaisseur de sa coque de bois renforcée qui subit plusieurs hivernages enserrée dans les glaces.
 

Le drakkar d'Oseberg
Oslo : le drakkar d'Oseberg
L'or du trésor de Gokstad
Oslo : l'or du trésor de Gokstad

Nous terminons ce pèlerinage dans le passé nautique de la Norvège par une visite aux restes des trois drakkars d'Oseberg, Tune et Gokstad. Ceux-ci, superbement restaurés, montrent leur coque de chêne noirci dans trois ailes d'un bâtiment de style roman en forme de croix; la quatrième aile sert d'écrin au trésor découvert dans l'un de ces drakkars, sépulture d'une princesse viking. On se sent un peu comme dans une église où l'on célébrerait le culte des ancêtres normands dont il doit bien me rester quelques traces dans les chromosomes... Si l'on ajoute le Gjoa avec lequel R. Amundsen a été le premier à franchir le passage du Nord-Ouest et que nous apercevons amarré sous la pluie, voilà certainement le plus bel ensemble maritime que j'ai jamais vu !

La journée s'achève par un petit circuit dans le centre ville, très propre mais sans grande originalité. Puis nous montons au Holmenkollen, haut lieu du saut à ski olympique. De là-haut, la vue sur le fjord d'Oslo, superbe, demeure malheureusement brumeuse. Nous décidons d'y passer la nuit en compagnie de quelques autres camping-cars alignés au pied du tremplin.


9. Par le Telemark, d'Oslo à Bergen (Bryggen et Troldhaugen)

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