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La Norvège jusqu'aux Îles Lofoten

1 : De France en Hollande

Jean-Paul et Juliette MOUREZ à bord de l’Aigle

Été 1998


Arrivé le jeudi 25 juin au soir en provenance de Montréal avec Mathieu, je retrouve à Sainte-Foy Monique et Juliette qui nous y attendent depuis quelques jours. Elles ont amené l’Aigle dans le jardin à l’arrière et nous consacrons une bonne partie du vendredi à tout mettre en ordre pour partir dans la soirée en direction de Rioms où doit avoir lieu samedi le mariage de Sophie Blésès. Coucher en route dans un village auvergnat un peu après Thiers.

Le samedi matin 27 juin nous retrouvons toute la famille au restaurant pour le repas de midi auquel nous convie Jean Boissier. Puis nous gagnons le hameau de Marcillat pour les cérémonies à la mairie puis à l’église. La fête se poursuit fort tard dans la nuit autour d’un superbe buffet dans la grande salle des fêtes du village. Harassé par le décalage horaire et par tous les déplacements ininterrompus des trois derniers jours, je me retire tôt dans l’Aigle et tombe épuisé dans un profond sommeil. Vers 2:00 du matin, Monique, Juliette et Mathieu me rejoignent et nous allons finir la nuit sur le stationnement de l’hôtel loué par la famille aux portes de Rioms.

En fin de matinée nous retournons donner un coup de main aux jeunes mariés, à leurs parents et à quelques amis qui achèvent de ranger la salle de fête. Au début de l’après midi, nous prenons tous quatre la direction du nord pour rallier la Normandie. Après 250 km nous sommes à Loches, une quarantaine de kilomètres avant Tours. Nous trouvons un bivouac acceptable dans un beau jardin public fleuri tout près de la vieille ville et nous y endormons tôt pour tenter de récupérer la fatigue accumulée au cours des derniers jours.
 

Lundi 29 juin 1998 : de LOCHES à CAEN

 Excellente nuit près de la rivière, au pied du château et de la ville médiévale parcourue hier soir à la brunante. Nous nous levons tard sous le grand soleil, Mathieu de mauvaise humeur comme toujours en camping…

 Une longue route nous fait traverser Tours puis Le Man par des déviations et autoroutes peu évidentes, Alençon où nous tentons vainement de rejoindre Madé, puis Argentan. À Falaise nous allons jeter un coup d’œil au château de Guillaume-le-Conquérant dont la restauration est quasi terminée.  Arrivée à Caen à 16:30 sous un ciel de plus en plus chargé. Maman nous y reçoit chaleureusement puis nous allons accueillir à la gare Sophie et Samuel qui arrivent de Toulouse. Nous y faisons la bise à Gilles qui vient chercher sa fille avant d’aller nous coucher tôt dans l’Aigle au bord de la plage d’Hermanville en laissant Mathieu et Juliette chez Maman à Caen.
 

Mardi 30 juin 1998 : CAEN

 Lever tard  au calme, puis quelques courses à l’Intermarché, salutations à Gilles et Ginette en passant et plein d’eau. Déjeuner chez Maman avant d’emmener Juliette avec moi chez Leneveu à Bénouville. Nous y achetons un bouchon de réservoir d’eau en remplacement de celui perdu à Lyon et du liquide pour les W.-C. , y visitons deux fourgons sur Fiat Ducato Swift et Westphalia – décevants – et retournons chez Gilles et Ginette où Mathieu installe Linux sur l’ordinateur d’Olivier.

 En début d’après-midi, visite à Denis et Françoise, avant de souper à Caen chez Maman et de visionner avec elle un film Larousse sur le Kenya. Nous dormons dans le jardin derrière l’immeuble.
 

Mercredi 1er juillet 1998 : CAEN

 Bonne et longue nuit pour un lever tardif à 10:30. En après-midi, je démonte partiellement le pot d’échappement qui résiste puis bricole une goulotte de remplissage à visser sur les bidons à eau qui nous servent de tiroir dans la soute. Quelques courses au Castorama, aller-retour chez Gilles pour bricoler, souper. En soirée je visionne le film du National Trust consacré aux jardins anglais que nous avions offert à Maman il y a trois ans, pendant que Mathieu sort avec Majda et que Juliette et Monique vont voir « Titanic ». Je vais dormir seul devant le garage VAG Autotechnic pour être prêt demain matin à l’ouverture de l’atelier.

Travaux d’aménagement, réparations et préparatifs se poursuivent durant les trois jours qui suivent.
 

Samedi 4 juillet 1998 : de CAEN à NEUFCHATEL EN BRAY (184 km)

Bonne et longue nuit avec Monique dans l’Aigle stationné derrière l’immeuble à Caen, puis aller-retour à Hermanville pour conduire Mathieu, faire le plein d’eau et nos adieux aux Hermanvillois. Au retour avec Juliette, nous faisons le plein d’essence et nos dernières courses de produits frais dont nous bourrons notre frigo au Champion de Lébisey. Adieux à Monique et à Maman après une dernière discussion, puis nous arrêtons à Vaucelles saluer Thomas, Denis et Françoise. Il est 18:00 lorsque nous prenons enfin la route.

 Le moteur tourne rondement maintenant qu’il a été bien réglé, les coffres sont pleins, le camion bien lesté s’inscrit lourdement dans les virages de la petite route longeant l’autoroute qui mène à Rouen. Embarras à la sortie de Caen, traversée des marécages de la vallée de la Dive. Riches fermes du Pays d’Auge aux bâtisses de briques dans l’ensemble soignées. Enfin nous arrivons à Rouen embrumé et empuanti par les fumées de ses industries. Nous franchissons la Seine près de la cathédrale puis retrouvons la verte campagne normande en regagnant la plaine du Pays de Bray. Bivouac à Neufchâtel sur une rue écartée en impasse.
 

Dimanche 5 juin 1998 : de NEUFCHATEL à COUTICHES (238 km)

Réveil tard tant l’environnement est calme dans notre cul-de-sac… Nous décollons vers 10:30 pour gagner Abbeville en traversant les côtes du Pays de Bray aux douces ondulations et aux lointains bleutés. Stationnant sur la Grande Place entièrement reconstruite de façon plus ou moins heureuse, nous faisons le tour de St Vulfran, une belle église flamboyante du XIIIème – XVIème dont la façade très décorée (sculptures, rosaces, etc.) est encore en très mauvais état malgré les restaurations en cours. La nef est à peu près complète mais le chœur n’a jamais été terminé.

Abbaye de Valloires
L'abbaye de Valloire côté jardins

Un peu déçus, nous repartons pour rejoindre l’abbaye cistercienne de Valloires et ses jardins. Au bout d’une jolie vallée plantée de peupliers apparaissent les bâtiments bien conservés. Nous en négligeons la visite pour nous diriger plutôt vers ses jardins aménagés en 1982. Agréable parcours d’abord du « cloître végétal » puis des « îles », des bosquets entourés d’une mer de gazon, qui abritent toute une variété d’arbres et d’arbustes regroupés par thématique. La balade s’achève dans la roseraie installée dans l’ancien jardin clos (le potager ?) du couvent, juste au pied des bâtiments monastiques. Si les diverses chambres et autres décors s’inscrivent fort bien dans le relief et le paysage, en revanche le temps très gris et le peu de développement de beaucoup d’arbres déçoivent un peu. Et puis les fleurs et leurs couleurs semblent trop rares et un peu perdues dans ces immenses pelouses soignées.

Départ à 16:15 vers le nord et la Belgique avec un long arrêt sur les deux places anciennes d’Arras: la Grand Place, majestueuse mais déserte, et la Place des Héros devant l’Hôtel de Ville, plus intime et vivante mais envahie par de grandes estrades métalliques en construction destinées à un prochain jeu Interville… Juliette trouve ces vieilles villes bien mortes et l’ambiance manque de pittoresque. Finalement notre route file encore vers le nord jusqu’à ce que nous faisions halte à quelques kilomètres de la frontière en direction de Tournai, dans le village de Coutiches, sur le même stationnement du petit lotissement où nous nous étions arrêtés Monique et moi au printemps 1997. Bivouac paisible à l’écart de la grande route, au milieu des champs de maïs et des vaches.
 

Lundi 6 juillet 1998 : de COUTICHES à ARNHEM (348 km)

 Nuit tranquille et réveil matinal à 8:00 pour décoller à 9:00. Nous sommes très vite en Belgique, après un arrêt au dernier Intermarché français avant la frontière pour acheter une carte du Bénélux (impossible de remettre la main sur les cartes de la Belgique et de la Hollande laissées à Lyon ou à Caen ?). Je profite de notre passage à Tournai pour aller revoir la Grande Place maintenant dégagée et agrémentée d’une double rangée de jets d’eau qui seraient rafraîchissants si le temps n’était aussi couvert. Puis nous descendons jusqu’à la cathédrale dont Juliette admire l’extraordinaire nef romane et le beau chœur gothique.

Cathédrale de Tournai
Nef de la cathédrale de Tournai
 
Chasuble du trésor


Nativité
 
Icone


Je profite aussi de ma  connaissance du garage Volkswagen local et de son sympathique chef d’atelier (qui avait remplacé notre embrayage défectueux l’an passé à même époque) pour faire diagnostiquer la panne du phare avant droit. Il me reconnaît, se souvient de nos projets de voyage et trouve en quelques instants le connecteur défaillant derrière le porte-fusibles. Je repars rassuré lorsque nous quittons Tournai pour Bruxelles.

Temps maussade, averses fréquentes sur la route plate et rapide sans curiosité notable. L’arrivée à Bruxelles est sportive, la circulation intense et il nous faut un moment pour comprendre le principe du périphérique local sur lequel nous finissons par nous engager. Nous tombons par hasard sur la Colonne du Congrès (un autre souvenir d’il y a dix ans) et stationnons à deux pas de l’hôtel qui nous avait alors hébergés. Vue étendue sur la ville depuis l’esplanade de la Cité administrative, descente vers la cathédrale St-Michel encore en restauration : la nef est magnifique mais le chœur encore fermé et l’abside environnée d’échafaudages derrière lesquels on devine la réfection complète des sculptures, contreforts, gargouilles et autres décors de pierre blanche.


Sous la pluie, nous descendons jusqu’à la Grand Place. Hélas, comme à Arras elle est aussi envahie par des gradins jaunes et rouges qui la défigurent et empêchent d’admirer les extraordinaires façades sculptées. Foule, pluie intermittente, manque de vue et de perspective… nous traînons un peu en écoutant la répétition d’un grand orchestre symphonique sur la scène recouverte d’une tente, allons jusqu’au carrefour où trône le fameux Mannekenpis, achetons au passage des écussons autocollants puis remontons nous mettre à l’abri dans notre Aigle en traversant au passage les élégantes Galeries St-Hubert. Les beaux musées (Musée Horta, des Arts Anciens) qui nous auraient intéressés sont fermés le lundi. Nous décidons d’abréger la visite, quitte à nous rattraper à notre retour, et de nous avancer vers le nord. En partant, au prix d’un difficile détour à l’heure de pointe, nous laissons un message à Marie-Anne, une amie québécoise que Juliette a connue au Kenya, puis nous quittons la grande ville sans encombre grâce aux évidents talents de navigatrice de Juliette.

Nous roulons toute la soirée sous la pluie sur les autoroutes rapides pour aller dormir près d’Arnhem, sur le stationnement à l’entrée du parc de la Haute-Veluwe, prêts à parcourir demain matin les 10 km qui nous séparent du Musée de la Fondation Kröller-Müller.
 

Mardi 7 juillet 1998 : d’ARNHEM à BREMEN (338 km)

Ciel toujours aussi variable et gris avec quelques éclaircies entrecoupées de fines averses… Nous nous levons tard en récupérant la fatigue de la route d’hier. Au moment de prendre les billets, déception : on n’accepte pas les cartes de crédit ici, il nous faut gagner la ville d’Arnhem à 12 km et y trouver un guichet automatique. Cinquante kilomètres et une heure demie plus tard, de retour (après bien des aléas) à l’entrée du parc, nous y trouvons les quelques bicyclettes « blanches » (mises à la disposition des visiteurs) restantes.

Nous n’avons guère le choix de nos montures, résultat : toutes les deux ont des petites roues et l’une est pratiquement à plat, ce dont nous ne nous apercevons qu’après quelques kilomètres de peine et de misère à forcer sur nos pédaliers à une vitesse, le long de la très belle piste cyclable qui traverse les dix kilomètres de forêt, de lande de bruyères et de savane presque africaine couvrant la quasi totalité du parc. Heureusement les ondulations sont douces, le temps reste frais et le superbe paysage de prairies couvertes de graminées roses ondulant sous le petit vent compense pour l’effort.

Entrée du Musée Kroller-Muller
Lejardin des sculptures et mobiles

Lorsque nous arrivons vers 13:00 devant l’admirable architecture moderne du musée niché sous de grands arbres, c’est pour nous extasier devant une collection époustouflante de peintures modernes (Picasso, Braque, Juan Gris, Mondrian, etc.) et surtout une superbe série de Van Gogh que je ne me lasse pas de contempler et de filmer en détail, plusieurs m’étant d’ailleurs inconnus. Nous passons vite devant les quelques chinoiseries en fin de parcours et renonçons à faire le tour du jardin des sculptures aperçu à travers les grandes verrières entourant le bâtiment. Compte tenu du temps très couvert et menaçant, nous préférons rentrer au plus tôt vers notre Aigle.

Corot
Monet
 
Van Gogh
Van Gogh

Van Gogh Van Gogh
 
Seurat
Seurat
Madame Kroller-Muller
 

 
Cristo : Emballage


 


Musée de la fondation Kröller Muller : le hall d'entrée


Cette fois-ci nous choisissons soigneusement nos bicyclettes, regonflons à fond les pneus et nous lançons résolument dans les dix kilomètres du retour. Quelques gouttes percent, mais aussi de rares rayons de soleil qui illuminent le fascinant paysage désertique de savane et de forêt. Avec nos engins en meilleur état, le parcours se fait rapidement et sans fatigue, nous ramenant bientôt à notre base où nous dévorons un lunch revigorant : il est 18:00 passé, nous n’avons rien avalé depuis ce matin 9:00 et l’exercice, ça creuse !

Nous décidons ensuite de nous avancer vers le nord, le confort de nos fauteuils nous reposant de nos prouesses vélocipédiques… Nous quittons donc le parc de la Haute-Véluwe et nous embarquons sur une suite d’autoroutes filant à travers des paysages ruraux plats, verts et continûment cultivés. Dispersés dans les champs, des villages entourés d’arbres cachent la plupart de leurs maisons groupées autour de leur église dont le clocher pointe au dessus des feuillages. La frontière allemande est franchie sans que l’on s’en aperçoive et le réseau d’autoroutes se poursuit. Plein d’essence et d’eau à S. Hertogenbosh. Nous roulons pied au plancher (110/115 km/h !) jusque passé 22:00 pour aller dormir dans un village agricole un peu à l’écart de la rumeur de l’autoroute, juste après avoir passé Bremen.
 

2. : Au coeur du Jutland

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