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COTE D'AZUR : l'arrière-pays niçois
et la côte de MENTON à CANNES


- NOËL 1992 -


1. De MONTRÉAL à PEILLON

Monique, Juliette  et Jean-Paul MOUREZ
à bord de l'Aigle



Carte de la Côte d'Azur


Jeudi 17 décembre 1992 : de LONDRES à SAINTE-FOY-LES-LYON (km 40 100)

Menu de British Airways Lyon s'annonce enfin vers 17:30, après 18 heures de voyage depuis Montréal incluant les six heures d'escale à Heathrow, l'aéroport géant de Londres. Environnés par le va-et-vient des passagers en transit et le brouhaha des annonces de départ, nous avons tenté d'y dormir sur la moquette d'un hall...

Étiquette de Heathrow

Jean nous accueille à Satolas pour nous emmener à Sainte-Foy où Jehanne nous a mitonné un petit repas. Bourrés et un peu écoeurés par tous les dîner, souper et collation dont la British Airways nous a gavés depuis notre départ de Mirabel, nous faisons peu honneur à la table dressée dans la grande salle à manger. Nous profitons plutôt de l'occasion pour renouer avec les parents; ils nous mettent au courant des dernières nouvelles familiales et nationales. Puis nous nous écrasons dans notre lit, sans même jeter un coup d'oeil à notre petit camion qui nous attend dans l'allée du jardin.


Vendredi 18 décembre 1992 : SAINTE-FOY-LES-LYON

Un bon sommeil jusque vers 10:30 nous permet de récupérer un peu même si, pour ma part, j'aurais apprécié prolonger ce repos réparateur. Petit déjeuner puis transfert du contenu de nos valises (de moins en moins considérable avec le fil des ans...) dans les armoires et placards du camping-car. Cette tâche un peu fastidieuse nous occupe jusqu'au déjeuner où nous retrouvons Jean en grande forme.

Nous descendons alors chez Pithioud à Saint-Priest pour faire installer un coupleur/séparateur entre nos deux batteries. Vu la différence importante de capacité (45 et 100 A), le vendeur ne peut nous garantir la fiabilité du montage, mais nous préférons courir le risque plutôt que d'investir quelques 300 $ dans une batterie mieux adaptée... Le travail s'achève à mon entière satisfaction et à un coût raisonnable vers 17:30 : il semble qu'enfin nous ayons trouvé dans cet atelier un service fiable, courtois et efficace.

Nous rentrons derechef à Sainte-Foy où Jehanne a invité les B. à partager le souper. Profitant de ce qu'ils ne sont pas encore arrivés, nous allons remplir la cambuse au nouveau supermarché du coin. Notre expérience de camping-caristes avertis nous mène droit aux soupes déshydratées Knorr ou Maggi et aux plats cuisinés tout prêts : couscous, paella, saucisses de Toulouse aux lentilles et cassoulet s'entassent dans notre panier...

Nous retrouvons Anne, Christian et leurs deux garçons au salon. Justin (3 mois) polarise toute l'attention de ces dames et demoiselle qui "catinent" à qui mieux mieux. Je sors la vidéo et capte quelques jolis plans des sourires fugitifs du bébé. Puis nous passons à table; la conversation court bon train sur la future maison de la petite famille : plans et transformations souhaitées ou prévues sont examinés, critiqués et appréciés par Monique toujours intéressée à ce genre de projet. La conversation glisse ensuite sur les arts lorsque j'exprime mes réticences à visiter à Saint-Paul-de-Vence la Fondation Maegh. Christian se lance alors dans une défense et illustration convaincues de l'avant-garde picturale qui provoque une discussion animée.

Après le départ de nos convives vers 10:30, je descends au garage achever le remontage de ma vieille pompe à eau pour laquelle j'ai obtenu des pièces de rechange en Californie. Il est minuit passé lorsque je gagne mon lit où j'ai un peu de mal à trouver un sommeil dérangé par le décalage horaire.


Samedi 19 décembre 1992 : de SAINTE-FOY à VIZILLE (près GRENOBLE) (174 km)

Les yeux encore pleins de sommeil, j'émerge vers 9:30. Nous réussissons à achever nos préparatifs vers 11:30; Jean et Jehanne nous gâtent de provisions pour un superbe réveillon à déguster lors de notre périple (confit de canard, vin *** et Champagne...).

Nous prenons alors la route de Fareins où René-Pierre et Jocelyne nous accueillent dans leur belle maison maintenant bien avancée, dont les larges vitrages offrent une vue superbe sur la campagne villefranchoise. Retrouvailles joyeuses et émues autour d'un très agréable repas se prolongeant en bavardages sur nos préoccupations, projets et réalisations réciproques... On parle bien entendu ruches (la récolte cette année a été exceptionnelle et compense pour les deux années précédentes, catastrophiques...), et éducation (René-Pierre s'est engagé dans le comité d'école de ses filles et Jocelyne a commencé un perfectionnement sur l'approche de La Garanderie...). Marion, Perrine et Julie sont adorables, chacune avec son style et son caractère bien particulier, et le temps file sans que nous le voyions passer.

Enfin, vers 17:30, nous reprenons la route. La nuit est presque tombée lorsque nous partons en direction de Grenoble, d'abord par l'autoroute évitant le centre de Lyon jusqu'à Saint-Priest, puis par la N 6 jusqu'à Bourgoin. Là nous bifurquons vers le sud pour arriver enfin à Grenoble vers 20:30. Traversant rapidement la grande agglomération dont les lumières scintillent à travers brume et fumée, nous gagnons la petite ville de Vizille. Nous trouvons asile sur une rue tranquille entre deux maisons en construction, un peu au dessus de la vallée.


Dimanche 20 décembre 1992 : de VIZILLE à CASTELLANE (230 km)

Malgré un réveil relativement raisonnable vers 8:00, nous nous rendormons ensuite dans notre stationnement urbain, rue Plein Sud, où rien ne vient troubler notre somnolence jusque vers 11:00... Conséquence du décalage horaire peut-être, je me sens incapable d'ouvrir les yeux avant cette heure pourtant tardive. Finalement j'émerge; douche, habillage puis petit tour du bloc.

Nous nous sommes posés dans un joli quartier résidentiel tout neuf aux maisons ocre-rose. Le centre de la petite ville de Vizille remplit la vallée en dessous de nous, encadrée par les hautes cimes enneigées du Vercors qui barrent l'horizon. Tout est calme, un nouveau propriétaire en bleu de travail pioche le sol de sa cour qu'il a entrepris d'empierrer... L'indigène me souhaite gentiment la bienvenue, la température monte doucement, la vie est belle... Toilette de ces dames, déjeuner et vaisselle, nous finissons par décoller vers midi.

Démarrage sans trop de difficulté (je commence à connaître mon capricieux moteur 2,0 l Volkswagen...), mais celui-ci sera mis à rude épreuve tout au long de cette journée où nous traversons de part en part les Alpes du sud. Le plus souvent notre itinéraire emprunte des vallées plus ou moins spacieuses où la route sinueuse accompagne fidèlement le cours capricieux d'un torrent ou en longe les larges cailloutis zébrés d'eau verte et écumante. Là, pas de problème hormis la manoeuvre continuelle du volant - non assisté - de mon petit camion. Mais lorsqu'il faut grimper ou dévaler les quelques cols qui ponctuent notre route, l'épreuve devient beaucoup plus sportive.

Le rocher de Sisteron
Les points de vue superbes ou grandioses se succèdent : végétation plutôt rabougrie et jaunâtre au premier plan, décor de ravins vertigineux et noirâtres en arrière, eux-mêmes dominés par des pentes abruptes et des reliefs acérés saupoudrés de neige. Panoramas magnifiques et changeants, au fur et à mesure de notre progression vers le sud. A Gap, plein d'eau et d'essence, avant de poursuivre jusqu'à Sisteron coincée entre son gros rocher raviné et le cours rapide de la Durance.

La nuit tombe progressivement lorsque nous gravissons le col de Lèques avant de redescendre sur Castellane qui sera notre ville étape pour ce soir. Bref détour à travers la petite ville pour trouver le camping, évidemment fermé. En fin de compte, nous prenons place tout au fond du grand parking à la sortie de la ville bien qu'il soit normalement interdit aux camping-cars comme en font foi les panneaux explicites. Nous nous y retrouvons en compagnie de trois autres fourgons allemands et néerlandais. Une nuit qui s'annonce paisible...


Lundi 21 décembre 1992 : de CASTELLANE à GOURDON (90 km)

Effectivement la nuit s'avère des plus tranquilles. Notre repos eut été parfait si, vers 23:00, après à peine 3 heures de bon sommeil, nous ne commencions tous trois à nous retourner sur nos couchettes, et ce jusque vers 4:00... Notre organisme n'a pas encore compensé le décalage horaire et continue de vivre à notre rythme montréalais !
Nous finissons par émerger de nos duvets vers 10:00. Un froid très vif a couvert de givre le gazon autour de nous et il faut un bon coup de chauffage pour tempérer l'habitacle et rendre le lever supportable. Dans la grande lumière du jour maintenant bien établi, le site est charmant:  un vieux pont en dos d'âne franchit le cours rapide du Verdon au pied de l'énorme rocher supportant la chapelle de N.D. du Roc qui nous surplombe, les vieilles maisons du village bordent la place ombragée par des platanes aujourd'hui défeuillés... Après un plein d'eau propre à la fontaine en chantier, nous reprenons la route de montagne s'abaissant vers Grasse. Castellane : le creux du vallon et le rocher en quittant vers le Sud

Plusieurs cols (de Laens, 1054 m, de Valferrière 1169 m, Pas de la Faille 981 m, col du Pilon 782 m) jalonnent la route Napoléon dont les innombrables virages mettent à rude épreuve les biceps du chauffeur et le train avant de notre Aigle; ce dernier exhale parfois quelques grincements peu rassurants mais nous permet cependant d'atteindre Grasse sans ennuis. Les paysages sont grandioses, les croupes des Basses Alpes se détachant les unes sur les autres vers le sud jusqu'à une Méditerranée hypothétique et noyée dans la brume bleutée. Ce chemin sinueux qui ne cesse de tournicoter en descendant finit pourtant par nous lasser.

Grasse sur son rocher En arrivant à Grasse, nous gravissons péniblement le mauvais sentier qui escalade le Parc de la Corniche; du belvédère formé par le dernier ressaut des Préalpes, beau point de vue sur les maisons aux toits de tuiles romaines rosées dispersées dans la vallée, parmi les jardins piquetés de cyprès, jusqu'à l'horizon où se devine l'étendue bleue de la mer. Puis nous gagnons le centre de la petite ville à flanc de montagne; ses rues s'entremêlent en tous sens entre les hautes façades jaunes ou ocres des vieux immeubles.
Stationnant dans le parc réservé aux visiteurs, nous consacrons deux heures à la visite de l'atelier Molinard, l'un des prestigieux fabricants de parfum de la ville.
Molinard

Une hôtesse commence par nous initier aux mystères de la distillation des essences, au milieu des hauts alambics de cuivre et des grands bassins datant d'un autre âge. On jette un coup d'oeil au laboratoire du "nez", l'artiste créateur de ces merveilleux parfums, qui travaille entouré de centaines de rare fioles odoriférantes, isolé des effluves environnantes par des cloisons vitrées.

 Pétales de roses et alambics Alambics en cuivre

Après avoir traversé la salle où mûrissent les extraits, eaux de toilette et autres précieux liquides, notre guide nous laisse dans la salle de vente. Les produits du parfumeur sont exposés sur une belle collection de meubles provençaux anciens. Nous nous laissons tenter par quelques articles puis nous nous rapprochons du coeur de la ville. Salle de vente

Un tour dans les petites rues de la vieille ville nous mène d'abord à l'antique cathédrale du XIème aux voûtes sévères et abîmées, avant de nous conduire ensuite par un dédale de ruelles pentues à la jolie place des Aires. Des pigeons s'ébattent dans les trois vasques élégantes et superposées de sa fontaine.
    
Il est déjà presque 16:00 lorsque nous passons à la Poste pour faire provision de timbres destinés à affranchir l'abondant courrier de Juliette... La nuit tombe rapidement ensuite et nous surprend à Gourdon, sur la route de la vallée du Loup dont nous avons l'intention d'explorer les gorges. Nous campons sur le grand parking vide au pied du château, dans la pénombre vite complète, entourés d'un brouillard ténu qui a envahi les pentes autour de nous. J'entreprends la rédaction de ce journal pendant que Monique prépare le souper.


Mardi 22 décembre 1992 : de GOURDON à SAINT-PAUL-de-VENCE (42 km)

Il fait grand soleil lorsque nous nous levons. Couchés tôt encore une fois, nous nous sommes réveillés vers 23:00 avant de poursuivre une nuit agitée peuplée de rêves... L'air est cependant moins froid que la nuit précédente et le soleil a vite fait de réchauffer la cabine à notre lever vers 9:00.

Église de Gourdon A 10:15 nous allons faire le tour du village juste au dessus de nous. Le château est malheureusement fermé le mardi (!) et nous ne verrons pas le charmant Musée de la Peinture Naïve signalé dans le Guide Vert. En revanche la brume d'hier soir s'est entièrement dissipée. Depuis la petite terrasse belvédère à l'arrière de l'église, la vue immense et magnifique s'étend sur la plaine tout en bas jusqu'à la mer miroitante à l'horizon et à contre-jour; à notre gauche s'élève la montagne aux rochers gris bleutés profondément entaillés par les gorges du Loup.

Les rues étroites et enchevêtrées du hameau s'avèrent très pittoresques malgré les quelques inévitables boutiques de produits destinés aux touristes. A côté du lavoir, les quatre masques flanquant la fontaine crachent l'eau fraîche dans sa vasque cruciforme, don d'un ancien habitant. Son murmure anime la minuscule placette précédant l'entrée du château aux beaux murs de pierre blanche... Le boucher arrive en klaxonnant dans son camion/boutique, les gens échangent nouvelles et plaisanteries dans la rue principale longue d'une cinquantaine de mètres. Il règne sur tout ce tableau une ambiance naturelle et bon enfant qui s'allie parfaitement avec le magnifique cadre qui nous entoure.

Nous allons ensuite parcourir les grandioses Gorges du Loup.
Virage à L,entrée des Gorges du loup

Abîme vertigineux du Surplomb, route de plus en plus ombreuse au fil de notre descente jusqu'au pont de Bramafan où nous commençons à suivre le fond de la gorge, à quelques mètres au dessus du torrent mugissant.

JP et Monique devant le Surplomb ont de Bramafan

Un bref arrêt au Saut du Loup nous laisse un peu frustrés puisque l'établissement commercial qui s'est approprié le site est fermé. Cela nous empêche de contempler de près une cascade spectaculaire formée par la rivière précipitant ses eaux vertes dans une énorme marmite de géants éventrée. Un coup d'oeil de loin, depuis la route, nous donne seulement une idée du pittoresque des lieux. Nous poursuivons la descente des gorges, surmontés par l'à-pic impressionnant.

Casade de Courmes Soudain, au détour d'un virage et après l'obscurité d'un court tunnel, les embruns de la haute et fine cascade de Courmes estompent délicatement le pare-brise. Nous arrêtons quelques minutes pour admirer son ruisseau qui se précipite loin au dessus de nous et se disperse en un voile dansant. Son jet se brise sur un gros rocher qu'il enserre dans ses filets d'eau blanche avant de se noyer dans une grande vasque à deux pas de la route... Encore quelques centaines de mètres et l'on voit apparaître la plaine au bout de l'échancrure escarpée de la gorge.
La route suit alors une pente très habitée qui nous mène bientôt à Tourrettes-sur-Loup, un autre village ancien perché en nid d'aigle au dessus de la plaine. Tourette-sur-Loup
Grande Rue de Tourette-sur-Loup La Grande Rue, étroite et circulaire, entrecoupée de passages sous voûte et bordée de hautes façades médiévales, nous fait trébucher sur ses pavés plus ou moins égaux.
On se sent cependant moins à l'aise ici qu'à Gourdon, tant les boutiques de souvenirs et les galeries d'"artistes" ont proliféré et souvent dénaturé la saveur "terroir" du village. JP et Juleitte devant les boutiques de Tourette/Loup
Dans les rues de Tourette Certes tout est propre et assez bien restauré, l'architecture de bois et de pierre brute a conservé son cachet rustique mais l'esprit n'est plus là... Qu'est-ce que cela doit être l'été, avec l'afflux des touristes, les terrasses des restaurants et des bistrots envahissant les moindres cours et placettes !

Juliette dans une ruelle Devant l'église de Tourette/Loup

Rue de Tourette en été Ruelle de Tourette un soir d'été
Vitraux de la Chapelle du Rosaire La même route sinueuse se poursuit jusqu'à la petite ville de Vence. D'abord nous allons jeter un coup d'oeil à la chapelle du Rosaire décorée par Matisse : déception à peine tempérée par les vitraux fleuris bleus et jaunes diffusant une chaude lumière sur la blancheur des murs.
Les dessins grossiers, au trait noir épais sur céramique blanche, suggèrent vaguement les stations (numérotées !) d'un Chemin de croix et le contour d'un grand Saint Dominique. Quant à la silhouette de la Vierge à l'Enfant au milieu des petits nuages, elle nous laisse tout à fait indifférents, pour ne pas dire désappointés, tant le tracé primitif nous en paraît infantile... Dessins dur les murs de la Chapelle du rosaire

Saint Dominique et autel de la Chapelle du Rosaire Bénitier de la Chapelle du Rosaire

Rue commerçante de Vence Nous allons ensuite faire le tour de la vieille ville dont les ruelles tortueuses bordées de brillantes boutiques regorgent de victuailles appétissantes : charcuteries, fruits et légumes, pâtisseries, etc. nous mettent l'eau à la bouche.

Vieux lavoir de Vence

L'architecture médiévale ici aussi donne un cachet tout particulier aux vieux murs... La nuit tombe bientôt, et c'est dans l'obscurité illuminée par des lampadaires en forme de lanternes que s'achève notre visite. Arcade avec marchand de primeuirs
Ruelle de St-Paul-de-Vence Nous prenons alors la route de Saint-Paul; hélas (ou heureusement ?) il est impossible d'y pénétrer en voiture, et les stationnements hors les murs sont trop pentus pour penser y passer la nuit.

Nous descendons alors dans la plaine en dessous du village perché pour, nous enfilant sur un petit chemin de campagne, aller dormir devant les grilles d'une luxueuse propriété.


Mercredi 23 décembre 1992 : de SAINT-PAUL à SAINT-JEAN CAP-FERRAT (36 km)
 
Il pleut durant la nuit mais celle-ci s'avère des plus tranquilles devant la vaste maison en chantier. Nous décollons à 10:30 pour aller stationner dans une petite rue au pied des murailles de Saint-Paul.
Nous pénétrons dans la vieille ville en franchissant le bastion; un long passage voûté et pentu donne accès aux ruelles parfaitement restaurées. Pas de doute, ici nous sommes bien dans le plus luxueux des villages perchés de la Côte d'Azur, où toutes les ruelles ont été soigneusement repavées, les façades étroites méticuleusement ravalées. St-Paul-de-Vence : fontaine du Chat
St-Paul-de-Vence : rue Grande Galeries d'art et boutiques d'artisanat se succèdent au détour des passages et des venelles. Nous nous enfonçons dans leur lacis jusqu'à gagner le sommet de la colline couronné par l'église et la tour médiévale; elles semblent d'autant plus verticales et élancées que la place sur laquelle elles ont leurs assises est minuscule.
Puis nous gagnons la porte sud d'où la vue s'étend sur la plaine, la Méditerranée, les Alpes et l'Esterel. Notre tour de ville s'achève par le parcours du rempart est offrant une vue plongeante sur le vallon, ses cultures d'orangers et ses innombrables petites maisons aux toits de tuile rose dispersées dans la verdure hérissée de cyprès. St-Paul fontaine le soir

Un peu lassée de ce parcours accidenté, Monique nous fait alors modifier notre itinéraire pour rejoindre immédiatement la mer et visiter la villa de Béatrice Ephrussi de Rotschild au Cap-Ferrat. Nous descendons d'abord vers Cagnes pour aller pique-niquer et faire le plein d'eau sur son petit port de pêche. Quelques minutes plus tard à Nice, nous enfilons la Promenade des Anglais non-stop. L'avenue est magnifique, avec ses célèbres palmiers et l'eau bleue ourlée d'écume qui vient lécher l'immense plage à notre droite, tandis que les fameux grands hôtels (comme le Negresco) empilent leurs pâtisseries fin de siècle sur notre gauche.

Puis nous contournons le château et le vieux port, fort pittoresque avec ses centaines de voiliers entassés bord-à-bord et son gros ferry tout blanc de la "Ferryterranée" en partance pour la Corse. Grimpant à flanc de montagne, la route côtière passe devant de luxueuses villas accrochées à la falaise, jouissant d'une vue magnifique sur la Baie des Anges en superbe amphithéâtre.

Baie de Villefranche De l'autre côté du cap de Nice, c'est la rade de Villefranche qui prend la vedette, parfaitement abritée et offrant déjà de beaux coups d'oeil sur la presqu'île du Cap Ferrat. Péninsule de St-Jean-Cap-Ferrat

La villa de Rothshild La petite départementale (D 25) se faufile entre les grandes villas bourgeoises entourées de leur jardin/parc clos jusqu'à la plus belle de toutes, la villa-musée Île-de-France construite au début du siècle par la richissime Béatrice Ephrussi de Rotschild. Béatrice Ephrussi De Rothshild

Visite fort agréable du petit palais à l'italienne meublé de collections choisies (meubles et peintures Louis XV et Louis XVI, statues et panneaux du Moyen Âge...). Panneau Louis XV


Collection de porcelaines de Sèvres


Façade arrière sur jardin La maison a été luxueusement aménagée et surtout jouit d'un magnifique panorama tant sur la rade de Villefranche à l'ouest que sur celle de Beaulieu (golfe de St-Hospice) à l'est. Des deux côtés, on découvre la même Méditerranée bleu émeraude, les mêmes montagnes grises ou orangées piquées d'arbustes et de maquis vert sombre tombant dans la mer.
En effet la villa et ses superbes jardins occupent la crête de l'isthme étroit reliant la presqu'île à la terre. La baronne, paraît-il, aimait s'y croire sur le pont d'un transatlantique et avait affublé ses trente jardiniers de bérets à pompon rouge... Bassin du Jardin et façade arrière de la Villa Rothshild

Quel endroit magnifiquement choisi, surtout lorsque l'on imagine la côte quasi déserte comme elle devait l'être encore il y a 80 ans ! La nuit tombe doucement sur les différents jardins étagés les uns au dessus les autres. Les grandes baies éclairées du salon se reflètent dans la pièce d'eau centrale, le bruissement de la petite cascade masque les rumeurs du crépuscule; déambulant seul dans leurs allées sinueuses, je me laisse aller à rêver à cette Belle Époque qui permit de telles Folies...

Billet de la visite de la Villa Rothshild

Plutôt que de rechercher au hasard un bivouac aléatoire sur la presqu'île dont nous ignorons à peu près tout, nous sortons de la propriété pour aller stationner juste devant sa grille, sur le parking destiné aux autobus. Nous y passerons une nuit extraordinairement calme avec, au matin, une vue superbe dans la lumière dorée sur la Baie des Fourmis (ou Golfe de St-Hospice).


Jeudi 24 décembre 1992 : de SAINT-JEAN CAP-FERRAT à SAINT-PAUL-DE-VENCE (42 km)

JP au pied du phare du Cap-Ferrat Grand soleil donc au réveil; après les routines inévitables, nous empruntons la route circulaire qui nous mène jusqu'au phare du Cap. D'immenses et riches propriétés, closes de hauts murs et ombragées de majestueux pins parasol, bordent la route. Parfois quelque échappée entre deux clôtures ou au delà d'une grille ouverte par des jardiniers s'affairant à l'entretien de forts jolis jardins laisse apercevoir l'azur de la mer et l'aplomb des falaises en arrière sur la côte. Nous arrivons ainsi au phare, une flèche de granit élégante dans sa rigueur fonctionnelle; un agréable jardin méditerranéen déjà (ou encore) tout fleuri entoure la maison du gardien.

Un escalier pentu descend jusqu'aux rochers déchiquetés du cap lui-même. Le vent, assez vif, précipite la houle sur la côte où elle se brise en écumant. L'air vivifiant nous fouette, la lumière éclatante se réverbère sur la blancheur des rochers... Tout serait merveilleux si les horribles clôtures grillagées des propriétés ancrées sur le haut du talus côtier ne nous laissaient qu'un étroit passage en bord de mer qu'elles enlaidissent et auquel elles donnent un air quasi industriel.

Nous renonçons bientôt à cette promenade sans charme pour remonter au pied du phare où nous restons un moment à nous imprégner de l'ambiance, noyés dans le maquis face à la mer et à la baie de Nice. On en aperçoit au loin les rivages dominés par le baou de St-Jeannet en arrière-fond : couleurs vibrantes de la mer et du ciel, teintes plus douces des constructions humaines et du roc avec lequel elles se fondent. .Baie de Nice depuis le phare du Cap-Ferrat

Embarquant dans l'Aigle, nous regagnons le petit port de Saint-Jean; j'y poste le flacon de parfum acheté à Grasse chez Molinard à l'intention de Maman, pendant que Monique et Juliette font quelques provisions chez le maraîcher et à la boulangerie. Puis nous allons pique-niquer à la Pointe St-Hospice, juste sous la chapelle. L'intérêt architectural en est quasi nul mais le site vraiment de toute beauté : on se croirait à bord d'un navire de croisière longeant la côte... Ajoutez à cette vue les beaux ombrages des pins parasol et les parterres fleuris entourant le petit oratoire: c'est le rêve...

Monique et Juliette promenade de la Pointe du Colombier Rejoignant ensuite la plage de Paloma, nous empruntons le sentier touristique circulaire longeant la côte. Nous gagnons d'abord la pointe du Colombier à travers un agréable boisé de pins épars puis suivons les rochers jusqu'à la pointe de St-Hospice à l'est. Le vent a forci depuis ce matin, la houle puissante s'écrase ou éclate avec fracas en volées d'embruns sur les gros rochers. Le spectacle est grandiose, surtout lorsque les vagues déferlent d'abord en tourbillons laiteux sur des hauts fonds à demi cachés... La petite balade nous entraîne une heure durant sur l'étroit sentier coincé entre l'eau agitée et les murs de pierre des propriétés qui occupent l'intérieur de la presqu'île, avant de nous ramener à la plage de Paloma. Fini notre tour du Cap Ferrat; nous poursuivons notre itinéraire vers la Riviera, Monaco et Menton.
Mais nous ne voulons pas quitter ce coin délicieux si bien nommé (Beaulieu...) sans visiter la villa Kérylos, réplique d'un palais grec de Délos du Vème siècle av. J.C. qu'un savant et fort riche archéologue du début du siècle, Théodore Reinach, a fait construire sur une petite pointe juste en avant du village. Villa Kerylos sur sa pointe
Prospectus de la Villa Kerylos La reconstitution est superbe, les meubles et le décor impressionnants par leur qualité, la volonté de fidélité à l'antique - tel qu'on le connaissait alors - et la beauté raffinée qui émanent de l'ensemble. Si l'on ajoute l'environnement naturel enchanteur présent à toutes les fenêtres, il n'est pas difficile de se croire au bord de la même Méditerranée mais à des lieues d'ici, au milieu des prestigieuses Cyclades. On peut toujours rêver...

Peristyle de la Villa Kerylos Mosaique "Bienvenue"

Villa Kerylos salon Villa Kerylos ouverture du salon sur le péristyle


Salle à manger de la Villa Kerylos Chambre de la Villa Kerylos


Douche de la Villa Kerylos Thermes de la Villa Kerylos

Bain de la Villa Kerylos Villa Kerylos : billet

Nous attaquons ensuite notre grande virée vers l'intérieur et l'arrière pays niçois (puisque demain sera jour férié entraînant la fermeture des musées et autres attractions). Pour ce, nous décidons d'emprunter d'abord la Grande Corniche. Avec quelques difficultés pour trouver une petite route montante et transversale acceptable, de lacets étroits en virages serrés, nous finissons par escalader à travers un dédale de rues très urbanisées les 149 mètres du col de Villefranche. En poursuivant notre chemin malaisé, nous aboutissons au magnifique belvédère du Plateau St-Michel **. Là, depuis les 371 mètres dominant le golfe, la presqu'île du Cap Ferrat se déploie dans sa totalité, encadrée par ses deux baies. La côte au delà et des deux côtés s'étend à distance, progressivement plongée dans le bleuté du crépuscule... Spectacle absolument féerique !

Sapin de Noel de Juliette Nous allons poursuivre vers La Turbie quand Monique songe soudain que nous sommes le soir de Noël; il n'est pas question de manquer la messe de Minuit traditionnelle, surtout en Provence. Elle se souvient alors, avec la complicité de Juliette, avoir vu annoncés sur les murs de l'église de St-Paul de Vence une crèche vivante provençale et un office agrémenté de chants folkloriques locaux... Il n'en faut pas plus pour nous faire changer de cap. Redescendant la Grande Corniche via le Col des Quatre Chemins puis contournant le Mont Gros, nous retournons à Nice qui s'étale toute illuminée dans sa cuvette.

Nous allons poursuivre vers La Turbie quand Monique songe soudain que nous sommes le soir de Noël; il n'est pas question de manquer la messe de Minuit traditionnelle, surtout en Provence. Elle se souvient alors, avec la complicité de Juliette, avoir vu annoncés sur les murs de l'église de St-Paul de Vence une crèche vivante provençale et un office agrémenté de chants folkloriques locaux... Il n'en faut pas plus pour nous faire changer de cap. Redescendant la Grande Corniche via le Col des Quatre Chemins puis contournant le Mont Gros, nous retournons à Nice qui s'étale toute illuminée dans sa cuvette. Nous traversons le centre ville encombré avant de remonter une heure plus tard à St-Paul dont la tour caractéristique luit sur sa colline.

Telle sera la vue qui s'encadrera dans notre fenêtre durant notre souper. Il est en effet 20:00; Monique s'active "aux fourneaux", pelant les pommes à cru qui rissolent dans la graisse du confit de canard (offert par Jean) dont je viens d'ouvrir la boite. Ce sera le plat de résistance de notre réveillon, arrosé d'une des bonnes bouteilles également dues à sa générosité, qui s'achèvera par une dégustation de délicieuses papillotes Bénier. Réveillon à St-Paul de Vence

Juliette et JP devant le confit...

Puis nous nous habillons chaudement et gagnons les ruelles du village; elles sont étrangement désertes quoiqu'abondamment éclairées. Il semble que nous ayons au moins une heure d'avance sur le début prévu des festivités. Nous employons ce délai à déambuler sur le pavé ou sur les remparts du bastion de la porte nord. Finalement nous grimpons jusqu'à l'église toute illuminée; bien d'autres fidèles nous y ont précédés. La nef continue de se remplir jusqu'à être quasiment comble lorsqu'arrivent les Provençaux et Provençales en costume représentant les différents personnages traditionnels. Durant la cérémonie, tous ces santons s'animeront autour de Joseph et Marie entourés d'angelots souriants, célébrant la louange du Nouveau-né à travers les chants traditionnels. A la sortie, un grand feu de joie rassemble les participants sur le parvis, au son du fifre et du tambourin tandis que circulent de grandes corbeilles pleines de brioches, de pain au citron et de fruits secs.

Nous regagnons notre Aigle enchantés de cette joyeuse soirée et, vers minuit, allons dormir un peu à l'extérieur des murs sur le parking de l'école.


Vendredi 25 décembre 1992 : de ST-PAUL DE VENCE à UTELLE (79 km)

Il est assez tard et le ciel est maussade lorsque nous sautons du lit. Nous prenons d'abord la direction de Vence, déjà parcourue il y a trois jours et que nous traversons donc sans nous arrêter; puis nous virons autour du Baou de St-Jeannet dressant sa falaise abrupte 400 mètres au dessus de la silhouette maintenant familière du village perché. Arrêtant sur le stationnement pour appeler Maman puis les Boissier, nous demeurons un moment à discuter avec un jeune couple voyageant dans un LT à toit ELSi semblable au nôtre; ils visitent notre home puis présentent leur aménagement maison... Nous en oublierons le projet d'escalader le baou au dessus de notre tête.

Le Broc accroché à la colline Nous poursuivons ensuite la Route des Crêtes; les vallées se creusent, en particulier lorsque nous commençons à remonter le haut cours du Var, et les petits villages perchés se succèdent : Gattières, Carros Village, Le Broc... Perspective magnifique accentuée par les profondes dénivellations et la vue plongeante sur le confluent du Var et de l'Esteron. Traversée délicate du centre du village du Broc aux rues excessivement étroites (il faut même replier les rétroviseurs pour ne pas les écornifler aux façades des maisons...). Mais le soir descend déjà; nous dévalons les lacets jusqu'au pont Charles-Albert coupant le Var. Il nous faut renoncer à la balade jusqu'à Gilette et Bonson qu'on aperçoit au loin sur la falaise, véritables villages balcons comme nous en vîmes en Grèce et en Crète.

Quelques kilomètres de large route de vallée remontent le Var, puis nous nous enfonçons dans les gorges de la Vésubie. Le paysage est grandiose, rappelant à Monique le défilé de la Moraca au Montenegro: route de corniche extrêmement sinueuse dominée par de hautes falaises abruptes et surplombant le cours tumultueux du torrent plusieurs dizaines de mètres au dessous de nous. Il fait de plus en plus sombre et, dans le crépuscule, escaladant lentement moult lacets offrant une vue progressivement plus large sur les montagnes enneigées du Mercantour, nous gagnons le village d'Utelle, à 800 m d'altitude. Nous allons y dormir sur le petit stationnement, juste devant le passage voûté sous une maison faisant office de porte du village.


Samedi 26 décembre 1992 : d'UTELLE à PEILLON
(94 km)

Utelle : le viillage perché Un soleil éclatant brille à notre réveil vers 7:30, dans le silence absolu des montagnes. Vite douché, je fais un tour rapide dans le village désert, croquant à la vidéo quelques coups d'oeil typiques : la petite église et son original portique gothique, la place centrale et sa fontaine, quelques rues étroites bordées de maisons de pierre aux linteaux armoriées... L'endroit semble vide et dépeuplé, seuls quelques accents de la 40ème de Mozart filtrent à travers une fenêtre, au dessus de la porte voûtée donnant accès au coeur du village. Dans le camion, Monique et Juliette ont achevé leur toilette. Le petit déjeuner est vite prêt; nous le prenons devant l'immense panorama de hautes montagnes aux cimes enneigées étalé devant nous.
Puis nous nous engageons sur la petite route étroite et accidentée dont les lacets serrés grimpent jusqu'à la Madone d'Utelle, à 1 174 m. La petite route à flanc de montagne

Belvédère au dessus d'Utelle

Sur la crête près de la Madone d'Utelle
Vue magnifique sur les chaînes rocheuses saupoudrées de neige au nord, sur les pentes étagées à contre-jour baignant dans un léger brouillard au sud; je passe un bon moment à marcher sur la crête, à contempler et à filmer l'immense paysage tandis que Monique et Juliette, un peu indifférentes à ce spectacle superbe qu'elles trouvent trop répétitif, manifestent leur lassitude  de la montagne et leur impatience de retrouver le bord de la mer...

L'AIgle devant les cimes du Mercantour
L'Aigle sur le terre-plein de la Madone d'Utelle

Sur la crête d'utelle Madone d'Utelle panorama embrumé vers le Sud

Monique prend le volant pour redescendre les innombrables lacets se succédant jusqu'à Saint-Jean-la-Rivière traversé hier soir dans la pénombre. Cela me donne l'opportunité de filmer à loisir les sommets enneigés alentour, la vue plongeante sur le joli village d'Utelle groupé autour de son église et les perspectives vertigineuses sur les gorges de la Vésubie tout en bas. Vue plongeante sur Utelle
Pique-nique devant la chapelle St-Honorat Nous poursuivons ensuite notre remontée de la vallée de la Vésubie jusqu'à La Bollène-Vésubie, un autre joli village perché où nous achetons du pain avant d'aller pique-niquer juste au dessus. Nous faisons halte devant la chapelle Saint-Honorat, dans un grand virage d'où la vue domine superbement le bourg. Il fait presque chaud, le paysage est splendide, nous goûtons pleinement l'atmosphère des vacances...

Pique-nique devant la Chapelle de St-Honorat Juliette admire le panorama sur La Bollène-Vésubie

Mais à peine repartis pour escalader les lacets du col de Turini, une odeur épouvantable s'insinue progressivement dans la cabine : deuxième épisode (après celui de la Bavière) du débordement du réservoir - trop plein - de la toilette ! Heureusement nous connaissons maintenant la manoeuvre : on place le camion sur une pente raide, on ouvre tout grand les portes arrière et l'on injecte avec la douchette de la douche de l'eau en abondance dans le "sous-sol". Le plus gros du dégât répandu est ainsi entraîné, et les effluves associées disparaissent avec !
En haut du col, de panorama point, trop d'arbres et de talus en tous sens. Panorama depuis le Col de Turini vers le Sud

Col de Turini vers le Sud Col de Turini vers le Nord

Juliette sur la terrasse de Peira cava En revanche la vue s'élargit amplement depuis le petit belvédère aménagé sur une terrasse dans le village de Peira Cava.

Elle se déploie plus encore depuis le belvédère de Pierre Plate : au nord la chaîne enneigée du Mercantour, au sud les collines et autres montagnettes se perdant dans la brume jusqu'à la côte.

Table d'orientation sur la Pierre Plate
Belvédère de Pierre Plate

JP et la chaine du mercantour JP sur le belvédère

JP filme sur la Pierre Plate

Nous dévalons ensuite les 17 lacets consécutifs annoncés menant à Lucéram. Les laects en descendant vers Luceram
JP et Juliette devant le presbytère de Luceram Le village apparaît charmant, accroché au pentes de son vallon; après quelques difficultés à garer notre pourtant petit Aigle sur le minuscule stationnement à l'entrée du village, au pied des ruines du mur d'enceinte, nous dégringolons par les ruelles sous voûte et les escaliers jusqu'à l'église. Monique aurait bien voulu que nous y assistions à la célèbre Messe de Minuit à laquelle participent les bergers du voisinage...  Puis la route continue de descendre la vallée du Paillon qui se resserre en gorge sauvage et profonde après l'Escarène.
L'église est originale, nous y admirons deux très riches retables et quelques belles pièces du trésor en argent (notamment une Sainte Marguerite au Dragon du XVIème).
Sainte Marguerite au dragon à Luceram
Le Suquet vallée de la Vésubie
Puis la route continue de descendre la vallée du Paillon qui se resserre en gorge sauvage et profonde après l'Escarène.
Dans un dernier effort, et dans les rayons descendants du soleil hivernal, nous empruntons les étroits lacets du petit chemin grimpant à Peillon, un autre merveilleux village médiéval extraordinairement juché sur un éperon étroit et abrupt. L'ensemble est exceptionnel par son unité de style et de couleur, puisque ses pierres blanches ressortent intensément sur le vert sombre des pins environnants. Une petite balade avec Monique à la lumière des réverbères dans ses ruelles soigneusement restaurées nous fait découvrir probablement le plus beau parce que le moins commercial de tous les villages perchés qu'il nous a été donné de parcourir depuis le début de notre virée.
Peillon au crépuscule
Peillon sur sa butte en soirée
JP écrit son journal dans l'Aigle
J-P écrit son journal

Nous trouvons une petite place sur le minuscule parking à l'entrée du bourg; il nous servira de bivouac pour cette nuit.

1992 Côte d'Azur-2 : De PEILLON à MONTRÉAL

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