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SIX MOIS D'ERRANCES EN EUROPE

(CONGÉ SABBATIQUE 1997)

Monique et Jean-Paul à bord de l'Aigle


25. : Suisse et Autriche

 


Mercredi 2 juillet 1997 : de SAINT-JORIOZ à NEUFCHATEL (Suisse) (222 km)

Enfin c’est le départ ! Après les derniers rangements dans la cuisine, nous vidons le frigo, sortons les poubelles, réinstallons duvet et oreillers dans l’Aigle, et en route ! Juste le temps de faire un peu d’épicerie et le plein d’essence au Provencia de Sévrier, puis une escale à Annecy pour laisser les clés du chalet à Philippe J. dans sa boutique du vieil Annecy, et vers midi nous prenons la route de Genève.

Le temps gris, un peu voilé, met peu en valeur la petite route grimpant sur la Salève que nous empruntons à partir de Cruseilles. Pourtant, au bout de la longue montée sous les sapins, la vue s’étend largement de chaque côté de la ligne de crête : à l’est c’est la Chaîne du Bargy et le Plateau des Glières, avec en arrière la haute barrière enneigée des Aravis et, au fond, le Mont Blanc, le Dôme du Goûter, les Grandes Jorasses, etc. A nos pieds, au nord ouest, s'étale la plaine de Genève dont on aperçoit le grand jet d’eau, trait blanc vertical à l’orée du Lac Léman qui se perd loin à l’est, tandis que les Monts Jura barrent l’horizon. Nous pique-niquons devant le grandiose panorama, puis redescendons brusquement jusqu’à Annemasse où nous expédions notre courrier affranchi de timbres français et achetons encore un peu d’épicerie fraîche (le dysfonctionnement du frigo est décidément bien gênant). Nous repartons alors vers Genève, passons la frontière sans encombre et longeons ensuite tout le Lac Léman sans nous arrêter jusqu’à Lausanne. Nous nous rendons jusqu'à Cheseaux-Étanière où se trouve l’unique magasin Top Accessoire de Suisse. Accueil aimable du chef d’atelier qui m’avoue cependant rapidement ne rien connaître aux frigos à compression… J’obtiens quand même d’un vendeur obligeant l’adresse de la compagnie Waeco qui importe le matériel Danfoss destiné au marché suisse. Il fait très sombre lorsque nous repartons, et la pluie se met bientôt de la partie…

Un peu découragés et de l’échec de la réparation et de la poursuite du mauvais temps, nous décidons de nous avancer. Lecture des cartes, puis longue route à travers la riche campagne helvétique, soignée, propre, parfaitement mise en valeur. Le climat très doux du bord du lac permet l’épanouissement de la vigne et des fruitiers, le foin abonde dans les prairies et les céréales blondissent sur les pentes douces. A Yverdon nous abordons à nouveau la vaste étendue plate et grise d’un lac, celui de Neufchatel cette fois, dont nous longeons la rive. Dans le crépuscule et sous la pluie, il est temps de chercher un bivouac. Nous finissons par atteindre la ville de Neufchatel et allons nous installer sur un vaste stationnement près de la piscine, juste au bord du lac sur lequel la nuit tombe durant notre souper tardif (21:00). Mise à jour du carnet de route et coucher à 23:30 sous le crépitement des gouttes frappant le toit.


Jeudi 3 juillet 1997 : de NEUFCHATEL à ALTNAU (Bodensee) (323 km)

Nous parcourons bien des kilomètres aujourd'hui, à la poursuite de notre contrôleur électronique de frigo ! Nous nous levons sans trop nous presser, tout environnés des voitures des citoyens venus qui travailler en ville, qui accompagner leurs enfants dans les stades et gymnases tout proches où nous les entendons jouer et crier. Le temps est encore maussade, le ciel sombre et le lac gris tandis que nous le longeons vers le nord. Puis nous passons au Lac de Bienne, plus petit, avant d’aborder une campagne toujours aussi verdoyante et prolifique mais plus accidentée vers Solothurn, Olten puis Aarau. Nous suivons l’autoroute jusqu’à Lenzburg où la rapide Route n°1 bifurque vers Zurich. Monique me guide habilement jusqu’à Rümlang et, vers 14:30, nous y trouvons facilement le siège du répondant Danfoss pour la Suisse. Un technicien affable nous accueille, vérifie que la cause de la panne réside bien dans la carte électronique, nous la change sans problème mais au moment de partir, nous présente une facture de 300 $ pas du tout à notre goût… Explications, discussion, il semble que cet aimable intermédiaire ne puisse ni faire un échange standard de pièces ni facturer le remplacement sous garantie à Top Accessoire en France. Coup de fil à B et W, le concessionnaire de Lausane, qui nous a adressé à Waeco hier et qui maintenant se défile, réservant sa garantie aux appareils qu’il vend en Suisse… Nous serions mal pris si le technicien de Waeco, désirant malgré tout nous sortir du mauvais pas, ne faisait un autre appel auprès de l’importateur de Vitrifrigo (la marque de notre réfrigérateur) auquel il explique notre problème. Celui-ci accepterait de nous échanger le contrôleur sous garantie, à condition que nous le rejoignions à son atelier qui se trouve à Schlatt, à une quinzaine de kilomètres de Winterthur.

Sous la pluie battante, nous rattrapons rapidement l’autoroute au nord de Zurich pour… y tomber en panne d’essence ! Le jerrican aidant, nous repartons et, en nous égarant un peu sur des petites routes de campagne très vallonnées, aboutissons à un hameau très rustique où quelques fermes fleurent la vache et le fumier… Renseignement pris à la poste, ce n’est pas le bon Schlatt, il en existe un autre pas mal plus au nord, un peu avant Shaffausen, à une cinquantaine de kilomètres. Nous reprenons notre bâton de pèlerin, rattrapons Winterthur par une route un peu plus directe puis filons vers le nord sur la nationale (15). Le ciel s’est progressivement dégagé et la lumière avive un peu les vertes collines que nous traversons. Enfin, au bout d’un énième village aux grosses maisons pittoresques, nous trouvons la petite entreprise qui importe en Suisse les produits Vitrifrigo. A nouveau très aimable accueil du jeune propriétaire de la boutique et de sa mère parlant fort bien le français en ces terres pourtant germanophones. Ils écoutent avec bienveillance le récit de nos pérégrinations, puis échangent gracieusement la pièce défectueuse, sans discuter de la date de la facture qu’ils se contentent de photocopier.

Fort heureux de nous en tirer à si bon compte, nous nous laissons convaincre de quelques destinations alpines pittoresques " valant le détour " puis rallions au plus court le Bodensee (Lac de Constance). Jolies vues sur le diverticule de l’Untesee. Nous déjeunons et soupons tout à la fois dans une aire de pique-nique au bord de l’eau, avant de gagner la ville de Konstanz vite traversée pour aller stationner sur le quai au bord du Rhin naissant (au même emplacement qu’il y a 5 ans lors de notre virée vers la Bavière). Nous nous préparons à y dormir au pied des grands immeubles Rococo datant du début du siècle. Mais après quelques minute de contemplation du lac sous le crépuscule, nous renonçons à ce possible bivouac beaucoup trop troublé par le passage des rames sur le pont de chemin de fer tout proche. Nous repassons donc en Suisse pour longer la rive sud du Bodensee. Quelques tentatives pour s’arrêter au bord de l’eau s’avérant infructueuses (campings ou hôtels-restaurants partout, terrains privés jalousement clôturés…), nous grimpons plutôt un peu sur le versant au sud du lac pour aller poser nos pénates en bordure du village d’Altnau, entre les belles maisons entourées de leur jardin prolifère et les vergers occupant toutes les pentes douces descendant vers le lac. La pluie reprend dès notre installation…


Vendredi 4 juillet 1997 : d’ALTNAU à ZURS (Voralberg) (136 km)

Excellente nuit en bordure de notre village suisse, et réveil assez matinal (8:00) aux coups de marteau d’un couvreur travaillant sur une maison en construction derrière une haute haie de thuyas. Nous démarrons donc avant 9:00, malheureusement encore une fois sous un ciel très chargé qui laisse échapper quelques gouttes de temps à autre. Vue agréable, quoique limitée par la grisaille, sur le Bodensee et sur la base des montagnes en face. Notre route longe la rive du lac en traversant de nombreux villages, tous très soignés, où l’on perçoit l’opulence helvétique à la grandeur et aux finitions des maisons, à leur cadre paysager, au brillant des voitures toutes récentes qui emplissent les rues et à une ambiance générale de chic et de léché… Voralberg : gorges de Dornbirn
Voralberg : gorges de Dornbirn

La Maison Rouge à Dornbirn
La Maison Rouge à Dornbirn

L’impression se poursuit après le franchissement de la frontière autrichienne à St Margrethen que le douanier nous fait traverser d’un signe de l’index. Nous allons alors faire un tour au centre de Dornbirn pour tirer un peu d’argent sur un Bancomat. Démarche un tantinet longuette car la première machine ne prend pas Master Card et la seconde est en panne… Une troisième accepte enfin de nous livrer les quelques sous nécessaires aux prochains jours. Ici aussi le centre ville piétonnier, tout neuf ou rénové, est très propre, l’aménagement urbain de première classe et les magasins chics et chers.
Nous ne nous attardons pas et attaquons vers midi les longues rampes raides qui mènent au Col de Bodele, à 1 148 m d’altitude. Vue étendue sur les montagnes de l’Alpenzell, les bords du Bodensee et la Bavière sur l’autre rive, depuis plusieurs virages de la montée. Nous sommes malheureusement aux trois-quarts dans les nuées lorsque nous prenons notre déjeuner dans le col, au cœur des Bregenserwald très vallonnés. Col de Bodele dans le brouillard
Col de Bodele dans le brouillard

Schwarzenberg centre du viallage
Centre du village de Schwarzenberg


Une descente accusée nous entraîne ensuite vers Schwarzenberg où nous découvrons la petite église : épais murs blancs sous le clocher pointu, mobilier élégant sculpté dans le bois clair, peintures et décor baroque lumineux et pas trop chargé. Autre sujet d’intérêt : les croix et autres ferronneries sur les tombes du petit cimetière entourant l’église.
Nef de l'église de Schwarzenberg
Nef de l'église de Schwarzenberg

Portrait dans l,église
Portrait dans l'église de Schwarzenberg


Un dernier coup d’œil sur la place en avant où chante une fontaine fleurie, et nous repartons par la bonne route de vallée serpentant entre les montagnes embrumées. Tout au long de la montée au Hochtannberapass (1 679 m) nous doublons des troupeaux de vaches en transhumance vers les alpages. Quelques beaux coups d’œil sur les gorges sauvages et profondes, puis nous nous enfonçons dans la ouate des nuages… Évidemment nous ne verrons rien du panorama ** signalé par le Guide Vert, et nous devons redescendre très lentement en guettant les phares des véhicules montant. En quittant Schwarzenberg
En quittant Schwarzenberg

Au dessus de Lech
Au dessus de Lech

Une autre jolie route de vallées entourées de pentes empanachées nous mène à Lech. Hélas ce sont la pluie et l’orage qui nous surprennent alors. Nous décidons d’attendre la fin du mauvais temps pour poursuivre notre périple. Deux heures plus tard, le ciel s’éclaircit et nous allons faire un tour au centre de la très chic station.

Lech étalée dans sa vallée
Lech étalée dans sa vallée

Centre de Lech
Centre de Lech

Quelques cartes postales, et nous allons nous arrêter - fort tôt pour une fois - à Zurs, sous la pluie qui reprend, espérant le beau temps pour passer le Flexenpass quelques 60 m au dessus de nous. Soirée morose en écoutant la pluie tambouriner sur le toit…


Samedi 5 juillet 1997 : de ZURS à WATTENS (168 km)

La pluie qui nous réveille se poursuit toute la journée, inexorablement, avec quelques rares interruptions. Le plafond bas et le ciel très gris bouchent la vue, cachent les sommets et minent le moral… A part cela, nuit fort calme à Zurs déserté par les touristes, sur le large terre-plein détrempé bordant la route menant au Col de Flexenpass. Nuit fraîche aussi (5°) car nous sommes en altitude (1 700 m); le chauffage sollicité hier soir s’est noyé, je réussis à le faire redémarrer en faisant tourner un peu le moteur pour relever la tension de la batterie décidément bien basse. Mais tant d’eau autour de nous nous dissuade de prendre notre douche coutumière…

A 9:30, nous passons le col perdu dans les nuages, descendons un peu vers Raus avant de grimper à nouveau les 1 793 m de l’Albergpass : vue bouchée décevante, pluie… La visibilité est un peu meilleure lorsque nous dévalons la pente vers St-Christoph puis St-Anton où nous arrêtons une bonne heure, le temps d’admirer les gros chalets pimpants de cette station chic et de faire le plein de denrées fraîches à l’épicerie chère. La route continue de descendre jusqu’à Lamdeck où je m’égare un peu en voulant trouver l’église baroque signalée par le Guide et nous engage sur la route du Reschenpass menant en Italie. La file de voiture est longue lorsque nous retraversons la ville après avoir fait demi-tour assez loin dans la gorge.
La route du Brenner près de Lamdeck
La route du Brenner près de Lamdeck

C’est ensuite une large et plate route empruntant la vallée de l’Inn que nous suivons jusqu’au monastère de Stams. Visite de l’abbatiale, au baroque clair souligné de maintes ferronneries superbes et de dorures alambiquées. Un mariage se déroule devant l’autel surmonté d’un étonnant retable sculpté (1613) or sur fond blanc représentant l’Arbre de Jessé, tandis qu’une chaire exubérante elle aussi en bois doré flanque la nef. En sortant j’ai juste le temps de filmer la Grille des Roses, un chef d’œuvre de ferronnerie datant de 1716 où s’entrelacent inextricablement feuilles, branches et fleurs de rosiers, avant d’enregistrer la fanfare saluant la sortie des mariés. Nous allons ensuite visiter la riche Salle des Princes dont le plafond s’ouvre sur une galerie à balustres dorées et dont les murs sont couverts de peintures (1722) représentant les épisodes de la vie de Saint Bernard. En quittant, coup d’œil au cadre bucolique de l’abbaye dressant ses bâtiments blancs et jaunes aux bords de la large vallée de l’Inn.

Église de Seefeld-in-Tyrol
Église de Seefeld-in-Tyrol

Nous gagnons alors Barwies dans une vallée voisine puis Telfs, avant de grimper brusquement jusqu’au belvédère de Mösern qui offre une vue superbe sur la vallée de l’Inn encadrée par des montagnes dont les sommets demeurent malheureusement cachés par les nuages. Quelques plans en protégeant tant bien que mal la caméra de la pluie, et nous gagnons ensuite Seefeld in Tyrol : j'y filme la jolie chapelle en rotonde (Seekucherl), les prairies au milieu des bois, mais aussi la pléiade d’hôtels et de pensions très chic dans cette élégante station de villégiature.

L’impossibilité d’y stationner et la poursuite de la pluie nous incitent à redescendre sana délai vers Innsbruck par la rampe à pic (16%) du Zirlerberg qui rachète les 500 m de dénivellation séparant Zirl de Reith bei Seefeld. Les freins chauffent un peu, mais nous sommes bientôt dans la vallée pour la quinzaine de kilomètres faciles qui nous séparent d'Innsbruck. Les principaux points d’intérêt de la ville nous sont déjà connus depuis notre visite il y a 8 ans, et le temps n’incite guère à flâner sur les quais de l’Inn. Nous traversons donc rapidement la capitale du Tyrol pour aller bivouaquer, à la nuit tombante et sous la pluie, une douzaine de kilomètres plus loin dans la vallée de l’Inn, sur le grand stationnement d’une auberge près du cimetière de Wattens.


Dimanche 6 juillet 1997 : de WATTENS à ST GILGEN (197 km)

Nuit paisible mais ponctuée d’averses qui crépitent sur le toit… Évidemment au matin le ciel est toujours aussi chargé et la pluie encore là.

Elle se poursuivra toute la journée, nous poussant à une véritable " fuite en avant " vers l’est. Nous commençons cependant par aller voir la très jolie église de Volders, à peine aperçue hier dans la pénombre. Bâtie autour d’une rotonde central servant de nef, elle dresse ses murs rouges et blancs et son clocher coiffé d’un bulbe à deux pas de l’autoroute et de l’Inn roulant des flots blanchâtres gonflés par la pluie incessante.
Église de Volders
Église du couvent des Servites à Volders


Nef de Volders
Nef de Volders

Nous tombons au milieu de la messe de 10:00 avec chants, orgue et participation active des fidèles qui remplissent l’église au delà de la grille de séparation ouvragée. On sent la ferveur de l’assemblée rehaussée par la beauté du lieux (ou bien est-ce l’inverse ?).
Autel de Volders
Autel de Volders

Nous avons tout le temps d’admirer les peintures intérieures, en particulier la coupole couverte par Martin Knoller (1725-1804) d'une superbe composition dynamique aux couleurs fraîches, ainsi que le reste du décor doré.

Coupole de Volders
Coupole de Volders autour de sa lanterne
Peinture du plafond de Volders
Peinture du plafond de Volders

Couvent des Servites à Volders
Dans le soleil couchant, le Couvent des Servites à Volders

Extérieur de l'église de Schwarz
Extérieur et abside de l'église de Schwarz

La route de la vallée de l’Inn se poursuit, pluvieuse et ennuagée, jusqu’à notre escale à Schwarz pour la visite de la Pfarrkirche (église paroissiale)...
...une grande église halle du XVème aux deux chœurs parallèles et deux bas côtés plus étroits mais tout aussi hauts.
Nef de Schwarz
Nef de la pfarrkirche de Schwarz

Voûte en réseau de Schwarz
Schwarz : voûtes en réseau

Sous la belle voûte en réseau se fait entendre un orgue au somptueux buffet baroque divisé en 4 sections,
Orgue de Schwarz
Schwarz : le bel orgue baroque
 derrière une Crucifixion d’une grande émotion
Crucifixion de Schwarz
Crucifixion de Schwarz

et un autel de Sainte Anne aux époustouflantes sculptures baroques en bois doré représentant la Sainte Parenté : Sainte Anne portant Marie et Jésus, entourée de Sainte Élisabeth et de Sainte Ursule.

Autel de Sainte Anne à Schwarz
Autel de Sainte Anne à Schwarz

Dormition de la Vierge
Schwarz : Dormition de la Vierge

Vitrail de la Vierge à l'Enfant
Schwarz : Vitrail de la Vierge à l'Enfant
Sainte Anne portant Jesus et Marie
Schwarz : Sainte Anne portant Jesus et Marie

Schwarz : Vierge
Schwarz : Vierge

Abrités sous notre parapluie nous regagnons le camion pour reprendre la route vers le nord est. Elle longe la haute chaîne des Kaisergebirge (au nord) qui demeurent cachées, noyées dans les nuages… Suivant les flots tumultueux de plusieurs rivières boueuses et débordantes, nous quittons le Tyrol peu après St Johann pour une brève incursion en Bavière via Bad Reichenhall, histoire de rallier plus vite Salzburg. Plein d'eau à l'abreuvoir dans un village près de Schwarz
Plein d'eau à l'abreuvoir dans un village près de Schwarz

Salzbourg depuis Moonberg
SALZBURG : depuis Moonberg
La pluie cesse juste lorsque nous arrêtons devant le Festspielhaus pour faire la balade jusqu’à l’Hohensalzburg, l’ancien château fort des princes archevêques qui se dresse sur un bloc de dolomite 120 mètres au dessus de la Salzach.

Gedeistrasse
SALZBURG : Getreidestrasse

Cour de St-Peter
SALZBURG : place devant St Peter
Pénétrant dans la cour de l'Abbaye de St-Peter, nous admirons rapidement l’élégante décoration baroque de la nef,
Grilles de St-Peter
SALZBURG : grilles de St-Peter

puis traversons le jardin romantique que constitue le cimetière Saint-Pierre (Petersfriedhof) avant de grimper le raidillon menant au château lui-même.
Petersfriedhof
SALZBURG : Petersfriedhof (Cimetière St Pierre) au pied du Hohensalzburg

Après plusieurs portes et salles fortifiées débouchant à l’intérieur de la forteresse, on passe au pied de la tour du donjon en restauration pour aboutir à la place centrale ombragée par deux énormes tilleuls sur laquelle donne la petite église saint Georges. Sur sa façade, un groupe sculpté en marbre rouge de Salzburg représente l’archevêque Leonard von Kensbach (1495-1519) entouré de deux lévites. Ce sévère ecclésiastique à la mine patibulaire fut l’un des constructeurs du château…

Monqiue admirant le panorama sur Salzburg
SALZBURG : Monique contemple la ville depuis le grand bastion Kuenburg
De là, on gagne la terrasse du grand bastion Kuenburg d’où l’on découvre une vue superbe sur la vieille ville, ses dômes et ses clochers, le ruban de la Salzach et l’horizon de montagnes entourant la ville. Pour couronner la scène, un pâle rayon de soleil fait enfin son apparition après cinq jours de ciel plombé !
Nous redescendons par le sentier longeant le funiculaire et allons traîner sur la Residenzplatz, près de la Fontaine aux Chevaux. Nous regagnons l’Aigle en parcourant l’étroite Goldgasse puis l’Alte Markt aux belles façades classiques, et en contournant l’arrière de la grosse Kaligienkirche baroque. Un petit billet incompréhensible (tout en allemand) semble vouloir nous signifier un stationnement illicite; il va rejoindre les cartes postales et autres souvenirs locaux…
Salzburg : Mirabelle Garten
SALZBURG : Vue sur le Hohensalzburg depuis Mirbel Garten
Lac de Saint Wolfgagng dans le Salzkamergut
Lac de Saint Wolfgagng dans le Salzkamergut
Nous quittons alors la vieille cité pour nous diriger vers les lacs du Salzkamergut où nous voulons faire étape. Jolie vue sur le petit lac de Fuschl où un autre rayon de soleil vient illuminer l'agréable paysage en fin de soirée, puis superbe descente sur le Lac de St Wolfgang qui s’étend au loin entre les montagnes, tandis que les chalets de St Gilgen dévalent la pente à nos pieds. Nous gagnons la rive du lac et allons bivouaquer juste à la sortie du village, sur une petite route en impasse épousant la courbe du rivage. Elle offre calme absolu et vue grandiose sur le lac et sur son cadre de montagnes étagées jusqu’à l’horizon.


Lundi 7 juillet 1997 : de ST GILGEN à KRENGLBACH (WELS) (139 km)

Le bruit de l’eau dégouttant des arbres et s’écrasant sur le toit et sur la carrosserie nous accompagne toute la nuit. Il est encore là au lever, et le paysage de lacs et de montagnes à peine entrevu hier soir dans la pénombre est encore plus bouché ce matin. C’est donc assez déçus que nous reprenons la route faisant le tour du Salzkamergut et de ses lacs vers St-Wolfgang.  St-Wolfgangsee depuis le Shaftberg
St-Wolfgangsee depuis le Shaftberg

St-Wolfgang dans la brume
St-Wolfgang dans la brume

Nous commençons par le St Wolgangsee et par le village homonyme rejoint sous une pluie battante par l’extrémité sud du lac.
Au moins le mauvais temps nous épargne-t-il la foule dans ce village certes pittoresque mais oh combien touristique : les maisons traditionnelles plus ou moins récentes se succèdent dans les quelques vieilles rues parallèles à la rive... Le site de St-Wolfgang sous le soleil...
Le site de St-Wolfgang sous le soleil...
L'Auberge du Cheval-Blanc, celui de l'opérette !
L'Auberge du Cheval-Blanc, la « vraie », pas celle de l'opérette au Châtelet !

...jusqu’à la Place du Marché bordée par la fameuse " Auberge du Cheval Blanc " (celle de l’opérette) joliment peinte et décorée,
et par la petite église de pèlerinage un peu massive. A l’intérieur, des trésors de sculpture ancienne (buffet d’orgue, chaire, autels, etc.) ...
Nef de l'église de St-Wolfgang
Nef de l'église de St-Wolfgang


...et bien sûr, l’extraordinaire retable de Michaël Pacher (1481) dont le riche caisson central de bois sculpté et doré représente, dans une débauche de détails, le Couronnement de la Vierge. Au dessous, une délicate Nativité, sur les côtés quatre panneaux peints aux couleurs fraîches narrent la vie de Marie. L’architecture qui l’entoure vaut elle aussi le coup d’œil : double nef couronnée d’une voûte nervurée et peinte, hauts vitraux laissant entrer une lumière ténue dans l’édifice…

Retable de Pacher
Retable de Pacher
Vierge de la Nativité
Vierge de la Nativité (Pächer)

En sortant, la vue serait splendide sur le lac et son cadre de montagnes depuis les arcades du promenoir extérieur si le soleil était de la partie….

Quelques plans vidéo de la rue principale bordée de belles façades peintes ou en bois sculpté, et je regagne en hâte l’Aigle où m’attend Monique rebutée par la pluie incessante.
Rue de St-Wolfgang en fin de journée
Rue de St-Wolfgang en fin de journée

St-Wofgang et le Shaftberg vu du lac
St-Wofgang et le Shaftberg vus du lac
Nous achevons notre incursion à St Wolfgang par un petit tour le long de la rive où se succèdent hôtels et pensions mais renonçons à l’excursion du Schaftberg (petit train à crémaillère montant jusqu’à 1 783 m) qui disparaît presque entièrement dans les nuées.

St-Wofgang en fin de journée
St-Wofgang en fin de journée

 Bad Ischl et la villa impériale (Kaiservilla)
Bad Ischl et la villa impériale (Kaiservilla)
Nous reprenons alors la route vers Bad Ischl. Elle serpente dans de profondes vallées malheureusement envahies par la brume et la pluie, tout au long du cours tumultueux et débordant de l’Ischl.
Dans la petite ville d'eau, nous nous dirigeons directement vers le parc abritant la villa impériale où Franz Josef passa 60 étés, de 1848 à sa mort en 1916.   Villa impériale de Bad Ischl
Villa impériale de Bad Ischl
Le Trophée du Chasseur
Dans le kaiserpark, au pied de la statue de Franz Josef
rentrant de la chasse, le Trophée du Chasseur

Magnifique domaine paysager, le kaiserpark s’adosse à la montagne où l’empereur adorait chasser; d’ailleurs la villa jaune aux colonnades à l'antique est remplie de trophées…

On visite les appartements privés, la chambre et le bureau de François Joseph, l’oratoire et le bureau de Sissi ainsi que quelques pièces d’apparat un peu plus soignées au rez-de-chaussée. Impression d’une vie relativement simple, loin des fastes de la cour et de Vienne, pour le fameux couple impérial perpétuellement soumis à la sévère étiquette espagnole.

L'Empereur Franz-Josef
 Franz Josef jeune, peint par Franz Xavier Winterhalter
L'Impératrice Elizabeth peinte par Winthertaller
L'Impératrice Elizabeth peinte par Franz Xavier Winterhalter

Nous faisons ensuite quelques centaines de mètres dans les allées du parc, grimpant sous les grands arbres jusqu’au charmant Marmorschlossel, le " petit château de marbre " construit par Sissi qui aimait s’y retirer. J’aimerais poursuivre la balade dans ce parc magnifique mais la pluie nous transperce malgré nos imperméables et notre parapluie, et nous devons battre en retraite jusqu’à l’Aigle pour un dernier tour rapide des rues chic de la petite ville d’eau.

Sissi en Reine de Hongrie (1867)
L'Impératrice Elizabeth d'Autriche « Sissi »
en Reine de Hongrie (1867)

Franz-Josejf en vieux chasseur tyrolien
Franz-Josef ii, vieil Empereur d'Autriche en 1907

Nous descendons alors la vallée de la Traun gonflée par la crue jusqu’au Traunsee que nous contournons. La vue serait superbe sur l’autre rive sauvage aux crêtes hérissées de sapins qui font penser à un paysage d’estampe japonaise, si la visibilité était suffisante et le ciel plus lumineux. L’eau très haute affleure sur les quais des petits ports nichés sur la rive jusqu’à Gmunden. Je dois m'arrêter un moment pour bricoler le relais de l’essuie-glaces malencontreusement bousculé en pompant l’eau du lave-glaces qui empestait l’alcool à brûler… Nous quittons alors la montagne pour filer dans la plaine vers le nord. A 18:30 il commence à faire très sombre en traversant Wels. Nous cherchons un bivouac que nous découvrons le long de la route 137, sur le stationnement d’un lotissement chic. Nous commençons à en avoir marre de la pluie continue qui nous poursuit depuis maintenant 5 jours et songeons à redescendre au plus court vers l’Italie.



26. En suivant le Danube jusqu'à Vienne

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