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Sabbatique 1988-89

Juliette, Mathieu, Monique et Jean-Paul MOUREZ
à bord de leur Pilote 470

59. D'Andorra à la Camargue et la Provence


Samedi 29 avril 1989 : du PAS DE LA CASE à VALRAS-PLAGE

Lorsque nous nous éveillons, il fait presque 0°C dans la cellule, l'eau gèle dans la tuyauterie malgré le sel introduit à grand peine dans les conduits d'évacuation et nous sommes à moitié recouverts de neige... Le col, bien entendu, n'est toujours pas ouvert !

Je réchauffe un peu l'atmosphère en faisant tourner le moteur jusqu'à ce que le chauffage propane se décide à fonctionner quand le vent finit par tomber. Nous hésitons sur la conduite à tenir lorsque, vers 10:00, arrive au col, en provenance de la France, un énorme chasse-neige. Il en sort un ingénieur des Ponts et Chaussée qui dit avoir eu du mal à passer (!) et promet de faire l'impossible pour ouvrir la route d'ici 5 à 6 heures... Scandalisés - comme bien d'autres - et amusés par ces Français débordés devant une urgence neige, nous décidons de repasser le col d'Envalira, quant à lui parfaitement dégagé et salé par les Andorrans !

Je sors donc la petite pelle pliante et  pioche dans la congère entourant le camion jusqu'à ouvrir un passage rattrapant la chaussée déblayée, puis nous reprenons la direction d'Andorre. Ce trajet nous vaut quelques vues superbes sur les pentes et les creux maintenant couverts de neige fraîche. Nous traversons une autre fois toute la vallée habitée et repassons en Espagne. Après une route d'altitude assez mauvaise car en cours de reconstruction, parcourant villages et alpages, nous parvenons enfin en France à Bourg-Madame. Nous déjeunons d'une délicieuse baguette française et poursuivons la route d'altitude, excellente maintenant, jusqu'à Mont-Saint-Louis. Elle contourne les fortifications de Vauban sur lesquelles on a installé le grand miroir parabolique d'un four solaire.

Puis elle entame une longue descente suivant la vallée du Têt qui s'achève à Prades. Elle passe ensuite tout près d'une autre ville forteresse aux défenses impressionnantes (Villefranche-de-Conflans) avant de nous emmener jusqu'à Perpignan. Elle se glisse enfin parallèlement à l'autoroute, entre mer et montagne, progressant au milieu des immenses vignobles du Languedoc-Roussillon. A Béziers, nous obliquons vers la mer et allons dormir sur un quai devant le petit port de plaisance de Valras-Plage.
Eus


Dimanche 30 avril 1989 : de VALRAS-PLAGE aux SAINTES-MARIES


Aigues-Mortes : les remparts côté mer

Au réveil, un vent puissant fait vibrer les agrès des yachts dans le bassin, mais au moins il est accompagné de soleil, enfin ! Après quelques tergiversations et un téléphone à Toulon chez Michèle, la cousine de Monique, nous décidons de suivre la Côte d'Azur tout au long pour aller lui faire une petite visite. Un bref arrêt au Cap d'Agde nous fait découvrir de petits immeubles modernes s'inscrivant assez bien dans le rivage rocheux. Puis nous passons sur un long cordon littoral constituant une belle plage cependant très venteuse. Nous atteignons alors Sète où nous déjeunons. Évitant ensuite Montpellier, nous traversons les développements immobiliers de la Grande Motte isolée au milieu de son marais avant de nous arrêter au pied des remparts d'Aigues-Mortes.

Aigues-Mortes : pont et Tour du Lion

Aigues-Mortes : les remparts et la tour de Constance

Aigues-Mortes : dans la tour de Constance,
femmes protestantes prisonnières


Aigues-Mortes :  tournage d'un film au pied de la tour de Constance

Aigues-Mortes : inscription dans la tour de Constance

Aigues-Mortes : salle des gardes de la tour de Constance

Aigues-Mortes : les remparts
et la Porte des Galions

Notre visite de l'ancienne base navale royale débute par l'énorme Tour de Constance, bâtie par Saint-Louis, puis nous consacrons l'après-midi à une balade sur les remparts remarquablement conservés et mis en valeur. Architecture de qualité, mais surtout vue pittoresque sur la petite ville resserrée à l'intérieur de ses murs et sur la campagne marécageuse étalant son étendue déserte alentour. Une brève section de chemin de ronde sans garde-fou émeut beaucoup les enfants. Ils retrouvent leur insouciance sur la petite place centrale très animée en cette fin de dimanche après-midi. 
Nous y flânons un peu au milieu des promeneurs attablés aux terrasses, avant de reprendre notre itinéraire traversant la Camargue jusqu'aux Saintes-Maries.
Aigues-Mortes vue d'avion


En Camargue : flamands roses à la pêche

La route sauvage et insolite passe entre des marais où paissent des chevaux en liberté tandis que des groupes de flamands roses pêchent sur fond de soleil couchant...


En Camargue : chevaux en liberté

En Camargue : envol de flamands roses

Quelques mas aux murs blanchis couverts de chaume sont dispersés dans l'étendue plate et humide qui s'étale à perte de vue de chaque côté de la chaussée. Arrivant dans la nuit aux Saintes-Maries, nous bivouaquons à la sortie du bourg, sur un petit stationnement bordant la plage.

 

Lundi 1er mai 1989 : des SAINTES-MARIES à FONTVIEILLE


Église des Saintes-Maries : abside

 On dort tard et sans soucis dans ce cadre paisible; bien des émotions et des kilomètres se sont accumulés ces derniers jours ! Le soleil est levé depuis longtemps lorsque nous gagnons le centre du village et visitons l'église, fortifiée à l'extérieur... 
...mais d'un roman très pur et très sobre à l'intérieur.

Nef de l'église des Saintes-Maries

Église des Saintes-Maries : barque portant les statues des deux saintes
Les statues des deux saintes (Marie-Madeleine et Marie soeur de Marthe) dominent la nef très haut derrière leur grille... 
 tandis que dans la crypte règne Sarah la Noire, patronne des gitans. D'ailleurs, à la sortie, quelques femmes au teint basané et portant des robes à longs volants nous abordent en insistant pour nous lire les lignes de la main...
Dans la crypte de l'église des Saintes-Maries :
Sarah patronne des Gitans



Saintes-Marie : procession lors du pélerinage

Église des Saintes-Maries : abside


Camargue : marais et mas

Nous reprenons la route pour un tour de Camargue. Elle nous mène d'abord jusqu'au Vaccares, avec force paysages d'eau et de marais, galopades de chevaux en liberté et envols de flamands roses. Elle passe par Salin-de-Giraud où nous allons contempler la montagne de sel et le salin depuis le belvédère, avant d'aboutir à la plage de Piemanson. C'est une immense étendue de sable sans autre intérêt que d'être la zone incertaine où s'arrête le delta du Rhône et commence la mer.
 Virant de bord vers l'intérieur, nous traversons de nombreuses rizières inondées pour gagner Arles. Malheureusement les monuments sont fermés en ce 1er Mai férié. 
Arles : le centre historique au bord du Rhône


Arles : les arènes romaines

Arles : couloir intérieur des arènes romaines

Nous faisons quand même le tour des arènes extraordinairement conservées (et restaurées !), et apercevons à travers les grilles les ruines du théâtre romain.


Arles : Place de l'Hôtel de ville

Mais Sainte-Trophime est close et son étonnant portail sculpté du XIIème - en restauration - est masqué par un échafaudage. Dans les petites rues tortueuses de la vieille ville, nous croisons quelques gardians en beau costume de parade, chevauchant avec leur élégante Arlésienne en croupe. 
Ils reviennent d'un espèce de rodéo qui s'est déroulé dans les arènes juste avant notre arrivée... Conquis par cette belle ville paisible, mais un peu frustrés d'en voir si peu, nous prenons le chemin des Alpilles pour aller dormir sur une jolie place ombragée à Fontvieille.
Gardian et Arlésienne


Mardi 2 mai 1989 : de FONTVIEILLE à SAINT-REMY-DE-PROVENCE


Fontviellie : le moulin de Daudet

Le départ tarde un peu, le temps de faire le plein d'eau pure bidon après bidon à la fontaine locale. Nous étions à deux pas du moulin de Daudet que nous visitons aussitôt. Il s'agit en fait d'une jolie reconstitution plantée au milieu d'un maquis aride qui fleure bon la lavande, le mistral... et les "Lettres". Rien ne manque, pas même le hibou (empaillé) qui veille sur les combles du moulin !

Arlésiennes devant le moulin de Daudet
Portrait d'Alphonse Daudet par Nadar
Portrait d'Alphonse Daudet par Nadar

Nous suivons ensuite la petite route fleurie et embaumée nous menant aux aqueducs de Barbegal, une formidable construction romaine. Les quelques arches ruinées qui restent en disent long sur les extraordinaires compétences des Anciens en tant qu'organisateurs, architectes et constructeurs.
Les Baux




Les Baux



Les Baux : l'Hôtel de Brion

Puis nous rallions les Baux où nous nous baladons d'abord dans les petites rues médiévales intensément restaurées. Monique et les enfants magasinent santons, petits objets de bois d'olivier et autres produits artisanaux pendant que je filme ruelles sinueuses, vieilles façades et points de vue impressionnants sur le Val d'Enfer et les Alpilles.


Les Baux : église St-Vincent

Les Baux : le village depuis le château

Les rochers à-pic et blancs sont piquetés de buissons vert sombre tandis que des ravins profonds s'ouvrent sur la plaine cultivée et peuplée en premier plan.
Les Alpilles depuis les Baux


Le château-fort des Balthazar, princes des Baux

Ces mêmes paysages immenses s'imposent encore plus dans la "Cité Morte" qui occupe la plus grande partie du plateau. Il est constitué de grandes dalles de pierre blanche couronnées par les ruines fantastiques du château-fort des Balthazar, princes des Baux. Le rocher évidé se mêle aux pans de pierres pour former un dramatique chaos. On l'escalade avec peine, mais de là-haut, quelle vue sur la montagne alentour, la plaine à nos pieds et la mer à l'horizon ! Les dalles nues qui réverbèrent le soleil sont très chaudes, et c'est assoiffés, les pieds en compote, que nous regagnons le camping-car, les yeux éblouis par la lumière vive qui baigne ce site magnifique.

Nous arrêtons une demi-heure à la "Cathédrale d'Images" installée dans les fantastiques cavernes blanches où Cocteau avait tourné son Orphée.
Sur les parois de ces anciennes carrières, un diaporama aux images multiples présente l'oeuvre géniale et le destin tragique du Van Gogh d'Arles. Beau, frappant, mais froid (on gèle dans ces grottes après la fournaise du plateau parcouru tout à l'heure !).  
Les Baux : Autoportrait 1889, par Van Gogh

Les Baux : le Pont de Langlois, par Van Gogh

Les Baux : le Pont de Langlois (détail), par Van Gogh


Les Baux :  Vue d'Arles aux iris, par Van Gogh

Les Baux : Campagne autour de Montmajour
, par Van Gogh


Les Baux  : Arles Bistrot la nuit, par Van Gogh

Les Baux : La maison jaune, par Van Gogh



Les Baux : Les Saintes-Maries, par Van Gogh


Nous apprécions davantage notre petit détour au belvédère de la table d'orientation. 
J-P et le Pilote sur le belvédère de la table d'orientation


Les Baux au soleil couchant depuis le belvédère de la table d'orientation
Le site des Baux y apparait sous son meilleur angle et dans le soleil descendant.

Puis nous dévalons à travers le désert des Baux jusqu'au gros village de Saint-Rémy. Nous bivouaquons sur le stationnement municipal et place du Marché, devant le Bureau du Tourisme.  Une grosse journée pleine de vent, de soleil et de pierres qui nous aura permis un contact plus étroit avec ce petit univers sauvage des Alpilles.



60. De St-Rémy-de-Provence à Lyon en famille

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