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ÉTÉ 1993

NORMANDIE & BRETAGNE

Jean-Paul, Monique
et Juliette MOUREZ
à bord de l'Aigle

2. de ROUEN à CAEN


Lundi 12 juillet 1993 : de PONT DE L'ARCHE à BOUQUELON (Marais Vernier) (135 km)

La circulation sur le pont tout proche ne nous dérange pas trop, mais la turbine d'une grosse tondeuse a finalement raison de notre sommeil et de notre patience. Nous levons le camp assez précipitamment vers 8:30 pour aller prendre petit déjeuner et douche sur le stationnement du siège social de la compagnie d'assurances AXXA magnifiquement planté sur l'escarpement au dessus de Belbeuf. Nous sommes ensuite incapables de trouver le panorama des Roches St-Adrien, puis descendons sous la pluie battante les grands virages de Bonsecours d'où devait se dégager une vue exceptionnelle sur le centre de Rouen...

Vieux Rouen vu d'avion
Vue générale du Vieux ROUEN avec au centre la cathédrale,
à gauche St-Ouen, à droite St-Maclou
Nous atteignons rapidement le coeur de la vieille ville pour aller stationner sans trop de difficulté devant l'Hôtel de Bourgtheroulde. Le temps, encore frais, s'est à peu près stabilisé, laissant seulement poindre un peu de crachin de temps à autre entre deux éclaircies ensoleillées.

La façade du digne édifice du XVIème est quelconque, en revanche sa cour offre deux murs remarquables, l'un gothique flamboyant avec pinacles, gables et fenêtres ouvragées, l'autre Renaissance décoré d'une superbe frise représentant l'entrevue du Drap d'Or entre François Ier et Henry VIII d'Angleterre en 1520. On songe, toutes proportions gardées, aux frises du Parthénon et à sa procession des Panathénées...

Nous arrivons ensuite à la Place du Vieux Marché. Son centre est occupé par l'église très moderne consacrée à Jeanne d'Arc qui fut brûlée à cet emplacement en 1431.
ROUEN : vieilles maisons normandes (XVIIème et XVIIIème)
 et vestiges de l'église St-Sauveur, place du Vieux Marché.

S'y adossent des Halles modernes du même style, elles aussi toutes couvertes d'ardoises. Le contraste avec les vieilles maisons à colombages bordant le pavé de la place nous parait des plus incongrus, confirmant l'impression laissée en 1988 lors d'une visite rapide alors que nous montions vers la Scandinavie.


ROUEN : intérieur de l'église Sainte Jeanne d'Arc
En revanche le volume intérieur de l'église est plein d'originalité et de mouvement : la voûte de bois dissymétrique abrite un chœur central, les vitraux anciens du XVIème récupérés dans l'église St-Vincent (détruite en 1944) garnissent de leurs couleurs chatoyantes les grandes verrière dessinées ad hoc.

Nous empruntons ensuite la rue du Gros Horloge bordée de superbes maisons à pans de bois.

ROUEN : le Gros Horloge (mouvement de 1396
cadran Renaissance en plomb doré et peint);
à gauche, vieilles maisons à colombages


ROUEN : au pied du beffroi et du Gros Horloge
la fontaine d'Alphée et Aréthuse (XVIIIème)


Nous atteignons bientôt le célèbre monument formant porte avec son grand cadran doré et sa fontaine du XVIIIème montrant Alphée et Aréthuse.

Au pied du beffroi et du Gros Horloge,
la fontaine d'Aréthuse (XVIIIème)


ROUEN : Rosace de la Cour des Libraires
et la flèche de la cathédrale

Après deux petites incursions - vaines - pour trouver un parapluie décidément indispensable en Normandie, nous arrivons sur la place de la cathédrale.



Cathédrale de ROUEN: le portail de la Calende
Merveille de légèreté, sculpture délicate de sa façade, de ses tours, envolées de ses contreforts et arc boutants... Nous ne pourrons en visiter l'intérieur, demeurant incapables de trouver une porte ouverte. Aussi nous contentons-nous d'en faire le tour, admirant l'entassement des sculptures de la Porte de la Calende au sud, la très haute (151 m) flèche centrale en dentelle de fonte, et enfin la chapelle de la Vierge prolongeant le chœur à son chevet.

La cathédrale de ROUEN

A deux pas c'est St-Maclou, en pur gothique flamboyant, avec son beau porche à cinq arcades.


ROUEN : cour de l'Aître St Maclou
Nous nous rendons jusqu'à l'aître St-Maclou, un ancien charnier de pestiférés du Moyen-Age, devenu ravissante cour carrée entourée d'un cloître à deux étages fermé par des colombages. Elle encadre paisiblement un massif de fleurs sous de grands arbres. Ensemble monumental charmant, rehaussé de frises sculptées de motifs macabres (crânes et tibias, pelles et pioches de fossoyeur, etc.).


Vieilles maisons place du Lieutenant Aubert; au fond St-Ouen

En sortant, Monique se dit lasse des églises en série, aussi renonçons-nous à la visite de St-Ouen pour gagner le Palais de Justice en empruntant de fort jolies rues pleines de maisons anciennes et de boutiques d'antiquaires.
Maisons anciennes aux abords de Saint-Ouen

Façade du Palais de Justice de ROUEN
La cour du Grand Échiquier (ancien Parlement de Normandie et maintenant Palais de Justice) et sa façade Renaissance sont éblouissantes par la débauche d'ornementation Renaissance envahissant murs et toiture.

Cour du Palais de Justice (Échiquier de Normandie)
bâti sous Louis XII (XVIème)


Cour de l'Échiquier
ROUEN : la cour intérieur du Palais de Justice,
chef d'oeuvre d'architecture gothique dans sa dernière période.
A l'origine en 1499, il servait de lieu de réunion aux marchands.


Nous retrouvons alors la place du Vieux Marché, achetons quelques cartes postales et regagnons notre Aigle.
ROUEN : Place du Vieux Marché et église Sainte Jeanne d'Arc

Bien qu'affamés par cette longue marche, nous renonçons à nous restaurer dans le bruit et l'agitation de la ville. Nous prenons la direction de l'ouest en tentant sans succès de découvrir le point de vue annoncé sur la vieille ville depuis Bapeaume. Nous attrapons au moins le belvédère de Canteleu, malheureusement enlaidi par les industries de Petit Quevilly au premier plan.

Abbaye St-Martin de Boscherville
ST MARTIN DE BOSCHERVILLE (XIIème)
vue du chevet de l'abbaye St Georges
Puis nous filons pour une dizaine de kilomètres jusqu'à l'abbaye de St-Martin-de-Boscherville. Pique-nique puis sieste pour Monique pendant que je vais visiter l'admirable abbatiale du XIIème siècle aux harmonieuses proportions. J'y reste un long moment à filmer la pureté des voûtes romanes et la délicatesse toute simple des ornementations.


Nef romane (XIIème) et voûtes gothiques (XIIIème)

Chapiteau du transept nord et tribune


Plan de Jumièges
Plan de Jumièges au temps de sa splendeur
Nous rattrapons bientôt le cours de la Seine dont nous longeons la rive droite sur quelques kilomètres, jusqu'aux restes de l'abbaye de Jumièges. Ruines magnifiques où nous errons sous les grandes arcades sans toits, au pied de la tour lanterne dont subsiste seulement l'une des quatre façades, et dans les jardins nus, tentant d'évoquer la splendeur passée de ce joyaux architectural.
Ruines magnifiques où nous errons sous les grandes arcades sans toits, au pied de la tour lanterne dont subsiste seulement l'une des quatre façades, et dans les jardins nus, tentant d'évoquer la splendeur passée de ce joyaux architectural. Nef en ruines de Jumièges
JUMIEGES : l'église Notre-Dame
vue du nord-est

Nous continuons à suivre la vallée dans laquelle le fleuve s'épanouit de plus en plus, tranquille et large, tandis que les falaises de sa rive s'abaissent progressivement. Leur flanc de craie disparaît presque complètement sous la verdure.


ST WANDRILLE DE FONTENELLE : vaches au bord de la rivière
Au creux de la boucle, détour vers l'abbaye St-Wandrille de Fontenelle; il ne subsiste presque rien de l'ancienne abbatiale qui pourtant dut être splendide. Demeure un vallon paisible comme il en reste tant en terre normande.
Charme serein de sa rivière miroitante sous le soleil couchant dont les eaux vives, encombrées d'algues agitées par le courant, sont propices aux pêcheurs...
ST WANDRILLE DE FONTENELLE :
 pêcheurs au bord de la rivière

Juste avant Caudebec, bref arrêt devant le monument, impressionnant, à la mémoire de "Ceux du Latham 47" dont le biplan semble jaillir du mur de béton dominant la route.

Nous traversons Villequier, paisible village au bord du fleuve, où le Musée Victor Hugo est fermé à cette heure tardive. Puis, dominant la large vallée verdoyante, la petite route nous mène à Norville (beau panorama) pour rattraper les raffineries puantes et fumantes de Port-Jerôme. Nous soupons en attendant le bac qui, vers 21:30, nous fait passer à Quillebeuf sur la rive gauche de la Seine. Nous suivons alors un moment la route pittoresque qui fait le tour du Marais Vernier, descendons voir l'étendue paisible de la Grande Mare et son paysage bucolique à Ste-Opportune-la-Mare, avant d'aller dormir en plein champ en bordure du village de Bouquelon.


Mardi 13 juillet 1993 : de BOUQUELON à CAEN (84 km)


HAUTE NORMANDIE : grange en colombages couverte de chaume
Le tour du Marais Vernier, cet ancien polder créé au début du siècle par un Hollandais dans un méandre marécageux abandonné par la Seine, s'achève par quelques vues sur le damier des champs verdoyants; au loin, spectacle étonnant des superstructures des grands navires glissant sur les eaux de la Seine canalisée et invisible. Nous rattrapons ensuite Honfleur puis notre itinéraire de départ longeant la Côte de Nacre par Deauville, Cabourg et finalement Caen.

Maman est chez elle à notre arrivée et nous invite à déjeuner en sa compagnie. Dans l'après-midi, Monique fait un peu de lessive pendant que j'effectue quelques réparations dans l'appartement, puis nous trions les diapos et autres photos que nous voulons faire retirer pour notre album. Au cours de la soirée nous appelons nos amis de Montpellier pour organiser le retour de Juliette (elle prendra l'avion Toulouse - Caen transitant par Rennes) et nous achevons la veillée en discutant avec Maman de nos projets d'installation en Normandie.


Petite maison fin XIXème typique du Pays d'Auge



Mercredi 14 juillet 1993 : de CAEN à FONTENAI-LOUVELET (104 km)

Après les derniers rangements dans l'appartement de Maman à Caen, nous prenons le départ pour la réception organisée par Madé dans sa nouvelle maison au milieu de la forêt d'Ecouves, près d'Alençon. Falaise, Carrouges, Fontenai-Louvelet... il pleut, bruine et grisaille, hélas.
Madé devant sa maison... et Jean-Paul devant son Aigle

Le pique-nique dans la prairie est à l'eau, demeure un superbe buffet auquel chacun a apporté sa quote-part. Il réunit, autour des grandes tables montées dans la salle à manger et dans les communs, les trois générations de la famille Duval et des cousins normands.


Goûter en famille
Après les agapes joyeuses et les discussions animées, petite balade en forêt malheureusement bientôt interrompue par la pluie. On rentre en s'abritant comme on peut (Monique prend un coup de froid qui réveille sa sciatique...) et la fin d'après-midi se déroule tranquillement en gaie compagnie, jusqu'au départ progressif des uns et des autres.
Nous demeurons seuls avec Madé dans sa grande maison qu'elle nous fait visiter de fond en combles. Monique trouve les rénovations et le décor rustique tout à fait à son goût, et la voilà qui rêve à son tour à sa future acquisition... Nous dormons sur le terrain dans notre Aigle.
La cuisine de Madé


Jeudi 15 juillet 1993 : de FONTENAI-LES-LOUVETS à RABODANGES (116 km)

Agréable petit déjeuner pris avec Madé dans sa véranda donnant sur la forêt. Le ciel est encore très couvert et l'horizon bouché, mais les propos aimables, l'affabilité et la sagesse de notre hôtesse nous font oublier notre déception touristique. A regrets nous nous arrachons à sa compagnie, faisons un plein d'eau un peu acrobatique sur l'alimentation de sa laveuse à vaisselle avant de prendre la route.


Château de Carrouges
Beaux paysages, doucement vallonnés près de Carrouges où nous allons faire le tour du parc du château.
C'est un digne monument de brique rouge baignant dans l'eau verte de ses douves où se prélassent d'énormes carpes. Les terrasses qui l'entourent offrent de belles proportions mais les jardins à la française, disparus ou réduits au minimum, font tristement défaut...
CARROUGES : château et jardins (XIVème - XVIIème siècles)

Puis nous grimpons au village où nous découvrons la maison de Guite au fond d'une impasse. Un jardin pentu et fleuri rehaussé le petit cottage moderne tout simple d'où l'on aperçoit le pavillon d'entrée et le parc du château. En arrière, le paysage de bocage se poursuit en direction de Lignères. Deux heures s'écoulent en plaisante conversation avec Guite et Marie-Joëlle accompagnée de sa fille Charlotte. Au moment de partir enfin, Elisabeth arrive avec ses fils, apportant un chaton à garder pendant leurs vacances. Elle nous apprend qu'elle est passée chez Madé et que celle-ci a retrouvé notre lavette égarée par Monique lorsqu'elle a fait la vaisselle ce matin... Retour à la case départ, nouveaux adieux à la bonne tante qui nous gratifie d'un pot de confitures de mûres maison, et nous filons vers Lignères-la-Doucelle.

Arrêt photo devant la ferme qu'y posséda Édouard, agréablement cernée par le petit jardin dessiné par Papa autrefois. En prenant la direction de Joué-du-Bois, nous tâchons d'apercevoir un menhir dominant un taillis propriété de Maman, sans succès et pour cause, puisque la curiosité dont il s'agit est en fait un chêne monumental apprendrons-nous plus tard ! Nous nous rendons ainsi jusqu'au hameau d'Orgères maintenant entièrement vide de ses paysans; presque toutes les petites maisons ont été joliment restaurées par des citadins et sont devenues résidences secondaires.

Nous sommes bientôt devant le cimetière de Joué-du-Bois; nous essayons d'y trouver la dalle funéraire sous laquelle reposent mon grand père Dominique, Mamy et les autres membres de la famille Radigue-Barbe. C'est du moins le seul nom associé à la famille que nous arrivons à repérer sur une double pierre tombale. Puis nous faisons le tour de la place de l'église où il ne reste plus que 2 bistrots (il y en aurait déjà eu une dizaine dans les beaux jours du bourg !).
JOUE-DU-BOIS : façade de la maison devant l'école
habitée par les Barbe après 1944

Maison Barbe cour arrière
JOUE-DU-BOIS : arrière de la maison devant l'école
habitée par les Barbe après 1944

Je montre à Monique l'emplacement de la première maison habitée par Maman et brûlée en 1944 durant les combats du Débarquement, puis celle qui l'a remplacée maintenant entourée d'un gazon à l'anglaise là où se trouvait autrefois le verger. 
Nous finissons ce pèlerinage en allant voir le château dont les murs de granit et la tour au toit pointu, maintenant bien restaurés, se reflètent dans des douves larges et sombres. Château de Joué-du-Bois
Château de JOUÉ-DU-BOIS avant l'incendie de 1944

Sur la route du Champ de la Pierre, nous nous faisons refouler sur le chemin des Forges par une descendante du comte d'Andigné... avant d'aller pique-niquer devant l'étang du centre. Cadre délicieusement champêtre, malgré un ciel toujours gris.

Rabodange : le lac et le pont Sainte-Croix
RABODANGE : le lac et le pont de Ste-Croix
depuis la route du Val-Aubert

Puis nous traversons Rânes, achetons du pain à Putanges avant de gagner le lac de Rabodanges franchi par le pont de Ste-Croix. Beau coup d’œil sur le vaste plan d'eau noire s'étendant de chaque côté du pont. Nous sommes quasiment seuls, à part un gros canot tirant un skieur. La route grimpant au village nous offre encore quelques belles vues sur le lac de retenue et sur le château de Rabodanges, imposant sous les hautes frondaisons qui l'encadrent.

Je m'engage dans la petite route menant à la Jalousie, pensant rejoindre ainsi la promenade menant à la Pierre Plate, mais je m'égare. Remis sur le bon chemin par un aimable restaurateur de vieille maison - qui m'identifie comme Québécois ! - nous reprenons la route du barrage et nous enfonçons bientôt à pied dans le sous-bois sur le sentier menant aux gorges de St-Aubert.

Nous cherchons un peu, longeons un bon bout de rapides encombrés de gros rochers jusqu'au débouché des gorges près d'une grande prairie, pour finalement retrouver le site dont je garde le souvenir depuis mon enfance. Photos, vidéo, rêverie un peu nostalgique sur la roche au milieu du courant, puis nous regagnons péniblement notre Aigle car Monique traîne la jambe, affligée d'une grosse crise de sciatique. Gorges St-Aubert Pierre Plate


GORGES DE SAINT-AUBERT : Jean-Paul sur "la Pierre Plate"

Moulin de la Jalousie
GORGES DE SAINT-AUBERT : au sortir des rapides
près du Moulin de la Jalousie

Elle souffre de plus en plus, aussi nous arrêtons-nous peu de temps après dans un site isolé près du hameau du Val-Besnard, à 100 m de la résurgence du tunnel-bief du barrage. Nous y soupons et nous y endormons dans un calme absolu, sous une bruine légère...


Vendredi 16 juillet 1993 : de RABODANGES à la chapelle ST-JOSEPH (ST-MARTIN-de-SALLEN) (97 km)

Nuit super-tranquille, seulement dérangée par un gros orage avec éclairs, tonnerre et pluie... Nous quittons bientôt Rabodanges en admirant la belle façade classique de son château, traversons Mesnil-Hermei pour descendre jusqu'au Pont de la Forêt Auvray. Joli coup d'oeil sur l'Orne et son vallon; impossible d'apercevoir le château maintenant en restauration et caché derrière des haies épaisses, mais le moulin, préservé sans être encore remis en état, nous enchante. Lorsque nous y pénétrons, je vois tout de suite s'éveiller l'imagination restauratrice et décoratrice de Monique...

Roche d'Oetre profil
LA ROCHE D'OETRE : le profil humain
Roche d'Oestre rocher
LA ROCHE D'OETRE  :
le surplomb de 118 m au-dessus de la Rouvre

Route toute en virages jusqu'à la Roche d'Oëtre d'où nous contemplons le point de vue superbe sur les "113 mètres de précipice sans protection" (dixit un grand panneau à l'entrée !). Dommage que le soleil ne soit pas au rendez-vous pour aviver les sombres feuillages qui tapissent la vallée et pour accuser les reliefs pittoresques des rochers; on distingue à peine le fameux profil qui se confond avec tant de verdure.

La Courbe
Près de la ROCHE D'OETRE : la boucle de l'Orne à "La Courbe"

Descente accusée vers Rouvrou où le cadre du petit moulin niché dans la courbe de la rivière (en entrant dans le village) m'offre l'occasion de superbes vues à la vidéo. Jasette avec le couple de retraités parisiens qui entretient amoureusement ce ravissant coin de paradis : des fleurs sauvages et cultivées partout, l'eau qui murmure sur le petit barrage, de charmantes maisons miniatures...

Nous sommes bientôt au Mesnil-Villement/Pont-de-Vers où bifurque la route de Pont d'Ouilly. Arrêtant au pied du Rocher du Lion, j'escalade péniblement le sentier connu mais maintenant abandonné et envahi par les ronces. De là-haut, jolie vue sur le fameux rocher lui-même et sur la vallée de l'Orne. Rocher du Lion
Pont d'Ouiily : Rocher du Lion (photo Jacques Mourez)

Je traverse la prairie de l'autre côté de la route et m’approche du vieux pont de chemin de fer à demi détruit qui offre lui aussi un tableau pittoresque. Puis nous allons explorer systématiquement le village où j'ai passé mon enfance. Peu de choses semblent avoir changé depuis 35 ans. Nous stationnons près des halles dont la toiture croule mais qui donnent tout son caractère à la place entourant l'Arbre de la Liberté, un vieux peuplier de plus en plus déplumé...


Un plat préparé (délicieuses paupiettes de veau) acheté chez le charcutier Goujard qui fait maintenant traiteur compose notre dîner. Sa boutique se trouve toujours devant la belle fontaine de granit datée "1844" où l'eau est rare mais qui disparaît presque sous les fleurs.

Pont d'ouilly le pont
PONT D'OUILLY : Jean-Paul devant le pont
Pont d'Ouilly participe en effet au concours "Villages fleuris" et s'est mérité la seconde place dans le département. On retrouve des corbeilles et des bacs partout, jusque sur le barrage que nous atteignons bientôt en passant sous le porche de la mairie puis en empruntant le pont franchissant l'Orne.
Premier coup d’œil à la pharmacie (construite par Papa) avant de traverser le pont pour retrouver son ancienne officine actuellement complètement transformée et rénovée et, en arrière, la grande maison que nous avions habité ensuite; elle me paraît maintenant bien plus petite qu'autrefois...
PONT D'OUILLY : à gauche l'emplacement de la première pharmacie et, derrière le café,  la "Maison Gendrau"

Pont d'ouily maison Gendrault
Jean-Paul devant sa maison d'enfance

Le lavoir sur le bief de la rivière a disparu, mais l'île au centre, autrefois submergée à chaque crue d'hiver, a été aménagée et sert de jardin terrasse au bistrot voisin.

Devant l'église avec Simone et Maurice
PONT D'OUILLY : Jean-Paul, Simone et Maurice devant l'église
Nous traversons la rue pour entrer dans l'église lorsque nous rencontrons Simone et Maurice B., autrefois respectivement bonne de Maman et préparateur de Papa. Jasette sympathique et photo avec ces deux témoins et acteurs de mon enfance...
Coup d’œil aux vitraux de l'église et surtout à la rosace illustrant les activités du village encore vivantes dans les années 55/60. La lumière anime les dalles de verre aux couleurs vives et montrent le cueilleur de pomme, le pêcheur, le tisserand de coton, la fermière vendant ses fromages au marché, etc. Monique me photographie avec Simone près des fonts baptismaux sur lesquels on m'ondoya en mai 1948... puis nous gagnons le jardin public au bord de l'Orne. Fonts baptismaux
PONT D'OUILLY : Jean-Paul et Simone
devant les fonts baptismaux

Son dessin ne montre guère d'originalité mais ses allées offrent une vue agréable sur la baignade de l'autre côté de la rivière. Le plan d'eau est maintenant équipé d'accessoires servant aux diverses pratiques de canoë et kayak.

Nouvelle pharmacie
PONT D'OUILLY : Jean-Paul devant la nouvelle pharmacie et la mairie

Nous retournons au camping-car stationné juste devant la pharmacie lorsque Monique identifie la femme du pharmacien successeur de Papa, se présente à elle et se fait inviter à un tour exhaustif de la maison. Je préfère ne pas l'accompagner, choisissant de demeurer avec mes souvenirs. Monique revient enchantée et admirative devant l'imagination déployée par mon père dans la conception fonctionnelle et agréable à vivre de cette maison.

Nous reprenons enfin la route en direction de Clécy. Bref arrêt à la chapelle St-Roch où nous retrouvons le site superbe au dessus des collines et les fresques rustiques du petit pèlerinage... Chapelle St-Roch puits
J.P. devant le puits et la chapelle Saint Roch

St Roch livret Chapelle St Roch
ST-MARC D'OUILLY : chapelle de Saint Roch


CLECY : vue sur la vallée depuis les Rochers de la Houle
Puis nous gagnons le Fresne et le bourg de Clécy. Petite balade dans le village, descente vers le manoir de Placy où, à ma grande déception, le joli musée de meubles normands a disparu au profit d'un hôtel... Nous rejoignons l'Orne au pont du Vey, la traversons pour parvenir aux Rochers de la Houle, puis prenons la route des Crêtes, nouvelle pour moi, qui nous fait atteindre le sommet du Pain de Sucre par l'arrière.
Vue splendide sur la grande boucle de l'Orne autour de Clécy, égayée par un rayon de soleil avivant les couleurs des champs de blé et des pâturages. Nous nous égarons ensuite un peu vers St-Omer et, pour finir, rattrapons la grande route à Caumont/Orne.
CLECY : en haut des Rochers de la Houle


CLECY : vue sur la vallée depuis les Rochers de la Houle

La croix Faverie
CLECY : le viaduc de la Lande et les Rochers
des Parcs depuis la Croix de la Faveri
Nous retournons vers le sud jusqu'au Fresne pour emprunter la petite route du Rendez-vous des Chasseurs menant au viaduc de la Lande maintenant désaffecté. Panorama splendide sur la chaîne des Rochers des Parcs...

Viaduc de la Lande
CLÉCY : le viaduc de la Lande et les Rochers des Parcs


CLÉCY : escalade sur les Rochers des Parcs


Nous achevons notre balade par un tour au Moulin du Vey qui, autrefois salon de thé ambitieux, est devenu une chic - et chère - hostellerie. Le site est ravissant, les parterres soignés et la carte des menus plus qu'honorable. Barrage du Vey
CLECY : le barrage du Moulin du Vey

Nous nous rendons jusqu'au hameau du Bô, berceau de la famille Chauvel (à laquelle appartenait Manleine ma grand-mère maternelle) mais nous ne poussons pas plus loin nos recherches et arrêtons là notre excursion.

Hardy : Peupliers
CLECY : Musée Hardy (1887-1986) : "Peupliers au bord de l'Orne"
Traversant encore une fois le bourg de Clécy, j'aperçois une affiche invitant à visiter le musée consacré au peintre régionaliste Hardy, tout à côté du Syndicat d'initiative où me retient une violente averse. Comme il est tard, je me contenterai d'un petit tour rapide puis du catalogue et de quelques cartes postales.


Hardy : Neige
CLECY : Musée Hardy (1887-1986) : "Chemin creux sous la neige"

Hardy : Courbe
CLECY : Hardy (1887 - 1986) : "Courbe de l'Orne"


   
Hardy : Orne en automne
CLECY : Hardy (1887 - 1986) : " L'Orne en automne"
Hardy : Orne devant Rochers des Parcs
CLECY : Hardy : "L'Orne devant les Rochers des Parcs"

Pendant ce temps, Monique est allée explorer la boutique d'un brocanteur où elle fait des découvertes fort tentantes (un ensemble de chambre 1930). Nous reporterons cependant l'acquisition de mobilier après l'achat éventuel de la maison...

Nous quittons enfin le charmant village pour de bon et, quelques kilomètres plus loin, sur la route de Thury-Harcourt, franchissons à nouveau l'Orne au Pont-à-la-Mousse pour gagner St-Martin-de-Sallen, dans de beaux paysages agrestes dorés par la chaude lumière du soir. 

Chapelle St-Joseph
Chapelle ST-JOSEPH : Monique contemple la vallée
La petite route grimpe jusqu'à la chapelle St-Joseph où nous soupons dehors, devant le large paysage s'étendant à nos pieds, avant de trouver en pleins champs un sommeil paisible que pas un bruit ne vient troubler.

1993 -  Normandie & Bretagne : 3. De CAEN à AVRANCHES

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