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Virée en France en été 99

Monique et Jean-Paul MOUREZ à bord de ll'Aigle

1. La route des Grandes Alpes,
de Lyon à Briançon




Dimanche 11 juillet 1999 : d'OUTREMONT à MIRABEL

Départ - faux départ en fait - d'Outremont en fin d'après-midi dimanche le 11 juillet, accompagnés par Roger Demeule à Mirabel. On nous y apprend en cours d'enregistrement des bagages que notre vol sera retardé jusqu'à demain aux aurores (6:00), notre avion étant demeuré pour réparations en Irlande… Comme nous avons laissé le camion en cours d'aménagement à Ste-Marthe sur le Lac pour l'été, impossible de retourner pour si peu de temps à Montréal. Nous en serons quitte pour passer la nuit à l'hôtel de l'aéroport.

 

Lundi 12 juillet 1999 : MIRABEL

Levés à 6:30 pour un petit déjeuner déjà retardé à 7:30, on nous apprend alors que le départ est maintenant prévu pour 17:30 ! Cette fois c'en est trop, et nous décidons de rentrer coûte que coûte à la maison où nous avons de toute façon oublié plusieurs effets. Bus, métro… nous retrouvons notre appartement bien rangé vers 10:00. Fignolage de la "mise en veilleuse" pour l'été, lecture, repas, nous reprenons le chemin de Mirabel à 15:30 pour cette fois décoller comme prévu à 17:30, mais avec une journée de retard !

Vol sans surprise dans un gros Airbus A 310 assez silencieux mais où, comme d'habitude, nous sommes entassés comme des sardines. La nuit passe à la lecture de l'un des derniers romans de Pennac "Messieurs les enfants" dont j'apprécie une autre fois la verve coutumière.

 

Mardi 13 juillet 1999 : de MIRABEL à SAINTE-FOY-LÈS-LYON

 Arrivée à Satolas vers 8:00, après seulement 6:30 d'envolée, la plus courte jamais subie entre Montréal et Lyon. Nous avons le temps de gagner Sainte-Foy, de déballer nos bagages, de prendre une douche puis de faire une bonne sieste avant de redescendre à la Part-Dieu chercher Maman qui arrive à 12:35 par le TGV du Havre. Les sens uniques, détours ou déviations causés par les innombrables travaux de voirie forment un incroyable casse-tête pour qui ne connaît pas la ville, mais nous arrivons quand même à temps pour accueillir Maman sur le quai.

L'Aigle fonctionne très bien malgré son petit air penché dû à l'affaissement des ressorts avant droits. De retour à Sainte-Foy, petit marché au Casino du coin puis pique-nique dans la grande maison vide et fraîche. Nous passons la fin de l'après-midi à échanger avec Maman, je mets en route quelques petites réparations dans l'Aigle. Pendant la soirée nous visionnons un court métrage japonais sur Gabriel Veyre, opérateur des frères Lumières, un cadeau de Philippe Jacquier.

 

Mercredi 14 juillet 1999 : SAINTE-FOY-LÈS-LYON

Suite du ménage dans l'Aigle, je rince les réservoirs, nettoie tablettes et placards… Jehanne arrive en fin de matinée avec Nicole et les deux filles de Sébastien. Repas animé par les réflexions des demoiselles fort vives et délurées…  L'après-midi passe en rangements de la chambre, inventaires, conversations avec les unes et les autres. Monique va conduire les filles à la gare, Maman s'installe à lire dans le jardin. Nous parcourons quelques albums de photos familiales et pour finir nous couchons tôt, encore affectés par le décalage horaire.

 

Jeudi 15 juillet 1999 : SAINTE-FOY-LÈS-LYON

Réveil tard après une mauvaise nuit (décalage horaire pas encore compensé, matelas très mou auquel nous ne sommes pas habitués…) . Nous avons juste le temps de déjeuner puis de sauter dans l'Aigle avant de reconduire Maman au T.G.V. de 12:40 à la Part-Dieu. Monique qui me guide s'emmêle encore un peu dans les sens uniques pour franchir Saône et Rhône, le suspens s'installe avec le décompte des minutes jusqu'au départ du train, mais nous arrivons juste à temps devant la gare en empruntant un sens unique réservé aux taxis…

Gagnant ensuite Saint-Priest, nous passons tour à tour chez Sublet puis chez Pithioud pour nous procurer une nouvelle batterie stationnaire destinée à l'Aigle et commander les pièces du futur cabinet de toilette du Guépard.
De retour en fin d'après-midi à Sainte-Foy, nous y retrouvons Jehanne un peu mal en point qui dit souffrir de la vésicule biliaire. Monique lui tient compagnie dans sa chambre où elle se repose pendant que je complète les niveaux de l'Aigle et recolle les poignées des fenêtres. Durant cette soirée tranquille nous achevons de ranger dans les placards vêtements et autres effets.
 

Vendredi 16 juillet 1999 : SAINTE-FOY-LÈS-LYON

Lever tard (encore une fois !) puis marché à Continent pour remplir la cambuse de l'Aigle bien dégarnie. Après le déjeuner avec Jehanne qui va mieux, nous allons visiter Sophie dans sa maison en construction au dessus de la vallée du Rhône juste avant Condrieux. Depuis la future terrasse encore à l'état d'ébauche s'étend une très belle vue, devant la vaste maison dont le gros œuvre est déjà terminé. Le rez-de-chaussée est splendide, vaste et très haut de plafond (2,90 m) mais les chambres à l'étage nous en semblent d'autant plus exiguës. La rapidité des travaux et la simplicité des techniques employées rassurent Monique sur la possibilité de construire notre propre future résidence en France…

De retour à Sainte-Foy, souper, derniers rangements dans notre propre demeure roulante, mise en ordre de la maison pour le départ de demain. Je commence à enlever les vis de fixation du lanterneau du cabinet de toilette qui ont rouillé en causant des fuites, et à les remplacer par de nouvelles en acier inoxydable apportées tout exprès de Montréal.
 

Samedi 17 juillet 1999 : de SAINTE-FOY à BEAUVOIR-DE-MARC (153 km)

À 9:00 Jehanne quitte la maison avec Sophie qui la reconduit à Annecy. Je me lève un peu plus tard après une autre nuit misérable. Après ablutions et petit déjeuner, nous sommes fin prêts à 11:00 pour le départ vers Fareins. Il fait beau et même assez chaud, le moteur tourne rondement. Joyeux accueil de René-Pierre et Jocelyne qui préparent un barbecue sur leur terrasse fleurie, devant le terrain tout garni d'arbres et d'arbustes. Leurs plantations ont maintenant bien poussé et forment un agréable tableau avec les hauteurs du Beaujolais en toile de fond. Fatigue et lassitude exprimées par la belle-sœur qui vient tout juste de terminer son enseignement et se sent à peine en vacances, fatalisme plein de sagesse du beau-frère face à une production mellifère imprévisible… et animation pleine de fantaisie de Perrine et Julie qui semblent profiter pleinement de leur congé. Le temps passe vite en leur agréable compagnie sur la terrasse ombragée, à l'abri du soleil qui a transformé notre Aigle en étuve lorsque nous repartons vers 16:00.

Retour à Lyon par le chemin des écoliers, en longeant la Saône jusqu'à Collonge au Mont d'Or où Monique tente de retrouver la maison de ses grands parents Boissier. Le peu d'indices conservés par sa mémoire et les changements probables au cours des 50 dernières années rendent nos recherches aléatoires et finalement, infructueuses. Traversée de l'est de la ville par le périphérique pour prendre la direction de Grenoble par les petites routes. La moisson bat son plein dans les champs dorés autour de nous. La fraîcheur revient un peu lorsque nous gagnons les premières pentes du Dauphiné. Bivouac sur une éminence, devant une vieille église de pèlerinage isolée au dessus de la vallée à Beauvoir-de-Marc.

 

Dimanche 18 juillet 1999 : de BEAUVOIR-DE-MARC à la Grotte de LUIRE (119 km)

Nuit fraîche et agréable devant notre petite église, mais réveil environné par les paroissiens venus assister à la messe dominicale… Nous levons le camp vers 9:00 pour continuer notre route vers Grenoble. La journée s'annonce belle mais chaude. Un peu avant d'arriver dans la capitale du Dauphiné, vers Sassenage nous bifurquons plein Sud vers les hauteurs du Vercors qui élèvent leurs barres calcaires verticales devant nous. 
Les lacets gravissant des pentes accentuées nous font gagner rapidement de l'altitude et un peu de fraîcheur sous les arbres des Gorges du Furon. Arrêt pique-nique puis balade à pied dans la Gorge du Bruyant dont le cours rocailleux dégringole entre les pentes à pic et boisées de la montagne.
franchies par le pont de la Goule Noire. Bref arrêt dans le village de Foranche aux pittoresques ruelles enchevêtrées et noyées dans les fleurs, puis traversée de Pont-en-Royans très pittoresque dont les maisons accrochées aux flancs de la montagne tapissent la profonde dépression de la gorge. Mais ses rues sont tellement envahies en ce dimanche qu'il est impossible de trouver une place pour stationner notre - relativement - gros véhicule. 
Nous atteignons ensuite la large vallée de Villars-de-Lans et obliquons vers l'Ouest dans les profondes Gorges de la Bourne Notre itinéraire emprunte maintenant la vallée profonde de la Vernaison dont nous longeons les gorges, d'abord par les Petits Goulets, puis via les Grands Goulets, passages très étroits où la route s'accroche ou se creuse au flanc du rocher à pic, sous des surplombs inquiétants et de courts tunnels. 

Le cours de la Vernaison se poursuit par une vallée assez large et dans la fraîcheur relative du soir qui commence à descendre. Passé la Chapelle-en-Vercors, nous commençons à chercher un bivouac tranquille que nous trouvons sur le grand parking désert  de la grotte de la Luire, haut lieu de la Résistance niché à la base de la forêt du Vercors. Souper et lecture pour Monique pendant que j'achève de remplacer les vis rouillées du lanterneau du cabinet de toilette. La nuit s'annonce extraordinairement paisible et silencieuse.

Lundi 19 juillet 1999 : de la Grotte de la LUIRE à la CHAPELLE-EN-VERCORS

    Si notre nuit se déroule effectivement dans le plus grand calme et sans aucun ennui, au matin il nous est impossible de redémarrer. Pensant avoir noyé le moteur, je démonte les bougies, brosse les contacts du distributeur, mais rien n'y fait, je dois finalement me résoudre à appeler une dépanneuse. Le garagiste arrive à 13:45, et s'avoue lui aussi incapable de nous faire repartir. Il ne reste qu'à hisser l'Aigle sur la plate-forme de la remorqueuse pour retourner à la Chapelle-en-Vercors où notre aimable mécanicien tient garage. À notre train de sénateur, j'ai tout le temps d'admirer la belle vallée de la Vernaison jusqu'au débarquement devant la station service Renault. Au bout d'une heure, le rupteur du distributeur est remplacé mais il faudra attendre demain l'arrivée d'un nouveau condensateur… Au moment d'aller prendre nos quartiers au dessus du village pour la nuit, deuxième blocage du moteur qui refuse de repartir. Le garagiste conclut qu'en l'absence d'un bon condensateur, l'allumage ne peut s'effectuer correctement, et qu'il faut donc attendre l'arrivée de la pièce en question demain matin pour résoudre notre problème.

    En tout état de cause, nous redescendons la petite côte au point mort pour nous installer sur la rue adjacente au garage, étroite et peu passante, où nous passerons la nuit.

 

Mardi 20 juillet 1999 : La CHAPELLE-EN-VERCORS (0 km…)

Dès 9:00 le mécanicien change la pièce arrivée aux aurores, mais au moment de lancer le moteur, il est tout aussi incapable d'obtenir le moindre toussotement. Questionnement, inquiétude, je prends soudain conscience du silence de la pompe à essence lorsque je mets le contact. Effectivement les bougies demeurent absolument sèches car l'essence ne se rend pas du réservoir au carburateur. Le fusible étant en bon état, le diagnostic tombe rapidement : la pompe électrique est défectueuse et doit être changée. Durant la fin de la matinée, le mécanicien démonte la canalisation d'évacuation des W-C. puis le réservoir d'eaux usées pour décrocher le réservoir à essence et atteindre enfin la pompe immergée qui se montre capricieuse lors du test… Il ne reste plus qu'à en commander une neuve qui sera livrée demain en fin de matinée !

Nous sommes un peu découragés par cet autre délai mais devons subir ce nouveau contretemps en tâchant de rendre ce séjour forcé le plus agréable possible. Après un rapide pique-nique et avoir branché le chargeur de batterie (nous sommes aux 3/4 à l'ombre et notre panneau solaire débite trop peu pour alimenter le frigo et maintenir la charge de la batterie neuve) nous partons faire une balade dans le village.

Une allée de tilleuls forme promenade au dessus de la piscine, l'église se révèle sobre et sans grand caractère… l'hôtesse du bureau du tourisme nous propose un petit circuit à pied autour du village. Le premier kilomètre se parcourt assez allègrement sous le grand soleil et il offre des vues agréables sur la campagne et la montagne alentour, mais la chaleur a bientôt raison de l'énergie de Monique. 
Elle profite d'une erreur de parcours qui nous ramène vers le centre du village pour renoncer à la balade et aller plutôt traîner sur la place aux tilleuls où, assis sur un banc, à l'ombre et à la fraîcheur, nous passons la fin de l'après-midi à observer le spectacle de la rue.

 En rentrant à notre campement improvisé sur la rue, un peu de lecture, relevé des dimensions intérieures de l'Aigle puis un bon souper… Le temps semble long lorsqu'on est ainsi désœuvré et à cours de ressources. Dans le crépuscule, une dernière petite marche de santé en direction des ruines du château (insignifiantes car il a été rasé jusqu'aux fondations) tourne court car nous désirons nous coucher tôt.
 

Mercredi 21 juillet 1999 : de LA CHAPELLE-EN-VERCORS à MONTMAUR (119 km)

    Nous faisons la grasse matinée, faute de projet pour cette autre journée d'attente… Puis je lave les vitres et nous faisons vaisselle et ménage, en attendant l'arrivée de la pompe vers 11:00. Le mécanicien la met en place, nous calons provisoirement le réservoir déposé, je tourne la clé de contact… et après quelques toussotements inquiétants le moteur démarre pour de bon ! Mais il est déjà midi et en France la pause déjeuner entre 12:00 et 14:00 est sacrée. Notre mécanicien nous quitte donc, nous passons à table pour un rapide pique-nique et je tue le temps en remontant la serrure de la porte à glissière qui avait été forcée à Amsterdam l'été passé. Enfin notre homme se remet à l'ouvrage et vers 15:30, après un dernier essai concluant, nous sommes prêts à régler la facture (heureusement moins lourde que nous ne le craignions) et à réclamer la prise en charge du remorquage par l'assistance. C'est pour constater alors que notre courtier, malgré tous les courriers échangés et les cartes ou lettres qu'il nous a envoyé (AGF Service, etc.) n'a pas inscrit cette option dans notre contrat… Téléphone au siège social à Paris, puis au courtier, rien n'y fait, nous devons payer immédiatement la totalité de la facture, quitte à décider plus tard si nous pouvons continuer à faire confiance à cet assureur…

Plein d'eau, mise à pression des pneus, tout étant apparemment en ordre nous pouvons enfin reprendre notre itinéraire si malencontreusement interrompu. Nous remontons à nouveau la large vallée de la Vernaison jusqu'au Col de Rousset à 1 367 m pour redescendre ensuite vers Dié par une longue suite de lacets. Nous voici maintenant dans les Alpes du Sud, beaucoup plus sèches et méditerranéennes, donc aussi sensiblement plus chaudes. Nous suivons alors la vallée de la Drôme toute envahie par les cultures fruitières. Bref arrêt à Claps, au Saut de la Drôme, où un énorme éboulis de gros rochers a barré le cours de la rivière pour créer un petit lac aménagé en parc avec baignade. 
Puis le paysage devient plus sauvage, nous quittons la Drôme pour escalader le Col de Gabre (1 180 m). Le soir descend, nous commençons à chercher un bivouac. Un tour dans le centre d'Aspres/Buëch nous montre un charmant vieux bourg aux vieilles maisons pleines de caractère même si souvent en mauvais état, et nous fait découvrir sur une placette abritée par de gros platanes une douzaine de longues tables aux nappes blanches autour desquelles sont rassemblés les habitants qui célèbrent la fête du village. 

Un peu plus bas, sur une autre place, la fête foraine avec manèges et flon-flons s'apprête… Nous irons chercher la paix nocturne un peu plus loin, dans la vallée du Petit Buëch entourée de montagnes sèches, un peu à l'écart de la grande route, dans le vieux village de Montmaur. Nous nous y installons à la nuit tombante, sur un coin de gazon près du terrain de foot.

 

Jeudi 22 juillet 1999 : de MONTMAUR au COL DE VARS (150 km)

Nuit très silencieuse quoiqu'un peu fraîche : nous sommes à 900 mètres d'altitude et le magnifique ciel bleu est tout dégagé au matin. Nous nous levons un peu tard et décollons vers 11:00 pour rallier Gap par une longue route dans la vallée de la Durance entourée de hautes montagnes (dont le Pic de Bure à 2 709 m) où l'on s'attendrait à voir quelques taches de neige... Gap nous semble une ville animée, mais un peu confuse où nous faisons le plein d'essence et complétons notre épicerie au magasin Leclerc local. Un mauvais réglage du carburateur (le ralenti, trop rapide, a été mal ajusté par mon mécano Renault qui a déréglé le carburateur VW) nous amène au garage VAG, mais tout est fermé entre 12:00 et 14:00.

Nous repartons alors vers le barrage de Serre-Ponçon. Les eaux bleues et vertes de son lac forment un superbe contraste avec le gris des grands rochers et le vert sombre des pentes du maquis et des forêts de pins qui l'entourent. 
De nombreuses anses et diverticules d'eau émeraude s'enfoncent dans les anciennes vallées dont nous suivons le contour par des routes mouvementées qui offrent des panoramas magnifiques et constamment renouvelés.

Nombreux arrêts photo et vidéo bien sûr, jusqu'au barrage lui-même dont les masses de roches empilées impressionnent (c'est le plus grand barrage de type poids en France). 
Plusieurs très belles vues surgissent depuis la route longeant le lac au sud, avant que nous nous enfoncions dans la vallée de l'Ubaye, elle aussi très pittoresque et accidentée.
Les nombreux campings échelonnés le long de la rivière et les centres de rafting ou de kayak en soulignent assez les attraits touristiques. 
Bref arrêt pour aller admirer le vieux pont romain de Le   et-Ubaye qui franchit une gorge profonde de la rivière dans un site grandiose. 
À Barcelonnette nous admirons en passant plusieurs imposantes maisons bourgeoises entourées de grands jardins : on raconte qu'elle ont été construites fin XIXème par des natifs de la petite ville ayant fait fortune au Mexique avant de revenir passer leurs vieux jours dans leur ville natale… L'aimable garagiste d'une autre petite concession VAG (maintenant ouvert celui-là) remet en ordre notre carburateur à un coût très raisonnable (100 FF !) et procède à un nouveau calage de l'avance à l'allumage. Nous voilà parés pour attaquer les pentes accentuées de la Route des Grandes Alpes enfin rattrapée. 
Nous continuons à remonter le haut cours de l'Ubaye dans un environnement désormais de type haute montagne puisque les cimes dénudées qui nous entourent avoisinent  maintenant les 3 000 m : Tête du Siguret (3 032 m), Grand Bérard (3 048 m). 
Au sortir du tunnel, le village de St-Paul Des ouvrages militaires jalonnent la vallée, comme le Fort de Tournoux ou la Redoute de Berwick. Superbe vue sur le village de Saint-Paul au sortir d'un petit tunnel avant d'aborder la rude montée du Col de Vars dont les pentes dénudées culminent à 2 111 m. 

Le soir tombe, nous décidons de faire étape sur la vaste esplanade marquant le passage du col, auprès d'une dizaine d'autres camping-cars et fourgons ayant choisi le même espace grandiose pour bivouaquer.

 

Vendredi 23 juillet 1999 : du COL DE VARS au MONÊTIER-LES-BAINS (123 km)

Nuit très fraîche bien supportée grâce à notre gros duvet, d'autant plus que rien n'a troublé notre sommeil car le col demeure des plus paisibles durant la nuit. Les rayons du soleil nous atteignent vers 9:00 et me décident au lever sous un ciel tout bleu. 
Douche, déjeuner, à 9:30 nous partons pour une petite balade à pied au dessus du col. Fleurs sauvages à profusion, grand troupeau de moutons un peu plus haut qui se signale par le tintement des clochettes accrochées au cou des brebis… 
Le paysage est évidemment grandiose, encore sec et sans trace de neige, comme ceux que nous avons parcourus hier. La descente du col vers la station toute neuve - et quelconque - de Vars est accusée et fort longue, offrant elle aussi des vues impressionnantes sur les montagnes entre 2 500 et 3 000 m à perte de vue. 
Puis nous enfilons la combe du Queyras, verdoyante, qui suit le cours du Guil où plusieurs se lancent en kayak ou s'exercent à la nage en eaux vives. Détour vers St-Véran, la plus haute commune d'Europe comme le proclame un panneau à l'entrée de la route, sans mentionner que l'entrée du village perché (2 040 m) est réservée aux résidents et que les visiteurs doivent s'entasser dans un parking payant quelques centaines de mètres sous le bourg… Dépités, et trouvant par ailleurs peu d'intérêt à ce village alpin très ordinaire mais surexploité au plan touristique (souvenirs…), nous faisons demi-tour sans plus nous attarder, admirant au passage la Demoiselle coiffée, une grande cheminée de fée isolée sur une pente envahie par les sapins et, plus bas, le château de Queyras juché sur un éperon dominant la vallée du Guil.
 
 
    Nous bifurquons peu après sur la route du Col de l'Izoard. 
D'abord de pente modérée dans une vallée verdoyante et très cultivée, elle se met brusquement à grimper très raide au dessus du bourg de Brunissard. Nous arrêtons dans la boucle d'un lacet et prenons une heure de bain de soleil devant le magnifique paysage de haute montagne...
...avant de reprendre l'ascension du col jusqu'aux grands éboulis et pics rocheux de la Casse Déserte qui mérite elle aussi un autre arrêt prolongé tant est grandiose le spectacle de ses pentes dénudées et lisses. 

Encore un effort et nous sommes dans le col qui offre lui aussi de magnifiques panoramas tant au nord qu'au sud. Autre petite balade dans le vent assez froid, puis une autre longue et vive descente sur une route étroite au mauvais revêtement nous amène à Briançon.

Je tiens à aller faire un tour dans la pittoresque vieille ville fortifiée, enserrée derrière ses remparts qu'édifia Vauban. 
Certes sa Grande Rue pentue où coule une eau fraîche et limpide dans l'unique caniveau central est toute envahie par des boutiques à touristes, mais ses ruelles latérales et ses placettes beaucoup plus paisibles et bien restaurées rendent assez bien l'ambiance à laquelle on s'attend en ces lieux historiques. Je poursuis la balade sur les remparts et autour du château. Il couronne la ville ancienne en offrant des vues étendues sur la large vallée où s'étend progressivement la ville moderne, et sur la couronne de montagne entourant le site de la ville-forte.
En quittant Briançon, nous faisons quelques courses d'épicerie et le plein d'essence au Géant Casino sur la route de Grenoble que nous empruntons ensuite. Superbe route de vallée le long de la Guisane, au pied des montagnes aux cimes enneigées (la Condamine, 2 939 m). 
Nous passons Monêtier-les-Bains et allons bivouaquer en contrebas de la route, le long de la rivière, dans des champs où sont dispersés quelques dizaines d'autres camping-cars et campeurs, au pied du Pic des Agneaux (3 663 m) blanchi par la neige et le glacier d'Arsine.


<>2. Route des Grandes Alpes, de Briançon à Annecy
  
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