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VOYAGE EN SUISSE, BAVIÈRE ET AUTRICHE

ÉTÉ 1992

Monique, Jean-Paul et Juliette MOUREZ à bord de l'Aigle

1. En Suisse


Dimanche 5 juillet 1992  : de LYON à SAINT-PREX (Suisse)

JP regarde Monique coudre les rideaux de l'Aigle

Il est presque 10:00 lorsque je tourne la clef dans le contact de notre Aigle stationné depuis 10 jours devant la maison de Sainte-Foy. Les réparations et améliorations projetées sont loin d'être complétées car nous avons dû consacrer pas mal de temps à des démarches interminables auprès de l'assurance, du garage, de l'expert et de notre vendeur à Nantes suite à nos déboires avec les soupapes qu'il a fallu changer... Le frigo a cependant été dépanné, des ententes ont été prises pour les autres réparations sous garantie et nous avons achevé d'installer le nouvel éclairage intérieur. Quant à tous les autres perfectionnements ou retouches envisagés, on y verra en cours de voyage ou plus tard.


Il est maintenant grand temps de partir si nous voulons réaliser notre ambitieux projet : traverser la Suisse du nord, suivre la Route Allemande des Alpes en faisant un détour vers Munich, aller de Salzbourg à Vienne par l'intérieur de l'Autriche, remonter le Danube jusqu'à Passau puis parcourir la Forêt Bavaroise jusqu'à Bayreuth, visiter Bamberg et Nuremberg, rallier Rothenburg sur la Route Romantique jusqu'à Augsbourg et Ulm, descendre à travers le Jura Souabe jusqu'à Fribourg en Brisgau, suivre les routes de la Forêt Noire vers Baden Baden puis Heidelberg, gagner Mayence et descendre la vallée du Rhin jusqu'à Coblence, remonter enfin la Moselle pour rattraper la France via le Luxembourg. Voilà une balade qui devrait nous donner une bonne idée de la Bavière et de l'Allemagne du sud dans son ensemble ! Puisque nous prévoyons rejoindre Maman chez Edouard à Luxeuil aux alentours du 10 août, il nous reste un peu plus d'un mois pour parcourir en nomades les 4 500 kilomètres prévus.

Stephane

Passant par Annecy pour gagner la Suisse puis l'Allemagne, nous avons embarqué l'excédent de bagages de Jehanne qui emmènera Mathieu et Stéphane (son correspondant américain) ce soir ou demain à Saint-Jorioz. Pots de géraniums et effets divers viennent combler les derniers espaces libres à bord de notre petit camion déjà lourdement chargé.


Mathieu

Nous prenons la route vers l'est en évitant l'autoroute chère et éventuellement coupée par des barrages de routiers insurgés contre le nouveau permis à points... Environnés d'effluves d'essence fort désagréables dont je n'ai pu déceler l'origine ni colmater la fuite avant notre départ, nous arrivons au chalet sur le bord du lac vers 14:00. Si la mécanique tourne bien (heureusement, après les coûteuses réparations effectuées en janvier dernier !), le temps en revanche est plutôt moche, les averses se succédant sous un ciel gris et bas.

Geneve : rade et Mont Blanc
Port de Genève et son jet d'eau


Juliette et l'Aigle à Genève
Monument Brunswick sur le quai de Genève

Juliette et JP QWuai du Mont Blanc
 Genève : Juliette et J-P devant le grand jet d'eau
Après déchargement des colis de Jehanne, nous repartons en direction de Genève. Nous nous perdons un peu dans les échangeurs à la sortie d'Annecy, gagnons le pont de la Caille lancé sur l'abîme impressionnant et passons enfin la frontière suisse à Saint-Julien. Stationnant devant le Jardin Anglais au bord du lac, près du pont du Mont-Blanc, nous faisons un tour sur le quai très animé en ce dimanche après-midi maintenant assez ensoleillé.

Le grand jet d'eau de 145 mètres de haut étonne par la violence de son jaillissement, les anciens vapeurs à aubes quittent le quai en direction des différents ports du Léman, près des parterres fleuris et sous les ombrages plaisants des grands arbres un quatuor de jeunes musiciens joue des concertos de Vivaldi...

JP filme devant le jet d'eau à Genève

Parc Mon Repos
Nous reprenons la route longeant le rivage et passant derrière les opulents parcs de la "Villa Barton" et de "Mon Repos".

Le paysage de campagne déroule ses ondulations pleines de douceur au pied des contreforts du Jura; vignobles et cultures maraîchères se succèdent sur les pentes descendant mollement jusqu'au bord du lac. Nous nous rendons ainsi jusqu'à Nyon où, sous une pluie légère, nous grimpons à travers le jardin fleuri sous les remparts et faisons un tour dans les ruelles médiévales; nous tombons sous le charme de l'architecture soigneusement restaurée et des petites places enjolivées de fontaines fleuries. Depuis la promenade des Vieilles Murailles, la vue s'étend largement sur le Léman jusqu'au jet d'eau de Genève dont on aperçoit la gerbe jaillissante dans le lointain.

Nyon et son temple romain au dessuss du lac

Suivant la route baguenaudant dans la campagne, nous atteignons le village de Saint-Prex en fin d'après-midi. Il y a là au bord de l'eau un petit port tranquille; nous nous installons pour la nuit sur son stationnement désert, à deux pas de la station d'épuration de la commune.


Lundi 6 juillet 1992 : de SAINT-PREX à CORTAILLOD

Il pleut par intermittence, néanmoins la nuit est fort calme; aussi reprenons-nous notre chemin tout-à-fait reposés. Cependant l'odeur d'essence nous paraît de plus en plus insupportable; nous retournons donc jusque vers Allaman chez un concessionnaire V.A.G. aperçu hier soir. Il nous confirme le mauvais état de la goulotte de remplissage de carburant mais, ne disposant pas des pièces de rechange, nous conseille d'aller les acheter à Lausanne chez le distributeur régional. Suivant toujours la rive du lac, nous gagnons la grande ville où nous trouvons facilement l'énorme garage. Les pièces (goulotte de caoutchouc et durit) sont effectivement disponibles, quoiqu'à un prix faramineux (plus de 50 $ !); à contre-coeur nous en faisons l'emplette et les rangeons dans la soute en remettant leur pose à plus tard.

Avec toutes ces démarches, il est déjà midi. Nous allons alors stationner près du Palais de Justice dont l'esplanade fleurie domine l'étendue déserte du lac, avant d'entreprendre de monter à pied jusqu'à la cathédrale. Zigzaguant dans des rues très animées bordées de chic boutiques, nous gagnons d'abord la place du Palud. Sur sa charmante fontaine de la Justice veille une effigie traditionnelle aux yeux bandés qui porte l'élégant costume polychrome du XVIème. En face, un imposant Rathaus (Hôtel de Ville) ferme la place; j'admire sa tour carrée et les magnifiques gargouilles de fer forgé et doré qui en décorent la toiture.

Puis nous empruntons les anciens escaliers couverts pour atteindre la cathédrale. Le Guide Vert la qualifie de "plus beau monument gothique de la Suisse". C'est effectivement une très belle église mais plutôt romane, et l'orgue qu'on y entend répéter sonne merveilleusement dans la grande nef nue. On aperçoit même quelques jolies fresques originales (1507) sur la voûte du narthex. En revanche le fameux portail des Apôtres (au sud) est en réfection, et l'on distingue avec peine quelques unes de ses superbes statues polychromes du XIIIème.

D'autres petites rues pavées ornées d'élégants hôtels particuliers passent au pied du château massif et nous ramènent à notre Aigle. Tournant le dos aux rives du Léman, nous gagnons maintenant, à travers les terres légèrement ondulées, celles du lac de Neuchâtel. A Yverdon, sous la pluie qui a repris, nous faisons le tour de l'imposant château du XIIIème sans poser le pied sur les pavés mouillés, puis poursuivons le parcours de la rive du lac toute couverte de cultures et de vignobles.

Nous nous arrêtons enfin près du village viticole de Cortaillod où nous trouvons un point de chute tranquille un peu à l'écart de l'agglomération, sur le stationnement d'un atelier d'usinage de pièces mécaniques.


Mardi 7 juillet 1992 : de CORTAILLOD à WEISSENSTEIN (près de SOLOTHURN)

La pluie qui n'a pas cessé de la nuit révèle une petite fuite dans le jointoiement du lanterneau du cabinet de toilette posé la veille de notre départ. De plus, au moment de brancher les pompes pour la douche matinale, je constate que la batterie est complètement à plat... : elle semble ne pas s'être rechargée du tout depuis notre départ de Lyon !

Maison des Halles à Neuchatel
Neufchatel : Maison des Halles

Assez dépités, nous levons le camp sans enthousiasme pour gagner bientôt Neuchâtel, une jolie petite ville en bord de lac. Pendant que Juliette grippée demeure à se reposer dans le lit haut, Monique et moi gagnons la place du Marché ornée de sa jolie Maison des Halles avec tourelles et blasons colorés.
Poussant au fond de la rue nous arrivons Place du Banneret qui doit son nom à la statue d'un soldat du XVIème portant cuirasse et banière au dessus de la fontaine où coule une eau claire et fraîche.
En  montant vers la cathédrale : Place du Banneret
Neufchatel : Place du Banneret


Fontaine du Lion d'Or
Fontaine du Banneret
Le Banneret (porteur de bannière) sur sa fontaine


Puis nous grimpons jusqu'à la collégiale (belles statues dans le choeur) et au château tout proche, habilement restauré lui aussi. Sa cour déborde de géraniums qui garnissent les fenêtres entre les tours et les escaliers.


Cour du château de neuchatel
Château de Neufchatel

Après quelques provisions dont le coût nous semble exorbitant - tous les prix nous paraissent élevés en Suisse - nous reprenons la route vers Biel. Profitant du beau temps retrouvé, nous arrêtons en pleine campagne et Monique grimpe sur le toit pour compléter avec du mastic-colle l'étanchéité du lanterneau; après une courte réflexion, nous décidons alors de rebrousser chemin jusque chez un concessionnaire de camping-cars Pilote aperçu au bord de la route pour résoudre au plus tôt notre problème de recharge de batterie.

Retour en arrière de près de 50 kilomètres jusqu'à Saint-Blaise; le gérant, d'abord peu aimable, finit par se montrer "de service" et nous envoie chez un spécialiste en électricité automobile. Après un examen rapide, celui-ci diagnostique un mauvais branchement du relais reliant les deux batteries (absence de contact moteur); il replace les connections correctement et nous repartons enfin, cette fois avec l'espoir de recharger notre batterie accessoire indispensable au fonctionnement de notre maison roulante. Monique peut alors faire couler l'eau pour la vaisselle, Juliette et moi prenons notre douche, la vie confortable reprend son cours... Mais il est maintenant 18:00, plus question de visites, et il faut rouler pour recharger un peu notre batterie encore bien faible.

Nous reprenons la route de Biel que nous traversons sans nous arrêter, idem pour Solothurn où nous bifurquons sur une petite route latérale en direction du col de Wessenstein. La chaussée s'avère très étroite et sinueuse, la pente accusée (24 % par endroits) et Monique manifeste quelque appréhension... Mais nous en avons vu d'autres en Corse et, en 2ème voire en 1ère, nous gagnons lentement les 1 284 mètres du col... Nous le trouvons noyé dans les nuages, visibilité réduite à 20 ou 30 mètres ! Depuis la terrasse de la kurhaus (hôtel de villégiature), on entrevoit à peine par une trouée un petit bout de vallée, tout en bas... Voilà qui nous rappelle fâcheusement notre arrivée au Cap Nord il y a 4 ans, à peu près dans les mêmes conditions... Transis et un peu déçus, nous regagnons la tiédeur de notre Aigle où Juliette nous a mitonné un bon petit repas. Après ce souper bien arrosé de Gewurtstraminer, nous nous endormons rapidement dans le silence absolu de la montagne.
 


Mercredi 8 juillet 1992  :  de WESSENSTEIN à ENGEN (ALLEMAGNE)

Descente du Wessenstein

 Au matin, la visibilité ne s'est guère améliorée, réduisant à néant tout espoir d'apercevoir le vaste panorama sur les Alpes; en revanche la batterie débite normalement et, comme il n'a pas plu, notre lanterneau (pas encore mis à l'épreuve) se montre tout-à-fait étanche... Il ne reste plus qu'à redescendre dans la vallée par une jolie route champêtre, d'abord à travers des bois touffus, puis au milieu des alpages où paissent les fameuses vaches suisses à clochettes. Nous rattrapons la grande route à Oensingen pour filer jusqu'à Aarau.

 La vieille cité médiévale accrochée au dessus de sa rivière nous retient pendant une bonne heure, le temps d'admirer son site depuis le grand pont au dessus de l'Aare,
Arrau vue générale
Porte voûtée et peinte à Arrau
...de déambuler dans ses ruelles, sous ses portes voûtées,

Rue pavée devant l'église d'Arrau
...d'entrer dans sa stadtkirche (église paroissiale) où j'admire un beau buffet d'orgue datant de 1726,
Juliette et JP devant l'Église d'Arrau

... puis de faire le tour de sa petite place ornée d'une autre belle fontaine de la Justice, face aux maisons couvertes de fresques aux avant-toits décorés.


Fontaine de la Justice à Arrau
Le site de Baden
 Nous déjeunons dans le stationnement avant de reprendre la route vallonnée jusqu'à Baden, une autre petite ville moyenâgeuse. Nous découvrons bientôt ses gradins accrochés au flanc de la colline, au dessus des eaux vertes et agitées de la Limmat.

Si les curiosités sont peu différentes de celles d'Aarau (vieilles maisons, ruelles pavées...), en revanche le cadre naturel est plus grandiose et plus pittoresque.


Place et église de Baden

Gravure : Chutes du Rhin
Les Chutes du Rhin à Shaffausen - Vue de l'époque romantique

Une jolie route de campagne que nous avons quelque difficulté à trouver nous emmène ensuite vers Shaffausen et les fameuses chutes du Rhin. Nous passons en Allemagne, retournons en Suisse pour enfin tomber sur le site naturel célébré par les Romantiques. Ces chutes, les plus importantes d'Europe en débit, n'ont rien des Niagara Falls, mais l'aménagement touristique y est plus discret et la puissance de l'eau tourbillonnante impressionne quand même.
JP et Juliette devant les chutes du Rhin à Schaffausen  

Nous entrons ensuite définitivement en Allemagne pour atteindre Singen et enfin Engen où nous allons nous installer pour la nuit sur un stationnement public, au pied du château et des restes de la vieille ville.


2.  La Route Allemande des Alpes

Accueil de l'Aigle

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