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ÉTÉ 1993

NORMANDIE ET BRETAGNE

Jean-Paul, Monique
et Juliette MOUREZ
à bord de l'Aigle

4. D' AVRANCHES au CAP FRÉHEL


Jeudi 29 juillet 1993 : de ST-LEONARD à ST-GEORGES-DE-GREHAIGNE (162 km)

Lever plutôt tard, sous un ciel gris mais sec. Nous allons déjeuner au belvédère du Grouin-du-Sud; nous y profitons d'une belle vue sur l'estuaire très ensablé de la Sélune et sur le Mont devant nous au milieu de sa baie, dans toutes les demi-teintes de gris et de blancs. Suivant des petites routes très champêtres où paissent vaches et chevaux, nous rallions Avranches. Arrêt dans une brocante (Monique a converti sa fille à ce passe-temps...) avant de nous contenter d'un petit tour dans le fameux Jardin des Plantes, fleuri avec exubérance, d'où l'on jouit d'une vue merveilleuse et fameuse sur la baie. Baie du Mont St-Michel depuis le Jardin des Plantes d'AVRANCHE
Baie du Mont St-Michel depuis le Jardin des Plantes d'AVRANCHES
Monument à Patton
AVRANCHES : le monument à Patton
Au milieu du rond-point central de la petite ville se dresse le monument célébrant son libérateur de 1994, le général américain Patton fameux pour la « percée d'Avranches » par laquelle il tourna les troupes allemandes et amorça leur encerclement qui mit fin à la Bataille de Normandie.

Nous ne prendrons pas le temps d'aller examiner les enluminures du VIIIème au XVème siècle pourtant célèbres exposées au Musée de l'Avranchin. Elles proviendraient des ateliers de l'abbaye du Mont Saint Michel dont le scriptorium (atelier de copistes et illustrateurs) avait développé des compétences rares dans le domaine.

Le roi David jouant de la harpe



Soleil levant sur le Mont
Soleil levant sur le Mont
Les ennuis de circulation commencent un peu plus loin sur la route du Mont (D 275) avec une longue file d'attente dès le carrefour avec la D 976. Nous renonçons donc à cette excursion pour l'instant et filons vers St-Georges-de-Grehaigne.

Je suis seul à descendre admirer la petite église bénédictine. Dans cette architecture toute simple, deux cloches occupent le petit campanile à l'italienne au centre de la nef sans choeur ni transept; de belles sculptures en bois polychrome (grand Christ en Croix et Saint Georges combattant le dragon en particulier) en décorent les murs de pierre nue. Dîner sur la petite place devant le cimetière sur le robinet duquel je fais le plein d'eau; puis en route vers l'intérieur des terres et vers Combourg. Nous voulons y visiter la demeure où Chateaubriand passa son enfance.

Auparavant, détour vers les tours rondes et austères de Landal, vaste manoir/château perdu dans la campagne, près d'une suite d'étangs bordés de grands arbres. Les bâtiments sont plutôt délabrés et de multiples panneaux rappellent formellement le caractère privé des lieux et l'interdiction de pénétrer dans la grande cour en travaux. A l'issue de cette courte visite on comprend mieux la distance hautaine de ces nobles ruraux et la domination insupportable qu'ils faisaient peser sur ces riches terroirs.

Combourg : l'ensemble de la petite ville s'avère sans grand caractère, hormis les quelques ruelles bordées de vieilles maisons de granit au pied du château. Celui-ci a fière allure, grand carré de remparts avec créneaux et mâchicoulis, cantonné de quatre grosses tours rondes médiévales. Les tours de COMBOURG
Les tours de COMBOURG
Grand salon de COMBOURG L'intérieur, rénové fin XIXème, déçoit beaucoup Juliette qui n'y retrouve pas les décors sinistres décrits par Chateaubriand dans ses Mémoires d'Outretombe, en particulier le sombre et immense salon des soirées de Combourg.
En revanche le monument a beaucoup d'allure depuis l'autre côté du petit lac d'où on l'aperçoit dominant les toits d'ardoise des vieux quartier. Les tours de Combourg côté village
Les tours de Combourg côté village

Quelques courses et un grand plein d'essence pour remplir - enfin - notre réservoir de carburant propre, et nous reprenons la route vers le nord et vers la mer.

J.-P et Juliette au pied du menhir
J.-P et Juliette au pied du menhir
 du Champ Dolent

Après un bref arrêt au pied des 9,50 mètres du menhir de Champ Dolent qui nous domine de sa masse, nous sommes bientôt à Dol, vieille cité bretonne pleine de jolies maisons anciennes romanes ou à pans de bois et colombages. Balade autour de la cathédrale aux murs de granit gris et noir plutôt sinistres, coup d’œil aux remparts et au Mont Dol, seule éminence dans la plaine au nord, vers lequel nous nous dirigeons maintenant.

On emprunte un raidillon étroit pour gagner le haut de la colline d'où l'on domine les haies et les près du bocage d'un côté, la baie, ses prés salés et la mer entourant le Mont-St-Michel de l'autre. Nous soupons sur le terrain près du moulin devant la mare avant de reprendre, dans l'obscurité, la route vers Pontorson puis le Mont-St-Michel. Je veux en parcourir tranquillement les salles de l'abbaye en profitant du spectacle nocturne « Les Imaginaires » dont on nous a dit beaucoup de bien .

Il n'y a presque plus personne à cette heure tardive - il est 21:30 - sauf sur le stationnement au bout de la digue. Monique fatiguée demeure dans l'Aigle à se reposer tandis qu'accompagné de Juliette j'escalade la ruelle pentue puis les escaliers menant à l'abbaye. On est loin de la cohue habituelle dans cette rue médiévale envahie par les enseignes et les boutiques racoleuses, que la pluie fine a encore davantage dépeuplée. Affichette des Imaginaires

Dès que nous franchissons la porte de la première salle spécialement aménagée pour la visite-spectacle "Les Imaginaires", nous sommes subjugués par le mystère et la beauté émanant de ces murs. Leur sobre architecture est merveilleusement mise en valeur par les éclairages recherchés quoique fort simples, à l'image de la musique proche de l'inspiration zen (gong, clochettes, flûte japonaise, etc.) diffusée par des haut-parleurs dissimulés dans les anfractuosités.


Le scriptorium animé par la sonate
pour violoncelle seul de Kodaly

Salle des Chevaliers
La salle des Chevaliers et ses « tapis d'orient »
 projetés sur les dalles de pierre.




Le scriptorium de jour
Nous passons ainsi de salle en salle, étonnés par tant de beauté ainsi révélée, retenant nos cris d'admiration à l'orée de chaque nouvelle scène, sublime nature morte révélant un peu plus à chaque fois l'harmonie secrète de l'abbaye "Merveille de l'Occident".
Qui plus est, nous sommes presque seuls à suivre ce parcours quasi initiatique, puisque nous ne côtoierons pas plus d'une vingtaine de personnes lors de ce périple.
Salle souterraine de la chapelle carolingienne


Le réfectoire

Le cloître de la Merveille

Nef et choeur de l'Abbatiale Saint Michel



Quittant les lieux à la fermeture à 1:00, après trois heures de balade merveilleuse dans le dédale des salles, des escaliers et des couloirs, nous retrouvons Monique endormie sur sa couchette dans le grand parking. Il y a beaucoup de camping-cars et d'autres véhicules installés près de nous pour passer la nuit sur place, et l'odeur de vase alentours me semble insupportable. Je reprends donc le volant et transporte notre motel à roulette jusqu'au petit stationnement de St-Georges-de-Grehaigne où nous étions ce matin; je sais qu'il nous garantira tranquillité et air pur.


Vendredi 30 juillet 1993 : de ST-GEORGES-de-GREHAIGNE à ST-COULOMB(98km)


La Merveille vue du ciel
Effectivement la nuit s'écoule paisiblement sur notre placette devant l'église; elle nous offre en plus le plein d'eau après douches et shampooings... Malheureusement il pleut encore et le ciel demeure très gris et l'on n'aperçoit guère le Mont au milieu de sa baie.

Nous ne tardons pas à rejoindre la route côtière au Vivier-sur-Mer. Cancale est bientôt là, joli petit port où nous achetons des huîtres "Chez Daniel" qui tient son étal juste devant la mer.

J-P et Juliette devant le port de Cancale
J.-P. et Juliette devant Cancale
Zigonant dans les rues étroites, je prends la route des Rimains puis le sentier pédestre sur quelques centaines de mètres au bout d'une impasse : magnifique paysage sur la pointe et les îles des Rimains. Un autre détour vers un cul-de-sac et nous aboutissons à l'adorable petit mouillage de Briac dont les barques et autres embarcations remplissent l'anse étroite bordée de caps ourlés d'écume. 
Monique sort le couteau idoine acheté pour l'occasion et écaille nos deux douzaines d'huîtres.
Monique écaille les huîtres devant le mouillage de Briac
Nous les dégustons devant l'admirable panorama pendant que Juliette, dégoûtée, se contente de rillettes du Mans dont elle dévore à belles dents quelques tartines.

Malheureusement des voisins indélicats nous ennuient de leurs réflexions idiotes et de leurs aboiements après leurs enfants jouant un peu plus loin sur la plage; nous levons le camp pour aller admirer le paysage sauvage de la Pointe du Grouin.

Le soleil s'est enfin levé et la promenade sur les rochers entourés par la mer bleutée est fort agréable. Nous poursuivons la route côtière offrant quelques belles échappées sur le large vers Le Lupin : les anses sableuses cernées de pins parasol sur fond de mer émeraude nous enchantent...

A Rothéneuf, léger détour vers l'intérieur des terres pour découvrir Limoëlou, le petit manoir que se fit aménager Jacques Cartier au retour de ses lointains voyages. Remarquable restitution de la vieille ferme toute simple mais raffinée et émouvante avec les quelques meubles d'époque que l'on a retrouvé et replacé là où ils auraient pu être...
La cour de Limoëlou


La cuisine

Petite histoire de la renaissance de Limoëlou,
manoir de Jacques Cartier



A six kilomètres environ à l'est de Saint-Malo, sur une petite colline dominant la baie et le village de Rothéneuf, au beau milieu de cultures maraîchères et tout près de la mer, un manoir aux proportions modestes mais harmonieuses nous rappelle que là vécut, en compagnie de Dame Catherine son épouse, noble Capitaine Jacques Cartier, sieur de Limoëlou. Ce manoir est l'un des rares témoignages tangibles de l'un des grands découvreurs du XVIe siècle et fait partie du précieux héritage commun à la France et à l'Amérique du Nord.

N'ayant jamais été classée Monument Historique, cette demeure était pourtant inscrite à l'Inventaire Supplémentaire, mesure ne protégeant que l'extérieur du bâtiment. De passage à Saint Malo, en 1974, Jean Palardy, le conseiller historique de la Fondation Macdonald Stewart du Canada, apprend que le propriétaire du manoir, cultivateur, s'apprêtait à moderniser l'intérieur de la bâtisse, muni d'une autorisation en bonne et due forme délivrée par le Service régional des Monuments Historiques.

Immédiatement averti, le président de la Fondation, David Macdonald Stewart, prend conscience du danger que les aménagements intérieurs, tels que prévus, présenteraient pour l'intégrité du manoir. Voulant, à tout prix, éviter l'irrémédiable, il est prêt à intervenir. Une autre raison, plus personnelle, le pousse à agir. Ayant, depuis toujours manifesté le plus vif intérêt pour l'histoire des origines du Canada, David Stewart est devenu un fervent admirateur de Jacques Cartier auquel il a rendu hommage, à plusieurs reprises. Dans un même esprit, il a réuni de précieux objets de collection, exposés, aujourd'hui, dans le Musée David M. Stewart, à Montréal, que lui-même a fondé. La bibliothèque du musée renferme une collection de livres rares et de cartes d'époque des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.



On comprend, d'autant mieux, le vif intérêt que suscitait le manoir de Limoëlou. David Stewart se rendit donc aussitôt sur les lieux pour se rendre compte de la situation et agir en conséquence. Le bâtiment était malheureusement en très mauvais état, ses propriétaires successifs l'ayant peu entretenu. La toiture endommagée pendant la dernière guerre prenait l'eau qui s'infiltrait dans les murs. Les poutres maîtresses présentaient de larges fissures. Malgré toutes ces épreuves, cependant, il n'avait pas été l'objet de modifications irréversibles. Décidé à sauver le manoir, David Stewart invita le propriétaire à formuler ses conditions. Ce dernier acceptait de déménager à condition que la nouvelle ferme qu'on lui proposerait fut située dans le voisinage. David Stewart ressentit une vive émotion devant la chance inespérée qui s'offrait à lui d'acquérir la «maison des champs» de Jacques Cartier et de préserver, ainsi, les toutes premières origines du Canada. Les longues recherches qui s'ensuivirent aboutirent enfin et l'échange eut lieu, tel que convenu. L'ancien propriétaire du manoir hérita d'une malouinière du XVIIIe siècle qu'il s'engageait à ne pas défigurer.

Après cet échange, David Stewart constitua à Montréal «La Société des Amis de Jacques Cartier» qui se donna pour but d'acquérir le manoir de Limoëlou, de le restaurer et de l'animer. La mise en oeuvre du programme proposé, ainsi que la conception d'un futur musée, exigeaient des moyens financiers considérables. David Stewart fit donc appel à de grandes entreprises industrielles et commerciales, à divers organismes éducatifs et culturels canadiens, au gouvernement central ainsi qu'à celui de plusieurs provinces et aux autorités municipales, les invitant à devenir membres des « Cent Associés », moyennant un droit de souscription. Dès la signature de l'acte d'acquisition, le 23 mai 1978, les travaux de restauration furent confiés à l'architecte en chef des Monuments Historiques de Rennes, lequel, une fois les travaux d'urgence effectués, entreprit la reconstitution de l'ensemble sur la base des témoignages existants sur l'édifice. L'inauguration du Manoir de Limoëlou a eu lieu le 19 mai 1984, à l'occasion des célébrations du 450e anniversaire de la découverte du Canada par Jacques Cartier.


Le manoir restauré




Monument à Jacques Cartier
sur le rempart de Saint-Malo


La plaque apposée sur la base du monument
Encore quelques kilomètres et nous sommes à St-Malo. Vent frais, mais beau temps quand même... enfin !
Le Grand Bassin de Saint-Malo



Port de plaisance de Saint-Malo

La cité corsaire de Saint-Malo dans ses remparts



Avec Houssine et Mariette sur les remparts
Nous stationnons juste sous les remparts. Passée la porte St-Vincent, nous nous apprêtons à monter sur le chemin de ronde pour faire le tour de l'enceinte lorsque nous sommes hélés par... nos amis marocains Houssine et Mariette ! Ils profitent de leur venue en Bretagne afin de récupérer leur fils Youssef en colonie à Carolles pour venir faire une excursion jusqu'ici. Quel étonnant hasard !
Nous faisons ensemble le tour des remparts, discutant et échangeant sur nos vies respectives, partageant nos projets et jetant de temps à autre un coup d’œil au panorama par ailleurs superbe : le soleil descend sur les murailles et sur les îles dispersées en mer autour de la ville, dorant les vieilles pierres et accentuant l'aspect hors du temps du spectacle. Nous nous retrouvons au château mais il est tard et tout est fermé, en particulier le musée des poupées dans la tour de Quic-en-Groigne.
Les murailles de Saint-Malo sous le soleil du soir

Nous commençons à chercher un restaurant pour souper ensemble puis décidons de regagner le port de Cancale qui nous semble plus sympathique et moins cher, en plus de rapprocher nos amis de leur "bed and breakfast". Tous en voiture, et retour à Cancale par la grande route.

Délicieux repas de fruits de mer et agréable conversation avant de se quitter pour un au revoir "bientôt" (dans un an ou deux ?). Nous prenons le parti d'aller dormir dans le coin de l'île Du Guesclin où nous avons aperçu de belles plages en passant cet après midi. Finalement nous nous arrêtons - fort tard, vers 1:00 du matin - sur le stationnement de la plage du port de St-Coulomb où nous côtoyons un autre fourgon, au milieu d'un grand champ et dans un calme absolu...


Crépuscule sur l'ïlot de


Samedi 31 juillet 1993 : de ST-COULOMB à DINAN (62 km)

Nuit fort paisible et réveil tardif (10:30). Au matin, petit tour sur la vaste plage, d'abord pour moi premier levé, puis pour Monique et Juliette qui expriment des velléités de bain; elles enfilent un maillot... sans pour autant passer à exécution !

Retour à St-Malo que nous traversons tout droit pour aller stationner au pied de la Tour Solidor à St-Servan. J'entraîne Juliette dans une jolie balade sur la corniche d'Aleth et autour du Fort de la Cité; le sentier offre de beaux points de vue sur la ville fortifiée de St-Malo et sur son site exceptionnel.
J.-P. admire Saint Malo depuis Saint Servan
Tour Solidor à Saint-Servan
La Tour Solidor
Nous nous étonnons beaucoup devant les puissantes tourelles d'acier, nids de mitrailleuses datant de la dernière guerre, que les Allemands avaient disposées tout autour du promontoire; leur métal fort épais est labouré par les obus... Il dut y avoir ici de furieux combats !

En fin de promenade, nous nous retrouvons au pied de la Tour Solidor, magnifique ouvrage fortifié du XIVème. Nous y admirons une exposition intéressante, quoiqu'un peu sèchement présentée, sur les Cap-Horniers qui doublaient à la voile le fameux Cap des Tempêtes pour rallier l'Europe. Leur épopée commença avec les hardis navigateurs des Grandes Découvertes (Magellan et les autres) pour se terminer par les Grands Voiliers commerciaux transportant les nitrates du Chili, en passant par les grands explorateurs du Pacifique (les Cook, Lemaire et Bougainville).
Nous retrouvons Monique demeurée à écrire et à tricoter dans l'Aigle; après un petit pique-nique, nous remontons la pittoresque et large vallée de la Rance. Première étape à La Passagère, sur le site d'un ancien bac offrant une large vue sur l'estuaire de la rivière, puis pause au Pont St-Hubert où le paysage nous semble moins impressionnant et un peu plus plat. Dernier arrêt enfin à La Cale de Mordreuc, près d'un autre moulin à marée, où le site offre de belles vues sur le Pont St-Hubert en aval mais aussi sur un château couronnant le promontoire du Chêne Vert et la vallée plus encaissée de la rivière en amont. Saint-Servan et la Rance
Saint-Servan et l'estuaire de la Rance


Le port du Jerzual au pied de Dinan
Encore quelques kilomètres et nous arrivons à Dinan. On franchit la vallée très creuse de la Rance par un haut viaduc d'où l'on aperçoit le petit port fluvial du Jerzual tout en bas.

Sur la place homonyne
la statue de Bertrand Du Gesclin
Nous allons stationner sur la place Du Guesclin (belle statue équestre) d'où part la promenade proposée par le Guide Vert :
rue Ste-Claire et rue de l'Horloge toutes bordées de maisons médiévales à colombages ou en granit, place des Merciers et rue de la Mittrie où l'on admire un remarquable ensemble de maisons anciennes.

 

beffroi ou tour de l'Horloge malheureusement fermée à cette heure tardive,
Pour finir, nous dévalons la rue du Jerzual vers le petit port en passant devant des boutiques du XVème et XVIème siècle où des artisans et des crêperies ont pris la place des marchands d'autrefois. Il est 21:30, nous cherchons un peu un restaurant mais ils sont ou trop pleins ou trop chers, aussi remontons-nous toute la vieille ville dans l'air devenu plus frais jusqu'à la place Du Guesclin.
Le château de Dinan

Nous rembarquons enfin dans notre Aigle pour aller camper devant le petit port, sur l'ancien chemin de halage où nous soupons d'un bon bœuf bourguignon avant de nous endormir, encore une fois assez tard, dans le plus grand calme.


Dimanche 1er août 1993 : de DINAN à ST-BRIAC  (90 km)

Nuit très tranquille, sans bruit ni pluie au bord de la rivière, devant quelques yachts anglais qui, eux aussi, bivouaquent en terre étrangère... Le soleil enjolive le vieux quai de pierre et joue dans les agrès et sur les coques multicolores des bateaux...

Levant le camp, nous remontons stationner sur la place Du Guesclin, puis gagnons la Tour de l'Horloge par le même chemin qu'hier soir, mais en pleine lumière cette fois-ci.



 Les belles façades médiévales nous en semblent d'autant plus admirables. Nous grimpons jusqu'à la terrasse circulaire couronnant le beffroi; on y découvre une vue superbe sur l'ensemble de la petite ville entourée de ses remparts. Ses toits d'ardoise uniformément bleu-gris offrent le spectacle varié de leurs pentes parsemées de chiens assis ou de lucarnes et de leurs charpentes implantées en tous sens.

Par une échappée entre les arbres, on aperçoit le petit port fluvial de Jerzual; nous empruntons bientôt la rue du même nom : ses pavés inégaux en forte déclivité nous mènent à la crêperie repérée hier soir. Pour 45 francs nous nous régalons de deux galettes et de deux crêpes délicieuses qui constitueront notre petit déjeuner et notre dîner.


Recette des galettes bretonnes


Rue du Petit-Fort
Nous dévalons ensuite la rue du Petit Fort joliment bordée de vieilles maisons à pans de bois et à colombages, toutes décorées de géranium et autres fleurs... pour aboutir sur le quai où nous nous sommes réveillés. Nous remontons aux flancs du vallon par un escalier raide qui nous mène sur le rempart. Très belle vue pittoresque sur la rivière coulant au fond du ravin, ses quais ponctués de façades anciennes et de bateaux.
En bas de la Rue du Petit Fort, le pont roman


Nous nous retrouvons en arrière de l'église St-Sauveur - austères murs de granit gris - et dans le Jardin Anglais; panorama étendu depuis les remparts avant de retrouver, en passant devant quelques autres vieilles maisons, notre Aigle sous les arbres de la place.

Juliette et Monique nous entraînent alors à Bécherel, quelques 20 kilomètres au sud, où, selon une affiche apposée sur les murs de Dinan, a lieu une foire à la brocante et aux livres. Pour ma part je fais un tour rapide et, trouvant les objets proposés pitoyables, retourne au camping-car et attend de les voir revenir avec une liasse de revues anciennes...

Nous retournons directement à Dinan pour gagner ensuite Dinard en descendant la rive gauche de la Rance. Joli point de vue sur la rivière et son chemin de hâlage à Taden; en revanche l'écluse du Châtelier nous parait plate et sans intérêt; idem devant La Landriais et son chantier naval. A l'inverse le tableau du diverticule de la Rance à l'entrée de La Richardais me semble tout à fait charmant avec son moulin à marée et ses bateaux échoués sur le fond découvert par le reflux.

Dinard se donne des allures de ville chic un peu m'as-tu-vu avec ses hautes maisons prétentieuses entassées dans ses jardins exigus et exubérants. Mais la plage du Prieuré où nous prenons le soleil revenu durant quelques minutes est réellement superbe, offrant une vue magnifique sur l'estuaire du petit fleuve, les murailles de St-Malo et le port de St-Servan protégé par la Tour Solidor.
Dinard et la Plage du Prieuré

Dinard
Nous gagnons ensuite la plage de l'Ecluse où nous stationnons juste en arrière de la baignade, au pied de la pointe du Moulinet dont nous entreprenons de faire le tour. A nouveau belle vue panoramique sur St-Malo et l'estuaire de la Rance à l'est, sur la côte vers le Cap Fréhel à l'ouest. Nous sommes étonnés aussi par l'étendue et la richesse des propriétés sises sur la Pointe du Moulinet, d'autant plus qu'elles jouissent de surcroît d'une vue magnifique.
Puis nous suivons la route côtière vers l'ouest en contemplant le panorama à la Pointe des Etêtés, passons la plage de St-Enogat, allons admirer le site de la Pointe du Décollé à St-Lunaire (malheureusement enlaidi par une boite de nuit !). 
J.-P. et Monique dans l'Aigle

Nous finissons par bivouaquer sur un stationnement désert juste avant la plage de Port-Hue, au bout du chemin de randonnée de la Pointe de la Garde Guérin dont le parking était déjà occupé par des camping-cars trop nombreux à notre goût. Petite balade sur la plage découverte par la mer descendante et très beau coucher de soleil sur la mer derrière les îlots rocheux...

Lundi 2 août 1993 : de ST-BRIAC aux MOUSTIERS-en-REZ (358 km)

Au matin il fait gris mais doux. Le soleil finit par percer lorsque nous poussons vers St-Jacut-de-la-Mer où nous allons admirer la Pointe du Chevet donnant sur les îles de la baie de St-Cast. Nous stationnons sous les pins et, pendant que je fais quelques travaux d'entretien et d'aménagement, Juliette et Monique vont profiter de la plage du Rougeret, superbe bande de sable à l'abri d'une petite falaise fréquentée par de nombreux touristes. Nous nous dirigeons ensuite vers la Pointe de la Garde encadrée par et dominant les deux superbes plages de Pen-Guen et de St-Cast. Le temps vire brusquement et l'averse nous atteint pendant notre dîner... Retour à l'intérieur par Matignon, plein d'essence et petit marché au Super-U.


Fort La Latte sur son promontoir
Sous un ciel de plus en plus chargé, nous prenons la petite route campagnarde menant au Cap Fréhel. Pluie et brouillard s'accentuent au point que je suis seul à me rendre à pied aux abords du Fort La Latte, extraordinaire château fort juché sur un promontoire désert entouré par l'océan de jade.

Cadre romantique à souhait, silhouette tranchant sur le fond marin, malgré le flot des touristes qui se pressent sur son chemin traversant la lande.

 A-pic des falaises où nichent des centaines d'oiseaux criards... Mais la pluie et le vent puissant nous fouettent, comme un peu plus loin sur la route côtière offrant d'autres paysages aussi beaux...


Splendeur du Cap Fréhel sous le soleil


Le temps empire encore sur le site du Cap Fréhel, grandiose, qui nous fait un peu penser au Cap Nord, avec en plus la lande d'ajoncs et de bruyères en fleurs (jaune d'or et mauve) entourant le phare de granit, le tout environné d'eau verte ourlée de gris...
Ajoncs du Cap Fréhel dans la grisaille



Ajoncs du Cap Fréhel dans la grisaille

Brume sur le phare du Cap Frehel


Nous achevons la traversée de la lande de Fréhel jusqu'à la très belle plage de Sable-d'or-les-Pins malheureusement elle aussi battue par la pluie et baignée d'une lumière de plus en plus blafarde. Décidément ce temps est par trop épouvantable, il ne nous reste plus qu'à quitter ces lieux au climat si peu agréable, pour des contrées plus sèches et plus lumineuses.


Le Cap d'Erquy par beau temps

Aussi, après un coup de fil à Dominique qui nous confirme la présence d'Édouard aux Moustiers, prenons-nous la route du sud. A Lamballe nous rattrapons la quatre voies qui nous emmène, pied au plancher, vers Rennes et de là, toujours sur une même route rapide, vers Nantes. Le ciel se dégage progressivement, au fur et à mesure que nous nous éloignons du nord, jusqu'à offrir de grandes trouées de bleu zébrées de nuages dorés par le soleil couchant. Arrêt à Bain-en-Bretagne pour souper et faire le plein d'essence, appeler à nouveau Dominique qui ne pourra nous recevoir au passage ce soir, puis reprendre notre descente rapide vers Nantes. Traversée nocturne et difficile de la métropole bretonne dans laquelle nous nous égarons un peu, ayant raté l'entrée de l'autoroute périphérique... Nous trouvons enfin la route de Pornic et, arrivant vers 1:30 à Moustiers-en-Rez, nous glissons sans bruit sur le terrain bouleversé de la gare pour nous endormir sans délai.


1993 - Normandie & Bretagne :  5.  Des MOUSTIERS-EN-RETZ  à MONTRÉAL

Accueil de  : 1993 - Normandie-Bretagne

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