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Sabbatique 1988-89

Juliette, Mathieu, Monique et Jean-Paul MOUREZ
à bord de leur Pilote 470

57. En Espagne : de la Costa del Sol à Granada


Samedi 22 avril 1989 : d'ALGECIRAS à PUERTO BANUS (près de MARBELLA)


Le rocher de Gibraltar depuis Algeciras

Notre premier souci en quittant Algeciras est de trouver une casse pour dénicher enfin un bouchon de culasse. Il remplacera la boite de terrine de lapin installée depuis 21 jours sur le moteur. Ce couvercle de fortune n'a pu empêcher l'huile noirâtre enrobée de poussière de se disperser un peu partout sous le capot. Nous passons également à la banque puis au "Continente" où Monique fait le plein d'épicerie pendant que je réinstalle l'échelle de toit à l'arrière du camping-car.

Nous gagnons ensuite une plage près de Sotogrande. Monique y prend le soleil tandis que les enfants jouent au Playmobil dans le sable. De mon côté, peu attiré par les plaisirs de la plage, je procède au croisement des pneus qui commencent à montrer des signes de fatigue. En fin d'après-midi, nous reprenons la route côtière très densément peuplée.

Passant à Puerto Banus, nous gagnons un terrain vague en bord de mer où nous avons aperçu depuis la grande route un rassemblement d'une dizaine de motor-homes (dont un canadien !). Nous y bivouaquons les roues dans le sable, au pied de la Serra Bermeja dominée par le pic du Reale (1 450 m), à l'orée de la baie de Marbella. Une anse protégée par une jetée de pierre abrite la belle plage blonde qui commence à notre porte... 
Plage de Puerto Banus au pied du Pic du Reale

Juliette et Mathieu ressortent leur boite de Playmobil pendant que Monique prépare le souper. Je profite du répit et du sol sableux pour me glisser sous le camping-car et resserrer tous les boulons bridant le châssis à la cellule car elle commence à craquer de façon inquiétante. Comme pour les pneus, les routes étroites du Maroc, qui obligent à rouler à moitié sur la berme à chaque croisement de véhicule, ont maltraité notre petit Pilote, de fabrication bien légère et peu fait pour ce genre de raid...

 

Dimanche 23 avril 1989 : de PUERTO BANUS à COLMENAR (au nord de MALAGA)


Cour dans l'ancienne Marbella

 Le ciel est radieux ce matin. Cela ne nous fait pas lever plus tôt pour autant... J'écris mon journal pendant que Monique se dore au soleil près des enfants qui poursuivent leurs jeux dans le sable. Nous traversons ensuite Marbella, grande station touristique internationale où tout l'espace entre rivage et montagne est bâti (assez bien d'ailleurs). 
Puis nous suivons la grande route côtière jusqu'à Fuengirola, entre une mer bleue ponctuée de petite plages encadrées par des rochers et des villages à touristes plus ou moins en construction. Où que l'on porte les yeux sur les pentes, les bords du chemin sont "décorés" d'une multitude de pancartes vantant le confort et la qualité des divers "concepts" immobiliers... Il est bien loin, le temps où nous parcourions cette Costa del Sol alors encore presque déserte... La nouvelle Costa del Sol (Marbella)...
La nouvelle Costa del Sol (Marbella)...

 Par une route abrupte qui fait vite surchauffer notre moteur, nous grimpons dans la montagne jusqu'à Mijas accroché à un éperon escarpé. C'est un village typique avec ses murs blancs et ses toits en terrasses carrelées. En visitant le belvédère de l'ermitage ombragé par de grands eucalyptus, on découvre une vue superbe sur la vallée immédiatement en dessous et sur le littoral piqueté de grands immeubles au loin. Nous redescendons par Benalmadena, un autre village-balcon. Depuis le bord du promontoire qu'occupe la petite église environnée d'agaves et de cactus en fleurs, ce sont les énormes "développements touristiques" de Torremolinos que l'on aperçoit cette fois-ci. Nous rejoignons la célèbre station balnéaire par l'arrière pour atteindre bientôt la grande agglomération de Malaga. Nous voulons la découvrir depuis les virages de l'ancienne et admirable route panoramique dévalant la montagne jusqu'à la Méditerranée; aussi traversons-nous rapidement la ville pour emprunter la nouvelle voie expresse vers le nord, remarquable par son tracé et ses ouvrages d'art, quoique très encaissée. Elle nous hisse jusqu'au lieu-dit Casabermeja.

 Nous quittons alors l'autoroute pour un chemin latéral presque marocain (étroit, sinueux et défoncé), mais dans une campagne riante et autrement mise en valeur. Les fleurs sauvages (coquelicots et verges d'or) débordent jusque sur le mauvais asphalte de la route. Nous rejoignons ainsi le pittoresque village perché de Colmenar où nous nous hasardons dans des ruelles pavées et très pentues pour tenter de nous installer tout en haut de la butte couronnant la bourgade. Mais nous sommes vraiment trop gros pour ces venelles. Renonçant, nous reprenons la route pour aller dormir encore plus haut dans la montagne, bien au dessus des maisons. Notre fenêtre encadre un beau paysage agreste animé par le passage d'un troupeau de chèvres tandis qu'au fond les sommets prennent des teintes mauves dans le soleil couchant.

 

Lundi 24 avril 1989 : de COLMENAR à RADUL (près de GRANADA)

 Nous sommes réveillés par une averse qui nous fait paresser au lit jusque vers 10:30. Hélas, le ciel demeure couvert. C'est donc dans la pluie et le brouillard qu'à 11:30 nous entreprenons la descente vers Malaga par l'ancienne route nationale devenue maintenant itinéraire touristique. L'horizon est complètement bouché, nous suivons prudemment les lacets zébrant la pente. Nous savons le paysage superbe par temps clair, et ce d'autant plus maintenant que les abords du chemin ont été convertis en parc naturel forestier; mais avec une visibilité réduite à 20 m, on ne peut guère en apprécier les beautés...

 Assez déçus par ce trajet aveugle dont nous attendions beaucoup, nous traversons la ville en diagonale : le paseo lui aussi doit être joli dans le soleil, mais sous l'eau il invite peu au farniente... Nous serrons ainsi la côte jusqu'à Motril. Nous quittons alors les bords de la Méditerranée pour franchir la Sierra Nevada par une belle route de montagne qu'améliorent progressive-ment des travaux gigantesques. Le mauvais temps nous donne l'opportunité de faire effectuer près de Durcal quelques petites réparations mécaniques (changement du filtre à gasoil, balancement des roues...) et de faire décrasser au jet de vapeur le compartiment moteur tout barbouillé d'huile noirâtre. Poursuivant un peu plus vers le nord, nous allons dormir sur un terrain vague en bordure du village de Radul.


58. De Granada à Andorre

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