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SIX MOIS D'ERRANCES EN EUROPE

(CONGÉ SABBATIQUE 1997)

Monique et Jean-Paul à bord de l'Aigle

6. Les côtes est et sud de la Sicile (aller)



Carte de la Sicile portant notre itinéraire
Notre itinéraire en Sicile



Mardi 18 février 1997 : de PALMI à TAORMINA (Naxos)
(132 km)

Nuit relativement tranquille jusqu’à 6:00, au moment où les pétrolettes et autres véhicules commencent à utiliser la station service voisine. Nous tenons le coup jusqu’à 7:00 puis nous levons, nous douchons et déjeunons pour lever le camp vers 8:15 après avoir enlevé avec l’aspirateur le plus gros de la poussière et du sable incrusté dans les tapis depuis notre départ.

Le Détroit de Messine
Le Détroit et la ville de Messine

Nous avons quelques difficultés à nous démêler dans les rues sales et mal indiquées de Palmi, avant de reprendre la route côtière et voir bientôt apparaître les rives de la Sicile. Un petit ferry nous embarque pour 20 minutes de traversée à Villa San Giovanni (14 km avant Reggio de Calabre) au coût de 32 000 lires (26 $). Sentiment maintenant familier de coupure, d’étape, d’attente de changement et de découvertes à venir lorsque nous partons ainsi « au delà des mers » pour une île ou un autre continent, lorsque nous franchissons un passage. Le temps reste clair malgré les nombreux nuages et les pluies intermittentes. L'Aigle sur le pont du traversier
L'Aigle sur le pont du traversier

Arrivée à Messine
Arrivée au port de Messine

La visibilité sur les deux rives du détroit est donc excellente lorsque nous laissons derrière nous Scilla au pied des dernières pentes de la Calabre, pour nous rapprocher rapidement de Messine. Sitôt débarqués dans cette grande ville très dense et agitée, nous sommes aux prises avec la circulation, le bruit et le manque de stationnement. Avec quelques difficultés, nous trouvons une petite agence de voyage qui nous confirme la possibilité d’embarquer à Trapani pour Tunis le lundi matin à 9:00. 

Au bout de longs faubourgs sales et pauvres, nous rattrapons la nationale. Décidément tout le sud de l’Italie se ressemble sur ce plan, confirmant que ces régions n’ont pas encore pris leur « envol économique ». Monique fait quelques courses dans un supermarché genre « Intermarché » dont elle sort assez déçue : nombre limité de produits, aucune conserve de plats cuisinés, nous sommes loin des Carrefour et Continent français !

Puis nous longeons la côte parsemée de villages de vacances : tout est vide ou presque, l‘architecture affiche une pauvreté consternante, les plages sont très sales, pleines de déchets. Sur la plage d’Ali Terme où nous nous arrêtons pour déjeuner, j'en profite pour récupérer un gros bidon d’huile vide destiné à la vidange du moteur.

Nous nous rendons ainsi jusqu’à Taormina dont le Guide Vert vante le site enchanteur. Certes les maisons et hôtels étalés sur les pentes forment un joli tableau mais là encore, le tourisme extensif a ôté toute vie au village devenu exclusivement station de villégiature, le laissant à peu près mort hors saison. La circulation y est quand même difficile et le stationnement impossible. Encore sommes-nous en période creuse ! Centre de Taormina
Le centre de Taormina accroché au rocher
avec, à l'extrême droite, le théâtre grec

Plage près de Taormina
Plage près de Taormina

Théâtre de Taormina
Théâtre de Taormina dominant la plage de Naxos

Nous réussissons malgré tout à grimper jusqu’au belvédère de N.S della Rocca d’où se révèle un panorama splendide et étendu, ce qui nous permet de repérer le fameux théâtre grec creusé dans un promontoire au dessus de la mer. Mais nous serons ensuite incapables de l’atteindre, tant la circulation et le stationnement sont un imbroglio dans le centre ville.

Théâtre de Taormina
Théâtre grec de Taormina, au fond l'Étna

Regagnant la côte, nous faisons encore quelques kilomètres pour nous installer près de la plage de Naxos, une petite station en-dessous de Taormina dont on aperçoit les habitations accrochées aux pentes juste au dessus de nous. Nous dînons sur le port, une vue magnifique dans notre fenêtre, puis allons dormir dans un endroit plus fréquenté le long du quai de la ville. Sur la plage de Naxos
Sur la plage de Naxos, au pied de Taormina


Mercredi 19 février 1997 : de NAXOS à SIRACUSA (172 km)

Le quai du port de Naxos
Le quai du port de Naxos

À notre réveil, le grand soleil révèle une vue superbe au-delà du bassin du port sur la baie, sur la montagne où s’étage Taormina et sur les neiges de l’Etna. L'Etna depuis Taormina
L'Etna depuis Taormina à travers les figuiers de Barabarie


Après la douche et le plein d’eau sur un robinet du port de pêche, nous continuons de suivre la route côtière, achetant au passage un raccord rapide pour le tuyau de remplissage d’eau propre qui vient de nous lâcher. Un peu plus loin nous bifurquons vers l’intérieur en direction de Linguaglossa. La route ne cesse de grimper à travers les cultures d’agrumes, de vignes et d’oliviers. Au delà de la petite ville provinciale au charme un peu désuet (vieilles maisons aux façades et balcons décorés, rues pavées de dalles carrées de lave noire, etc.), la pente s’accentue, les coulées de lave et les champs de scories sombres prennent de plus en plus de place.
 
La large pyramide aplatie de l’Etna, couverte de neige et striée de profonds sillons sombres tracés par les coulées, s’élève de plus en plus au dessus de nous. Les épingles à cheveux très raides s’enchaînent lorsque nous franchissons la belle pinède qui finit par aboutir, à 1 800 m d'altitude, à la petite station de sports d’hiver de Piano Provenzana. L'Aigle en route sur l'Etna, à peu près à mi-hauteur
L'Aigle en route sur l'Etna,
à l'entrée de la station de Piano Provenzana (1800 M)


 
Neige et fumerolles sur l'Etna
Trainées de lave incandescente sur les pentes enneigées de l'Etna
Éruption
Éruption sur l'Etna


Le cratère sommeille...
Le cratère de l'Etna en été

Descente au fond du cratère...
... durant un moment d'accalmie.
Dans le cratère
Tout près de l'ouverture de la cheminée de l'Etna

L'Aigle sur l'EtnaPique-nique au milieu d'un champ de laves sur l'Etna
Paysage époustouflant, mais vent violent très froid (il fait à peine 4º) qui nous incite à rapidement réintégrer la chaude cabine de l’Aigle pour redescendre vers la mer. Nous arrêtons au milieu d’un champ de laves quelques centaines de mètres plus bas pour déjeuner. Monique prépare la salade et les sandwiches pendant que je me glisse sous le moteur pour faire le changement d’huile. Opération réussie rapidement et sans problème : pas de dégâts à craindre dans ce désert minéral et noirâtre qui boit l’huile usée aussitôt déversée.
Nous poursuivons ensuite vers le sud par des petites routes de montagne qui passent bien au dessus de la côte et traversent des villages ruraux égaux à eux-mêmes : sales, désordonnés, pas vraiment anciens ni vraiment modernes, bref décevants et sans cachet. La silhouette de l’Etna disparaît progressivement derrière nous lorsque nous approchons de Catania (400 000 habitants) annoncée par une forte augmentation du trafic. Comme nous n’avons rien repéré d’intéressant dans cette grande ville, très industrielle et polluée au demeurant, nous la contournons par la « tangenziale » qui nous met directement sur l’autoroute de Siracusa. 63 kilomètres parcourus à vive allure sous le grand soleil nous mènent jusqu’à cette autre ville beaucoup plus endormie et plus ancienne. Syracuse
Le site exceptionnel de Syracusa sur l'ïle d'Ortygie

Grand théâtre grec de Syracuse
La cavea du grand théâtre grec de Syracuse

Nous commençons par aller découvrir la zone archéologique dont on a une très bonne idée depuis le boulevard supérieur qui en fait le tour. À nos pieds se déploie le grand théâtre grec dont l’hémicycle,  très grand, est assez bien conservé pour impressionner.

L'amphithéâtre romain
L'amphithéâtre romain
L'Amphi romain vu du ciel
L'amphithéâtre romain vu du ciel

Grand théatre grec
Le Grand Théâtre grec de Syracuse


Les autres ruines, beaucoup plus informes, ne nous retiennent guère... 
Carrières de Syracuse
L’avenue des tombeaux (Nécropole des Groticelli,
dite « Tombeau d'Archimède »,
en fait colombarium romain du 1er siècle ap. J.C.)
sur le site d'anciennes carrières
où Denys-le-Tyran enferma 4 000 Athéniens prisonniers. 
L'Oreille de Dennys
L'oreille de Denys, une cavité naturelle dont la légende dit
qu'elle aurait servi à Denys le Tyran
pour espionner les confidences de ses prisonniers athéniens.


Nous préférons aller faire un tour dans la Cita Vecchia (la Vieille Ville) qui occupe l’île d’Ortygie où Denys-l’Ancien (405-367 av.J.C.) avait déjà installé son palais. Laissant l’Aigle sur l’extrémité de l’esplanade Vitorio-Emmanuele II, nous franchissons une vieille porte médiévale et nous enfonçons dans les ruelles étroites et sinueuses. Beaux hôtels et palais sur la Piazza Duomo, près de la façade baroque sans originalité de la cathédrale. En revanche, à l’intérieur les murs nus datent du VIIème siècle et intègrent les colonnes doriques du temple dédié à Athéna qui l’a précédée sur les lieux. La qualité et la richesse de l’architecture ancienne omniprésente un peu partout dans la vieille ville nous étonnent et nous charment (façades ornées, balcons élégants, cours majestueuses...). Mais nous sommes aussi désolés du mauvais état, voire de la ruine, de la plupart de ces maisons qui témoignent de la richesse de cette métropole marchande il y a quelques siècles. Nous flânons près de la fameuse fontaine d’Aréthuse en bord de mer où coule une eau douce dont profitent papyrus et canards. Après un long tour des remparts bordés de belles maisons, nous revenons par la Via Maestranza dont les élégantes mais décrépites demeures patriciennes sont elles aussi tristement négligées.
 
Fontaine de Diane
La fontaine de Diane, dans le centre de la Cita Vecchia

Détails de la Fontaine de Diane
Détails de la Fontaine de Diane

Coup d’œil à la fontaine de Diane très théâtrale au centre de la ville, puis retour au Foro Vittorio Emmanuele II où nous soupons et nous installons pour la nuit  après un beau coucher de soleil sur la baie. Couvre-feu à 21:45.

 

Jeudi 20 février 1997 : de SIRACUSA à FAVARA (près Agrigento) (298 km)

Excellente nuit à la porte de l’antique cité jusqu’à notre réveil à 6:00. Levés à 7:00, nous commençons la journée dès 7:45 par un tour des remparts de la vieille ville illuminés par le grand soleil du petit matin. Puis une longue route à l’intérieur des terres, par monts et par vaux, serpente entre les champs de céréales vert tendre fraîchement ensemencés et les vignes impeccablement alignées.

Entrée des Thermes
Piazza Armerina : les thermes
de la Vila impériale de Casale

Nous atteignons Piazza Armerina à 12:15 et cherchons un peu dans la ville perchée jusqu’à trouver le chemin de la Villa impériale de Casale. Après déjeuner devant son site agreste au fond d’un vallon, nous nous lançons dans la visite de l’immense villa romaine et de ses superbes mosaïques. Deux heures d’exploration en tous sens, d’admiration et d’étonnement devant la vivacité narrative et les nuances des dessins, l’harmonie des compositions et leur extraordinaire pouvoir décoratif : on croirait voir de véritables tapis de laine brodés qui auraient plus de 1 500 ans...
L'Afrique
PIAZZA ARMERINA : Mosaïque évoquant l'Afrique et ses animaux sauvages
Sportives
PIAZZA ARMERINA : Mosaïque de la salle des jeux du gymnase

La gagnante
PIAZZA ARMERINA : La lauréate récompensée
Haltères et disque
PIAZZA ARMERINA :
Maniement du poids et lancer du disque

Scène érotique
PIAZZA ARMERINA : Scène érotique dans l'Alcove
Scène érotique (détail)
PIAZZA ARMERINA :
Détail central de la scène érotique dans l'Alcove

Piazza Armerina : course de char
PIAZZA ARMERINA : Chambre du fils :
course de chars dans le Grand Cirque en miniature

Jeux d'enfants : la course de char (gros plan)
PIAZZA ARMERINA : Chambre du fils : le Grand Cirque en miniature
Détail : le vainqueur de la course de chars


Grande Chasse : l'empereur surveille...
PIAZZA ARMERINA : Mosaïque de la Grande Chasse :
embarquement d'autruche et d'antilope

Grande Chasse : embarquement des animaux
PIAZZA ARMERINA : Mosaïque de la Grande Chasse :
lion égorgeant une antilope


Piazza Armerina : Grande Chasse : chasse au renard
PIAZZA ARMERINA : Salle de la Petite Chasse :
lévriers courant le renard

Boeufs tirant une cage
PIAZZA ARMERINA : promenoir de la Grande Chasse :
attelage tirant une cage


Grande Chasse : tête de cheval
PIAZZA ARMERINA : détail de la tête de cheval dans le triclinum

Pêcheurs
PIAZZA ARMERINA : Amours pêcheurs
devant un atrium à arcades et exèdres

Poisson
PIAZZA ARMERINA : promenoir de la Grande Chasse : poisson
Nous réussissons à rattraper un bout de voie rapide pour nous rapprocher d’Enna mais devons grimper à pas de tortue les innombrables lacets qui nous hissent jusqu’à sa vieille ville surnommée le « Belvédère de la Sicile ». campagne vers Enna
Campagne sicilienne le long de la route allant vers ENNA :
arbres en fleurs et villages perchés

Enna depuis la campagne
Campagne sicilienne le long de la route allant vers ENNA :
arbres en fleurs et villages perchés

Effectivement, depuis le haut du donjon médiéval la vue est magnifique sur les montagnes bleutées par la distance, les villages accrochés aux pentes, les vallées verdoyantes semées de figuiers et d’oliviers et, dominant l’ensemble au loin, la pyramide blanche de l’Etna. Depuis le donjon d'Enna...
Sur le donjon d'Enna... vue sur la campagne
depuis le « Belvédère de la Sicile »

ur le donjon d'Enna... vue sur la campagne
Sur le donjon d'Enna... vue sur la campagne
depuis le « Belvédère de la Sicile »

Le soleil descendant réchauffe les couleurs puis devient moins présent lorsque nous redescendons ensuite par la route express vers Agrigento

A la nuit tombée, sortie vers la petite ville de Favara, 20 kilomètres avant Agrigento, pour chercher dans l’animation du soir une place favorable au bivouac. Nous finissons par la trouver sur une esplanade devant une église au dessus de la ville enserrée dans un profond vallon.

 7. La côte sud de la Sicile (Segeste et Monreale)

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