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ÉTÉ 1993

NORMANDIE & BRETAGNE

Jean-Paul, Monique et Juliette MOUREZ
à bord de l'Aigle

5. Des MOUSTIERS-EN-REZ à MONTRÉAL


Mardi 3 août 1993 : LES MOUSTIERS-EN-REZ (0 km)

Vue aérienne des MOUSTIERS
Les Moutiers-en-Retz avec, à gauche, la gare d'Édouard
A 8:00, réveil en fanfare par Édouard peu surpris de nous voir. Joyeux déjeuner avec la famille; Anne-Cécile est là avec son mari Jean-Philippe et son fils Paul-Adrien. Gilles et son père travaillent fort à dégager et rénover la petite gare S.N.C.F. typique (murs de crépis beige, parements de brique et toit de tuile rouge...) qu'ils ont fini par acheter au centre du village. Premier tour de maison pour Monique qui n'avait vu que les plans et avait suggéré un projet d'aménagement.

Une petite balade sur la plage vaste mais peu attirante malgré la tiédeur de l'eau protégée par l'île de Noirmoutier, et la journée passe tranquillement en palabres et agréables conversations jusqu'au départ des Palois. Coucher sur le terrain dans le camping-car.


Plage des Moutiers en Retz
La plage des Moutiers-en-Retz


Mercredi 4 août 1993 : LES MOUSTIERS (229 km)

Journée tranquille où nous aidons à nettoyer le terrain et où Monique revoit avec Édouard, Gilles et Aimée les plans d'aménagement et les installations déjà réalisées dans la maison. Elle s'attaque ensuite à la cuisine tandis que je défonce à la masse un socle de signal en béton laissé sur le terrain par la S.N.C.F. Nous allons ensuite faire quelques courses au magasin de bricolage à Pornic; j'en profite pour aller demander chez un électricien automobile et chez un concessionnaire VW la raison pour laquelle mon alternateur n'arrive pas à recharger les 2 batteries de 100 ampères. Les deux spécialistes me donnent une réponse identique : puissance insuffisante de l'alternateur (45 ampères/heure), il faudrait disposer d'un alternateur d'au moins 90 ampères/h... A suivre.

En fin d'après midi j'emmène Édouard et Aimée chez Dominique à Redon où la grand-mère doit garder les deux enfants durant quelques jours. Route rapide, excellente et facile. Dominique se fait un plaisir de me montrer toutes ses réalisations et l'achèvement remarquable de sa grande maison. Il nous a préparé un petit souper bien arrosé que l'on déguste dans la bonne humeur. Vers 23:30 nous prenons la route du retour, laissant Aimée à la Joncherais. Retour tranquille et agréable : Juliette est montée dormir dans la capucine, Édouard partage avec moi ses souvenirs et impressions sur l'éducation rigide et janséniste qu'il a reçue, nous passons quelques bancs de brouillard et sommes de retour aux Moustiers vers 1:30. A nouveau excellente - fin de - nuit dans notre Aigle.

Jeudi 5 août 1993 : LES MOUSTIERS (62 km)

Autre journée peinarde où je poursuis le ménage du terrain, enlevant des tas de branchages coupés et empilés, avant de partir faire une balade en direction de Noirmoutier avec Juliette.

Le Gois immergé devant Noirmoutier
Le Gois submergé
Devant les 3 kilomètres de file d'attente précédant le pont, je renonce à pénétrer dans l'île et dois me contenter de quelques vues du Gois submergé avant de revenir vers Moustiers par la route côtière traversant les marais. Je suis un peu las de cette étape qui se prolonge, mais ne suis pas prêt à partir seul poursuivre l'excursion projetée et interrompue en Bretagne du sud.

Je profite donc du reste de la soirée pour bricoler sur le camion : fin du branchement des phares antibrouillard, scellement du verrou de l'armoire et début d'installation d'un store opaque dans le cabinet de toilette.

Monique prépare le souper pour tout le monde dans la cuisine de l'Aigle et nous nous couchons vers 23:30.


Vendredi 6 août 1993 : LES MOUSTIERS (0 km)

A part une sortie avec Édouard à Pornic pour chercher un morceau de fil dont Gilles a besoin pour achever de câbler la cuisine, rien de bien notable. Je taille les branches mortes de l'if superbe ornant le coin nord-ouest du terrain... La journée s'écoule lentement dans la chaleur et la poussière du terrain et de la disqueuse dont Gilles use abondamment pour creuser les passages des fils dans les murs. La gestion asez débonnaire du chantier me laisse las et  peu motivé, tandis que de son côté Monique s'impatiente dans l'inaction à laquelle elle est condamnée et devant sa difficulté à faire avancer les choses...

Juliette dans l'Aigle
Juliette dans l'arrière de l'Aigle
Dans la soirée, petite balade, Juliette, Monique et moi, sur la plage des Moustiers. Le coucher de soleil est joli, mais la populace vulgaire, les maisons bricolées et les moustiques à profusion nous font renoncer à cette promenade pourtant toute traditionnelle dans ce genre de petite station. Nuit paisible bercée par le carillon fêlé du clocher tout proche...


Samedi 7 août 1993 : des MOUSTIERS-EN-REZ à LA JONCHERAIS (103 km)

Une autre belle journée ensoleillée où le chantier avance à pas de tortue... Je poursuis le déblaiement du terrain, y compris sur l'avant où j'aide Édouard à enlever les gravats et autres déchets qui jonchent le sol devant la maison du garde-barrière. De retour à l'Aigle, j'achève l'adaptation du store du cabinet de toilette et tente d'installer une moustiquaire sur la grande fenêtre de la cuisine.

Vers midi, nous dégageons le terrain des meubles de jardin, des planches à voile et des tuyaux de cuivre empilés, puis attendons Édouard et Gilles partis vider leur camion à la décharge. Ils arrivent deux heures plus tard, vers 15:45... Nous ne patientons pas plus longtemps et prenons la route de Redon où Dominique nous attend. Arrêt à Pornic pour un plein d'essence et quelques courses à l'Intermarché, puis route rapide vers le nord via le grand pont de St-Nazaire franchissant la Loire. Peu avant la Joncherais, nous nous arrêtons au bord de la petite route pour prendre une bonne douche; elle nous débarrasse de la poussière qui nous semble coller à notre peau depuis 4 jours...

Accueil chaleureux de Dominique qui m'embarque aussitôt à passer fils et tuyaux dans une tranchée devant sa maison. Les travaux considérables réalisés depuis trois ans en ont fait un véritable manoir, très pittoresque et confortable. Édouard et Gilles arrivent vers 20:30. Nous nous retrouvons tous autour d'un repas abondant arrosé de libations délicieuses... Le souper se prolonge dans une chaude ambiance et des discussions animées. Chantier de Dominque à LA JONCHERAIS
Chantier de Dominque à LA JONCHERAIS

Coucher sur le terrain en chantier dans le confort de notre Aigle.


Dimanche 8 août 1993 : de LA JONCHERAIS au château de SUSCINIO (82 km)

Lever tard (vers 10:30 pour Juliette et Monique). Après le départ d'Édouard, Aimée et Gilles qui retournent à Luxeuil en traversant la France à bord de leur bruyant petit camion,

Planification à LA JONCHERAIS
Les planificateurs au travail
Dominique nous fait les honneurs d'une visite détaillée de sa maison. Cela donne à Monique l'occasion de suggestions astucieuses au cousin, tout en lui exprimant son admiration pour l'extraordinaire travail accompli. Puis Dominique profite d'une course à la boulangerie d'Allaire pour nous faire découvrir quelques belles maisons, dignes manoirs et charmantes chapelles des environs... 

Amical dîner en compagnie de Françoise et Dominique qui nous régalent du saumon oublié hier soir et d'un superbe Chablis. C'est l'occasion d'une longue discussion entre le constructeur et Monique sur les travaux à prioriser et à effectuer aux Moustiers. Plein d'eau, embrassades, et en route vers la mer. A Redon, la petite route rustique longe la Vilaine en offrant quelques belles échappées sur la vallée verdoyante et ses riches pâturages. Nous passons rapidement vers 19:30 devant le parc du château de Léhélec fermé au public et visitable de toute façon uniquement sur rendez-vous. La route file dans la campagne jusqu'au bord du golfe du Morbihan.

Nous arrivons ainsi aux ruines grandioses du château de Suscinio dont les portes sont maintenant closes. Sous les feux du soleil couchant, nous faisons le tour de ses douves, admirant ses hautes tours et ses remparts hérissés de créneaux et de mâchicoulis. Nous allons dormir à deux pas, sur la plage bordée de marais et envahie par des nuées de moustiques.


Lundi 9 août 1993 : de SUSCINIO à LOCMARIAQUER (146 km)

Le ciel est fort gris et le vent souffle lorsque, le premier, j'émerge d'une nuit silencieuse mais entrecoupée de combats exterminateurs contre les moustiques. Je commence la journée par un petit tour sur la plage immense et vide avant de tourner quelques plans romantiques sur les hauts murs du château isolé au milieu du marais. Le déjeuner - et la vaisselle - m'attendent au retour au camion... L'équipage est finalement prêt au départ vers 12:15 !

Nous poursuivons notre exploration de la presqu'île de Rhuys en ralliant d'abord St-Gildas. La plage du village est bien dessinée mais un peu quelconque dans la grisaille, et la densité de maisons neuves nous surprend beaucoup. Monique et Juliette font un petit tour du marché finissant pendant que je tente de pénétrer - en vain - dans l'abbatiale dont j'admire au moins l'extérieur. Passant ensuite devant le tumulus de Tumiac ou "butte de César" sans nous arrêter à cause de la pluie menaçante, nous gagnons le port tout neuf du Crouesty envahi par les bateaux des plaisanciers.

Nous poussons jusqu'à Port-Navalo; la vue sur les îles du Golfe du Morbihan et la pleine mer y serait intéressante si l'affluence excessive de touristes n'enlevait beaucoup de pittoresque au paysage. Idem à Arzon. Jolies échappées sur le golfe au rivage plutôt plat mais semé d'îles vers le Logeo; arrêt minute devant la pharmacie à Sarzeau où nous n'arrivons pas à dénicher les maisons Renaissance près de l'église pourtant signalées par le Guide Vert. Marée basse à SARZEAU
Marée basse en arrivant à Sarzeau


Bateau échoué à Sarzeau
Bateau échoué à marée basse à Sarzeau

Nous enfilons ensuite la grande route en direction de Vannes, mais des ralentissements surviennent bientôt et c'est au pas que nous circulons dans la vieille ville. Nous sommes incapables d'en rallier le coin le plus intéressant malgré de longues lignes d'attente où les gens se faufilent sans vergogne.

Arradon
Juliette devant la baie à ARRADON
Nous poursuivons donc vers Arradon et sa jolie pointe où le ciel se dégage enfin, offrant un radieux coup d’œil sur le golfe du Morbihan, ses îles et ses bateaux innombrables. Puis c'est Port-Blanc où nous apprenons qu'il est impossible de rejoindre l’Île aux Moines avec notre Aigle comme nous en avions l'intention : seuls les résidents peuvent charger leur véhicule sur le traversier.

Sur l'Île aux Moines
Paysage de lïle aux Moines
Sinagot
Sinagot traditionnel naviguant dans le Golfe du Morbihan

Un peu plus loin, Larmor-Baden offre à son tour un joli port sur la baie. On peut y embarquer vers l'île de Gavrinis où se dresse un cairn fameux au dessus d'une magnifique allée couverte, mais il est malheureusement trop tard pour prendre le petit bateau qui fait la navette. Monique et Juliette vont visiter la boutique d'un antiquaire anglais avant que nous poursuivions vers Baden (quelconque) et Auray.
Gavrinis
L'Île de GAVRINIS et son cairn
Port d'AURAY
Port de Saint-Goustan à AURAY
Là, nous avons la surprise de découvrir le joli port de St-Goustan, de l'autre côté du vieux pont sur la rivière d'Auray. C'est un bourg médiéval qui nous rappelle beaucoup le vieux Dinan tant apprécié : ruelles pavées étroites et sinueuses, maisons anciennes dont les façades à colombages ou aux parements de granit sculpté datent du Moyen-Age... Nous traînons un moment dans cette ambiance charmante, quoiqu'elle soit un peu dénaturée par l'invasion touristique perceptible aux terrasses et restaurants débordant de tous côtés sur les pavés.
Puis nous grimpons dans la haute ville pour un tour rapide en camion; on y trouve quelques vieilles maisons typées mais surtout une ville ancienne aux façades étroites du XVIIIème et du XIXème qui n'a pas eu à subir les dégradations de la dernière guerre comme en Normandie. Nous quittons enfin la petite cité en direction du sud, traversons Crach jusqu'à atteindre Locmariaquer qui sera notre étape ce soir.
Pont de St-Goustan à AURAY
Pont de Saint-Goustan à AURAY
Grand Menhir brisé à Locmariaquer
Grand Menhir brisé à Locmariaquer : 340 tonnes et 18 m de long !
Coup d’œil au principal site mégalithique qui se signale par un énorme menhir gisant brisé en 4 morceaux; détour par les plages, long plein d'eau sur le robinet de toilettes publiques  et, pour finir, bivouac sur la jetée du port, sous le crachin et dans le vent...


Mardi 10 août 1993 : de LOCMARIAQUER à QUIBERON (72 km)



Lever relativement tôt (8:30) pour un décollage vers 10:00. Sur notre quai, une foule de touristes attend la vedette d'excursion faisant le tour du Golfe du Morbihan. Nous retournons au musée archéologique entrevu hier soir.
TTable des Marchands avant reconstitution
La Table des Marchands au début du siècle
LOCMQRIAQUER : reconstitution de la Table des Marchands
Reconstruction de la Table  des marchands à Locmariaquer
Des fouilles sont en cours autour de la Table des Marchand et du Tumulus d'Er Grah. Nous contemplons de plus près les trois morceaux restant du Grand Menhir brisé encore en place : 340 tonnes et 18 m de roche gisant à terre, abattus par les Mégalithes eux-mêmes !

Reconstitution du tumulus
Reconstitution du tumulus de la Table des Marchands

  
C'est avec émotion que l'on pénètre ensuite dans l'étroit couloir de la Table des Marchands menant au fond de la galerie et à la chambre sépulcrale sous la table. Le tumulus de pierre qui la recouvrait a été reconstitué et les commentaires diserts et un peu décousus du guide soulignent pour nous l'ampleur du site et le rôle historique qu'il dut avoir.
Pierre avec Crosses sous la Table des Marchands
Pierre avec Crosses sous la Table des Marchands

Un peu plus tard, tandis que Juliette saturée de "grandes pierres dressées" demeure à lire dans l'Aigle, Monique m'accompagne à la découverte du dolmen de Mané Rethual maintenant inclus dans le village, au milieu des jardins et des maisons. Puis c'est au tour de celui des Pierres Plates, près de la pointe de Kerpenhir au bord de la plage.

Sous un beau ciel dégagé, nous reprenons la route côtière pour gagner St-Philibert et enfin La Trinité. C'est un joli port de mer dont les chalutiers colorés entrevus il y a 39 ans ont tous disparu, remplacés par des yachts aux mâts serrés occupant les anciens bassins et les nouveaux récemment creusés... Carnac-Plage prend des allures de station méditerranéenne : villas luxueuses disséminées sous la pinède, circulation très dense et interdiction de stationner pour les camping-cars cependant nombreux... Nous déjeunons quand même devant la plage précédant la ville, admirant les vastes étendues de sable très blanc encadrées de jolis caps boisés de pins. Traversée ensuite de la ville elle-même par une étroite rue parallèle à l'Avenue de la Mer que nous parcourons dans la foulée, puisque toutes deux sont à sens unique. Court arrêt sur la plage de St-Colomban où mes parents nous avaient amenés pour nos premières vacances en bord de mer en 1954.

Les quelques maisons alors éparses sur la dune le long de la petite route sont maintenant flanquées d'une ligne continue et serrée de villas, bordant une autre grande "Avenue de la Mer"...

Vieilles maisons restaurée à St-Colomban
Pour finir, nous nous retrouvons dans le hameau de St-Colomban, près de sa chapelle toute entourée de vieilles maisons de granit enchevêtrées et restaurées avec beaucoup de goût. Maison traditionnelle à ST-COLOMBAN


Billet du Musée de CARNAC
Nous rattrapons bientôt le centre de la petite ville de Carnac où il nous est un peu difficile de trouver une place près du Musée de Préhistoire.
Nous consacrons une heure et demie à sa visite : beaucoup de pièces de grande qualité, des commentaires abondants et savants - trop sans doute - et, au bout de tout cela... beaucoup d'ennui ! Toute cette science étalée n'est pas assez vivante, elle ne parle pas assez directement à notre imagination; en fin de compte on se sent très loin de ces hommes, de leurs constructions et de leur lutte pour survivre et développer une civilisation originale, celle des Mégalithes de Bretagne. Dommage !
Musée de CARNAC : pierre gravée
Musée de Préhistoire : support de table gravé
d'une idole provenent du Dolmen de Luffang (néolithique : 3 000 av. J-C)

Dolmen de Kercadoret
Dolmen de Kercadoret
Nous parcourons ensuite les 500 mètres qui nous séparent du tumulus St-Michel. Mais il y a foule attendant pour pénétrer dans le couloir souterrain menant au dolmen, au coeur du haut et vaste tumulus (120 m de long par 12 de haut). Nous renonçons donc à cette visite et prenons le chemin des fameux alignements. La circulation est encore très dense jusqu'aux pierres de Kerdhus dispersées dans un grand champ

Malgré la taille toute relative des blocs, la présence de quelques maisons dans le fond du décor et l'achalandage des routes entourant le site, on se sent transporté très loin en arrière devant ce témoignage de nos ancêtres reculés. Puis nous contemplons les menhirs de Kermario, les plus hauts et les plus visibles depuis la galerie d'observation les dominant. Nous poussons jusqu'aux alignements de Kerlescan; les pierres sont petites mais une agréable balade en forêt sous les pins nous mène au "Géant" isolé dans une clairière.
Alignements du Menec vus d'avion
Alignements du Menec vus d'avion
Alignement du Menec
Alignements du Menec en soirée
Au retour vers le village, nous longeons les alignements du Menec joliment vallonnés et contrastés par le soleil du soir...


Alignements du Menec dans le soleil du soir
Les alignements du Menec dans le soleil du soir

Assez de mégalithes, il est temps de reprendre un bain de nature qui nous attend à Quiberon. Cinq à six kilomètres à vitesse de tortue nous mènent jusqu'à Penthièvre; les hauts murs du fort défendant l'entrée de la presqu'île rougeoient sous les rayons du soleil couchant. Nous gagnons enfin beaucoup plus rapidement le début de la Côte Sauvage dont les falaises de granit s'effondrent dans l'océan agité, malheureusement sous un ciel très assombri. Nous prenons le souper sur le stationnement du Vivier, un grand restaurant campé sur l'à-pic du cap de Beg er Goalennec juste avant Kervihan, sur fond de rochers et de vagues, avant d'aller dormir sur un chemin de terre aux limites d'un village.


Mercredi 11 août 1993 : de QUIBERON à CHICHE (près de CHOLET) (319 km)

Lever tardif (9:30) et départ vers 11:30, après une petite balade solitaire pour trouver pain et beurre dans le village où nous nous sommes posés hier soir. Il se trouve que nous étions dans le faubourg de Quiberon, ville tentaculaire et apparemment populeuse où nous nous retrouvons bientôt dans un tourbillon agité. Monique saute du camping-car pour aller quérir baguette et  briquette de beurre, je la reprends au vol après un tour de "bloc".

Nous fuyons cette foule du côté de Port-Maria, puis un peu au dessus, le long de la Côte Sauvage devant laquelle nous allons prendre notre petit déjeuner. Par un grand détour empruntant ensuite les rues enchevêtrées de la somme toute petite ville, nous la contournons vers le sud pour contempler la côte beaucoup plus sage et moins pittoresque de la Pointe du Conguel. Grands hôtels et vastes campings voisinent avec de longues plages de sable, agréables certes, mais beaucoup moins spectaculaires que les rochers battus par les vagues de la Côte Sauvage.
Côte Sauvage de QUIBERON

Suivant tant bien que mal la route côtière, nous tombons sur le marché haut en couleur de Port-Haliguen qui nous barre le chemin. Après un coup d’œil au petit alignement de St-Pierre-Quiberon, nous retraversons la presqu'île vers Pontivy pour gagner la pointe du Percho, extrémité septentrionale de la Côte Sauvage.

Monique sur la Pointe du Percho
Monique sur la Pointe du Percho
Ce splendide environnement naturel a été relativement bien préservé et continue d'offrir un spectacle magnifique : les falaises de granit extrêmement découpées tombent dans une mer agitée qui ourle de blanc les dents déchiquetées sur lesquelles je me hasarde.
Je tourne de longs plans du superbe paysage se perdant loin au sud et borné, du côté pleine mer, par la ligne régulière bleu plus foncé de la côte de Belle Île; en gros plan, le jeu des vagues sur les rochers, dans la grande lumière qui avive les couleurs rose-ocre pailletées de mica du granit, l'écume éclatante de blancheur et toutes les nuances bleu-vert de la mer...
Vagues due la Côte Sauvage de QUIBERON
Vagues due la Côte Sauvage de QUIBERON

Je traîne longtemps ainsi sur le rivage jusqu'à ce que Juliette puis Monique, peu intéressées au départ, me rejoignent et fasse à leur tour la balade en sens inverse sur les rochers...

Juliette sur la Pointe du Percho
Juliette sur la Pointe du Percho
Juliette à la Pointe du percho
Pointe du Percho

Ilots près de la Pointe du Percho
Ilots près de la Pointe du Percho

Après ce "feu d'artifice" des beautés de la Côte Sauvage, nous quittons Quiberon dans une circulation beaucoup plus fluide qu'hier. Sur le cordon de dunes reliant la presqu'île au continent, Monique se laisse tenter par la Grande Plage, mais la seule affluence à l'approche du stationnement la fait renoncer à l'heure de bronzage anticipée.

VANNES : jardin de la Promenade de la Garenne
VANNES : jardin de la Promenade de la Garenne
Nous poursuivons notre route assez rapide vers Vannes où, cette fois, nous circulons sans problème. Stationnement sous la promenade de la Garenne, juste devant les fameux remparts ornés d'un magnifique jardin fleuri au pied du château.

Juliette et J.-P. devant les jardins fleuris du château de VANNES
Juliette et J.-P. devant les jardins fleuris du château de VANNES

Le château de VANNES et ses jardins
Le château de VANNES et ses jardins
Juliette et Monique dans les jardins du château de VANNES
Juliette et Monique dans les jardins du château de VANNES

Nous les longeons avant de franchir une porte Poterne fortifiée dominant les célèbres lavoirs aux toits arrondis.


Porte Poterne de VANNES
Porte Poterne de VANNES
Lavoirs de VANNES
Lavoirs de VANNES
La rue pavée mène aux maisons médiévales pleines de charme de la vieille ville. Beaucoup de magasins contemporains et pas seulement des antiquaires, très peu de restaurants, ce quartier autour de la cathédrale St-Pierre a décidément gardé tout son caractère ! Après une rapide incursion dans la cathédrale à l'austère architecture mi-romane, mi-gothique, nous franchissons la porte des Prisons et sommes à nouveau au pied des remparts, ayant achevé ce court mais très agréable circuit dans la vieille ville.

Nous en avons profité pour faire l'emplette d'une carte des grandes routes de France. Discussion rapide pour choisir l'itinéraire nous ramenant vers Annecy où doit avoir lieu dans trois jours le baptême de Justin : nous passerons par Nantes, Cholet, Poitiers, Montluçon, Lapalisse, Roanne... et enfin Lyon. En route !

Façade illuminée de N-D-la-Grande à Poitiers
Façade illuminée de N-D-la-Grande à POITIERS
Nous roulons sans interruption vers Cholet sur une quatre voies qui nous fait contourner Nantes (sans nous égarer cette fois-ci !), puis sur une excellente route expresse en direction de Poitiers. Vers 22:30, nous arrêtons près de la place de l'église de Chiché pour faire étape, après un plein d'eau in extremis au robinet du cimetière de St-Laurent-sur-Sèvre.


Jeudi 12 août 1993 : de CHICHE à LYON (516 km)

Nuit bruyante, une route assez passante longeant notre terrain de stationnement. Nous repartons vers 10:00 pour aller prendre notre petit déjeuner sur la Place du Marché à Poitiers, au pied de la fameuse église Notre-Dame-la-Grande dont la façade est en totale réfection. Un vaste échafaudage coiffe le mur couvert de célèbres sculptures médiévales. N-D la Grande à POITIERS
N-D la Grande à POITIERS

Mais les restaurateurs ont heureusement prévu un accès au chantier par des passerelles doublant les échafaudages sur lesquels s'affairent quelques ouvriers en combinaison d'astronaute. Heureuse initiative qui permet d'observer au travail ces artisans délicats (il leur faut 10 minutes pour décaper 1 cm2 de pierre encrassée à l'aide d'un jet d'oxyde d'alumine sous pression). Nous avons surtout le privilège de voir de tout près les détails de l'admirable façade dont ils nettoient ou remplacent tous les éléments salis ou brisés. Nous faisons ensuite le tour de l'intérieur de la belle église romane dont une précédente restauration à la moitié du XIXème avait rétabli les peintures d'un hypothétique décor médiéval depuis longtemps disparu.

Une heure plus tard, nous reprenons la route vers le sud pour filer sans arrêt jusqu'à Lyon où nous arrivons vers 22:00. Coucher sur l'entrée du garage devant la maison.

Notre entrée à OUTREMONT
Notre petit jardin à OUTREMONT
Les trois jours suivants seront consacrés aux retrouvailles familales et autres festivités entourant le baptème de Justin, avant que nous repassions à Lyon faire nos valises, prépariona l'Aigle pour l'hivernage et  reprenions l'avion pour Montréal.  Notre petit jardin luxuriant à l'orée de l'automne nous y attend...


Outremont le 12 octobre 1993

Accueil de  : 1993 - Normandie & Bretagne

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