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ÉTÉ 1993

NORMANDIE & BRETAGNE

Jean-Paul, Monique
et Juliette MOUREZ
à bord de l'Aigle

3. de CAEN à AVRANCHES

Samedi 17 juillet : de la chapelle ST-JOSEPH à CAEN

Lever tard, puis descente à Thury-Harcourt. Plein d'essence et téléphone à l'agence immobilière de Caen pour retarder le rendez-vous qui nous y attend (visite d'une maison à Thaon). Nous suivons la vallée de l'Orne jusqu'à la Roche-à-Busnel et faisons le tour de la boucle; la rivière est ici large et calme, épanouie. (40 km)

L'Abbaye aux Dames à Caen et l'Église abbatilale
L'Abbaye aux Dames à Caen et l'Église abbatiale
Nous poursuivons la Route Touristique de la Vallée de l'Orne par monts et par vaux, traversons une dernière fois le petit fleuve au pont du Coudray pour gagner rapidement par le périphérique - et après quelques errements dus à une signalisation très approximative - l'appartement de Maman.
Nous y prenons les diapos que nous voulons faire tirer et allons chercher le film laissé à développer. Après un petit marché à Continent, nous allons déjeuner à Cairon, sur la place où nous avons donné rendez-vous à notre agent. Celui-ci nous rejoint bientôt pour nous entraîner jusqu'à Thaon où il nous fait visiter une jolie petite maison ancienne sur le coin de la Place de la Criée. Elle est parfaitement restaurée mais sur trois étages, sans jardin ni garage. Peu emballant... THAON : autre maison ancienne et rénovée à vendre...
THAON : autre maison ancienne et rénovée à vendre...

Lorsqu'il nous quitte, nous allons à Plumetot voir une autre maison signalée par Gilles. C'est un gros corps de ferme avec porche hermétiquement clos et bâtiments en carré autour d'une grande cour. Nos coups de sonnette restent sans résultat, aussi renonçons-nous à en voir plus.

Revenant par Perrier, un autre coquet village, nous allons rencontrer les Hermanvillois. Agréable jasette avec Gilles puis Ginette, assez occupés. Nous finissons par rentrer à Caen chez Maman qui nous transmet une invitation à souper de Denis et Françoise. Nous repartons aussitôt et, après avoir pris en passant nos photos développées, allons terminer la soirée autour d'un sympathique et délicieux souper aux moules et langoustines... Coucher tard chez Maman.

Dimanche 18 juillet 1993 : CAEN (144 km)

Grasse matinée qui nous fait récupérer la fatigue des journées passées et de la veille... Lever à 11:00 pour prendre l'apéro avec Maman de retour de la grand messe à St-Gilles.

a vieille église de Thaon en pleins champs
La vieille église de Thaon en pleins champs
Nous partons tous trois pique-niquer à Fontaine-Henry, montrant au passage à Maman l'extérieur de la maison de Thaon vue hier. Nous descendons ensuite le chemin creux menant au vallon paisible où est campée la vieille église de Thaon. Dans son cadre tranquille et charmant, l'antique bâtisse (pur roman du XIIème) garde toute sa séduction malgré la dégradation des ans.
A Fontaine-Henry, nous déjeunons devant les grilles du château avant de suivre la visite guidée : superbe façade Renaissance, remarquables meubles et tableaux présentés idéalement dans les salons ouverts au public, avant de descendre sous les voûtes des salles basses. Fontaine-Henry : la grande allée menant au château
Fontaine-Henry : la grande allée menant au château
Dans la chapelle, intéressante exposition sur le tombeau du premier empereur de Chine et son armée de 7 000 gardes de terre cuite.


Fontaine-Henry : façade Renaissance et cour
Fontaine-Henry : façade Renaissance et cour
Fontaine-Henry : château et chapelle vus du ciel
Fontaine-Henry : château et chapelle vus du ciel

Nous passons ensuite par Creuilly où nous réexaminons et montrons à Maman les maisons visitées 15 jours auparavant. Nous allons enfin voir les Hermanvilois chez eux. Ginette, horrifiée par l'antiquité des dates de péremption de nos médicaments, met de l'ordre dans notre pharmacie de voyage. Puis Gilles nous passe un film vidéo de leur voyage en Guadeloupe. Nous rentrons tard à l'appartement de Maman où, après un agréable souper, nous fouillons dans les boites de photos, nous attardant à regarder quelques unes et en rangeant d'autres. Appel à Mathieu à Montréal.

Lundi 19 juillet 1993 : CAEN

Après une bonne nuit réparatrice, nous partons nous balader à pied dans Caen : place et rue St-Pierre au pied du château, rue Froide et place St-Sauveur aux pavés usés bordées de vieilles façades XVIème et XVIIIème. Nous nous attardons à regarder les propriétés annoncées à la devanture de l'agence Barré; notre agent nous aperçoit et nous propose une nouvelle maison qui vient de rentrer à Hermanville.

Il nous embarque aussitôt pour une visite rapide, mais l'emplacement comme la disposition des pièces enlèvent à cette propriété tout intérêt. De retour à Caen nous partons ensuite visiter la ferme de Plumetot entrevue samedi; voilà une demeure qui semble beaucoup plus alléchante : le porche ancien en anse de panier date de 1744, la maison d'habitation semble en assez bon état et de grandes dépendances offrent d'immenses possibilités de restauration et d'aménagement. En revanche l'environnement est beaucoup moins emballant et les investissements à prévoir pour valoriser ce capital semblent considérables... PLUMETOT : l'entrée de la ferme
PLUMETOT : l'entrée de la ferme

Soirée tranquille avec Maman.


Mardi 20 et mercredi 21 juillet 1993 : CAEN

Nous poursuivons nos démarches et nos visites de maisons durant ces deux jours, pour aller dormir le deuxième soir à Hermanville sur la place du 2ème Régiment d'Infanterie Britannique. Nous commençons à repenser à la maison de bourg d'Hermanville qui, tout bien considéré, offre peut-être des possibilités intéressantes. Sans doute serait-il possible d'aménager un logement et un garage dans le petit bâtiment du fond; cela constituerait pour nous un pied-à-terre idéal, tout en laissant l'opportunité de louer la maisons principale à un prix nous libérant du soucis de payer l'hypothèque. On peut aussi envisager de séparer le terrain au milieu pour en revendre la moitié...

Mercredi 22 juillet 1993 : d'HERMANVILLE à COLLEVILLE

Pour une fois, nous profitons pleinement du bord de mer : après la très agréable soirée hier soir où nous avons traîné sur la dune et sur la plage, nous avons passé une nuit des plus tranquilles sur notre place.

Douche, petit déjeuner puis je vais demander à la station service de l'Intermarché de vérifier les freins dont les grincements persistants commencent à nous inquiéter : le spécialiste n'a aucune disponibilité pour l'instant, il faudra revenir vers 17:30. Nous passons ensuite à l'agence Deligny demander à visiter à nouveau la maison sur la Grande Rue d'Hermanville, décidément celle qui nous accroche le plus parmi toutes celles que nous avons vues. Deux heures passent à la parcourir en tous sens, à prendre les mesures des différentes pièces du rez-de-chaussée et à imaginer les aménagements possibles, souhaitables ou indispensables... Nous parcourons le jardin en friche jusqu'au garage au fond, vérifions nos hypothèses de partage et rendons finalement les clés bien tard à l'agence...

Retour à l'Intermarché où le mécano de service n'a pas le temps de me recevoir et me fixe rendez-vous au lendemain matin. Après un long moment passé dans le jardin de Gilles où je commence à brancher les phares antibrouillard et tente de vidanger l'huile, sans succès faute d'une clé adéquate, nous rentrons à Caen.

Maman nous convie à souper avant que nous nous dirigions vers l'aéroport de Carpiquet. Nous y trouvons Juliette arrivée dix minutes auparavant en provenance de Toulouse et lisant assise sur sa valise... Les retrouvailles sont joyeuses !

Laissant au passage les trois femmes à l'appartement de Maman, je gagne Colleville pour être sur place demain matin à l'ouverture de l'atelier. Je m'endors à deux pas de la plage, sur une petite rue perpendiculaire au Boulevard de la Mer. Grande tranquillité et sommeil profond, même pas troublé par la pluie en milieu de nuit.


Vendredi 23 juillet 1993 : de COLLEVILLE à HERMANVILLE

Dès mon lever après cette nuit passée seul pour la première fois dans mon Aigle, je passe au garage; le mécano démonte consciencieusement les 4 roues et examine les freins : à part un sérieux dépoussiérage nécessaire, rien à craindre, les plaquettes des disques avant sont encore bonnes pour 10 000 km et les garnitures arrière pour 20 000... Effectivement le grand ménage à l'air comprimé fait disparaître les crissements et autres bruits inquiétants. Quant à mon bouchon de carter d'huile, impossible d'identifier la clé correspondante tant il est abîmé... Je finis par en commander un neuf chez Volkswagen en rentrant à Caen, puis je retrouve Monique et Juliette vers 12:15 chez Maman.

Celle-ci m'emmène à St-Gilles où elle va éteindre les lumières du chœur. Voilà une bonne occasion de filmer le superbe vaisseau roman dont la pierre blanche vient juste d'être décapée et de descendre dans la crypte habituellement fermée : impressionnant foisonnement des fines colonnes décorées de chapiteaux assez simples aux décors abstraits...

Juliette et Monique nous rejoignent bientôt pour une nouvelle visite de l'église puis nous rentrons tous dîner à la maison. Après un peu de conversation, je conduis Monique et Juliette à l'agence Barré avec laquelle elles vont revoir la maison de Thaon. Notre fille la trouve "mignonne/moyen" : décoration moche, plafonds trop bas (une demeure du XIVème !). Pendant ce temps je gagne le jardin d'Hermanville où je m'installe pour bricoler.

Une autre maison à vendre à Hermanville
Une autre maison à vendre à Hermanville

Monique et Juliette finissent par me rejoindre et m'entraînent à la découverte d'une autre maison qu'on vient juste de leur présenter dans le bourg d'Hermanville. Elle est petite et joliment arrangée mais est desservie par un inextricable problème de voisinage... Laissant Juliette avec sa cousine, nous allons ensuite faire quelques courses d'épicerie à l'Intermarché (tartes et fromages) pour le repas de ce soir où nous allons tous ensemble fêter les 72 ans de Maman.
De retour dans le jardin d'Hermanville, j'achève mes bricolages sur le camion tandis que Monique tente de ranger dans l'Aigle les volumineux bagages dont s'est encombrée Juliette. Puis nous préparons avec Gilles le barbecue sur le gazon. Vers 19:45 arrivée de Denis et Françoise accompagnés de Thomas et Bénédicte.

Maman fête ses 72 ans
Dans la soirée, délicieux, abondant et agréable repas arrosé des excellents vins apportés par chacun - dont un superbe Gewurstraminer "vendanges tardives" offert par Denis. Pendant que Maman accompagnée de Juliette et les Caennais rentrent dormir chez eux, Monique et moi nous endormons dans le jardin où nous avons branché notre Aigle.


Samedi 24 juillet 1993 : d'HERMANVILLE à BAYEUX

Levés tard, nous récupérons un peu après les agapes d'hier un peu trop généreuses... Monique achève ensuite d'entasser tant bien que mal dans l'Aigle le contenu des sacs et de la valise de Juliette : difficile de caser les affaires de 3 personnes dans une espace qui nous paraissait juste confortable pour deux ! Nous embrassons la famille hermanvilloise que nous retrouverons dans un mois à Outremont, puis en route vers Caen. Je passe chez Volkswagen prendre le bouchon commandé hier, puis chez Machu tout à côté acheter la clé permettant de le dévisser.

Vers 12:15 nous sommes chez Maman qui nous a préparé une délicieuse pintade farcie. Un peu émus, nous lui faisons nos adieux jusqu'à notre prochaine visite, probablement durant l'été 1994. L'Aigle reprend le chemin d'Hermanville où nous allons visiter une troisième fois la maison sur la Grande Rue, en compagnie de Juliette cette fois. Malgré la crasse partout présente et le décor vieillot, elle la trouve "cute", s'extasie sur le lierre s'accrochant aux persiennes et sur la mousse envahissant les murets du jardin; elle semble particulièrement attirée par la grande pièce mansardée où elle imagine sa chambre... Sa réaction rassure Monique qui a déployé toute la séduction dont elle est capable pour lui "vendre" le projet...

C'est enfin le vrai départ : repassant par la Brèche d'Hermanville où nous laissons les clés chez Deligny, nous reprenons notre circuit touristique normand interrompu il y a 7 jours. Nous suivons d'abord la côte : Lion, Luc/Mer, Langrunes, Bernières, Courseulles enfin où nous arrêtons quelques minutes devant le port dans lequel manœuvrent de petits chalutiers et des yachts de plaisanciers. 

Puis, traversant le bocage aux verts tendres cloisonné de haies, nous gagnons le prieuré de St-Gabriel de Brécy.  Prieuré et église de Saint-Gabriel de Brécy
Prieuré et église de Saint-Gabriel de Brécy
Prieuré de Saint-Gabriel de Brécy
Prieuré de Saint-Gabriel de Brécy
Le joli petit bâtiment médiéval aux voûtes superbes a été magnifiquement restauré...
...restes du chœur roman de l'église décorée de riches motifs sculptés dans la pierre... 
Abside de l'église de Saint-Gabriel-de-Brécy
Abside de l'église de Saint-Gabriel-de-Brécy
ST-GABRIEL-DE-BRÉCY : le prieuré
ST-GABRIEL-DE-BRÉCY : le prieuré
...le tout noyé dans un beau jardin abondamment fleuri puisque le prieuré est devenu école d'horticulture en 1929.
Quelques minutes d'arrêt ensuite devant l'étonnante façade Louis XIII du château de Brécy qui semble perdue en pleine nature. Un dédale de petites routes champêtres nous mène à l'abbaye de Mondaye où j'étais venu faire retraite avec le collège Sainte-Marie durant mon adolescence. Abbaye de Saint-Martin de Mondaye
Abbaye de Saint-Martin de Mondaye

Cloître de l'abbaye de Mondaye
Cloître de l'abbaye de Mondaye
Magnifique ferronerie de l'escalier d'honneur
Magnifique ferronerie de l'escalier d'honneur


Le réfectoire du monastère de St-Martin de Mondaye
Le réfectoire du monastère de St-Martin de Mondaye


Orgue XVIIIème de MONDAYE
Orgue XVIIIème de MONDAYE
Derrière la sévère façade classique se cachent un admirable buffet d'orgue XVIIIème et une grande nef à la belle ordonnance intérieure. L'encens d'un office qui vient de s'achever embrume encore l'atmosphère et estompe un peu l'image du chœur serti de précieuses boiseries et de stalles de chêne sculpté. Angelot central et choeur de MONDAYE
Angelot central et choeur de MONDAYE

Nous demeurons quelques minutes à écouter le chant des vêpres - assez beau mais un peu lénifiant - achetons quelques cartes postales sans trouver malheureusement d'enregistrement sur C.D. de l'orgue, puis nous reprenons la route. Juliette insiste pour aller voir un film ce soir. Nous renonçons donc à nous rendre jusqu'à Balleroy pour rallier dès maintenant Bayeux.

Rive de l'Aure à BAYEUX
Rive de l'Aure à BAYEUX
Nous nous installons sur un grand stationnement au cœur de la vieille ville, près du moulin sis sur les rives de l'Aure. Je fais un petit tour dans les rues anciennes typiques assez bien restaurées pendant que Monique prépare le souper avec Juliette; puis je lave la vaisselle et nettoie les vitres tandis que mes compagnes se rendent au cinéma. J'achève ensuite de brancher les phares antibrouillards et écris le journal en souffrance avant le coucher vers 11:30 sur le même site, un peu à l'écart de la circulation, devant une maternelle fermée pour les vacances.



Dimanche 25 juillet 1993 : de BAYEUX à STE-MARIE-du-MONT (102 km)

Nuit calme même si, au réveil vers 7:00, la proximité de la ville se traduit par une certaine agitation.

Traversant le vieux quartier, nous allons d'abord admirer la tapisserie de la Reine Mathilde magnifiquement exposée dans l'Ancien Séminaire. Une très belle présentation didactique et historique précède la longue vitrine doucement éclairée qui narre, de façon très esthétique et savante, le débarquement de Guillaume en Angleterre. Le roi Édouard d'Angleterre envoie Harold en mission
Le roi Édouard d'Angleterre envoie Harold en mission


Harold débarquant en Normandie est arrêté par les soldats de Guillaume
Harold débarquant en Normandie est arrêté par les soldats de Guillaume
Harold comparaît devant Guillaume et lui rapporte son ambassade
Harold comparaît devant Guillaume et lui rapporte son ambassade


Harold fait serment de fidélité à Guillaume sur les reliques
Harold fait serment de fidélité à Guillaume sur les reliques
Festin donné par Guillaume en l'honneur d'Harold
Festin donné par Guillaume en l'honneur d'Harold


Traversée de la Manche par les Normands sur leurs drakkars
Traversée de la Manche par les Normands sur leurs drakkars
À Hasting, charge des chevaiers normands de Guillaume
À Hasting, charge des chevaiers normands de Guillaume


BAYEUX : Tapisserie de la Reine Mathilde : Harold meurt d'une flèche dans l'oeil à la Bataille d'Hasting
BAYEUX : Tapisserie de la Reine Mathilde : Harold meurt d'une flèche dans l'oeil à la Bataille d'Hasting


M'attardant un peu devant cette curiosité si extraordinaire, je perds de vue Juliette et Monique; impossible de les rejoindre nulle part dans le grand bâtiment achalandé. J'entreprends donc seul le tour de la cathédrale Notre-Dame; depuis hier soir nous voyons poindre au dessus des vieux toits la dentelle de pierre de sa belle tour lanterne et ses deux flèches aux assises massives. Étonnamment les arches de la nef sont d'un beau roman tandis qu'une frise richement décorée les séparent de grandes verrières gothiques ouvertes au dessus. Beaucoup d'élan mais aussi plus de confusion et de distraction pour l’œil que dans les grandes églises romanes vues jusqu'à présent. Le grand autel baroque aux longs porte-cierges dorés mérite considération, tout comme le grand buffet d'orgue XVIIIème. Nous nous retrouvons tous une heure plus tard dans l'Aigle.

Renonçant à retourner visiter le château de Balleroy (il est déjà 12:00 et il ne sera pas ouvert avant 14:00), nous prenons plutôt la direction de la mer et d'Arromanches.

Port d'Arromanche
Port d'Arromanches depuis le belvédère de la Croix
Au bout d'une petite route sinueuse se faufilant à travers le bocage, le site du Débarquememt de 1944 se déploie depuis la Croix et le belvédère qui dominent le grand arc du port artificiel (ou du moins ce qui en reste...). Lumière variable sous ce ciel nuageux tantôt percé d'un rayon de soleil, tantôt se muant en averse... Port d'Arromanche
Restes du « Mulberry » (port artificiel)
Batteries de Longue
Les batteries de Longue
Nous déjeunons sur place, bien à l'abri du vent à l'intérieur de notre véhicule, avant de poursuivre la route côtière jalonnée d'autres souvenirs du Débarquement : énormes batteries de Longues où deux canons rouillés encore en place dans leur casemate évoquent toujours la menace pesant sur les forces alliées durant le « jour le plus long ». En dessous du champ où sont disséminés les blockhaus de béton, le Chaos montre ses falaises déchiquetées venant mourir sur une étroite plage de galet battus par les vagues.

Vent violent qui bouscule, refroidit et fatigue. A Port-en-Bessin j'escalade avec Monique la falaise du côté est du village, au-dessus de la Tour Vauban (1690). Joli panorama sur le petit port de pêche bien abrité le long de sa rivière (l'Aure), en arrière de ses jetées circulaires de granit le mettant à l'abri des violences de la Manche.

Juste avant St-Laurent nous dominons Omaha Beach, le point le plus chaud qu'affrontèrent les Américains lors du Débarquement. Le site s'étend largement sur la longue plage, des deux côtés du poste d'observation installé sur une des fortifications allemandes. Entrée de casemate allemande au dessus d'Omaha Beach
Entrée de casemate allemande au dessus d'Omaha Beach


Tout à côté, c'est le grand cimetière américain de Normandie, alignement parfait et impressionnant de 9 000 croix de marbre blanc sous lesquelles reposent autant de soldats américains tombés en 1944, parc impeccable, panorama maintenant serein sur la plage où se déroulèrent de si violents combats.

La Pointe du Hoc vue du ciel
La Pointe du Hoc vue du ciel
Encore quelques kilomètres de campagne juste en arrière des côtes et c'est la Pointe du Hoc, autre fantastique champ de bataille encore bouleversé par les cratères des bombes et des gros obus de marine tirés depuis les croiseurs alliés durant la nuit du 6 juin 1944. Tout au bout du site bosselé où gisent des blocs de bétons enchevêtrés de ferraille et des casemates à demi éventrées, une petite aiguille de calcaire jaune s'avance en mer, immédiatement derrière le gros museau arrondi d'une autre fortification de béton à peu près préservée.

Toute la région semble ainsi farcie de ces innombrables blockhaus qui ont constitué ce "Mur de l'Atlantique" que la Wermacht prétendait infranchissable. Nous atteignons Grandcamp peu après; son petit port de pêche nous semble banal mais Monique y dégote "La Belle Marinière", un restaurant où, après une entrée appréciée de moules et de crevettes, on nous sert un délicieux saumon au beurre à l'estragon pour finir sur une mousse au calvados. Suprême !

Ainsi ragaillardis, nous traversons ensuite la région plate des Marais de Carentan, puis la ville du même nom - sans attrait particulier - pour nous diriger à travers de gras herbages vers Ste-Marie-du-Mont. L'église présente un curieux clocher XVIIème en forme de coiffe toute décorée d'une dentelle de pierre; quant au reste, il ne nous inspire guère... Nous poussons jusqu'au parc ornithologique de Beau Guillot où nous pensons trouver un bivouac paisible tout au bout de la route de terre. Jean-Paul écrit son journal devant le Marais de Carentan
Jean-Paul écrit son journal devant le Marais de Carentan
J.P. écrit
Dans le vent un peu frisquet je franchis la crête de la dune et vais m'asseoir devant la vaste étendue déserte; je commence à y écrire le journal de la journée et à préparer l'itinéraire du lendemain, avant de revenir pour le souper dans la chaleur de notre intérieur.Nous nous apprêtons à nous installer nos couchettes lorsqu'un aimable habitant vient nous prévenir du risque de dormir aussi isolés. Il nous suggère plutôt le stationnement devant le musée de La Madeleine.

Nous suivons ses conseils pour aller effectivement passer la nuit sur ce vaste site, près du monument américain d'Utah Beach, sous le canon d'un char Scherman et devant deux barges de débarquement à chenilles...



Lundi 26 juillet 1993 : d'UTAH BEACH à TOURLAVILLE (Fermanville) (125 km)


Site du Musée de la Madeleine vu du ciel
Lever un peu tard, vers 9:15... Après ma douche, je vais faire un tour sur la plage d'Utah, autour des monuments U.S. et des restes des chars de débarquement amphibies. La grève immense est vide, balayée par le grand vent sous un ciel gris mais lumineux. Tout au fond, en face, au bout de la ligne bleutée des falaises du Calvados, on aperçoit le petit triangle de la pointe du Hoc dirigé vers le ciel.

A mon retour, Juliette et Monique, maintenant levées, sont en train de déjeuner. Je les accompagne, fais la vaisselle avec Juliette puis procède à la vidange du moteur pendant que ces dames vont à leur tour contempler la plage. Malgré mes précautions, les rafales dispersent un peu d'huile autour du bidon éventré que j'utilise comme réceptacle, quelques gouttelettes viennent même éclabousser mes lunettes ! Je saurai mieux m'y prendre la prochaine fois...

Vers 10:30 enfin nous décollons, suivant la côte et ses dunes un peu mornes; au bout de 5 kilomètres, après un bref arrêt devant le monument consacré à Leclerc et à sa 2ème Division Blindée qui débarquèrent ici, je m'aperçois que je n'ai pas ramassé la clé de bouchon de vidange péniblement trouvée à Caen. Retour à notre champ de Ste-Marie-du-Mont où Monique retrouve immédiatement le précieux outil auprès de quelques herbes tachées d'huile noire.

Nous poursuivons la route côtière et passons au large des îles de St-Marcouf. Le paysage plat du bocage se prolonge vers le nord, sous un ciel de plus en plus sombre et poussé par un vent violent. De l'autre côté de la baie de Morsalines, on aperçoit la haute tour du fort de la Hougue autrefois élevé par Vauban et, en arrière, le petit port. A Quettehou, marché et plein d'essence au Super-U local jusque vers 13:00. Puis nous allons déjeuner devant le fort de la Hougue. La silhouette élancée de son donjon rond ferme la baie, mais le fort, en restauration, est malheureusement fermé à la visite. Au moment de redémarrer, le moteur émet quelques ratés : il a probablement du mal à digérer le fond de cuve de notre dernier plein puisqu'effectivement un gros camion Shell était en train de remplir la citerne à notre arrivée...

Nous traversons vite le petit port trop semblable à tous ceux que nous avons déjà vus, puis nous grimpons le raidillon menant à l'église de La Pernelle. Un large panorama s'y dégage sur la côte, depuis la baie de St-Vaast jusqu'à la pointe de Barfleur marquée par la petite pointe verticale du phare de Gatteville. Nous poursuivons vers le village de Barfleur dont le bassin pittoresque est encore rempli de barques et de bateaux de pêche côtière.

Monique et Juliette vont fouiner chez l'antiquaire local pendant que je filme le spectacle sur le quai animé. Nous gagnons enfin la pointe de Barfleur et le phare de Gatteville. Plus haut phare de France culminant à 63 mètres au dessus du sol, il offre une superbe vue panoramique sur l'environnement de mer et de côte depuis sa galerie circulaire. Vue sur la côte ouest depuis la plate-forme du Phare de Gateville
Vue sur la côte ouest depuis la plate-forme du Phare de Gateville

Nous l'atteignons, Juliette et moi, après avoir gravi ses 365 marches de granit. Monique pendant ce temps travaille à son tricot. Nous rallions ensuite Tocqueville par des petites routes étroites, ignorant le château du célèbre Alexis qui ne semble pas ouvert à la visite.

Juliette sur la plate-forme du Phare de Gateville
Juliette sur la plate-forme du Phare de Gateville
Vue sur la côte est depuis la plate-forme du Phare de Gateville
Vue sur la côte est depuis la plate-forme du Phare de Gateville

A St-Pierre-Eglise, nous bifurquons vers Fermanville puis vers la cap Levy et son phare. Il vente très fort, Juliette préfère demeurer à l'intérieur pour une leçon de tricot tandis que je fais un tour sur la côte rocheuse splendide et sauvage, assaillie par les courtes vagues que pousse le vent furieux. Je m'attarde un peu et, vers 18:30, nous allons nous installer devant la jolie anse du Cap Levy.

Souper devant le petit port; je m'apprête à y passer la nuit mais Monique craint que la violence des rafales ne l'empêche de dormir. Après une courte discussion où elle demeure inflexible, nous levons le camp et suivons la route panoramique de la pointe de Brelay à Bretteville. A travers la pluie et la brunante, on discerne avec peine la Grande Rade de Cherbourg et ses forts. Le petit port du Becquet ne me plaît guère, aussi gagnons-nous, toujours sous la triste pluie et dans les hoquets de notre moteur (intoxiqué par son essence avariée), le stationnement du château de Tourlaville.

De notre bivouac au bord de la petite route, nous apercevons à peine, à travers la pénombre et le crachin, les belles façades Renaissance, la pièce d'eau et le parc fleuri. Juliette et Monique commencent une crapette tandis que, brûlé par l'air marin de l'après-midi, j'achève cette page du journal pour m'endormir bien vite.

Mardi 27 juillet 1993 : de TOURLAVILLE à GRATOT (152 km)

Au réveil, il pleut encore et toujours. Notre humeur s'en ressent et nous tardons à nous lever... Vers 9:30, j'émerge pour aller faire le tour du superbe parc entourant le château. Belle structure Renaissance en schiste gris-vert, il domine la pièce d'eau peuplée de nénuphars où nageotent quelques canards nullement dérangés par la bruine. Tout alentour, des bordures prodigues de couleurs garnissent le vallon, deux paons font la roue dans la serre où cascade une fontaine, les allées soigneusement ratissées empruntent de multiples détours, offrant de superbes perspectives sous les grands arbres. Malheureusement le crachin redouble et je dois rentrer la caméra qui a dû prendre l'humidité et finit par refuser de fonctionner...

De retour au camion, je trouve Juliette douchée et habillée, mais Monique à peine debout...Déjeuner, vaisselle, nous décollons vers 12:00, sous la pluie persistante. Elle s'accentue encore dans le centre de Cherbourg, à tel point que nous renonçons à grimper au Fort du Roule noyé dans la brume et les nuages. Abrités de pied en cap sous nos cirés rouges et blancs, chaussés de bottes de mer, Juliette et moi faisons une promenade au centre ville et sur le bord du quai Napoléon, sans lui trouver grande originalité. Nous en sommes réduits à chercher un parapluie dans cette ville qui semble surtout vouée à ces accessoires !

Pendant ce temps, Monique se dérage du mauvais temps en tricotant une petite veste pour Julie... Ruisselants, nous la retrouvons avant de poursuivre la route côtière longeant la rade, sûrement magnifique mais pour l'heure à peine devinée à travers le crachin et le brouillard.

Le moteur continue ses ratés et ses faiblesses à la moindre montée. C'est donc à pas de tortue, tous phares allumés et sous le battement des essuie-glaces que nous parcourons les petites routes menant jusqu'au cap de la Hague. Je vais seul faire la balade de rigueur, emmitouflé dans mon ciré. A peine aperçoit-on le phare environné de brume tandis que retentit par instant le lugubre signal réglementaire... Le Cap de la Hague vu du ciel
Le Cap de la Hague vu du ciel

La vue est encore plus bouchée au Nez de Jobourg (visibilité réduite à 10 mètres), je devine difficilement à l'oreille, depuis le sentier solitaire, le mouvement des vagues en bas de la falaise... Découragés par ces échecs successifs qui finissent par saper le meilleur moral et porter sur les nerfs, nous prenons la direction du sud. Nous ne chercherons pas davantage à apercevoir les différents points de vue sur la côte pourtant superbes signalés par le guide, puisque tout est noyé dans l'épais brouillard.

Abside de l'abbatiale de Lessay
Abside de l'abbatiale de Lessay
La grande route file jusqu'à ce que nous arrêtions à Lessay pour admirer dans le crépuscule la superbe abbatiale romane. Pureté des voûtes sobrement restaurées...

Tour romane de Lessay
Tour romane de Lessay
Chapiteau de Lessay
Chapiteau de Lessay

Bas côté de LESSAY
Bas côté de Lessay
Nef de LESSAY
Nef de Lessay

Tour du Château d'Argouges à Gratot
Tour du Château d'Argouges à Gratot

Nous reprenons notre train de sénateur (les hoquets dus à l'essence...) et allons finalement nous installer pour la nuit sur le stationnement du château de Gratot, ancien fief de la famille d'Argouges. Nous faisons le tour des vieux murs en bonne voie de reconstruction après 50 ans de ruine. Entourés de leurs douves, surmontés de deux tours dissymétriques, les deux principaux corps de bâtiment offrent au vent et à la pluie leurs ouvertures béantes et leurs pignons sans toiture... Beau cadre romantique. Nous passerons la nuit au calme, dans cette campagne verdoyante et ruisselante.


Mercredi 28 juillet 1993 : de GRATOT au GROUIN DU SUD (baie du MT-ST-MICHEL) (78 km)

Petit déjeuner devant le château de Gratot
Petit déjeuner devant le château de Gratot
A notre lever, fort tardif aujourd'hui encore, la pluie semble s'être un peu calmée... Enfin ! Je fais à nouveau un tour dans les ruines du château et vais photographier la tour de la Fée. Quel remarquable travail de restauration, malgré l'état actuel d'inachèvement... Je retourne à l'Aigle où, après le petit déjeuner, je fais le plein d'eau sur le robinet du cimetière tout proche. Tour du Château d'Argouges à Gratot

Quelques minutes après notre départ, toujours pétaradants, nous sommes à Coutances. Je consacre, seul, près d'une heure à la visite de la cathédrale, remarquable édifice gothique d'une grande unité et d'une élégance raffinée. Cathédrale de Coutances au coeur de la vieille ville
Cathédrale de Coutances au coeur de la vieille ville

J'admire particulièrement l'abside, tant à l'extérieur avec ses doubles arc-boutant s'appuyant sur le même contrefort, qu'à l'intérieur avec les piliers jumeaux qui ponctuent le tour du chœur. Jolis chapiteaux sculptés et peints dans la chapelle axiale, élégante statue de Notre Dame sur son pilier devant le chœur... Quant au grand orgue classique j'ai la chance de l'entendre touché par l'organiste qui donnera un concert ce soir...

Coutances : la nef de Notre-Dame
Coutances : la nef de Notre-Dame
Dôme de la tour lanterne de la cathédrale N-D de Coutances
Dôme de la tour lanterne de la cathédrale N-D de Coutances

Le bassin à flôt au pied de l'église Notre-Dame de Granville
Le bassin à flôt au pied de l'église Notre-Dame de Granville
Je regagne ravi l'Aigle et mes coéquipières qui sont allées magasiner pendant ce temps. Nous reprenons la route en cahotant à chaque montée vers Granville où nous allons stationner près de la Pointe du Roc. Fort joli panorama sur le port et ses bateaux, tant voiliers que barques de pêche qui rentrent et sortent, franchissant les bouées et les bornes du môle.
Pendant que Juliette visite l'aquarium et que Monique tricote, je fais le tour du cap, observant la mer écumant sur les rochers et les points de vue variés sur la côte et le cap.... Aquarium de Granville
Aquarium de Granville

Crabes dans l'Aquarium de Granville
Crabes dans l'Aquarium de Granville

Nous nous retrouvons tous trois pour faire le tour de la ville haute. La promenade sur les remparts est pleine de charme : belle vue sur l'isthme séparant la ville haute du continent comme à Bonifacio, vieilles maisons de pierre plus ou moins restaurées mais très fleuries, anciens étalages formés de grosses dalles de pierres plates posées sur l'appui de la fenêtre au ras de la rue, ruelles étroites et pittoresques, autre vue panoramique du côté nord-ouest sur la plage où, sous un soleil timide, s'ébattent quelques baigneurs. Nous retrouvons notre Aigle enchantés par cette balade durant laquelle la pluie nous a enfin laissé en répit !

Poursuite de notre lente descente vers le sud et, semble-t-il, vers un climat plus doux : nous nous arrêtons devant la longue et large plage de sable blond de Kairon où, durant une longue pause, Juliette lit un peu puis enseigne à une petite fille très intéressée l'art de lancer le Diabolo, pendant que je raccroche le tuyau de sortie du pot d'échappement.
Juliette sur la plage de Kairon
Juliette lit sur la plage de Kairon
Monique devant le Mt-St-Michel à la Cabanae Vauban
Le Mont St-Michel et Tombelaine depuis la Cabane Vauban
Puis c'est Carolles-Plage aux villas dispersées sous les pins; depuis le belvédère de Pignon-Butor, la vue s'étend largement sur la plage et, en arrière vers le nord, jusqu'au cap de Granville. Nous traversons le village pour aller admirer depuis la cabane Vauban le point de vue vers le sud et sur le Mont-St-Michel au milieu de sa baie. Sa silhouette familière et celle du rocher de Tombelaine apparaissent à mi distance et dans la pénombre qui descend. 
Belles teintes de gris vaguement allumées par quelques rayons perçant le plafond sombre qui s'est reconstitué. Nous suivons la route côtière offrant plusieurs vastes points de vue sur la Baie et le Mont depuis le Bec d'Andaines puis devant Genêt. J-P et Juliette au Bec d'Andaines
Juliette et J-P admirent le crépuscule sur le Bec d'Andaines

Pour finir nous nous installons sur le rivage à côté de centaines d'autres personnes pour tenter d'apercevoir et d'entendre le super concert donné par Jean-Michel Jarre au pied du Mont. En vain : nous sommes trop loin pour profiter des effets lumineux et pour entendre le moindre son, sinon grâce à la retransmission C.B. captée par plusieurs automobilistes voisins. Après le départ de tous ces amateurs de musique planante, nous nous endormons sur place, sur le rivage de St-Léonard.


1993 - Normandie & Bretagne : 4. D'AVRANCHES au CAP FRÉHEL

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