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Sabbatique 1988-89

Juliette, Mathieu, Monique et Jean-Paul MOUREZ
à bord de leur Pilote 470

65. Angleterre : la côte sud-ouest et la Cornouaille


 


Mercredi 7 juin 1989 : de OUISTREHAM à SWANAGE (Angleterre)

 Nuit courte et lever tôt (6:45) pour se présenter à l'embarquement dès 8:30. Voyage sans histoire sur un gros ferry, le "Reine Mathilde". La Manche,  grise et pluvieuse, fait penser à la Baltique. La pensée des "boys" qui la traversèrent en sens inverse il y a précisément 45 ans pour aller au casse-pipe m'atteint et m'émeut... Je filme un peu l'arrivée à Portsmouth, un gros port dont nous traversons les différents bassins. Vaisseaux de guerre anciens (dont le "Victory" que Nelson commandait à Trafalgar) et navires modernes de la Royal Navy sont amarrés le long des quais encombrés.

Dans le port de Portsmouth, le Victory de Nelson

 A peine débarqués nous sommes happés par l'autoroute. Nous ne réussissons à en sortir que vers Eastleigh, 21 km plus loin, pour trouver une banque et changer un peu d'argent. Après le déjeuner sur le stationnement d'un centre sportif, nous devons faire un long détour pour reprendre l'autoroute... deux sorties en arrière ! Il faut dire que l'attention soutenue exigées par la conduite à gauche laisse peu de temps pour chercher son chemin ou regarder le paysage.

 

Corfe Castle : le château

Il est pourtant joli : la route sinueuse traverse un pays vallonné et boisé mais très peuplé. Les gens sont courtois, souriants et accueillants, et tout semble bien organisé, ce qui n'est pas pour nous déplaire...Après avoir dépassé Corfé Castle, un charmant village moyenâgeux au pied des ruines de son château du XVème, nous campons près de la plage de Swanage, une élégante station balnéaire, dans une rue tranquille et soignée où s'affaire un jardinier taillant une haie.

Jeudi 8 juin 1989 : de SWANAGE à SIDMOUTH

Au réveil notre jardinier est déjà là, ramassant ses rameaux coupés... Quittant cette jolie station au creux de son anse, très "léchée" et surtout fréquentée par des gens du troisième âge, nous retournons à Corfé Castle. Nous faisons un grand tour de ses rues tortueuses bordées de petites maisons de pierre. 

Corfe Castle : rue du village au pied du château


Corfe Castle : château et villlage miniature

Tout y est miniature, antique, soigné et charmant (vieilles enseignes, petits carreaux et corbeilles de fleurs...). Nous flânons un peu dans quelques boutiques old fashion avant de reprendre la route étroite. Elle serpente dans un bocage proche de celui que nous avons parcouru dans la région viroise : collines verdoyantes, troupeaux de vaches et de moutons, haies soigneusement taillées délimitant de vastes parcelles.

Nous arrêtons longuement à Abbotsbury, site d'un important monastère médiéval dont il reste quelques beaux bâtiments et ruines (grange, église...). Accompagné de Juliette, je grimpe jusqu'à la vieille chapelle Sainte-Catherine.....On y jouit d'une jolie vue sur le lagon de la Fleet et sur Cheesil Beach. Nous redescendons à travers champs jusqu'à la Swannery où, dans un joli jardin fleuri, naissent et vivent plus de 400 cygnes. En faisant le tour de cette belle pro-priété, nous découvrons de nombreux petits, des nids et des oeufs puisque c'est la saison, et un beau panorama sur le marais. La route quitte le village par une côte très raide dominant le paysage et dégageant une vue surprenante sur la lagune. Puis nous faisons un détour sur la dune dont les petits galets ronds glissent sous le pied; nous nous y étonnons des prises répétées qu'y font des pêcheurs super efficaces.

Nous gagnons enfin Sidmouth, autrefois port de pêche niché entre ses falaises roses mais maintenant reconverti en station touristique tout-à-fait calme. Après un petit tour sur les falaises, nous dormons dans une rue paisible à l'intérieur de la ville, loin des grands parkings publics qui nous sont interdits.

 

Vendredi 9 juin 1989 : de SIDMOUTH à YEALMPTON (près de PLYMOUTH)

Ce matin, temps maussade qui tourne en pluie après midi. De Sidmouth nous rattrapons la grande 4 voies par une petite route sinueuse. Paysages boisés assez beaux lorsque nous longeons le Dartmoor National Park. Nous avons quelques difficultés à trouver la sortie vers Totnes, un gros village pimpant tout au fond du fjord de la Dart. Je déambule dans ses rues pittoresques, au milieu des vieilles maisons fleuries et des boutiques old fashion. Pendant ce temps Monique et les enfants observent le ferrage d'un cheval dans le musée rural avant de faire une promenade sur l'impériale d'un omnibus hippomobile.

Une rue de Totnes


Dartmouth : le Collège maritime royal

Nous reprenons la petite route étroite et ombragée qui serpente dans un corridor de haies démesurées. Leurs frondaisons arrivant à l'aplomb de la chaussée rendent la conduite assez stressante, d'autant plus que la circulation est assez dense. 
A Dartmouth, nous nous attardons sur le Quay du port dont le bassin ressemble un peu à celui d'Honfleur, n'était-ce le style de ses façades aux boiseries peintes ou sculptées. Le site est superbe : les pentes de l'estuaire, assez raides, sont semées de maisons anciennes jusqu'à l'étroite ouverture sur la mer.

The Quay à Dartmouth

 Nous redescendons sur la plage, immense, à Slapton où nous soupons, avant de reprendre les petites voies étroites "claustrophobantes" de l'intérieur jusqu'à Kingsbridge. Un beau grand parking nous attend au bout du fjord, mais des pancartes on ne peut plus explicites avertissent : "overnight sleeping forbidden"... Aussi poussons-nous jusqu'à Yealmpton, tout petit village autour de sa vieille église aperçue dans la nuit, pour stationner dans l'obscurité et sous la pluie dans un lotissement de cottages modernes entourés de jardins florissants.

 

Samedi 10 juin 1989 : de YEALMPTON à MULLION COVE (près de LIZARD)

 Nuit super tranquille... avant de reprendre les routes étroites ! On finit par se lasser d'être toujours enfermés dans cette tranchée de haies qui étranglent le chemin et coupent la vue. Parfois cependant l'horizon se dégage en haut d'une côte ou dans un grand virage. On aperçoit alors les souples ondulations des collines vertes, herbues, tachetées des confettis blancs des moutons ou des mouchetures brunes des vaches. Nous traversons sans cesse des petits villages aux maisons de pierre grise ou de crépi rose que couvrent de rustiques toits de chaume. Partout les jardins sont soignés, extraordinairement fleuris : le climat est si doux qu'il permet aux Anglais de dévelop#per jusqu'à la manie ce goût pour l'horticulture et l'aménagement paysager.
 

Plymouth : Newstreet

Nous avons d'abord gagné Plymouth, ou plutôt son quartier ancien de Barbican. Il y a beaucoup de monde dans les petites rues aux vieilles façades peintes surmontées d'enseignes dorées. La foule se presse dans les entrepôts d'autrefois maintenant reconvertis en boutiques. Malgré l'affluence, on imagine facilement l'ambiance animée et colorée qui devait régner sur ce pavé et dans ces murs lorsque Plymouth était l'une des grandes bases de la Royal Navy et un port de commerce florissant. Pour un peu, je m'imagine rencontrant au détour d'une ruelle les protagonistes de l'Ile au Trésor, saluant l'élégant docteur Smolett ou observant à distance respectueuse l'inquiétant John Silver avec sa jambe de bois et son perroquet sur l'épaule...
 Monique et les enfants traînent un moment dans les boutiques d'antiquaires proposant jouets anciens et autres vieilleries. Pendant ce temps, je fais le tour du quartier pour aboutir sur le Sound (la Baie). La vue s'étend largement sur le fort de pierre, les nombreux quais et les bateaux entassés dans les bassins : barques de pêche et chalutiers bariolés et rouillés, yachts impeccables et dériveurs multicolores, unités de la Flotte gris réglementaire... 

Plymouth : le quartier de Barbican

Reprenant le camping-car, nous suivons la route qui contourne l'immense rade pour découvrir tout au fond la coque endommagée du H.M.S. Plymouth. Cette relique de la guerre des Falklands est devenue une attraction digne de visite maintenant qu'elle a été consacrée monument historique à la gloire de la Navy...

 Puis nous franchissons la Tamar. Depuis le tablier du nouveau pont suspendu se déploie une belle vue sur l'ancien pont de chemin de fer, l'un des premiers grands ouvrages d'art en métal que le fameux ingénieur Brunel construisit en 1859.


Visite des Jardins de Trewithen
 La grande route nous fait atteindre bientôt les superbes jardins de Trewithen : sous une altière futaie en pleine campagne ont été plantés par centaines rhododendrons, camélias et magnolias...
Pendant que Mathieu reste à lire dans le camping-car, nous déambulons longuement dans le sous-bois, admirant les fleurs multicolores, la superbe trouée du "green" devant la grande maison. Juliette trouve un chat à caresser et apprivoiser au passage... Nous sommes particulièrement sensibles au charme du jardin clos où chante une fontaine au milieu des nénuphars, tandis qu'éclate alentour la floraison des bordures...

Trewithen : le Jardin clos

St-Just-in-Rosland : l'église médiévale
au milieu du cimetière fleuri

Il est déjà fort tard lorsque nous rallions la côte à Saint-Just-in-Rosland. L'atmosphère merveilleuse de l'église médiévale et de son jardin cimetière au bord de l'eau nous subjugue un long moment : ruisseau, fleurs et palmiers, vieilles tombes moussues de granit sculpté et grands arbres vénérables composent un tableau unique. Saint-Mawes à côté est bien pâlichon (quoiqu'en dise le guide...). Nous nous hâtons de prendre le bac à Trelissick dont les jardins sont malheureusement fermés pour descendre vers Lizard Point. La route habituelle poursuit ses haies et ses virages étroits jusqu'à ce que, dans le crépuscule, nous arrivions à Mullion Cove. Nous descendons au bord du vieux quai de pierre, juste devant le minuscule port de pêche qu'il délimite au milieu des rochers. Dans la pénombre, les grosses vagues violettes viennent mourir en écumant au pied des falaises déchiquetées où nichent bruyamment des centaines de mouettes et autres oiseaux de mer. Tout est paisible, nous sommes quasiment les seuls promeneurs à visiter ce coin perdu. Lorsque tombe la nuit nous allons dormir sur un parking tout proche.

Dimanche 11 juin 1989 : de MULLION COVE à EXETER

 Au matin la brume, la pluie et le vent noient le paysage. Enfilant mon K-Way je monte cependant jusqu'à la terrasse de l'hôtel surplombant la côte. La vue plonge, saisissante, sur la "cove", les rochers sauvagement découpés et la mer grise et écumante aujourd'hui. Puis nous retournons à Helston où Monique et les enfants passent la journée à parcourir le parc thématique Flambard's tandis que je préfère bricoler, ranger le camion et écrire.

Parc d'attraction Flambard : une rue ancienne



Parc d'attraction Flambard : la réception de l'hôtel

Vers 17:00, nous reprenons la route sous la pluie et dans un brouillard tenace. Nous devons renoncer à atteindre Land's End, la pointe extrême de la Cornouaille, et virons de bord vers l'est, amorçant ainsi notre retour vers Londres. La bruine nous suit jusqu'à Exeter, laissant quand même filtrer quelques beaux aperçus sur la lande humide et déserte au nord du Dartmoor National Park. Nous finissons par stationner sur une aire de service de l'autoroute M 5 (sortie 30). L'endroit me semble tranquille, mais sait-on jamais, avec la proximité de l'autoroute notre repos sera peut-être difficile...

En fin de compte, notre tour de Cornouaille s'achève de façon abrupte et décevante à cause du temps bouché. Il y aurait eu bien d'autres choses à découvrir : côte rocheuse, jardins et country houses, sans parler des petits ports de pêche si typiques. Mais qui sait, peut-être une autre fois...



66. A travers le West Country jusqu'à London

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